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[00:00:12]

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS interne, interréseaux, sociaux pour alimenter notre discussion en marge de la crise sanitaire. Le sujet s'est invité à la une de L'actualité tout l'été. Un chauffeur de bus tué à Bayonne, une infirmière agressée pour avoir réclamé le port du masque ou encore ces scènes de violence à Paris, un soir de défaite du PSG, hier. C'est une vidéo d'une mise en scène de trafiquants de drogue armés et cagoulés à Grenoble qui a alimenté le débat.

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La droite se cabre. Pour Xavier Bertrand, la France a tout simplement connu un été orange mécanique. Ce sont les mots qu'il a utilisés. L'exécutif se retrouve confronté à une nouvelle urgence en cette rentrée. Répondre à cette demande d'autorité de sécurité qui redevient une priorité d'ailleurs pour les Français dans les sondages, alors que nous sommes réellement confrontés à une recrudescence de violence. Que disent les chiffres? Quelle est la stratégie du gouvernement? La justice est elle en cause?

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A t elle les moyens de faire face? Insécurité, délinquance? Castex sommée d'agir? C'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir à la Bouère. Vous êtes professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers, ainsi qu'à New York et à Shanghaï. Votre dernier livre Les protecteurs? La Gendarmerie nationale racontée de l'intérieur, publié chez Odile Jacob. Swazi Quéméneur, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne à la une de Marianne cette semaine.

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Rentrée scolaire. Comment ça? Toujours pas prêt. Chloé triompha. Vous êtes journaliste au Service Police justice de la radio Europe1. Enfin, Drissa et Youssef, vous êtes docteur en droit public. Vous êtes spécialiste des questions de sécurité et je précise par ailleurs que vous êtes président de l'Institut Léonard de Vinci. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C dans l'air en direct. Nous avons connu, je le disais, un été orange mécanique.

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Ce sont les mots de Xavier Bertrand ce matin chez nos confrères de BFM.

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Il y a les mots à la bouche. Il y a les chiffres. J'aimerais qu'on commence cette émission avec les chiffres. Est ce que nous sommes confrontés depuis ces derniers mois? Peut être ces dernières années, à une recrudescence de violence, de délinquance. Car on le voit, 68% des Français se sentent en insécurité. Alors, la phrase traditionnelle de celui qui veut commenter les chiffres de la délinquance il y a les mensonges, les gros mensonges et les statistiques.

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Donc, pour que nous ayons des chiffres, il faudrait qu'ils existent, qu'ils soient fiables et qu'ils soient ordonnés.

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Nous n'avons de chiffres que fiables que seules les enquêtes de victimation, quand on demande aux gens ce qu'ils subissent et pas seulement la police ou la gendarmerie, ce qu'elles enregistrent. De ce point de vue, nous n'avons qu'une seule réalité il y a une augmentation importante d'un certain type de violences.

[00:02:51]

Les pires violences, homicides et de l'année 2019. Et probablement l'année 2020 sera la pire année de l'histoire de la statistique nationale en quantité d'homicides, de tentatives d'homicide qui ne sont que des assassinats et des meurtres qui ont raté, de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort et de règlements de comptes. Donc, oui, les Français ont raison de dire que la situation s'est dégradée massivement depuis très exactement 15 ans. On va dire 2012, probablement 11 12 qui était le plus bas chiffre de l'homicide Guiter en France, l'année 2019 ayant été l'un des plus élevés.

[00:03:32]

Donc, c'est vrai. Pour le reste, on n'en sait rien, car les modes d'enregistrement, de calcul ou de prise en compte de ce que les gens subissent sont décalés d'environ 18 mois grâce à un seul outil, l enquête nationale de victimation, qui va d'ailleurs disparaître puisque le gouvernement précédent a décidé de mettre fin au thermomètre. Donc, déjà, nous en avions un qui peut être très relatif. À partir de 2021 2022, nous n'aurons plus du tout, sauf changement de position que j'espère du nouveau gouvernement.

