Happy Scribe Logo

Transcript

Proofread by 0 readers
Proofread
[00:00:02]

RFN. Les voix du monde. 7 milliards de voisins. Il compte a écouter. Bonjour, je m'appelle Eloïse Oria. C'est raconter des histoires. Le testament est un conte de Jean-Jacques Heaviside. La parole est comme l'eau versée. Elle ne se ramasse pas. Il était une fois un homme très soucieux, car il était sur le point de quitter cette terre en laissant derrière lui une femme et un petit garçon bien trop jeune encore pour pouvoir gérer leur héritage. L'homme a donc désigné un ami d'enfance qui habitait un village voisin pour devenir tuteur de l'enfant.

[00:01:03]

Cet ami, qui était plutôt démuni, a remercié grandement et promis de faire tout comme voulait le mourant. Tu peux dormir tranquillement du sommeil des morts sur les tiens. L'homme a vécu quelques jours encore, puis en grand secret, il a passé autour du cou du petit une amulette de cuir tressé contenant un parchemin où il dresse la liste de ses liens acérés sur son coeur.

[00:01:34]

Ses deux aimés expirée. Son dernier souffle.

[00:01:40]

Et sans etaler. Lalou est alors venu s'installer dans le village avec son épouse pour prendre en main les affaires du défunt. Au cours de la première année, ils venaient tous les mois rendre compte à la veuve des dépenses, salaires et revenus, puis lui versait son pourcentage. Mais bientôt, il se disait tellement occupé que la jeune femme devait venir chercher ce dont elle avait besoin.

[00:02:14]

Elle voyait bien, du reste que la demeure du tuteur s'agrandissait, tandis qu'elle et son enfant étaient de moins en moins considérés. Bref, cinq années ne s'étaient pas écoulées que c'en était fini des dividendes et autres rendez vous. La veuve en était réduite à quémander aux cuisines quelques vivres que l'épouse du tuteur lui donnait volontiers, sachant confusément tout ce qu'elle lui devait. L'enfant, lui, grandissait. Il était courageux, valeureux et quand il souffrait trop de faim ou de froid, sa mère lui expliquait qu'il portait son avenir et sa chance dans l'amulette qui pendait à son cou.

[00:02:57]

Enfin, au jour de sa majorité, le jeune homme a préparé un café de riz et poulet pour les garçons de sa génération, puis, à la tombée du jour, s'est rendue tout droit chez le tuteur pour faire le compte de ses birr. L'homme reposait sur une natte devant un bras Sdérot servant à prévenir la fraîcheur du soir et cuire le thé, grignotant des pois cassés. Il a fait mine de s'étonner De quel bien veux tu parler? Ce que mon père vous a confié?

[00:03:29]

Qu'est ce que tu racontes? Ton père ne m'a jamais rien confié. Il m'a juste demandé de veiller sur ta mère et toi jusqu'à ce jour, ce que j'ai fait durant toutes ces années.

[00:03:40]

Tu es bien insolent à présent de venir me réclamer je ne sais quoi. Juste avant sa mort, a déclaré le jeune homme. Mon père m'avait légué cette amulette que je porte au cou. Elle dresse la liste de tous les biens qu'il vous a rue. Sans doute voulait t il que je sois en mesure un jour de faire valoir mes droits ouvrant l'amulette. Le jeune homme a alors présenté le testament au tuteur qui, aux yeux écarquillés, main tremblotante, l'a parcourue rapidement.

[00:04:10]

Mais brusquement, l'air mauvais. Il a jeté le parchemin dans le bras 0. Tout vieux et sec qu'il était, le document s'est embrasé, puis ricanant au visage de l'héritier, le tuteur esclaffé Et de quel testament voulais tu parler? Le jeune homme est resté interdit un instant, puis s'est jeté sur le tuteur, le traitant d'escroc de bandit.

[00:04:35]

Mais l'homme a appelé ces gens. L'héritier déchu s'est retrouvé dehors, immobilisé et battu quand il est rentré chez lui. Sa mère a cru mourir en entendant la bêtise qu'il avait faite. Si tu krauth à un endroit, sans doute tu l'oubliera, mais celui qui posera le pas ne l'oubliera pas. Or, dans ce village vivait un fameux marabout que l'on consultait pour toutes affaires juridiques au cœur de la nuit. Le jeune homme désespéré est venu lui conter l'affaire, se traitant de fou d'imbécile, tandis que sa mère se tordait les doigts à ses côtés.