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Donc, est ce que c'est lié à ces images qu'on voit tourner sur les réseaux sociaux auparavant? Peut être qu'on les avait pas, ces images. Aujourd'hui, elles sont en boucle du matin au soir. On a un gouvernement qui pensait devoir gérer une urgence sociale, qui doit gérer une urgence sociale, économique, une urgence sanitaire et qui se retrouve confronté à cette recrudescence d'image. On ne va pas toutes les citer, mais vous les avez vu les uns et les autres pendant ces vacances.

[00:04:28]

On va avoir quelques unes dans leurs reportages qui va suivre. Et on a l'impression que se prend cette réalité de plein fouet en cette rentrée, alors que c'est une réalité qui existe depuis de nombreuses années. Oui, effectivement. Et d'ailleurs, on entend le gouvernement dire mais c'est une autre priorité de la rentrée. Ça a été ajouté. Gabriel Attal, le porte parole du gouvernement, s'est dépêché de dire mais le séminaire de rentrée, le séminaire du 9 septembre, ce sera un des sujets.

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On parlera de violence parce que vous l'avez dit, effectivement, c'est à 360 degrés. C'est à dire qu'il y a la crise sanitaire et la crise économique qui se profile. Et puis ces questions aussi de violence qui sont très importantes. Pourquoi? Parce que ce qui a frappé, et je pense que ce qui est très fort dans l'interview de Xavier Bertrand ce matin et ce qui frappe, je pense à nos concitoyens, c'est cette notion de gratuité. La violence gratuite, voilà qu'on a l'impression que la violence est au coin de la rue pour rien, pour rien du tout.

[00:05:17]

Alors il y a cette affaire des masques qui qui a suscité énormément d'incivilités au départ d'incivilités, de petites insultes et puis finalement, qui peut parfois tourner au drame. Il y a cette question des masques, mais pas seulement. Vous souvenez vous du fait divers de cette dame? Qui était cette jeune femme qui promenait son chien, qui promenait son chien à Lyon? Le chien est renversé. Et puis ensuite, elle décède, malheureusement écrasée par la voiture. Et ça, évidemment qu'on entend aux informations des choses comme celle là, additionné à d'autres choses.

[00:05:47]

Ça, c'est un ensemble. Effectivement, on n'a pas, on n'a pas la peinture entière. Il y a une interrogation sur ce qu'est la situation. Mais on a. On a tous ces petits points de violence où on se dit Mais dans quelle société vivons nous? Et c'est ça qui fait rêver. Vous avez raison d'insister là dessus. On va essayer pendant toute cette émission de faire la part des choses entre la délinquance et l'organisation des trafics de drogue.

[00:06:07]

On va en parler pour la situation de Grenoble. Et puis, cette idée de violence gratuite qui qui choque naturellement, qui choque.

[00:06:15]

Et on voit bien que les images que nous avons vu et encore, que ce soit à Dijon ou à Grenoble, parce que Grenoble, c'est la continuité de Dijon, c'est celui non plus simplement de l'appropriation du territoire, mais celui de l'affirmation de l'appropriation du territoire.

[00:06:30]

On y met en scène finalement un désordre, y compris pour Dijon, puisque je rappelle qu'à Dijon, c'est soi disant la communauté tchétchène qui est venue régler des comptes avec une communauté maghrébine, à la suite de quoi cette communauté aurait pris des armes pour défendre son territoire.

[00:06:43]

Vous avez raison et on va revenir dans le détail parce qu'il y a des choses qui se passent du registre de la provocation, de la République, de l'appareil d'État, la violence gratuite, disais à l'instant Swazi Kamenev. Moi, ce que je souhaite comprendre, c'est qu'on y est plus sensible parce qu'on voit ces images, parce que ça, on peut considérer que la violence gratuite, y en a toujours eu dans les bus, dans la rue ou ailleurs. Ou est ce que c'est quelque chose de nouveau avec l'expertise qui est la vôtre?

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Les violences gratuites. Vous avez aussi un élément. Effectivement, un indicateur d'une évolution, c'est celui des violences sexuelles, qui a augmenté de 12 12%. C'est plus que les homicides 8% et plus que les vols. Vols avec violence neuf. C'est quand même relativement important après. Vous avez aussi ce que représente d'une certaine manière la violence gratuite. Quand on monte dans un bus et qu'on n'a pas conscience qu'il faut mettre son masque, lorsque le chauffeur de bus rappelle que c'est aussi un moment donné.

[00:07:36]

Montrer que les individus sont dans un état d'esprit qui est effectivement une désocialisation, mais une déstructure et une destructuration. Au point de revendiquer, en tout cas, d'être dans une espèce de fin de confrontation par la violence avec un individu qui exerce une mission de service public. Donc, c'est incessant.

[00:07:53]

Alors, c'est nouveau. Moi, je me souviens, il y a quelques années, lorsqu'un chauffeur de bus a été sorti de son bus pour aller expliquer à un gamin qu'il ne fallait pas traverser comme ça et qui lui avait mis une claque. On se souvient que ça avait ému un peu la Toile. Et une mobilisation, c'est maintenant totalement l'inverse. Donc on voit bien que le chauffeur de bus. Très récemment, il est sorti et traîné dehors par une bande d'individus, bien que liée à une évolution qui est en train de se passer, y compris des mentalités.

[00:08:18]

Parce que c'est aussi l'évolution des mentalités qui est aussi générationnelle, générationnelle.

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C'est aussi ça qu'il faut regarder en face, triompheront un ministre de l'Intérieur qui a utilisé des mots forts. Il a parlé dans sauvagement de la société en sauvagement.

[00:08:33]

Il y a deux choses. Il y a aussi le fait que tout, c'est toutes ces vidéos, tous ces faits d'une violence extrême que l'on voit maintenant. Ils sont aussi d'autant plus choquants. Alors peut être. C'est ce qui a suscité ce terme sauvagement de la part du ministre de l'Intérieur que pendant quelques mois, les mois du confinement, la violence avec les chiffres qui existaient. Alain Bauer, Lavielle, la violence, les vols, les violences contre les personnes ont baissé de façon drastique.

[00:08:57]

Et pour cause, il n'y avait plus personne dans les rues, donc ça a baissé de quasiment 78%. Donc on était totalement des habitués aussi centrés sur une autre actualité sur la peur sanitaire, chacun confiné chez soi. Ben, vous interrogez les pompiers, mais au sort, plus il y a plus d'accidents de la route. Enfin, on était des habitués à la fin du confinement. Les premiers chiffres qui sont remontés sont effectivement les violences aux personnes qui ont commencé à remonter pendant le confinement parce qu'il y avait à l'intérieur.

[00:09:28]

Il y avait aussi les violences intrafamiliales et on a vu que l'effet du confinement, malheureusement, n'a fait qu'aggraver les violences faites du confinement sur l'expression de la violence à l'issue du confinement, alors à l'issue du confinement. Tout le monde s'est libéré contre temps, mais pour le meilleur et pour le pire. Et puis, il y a aussi tous les trafics qui avaient été qui avaient pris un coup d'arrêt aussi. Les trafics de stups, notamment, qui avaient pris un coup d'arrêt pendant le confinement.

[00:09:55]

Il fallait reprendre les territoires. Et c'est peut être ce qui explique aussi ces vidéos qu'on a pu voir des démonstrations de force dont vous parliez, qui sont assez sidérante.

[00:10:05]

Je crois que pour l'essentiel, on a à la fois la continuation d'un processus de dégradation ancien, une beaucoup plus importante visibilité grâce aux réseaux sociaux de ce qui se produit et une dégradation accélérée sur les pires des violences.

[00:10:22]

La France est un pays de rébellion, c'est un pays de jacqueries.

[00:10:26]

J'explique souvent que ce qui est nouveau, c'est qu'on a oublié.

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Mais là, on est en train de virer entre l'amnésie, l'oubli du passé qui pourtant, a toujours été très violent. La France est un pays de rapports de force, de négociation et de compromis, et l'anomie, la perte des règles et des institutions, la perte de la confiance dans les institutions, le rejet des institutions. Et c'est valable pour les élus locaux, pour les enseignants, pour les chauffeurs de bus, pour les infirmières.

[00:10:51]

Bref, il y a un refus de toute autorité visant à obliger à faire des choses parce qu'on considère qu'on est rebelle et qu'on veut se sortir de cette logique. Et les logiques complotistes accélèrent encore ce processus, alors même s'il y a tant de violence et de victimes physiques. Car je précise que l'un des éléments marquants, c'est l'augmentation massive des victimes de la violence physique, explique cette argumentation.