[00:05:21]

Le marabout, pour les écouter, avait suspendu son étude nocturne avec ses deux meilleurs disciples talibés et ne cessait de grommeler Dire que tu es un imbécile n'est pas assez. Tu es le plus grand des abrutis que cette terre n'ait jamais porté. J'ai même du mal à te croire tant tu as été stupide. Et c'est pourtant la vérité vraie, sanglotait le garçon. Mais ô crétin, ignore tu le proverbe? L'homme sage achète un bon cheval pour fuir lorsqu'il dit la vérité à son tablier devrait t'arracher la calebasse qui te sert de tête.

[00:05:51]

Et quoi? Que le vent qui souffle entre tes deux oreilles réfléchies par ton tuteur dira sa version des faits et sans preuves de l'un ou de l'autre, ne pourra jamais rien réfuter. Que veux tu que je fasse de ta vérité vraie sans ton bout de papier? Il faudrait des pouvoirs magiques pour faire dire à chacun ce qui s'est réellement passé.

[00:06:12]

Et alors que ces mots résonnaient encore dans la cour, le sage a brusquement éclaté de rire. Pour beaucoup, peut être que je suis moi aussi. En fait, j'ai tout ce qu'il me faut en guise de magie pour lui donnant rapidement congé au jeune homme et à sa mère, éberlué devant ce changement d'humeur. Le marabout a demandé à ses deux talibés, non moins étonnés, de venir l'aider à préparer son sortilège. A l'aube du lendemain, les deux partis étaient convoqués au centre du village pour qu'on juge leurs différends.

[00:06:48]

Le marabout, lui, se tenait assis devant la population, assemblée sur un grand coffre de bois. Voici, je tiens ce coffre enchanté de Mes Aïeux et ne l'utilise que dans les cas difficiles. Ils ne peuvent être produits ni preuves et témoins. Je demanderai à chacune des parties de le transporter tout autour du village. Le coffre vous paraîtra lourd, comme le mensonge si vous avez menti et léger comme la vérité si vous avez dit vrai. Nous verrons ainsi qui d'entre vous l'emportera, le tuteur qui trouvait cette épreuve farfelue laisser courir l'affaire, car il se savait robuste et ne doutait pas de pouvoir faire très rapidement avec son épouse.

[00:07:28]

Le tour du village? Effectivement, l'héritier et sa mère, partis les premiers, ont mis un temps infini pour parcourir la distance.

[00:07:39]

Et chaque fois qu'il reposait le coffre, le jeune homme se lamentait. Mais comment? J'étais assez insensé pour lui donner ce bout de papier. Allez, viens, l'encourageait sa mère. Reprenons ce coffre pesant même à ceux qui disent la vérité. Courage!

[00:07:59]

Le tuteur et son épouse s'y sont mis à leur tour, comme ce coffret lui disait La femme de toi, donc crois tu que je n'ai pas assez trimé pour mériter l'héritage de cet âne?

[00:08:15]

Voient aussi, comme ceux qui nous sont parvenus, le testament. C'est le ciel qui a guidé sa main. C'est moi qui te le dis. Allez, dépêche. Ainsi, le tuteur et son épouse sont revenus bien vite devant le marabout qui les attendait à présent que chacun d'entre vous a apporté ce coffre. Prêtons l'oreille à sa vérité, car je peux vous le confier.

[00:08:37]

Désormais, ce coffre sait parler à la surprise de tous.

[00:08:44]

D'un geste superbe, le marabout a alors ouvert le coffre et ses deux talibés en sont sortis devant l'assemblée réunie pour la honte du tuteur et la joie de l'héritier de sa mère, ils ont raconté mot pour mot ce que chacun avait dit durant leur parcours.

[00:09:05]

Le jeune homme a enfin pu récupérer ses biens et le tuteur est retourné dans son village pour digérer sa déconfiture. Son épouse essayait parfois de le consoler, mais lui se rappelait comment il avait été joué et ne cessait jamais d'y songer. Le sage sait ce qu'il dit et l'idiot dit ce qu'il sait. Le compte a parlé. Il s'était.