[00:11:17]

On règle ses comptes parce que si on ne fait plus confiance ni à la justice, ni à la police, ni aux institutions, ni aux journalistes, ni aux médias, ni aux enseignants, ni à qui que ce soit, on règle ses comptes soi même et la violence physique. C'est ce qui reste quand on n'a plus rien.

[00:11:29]

Très vite, c'est bien la première fois qu'il y a deux éléments à prendre en compte.

[00:11:32]

D'abord, on observe un transfert de la délinquance parce qu'effectivement, les véhicules, les maisons aujourd'hui sont globalement mieux protégés. On voit bien qu'on a quand même une baisse, notamment des vols dans les véhicules, parce qu'on laisse son ordinateur, parce que les véhicules sont plutôt bien protégés, etc. Donc a un transfert et on va agresser violemment un individu pour lui prendre son téléphone portable ou lui pour prendre son ordinateur. Et puis ensuite, le deuxième élément qui me semble un type essentiel qui dépasse, on va dire quelquefois les phrases un peu grandes envolées des uns et des autres.

[00:11:59]

C'est pas évident finalement, des à l'image de la société et on peut poser ce constat. Mais au fond, elle est très bref et il est très général. Il faut qu'on s'attaque à un moment donné en tout trouve une explication à ça et que tant qu'à un moment donné, on est pendant très longtemps. Les ministres de l'Intérieur ont toujours considéré qu'à eux seuls, ils pouvaient régler la question de la délinquance en France. La question du terrorisme. Tous ont échoué parce que chacun va regarder son bilan à la lumière de ses trois déplacements ou en tout cas du mandat qui va être le sien pendant 18 à 24 mois.

[00:12:26]

Bon bah, il a fait preuve d'autorité, c'est vachement bien. Sauf que derrière, on a mis sur les policiers, les gendarmes, mais en particulier les policiers. Une pression terrible, avec quelquefois des moyens supplémentaires.

[00:12:36]

Mais au fond, avec des résultats qui sont immédiats. Pas terrible avec les prisons.

[00:12:40]

La situation que l'on connait aujourd'hui est très compliquée. On a toujours échoué.

[00:12:44]

Moi, je ne vois pas très franchement entre nous. Je ne vois pas le ministre de l'Intérieur parce qu'il faut aussi, à un moment donné, quand on place aussi des indicateurs, c'est déjà pour mesurer la délinquance. Et puis, après l'efficacité des indicateurs de performance du ministère de l'Intérieur, je ne vois pas aujourd'hui un ministère de l'Intérieur qui a peut être fait un certain nombre de réformes sous Pierre Joxe. C'était très intéressant. Charles Pasqua, on l'a noté aussi, mais aujourd'hui.

[00:13:05]

Finalement, quelle réforme? On a aujourd'hui une police qui est dans une situation désastreuse. L'administration pénitentiaire, on en parlera peut être, mais qui est dans une situation désastreuse.

[00:13:13]

Et au delà des images et de l'émotion, on en a parlé. Les chiffres parlent. Je disais le sentiment d'insécurité des Français est à son plus haut niveau depuis 4 ans. Hier encore, c'est une vidéo tournée dans une cité à Grenoble qui a enflammé le débat politique et fait réagir sur place les forces de l'ordre. Rémi Barjavel et Christophe Croquait.

[00:13:35]

Des dealers encagoulés et lourdement armés sur un point de vente. Une vidéo devenue virale, tournée à la cité Mistrals, un quartier sensible de Grenoble.

[00:13:47]

Mise en scène pour un clip de rap ou provocation, les autorités lancent une opération de police hier soir, en présence du préfet.

[00:13:54]

On voit bien que c'est une mise en scène éphémère de quelques secondes, destinée sans doute à impressionner. Mais on voit bien qu'aujourd'hui, c'est la police qui s'y maintient.

[00:14:06]

Réaffirmer l'autorité de l'Etat sur le territoire. L'opération a été demandée directement par le ministre de l'Intérieur, qui l'a annoncé sur Twitter.

[00:14:18]

Sur instruction directe, une opération de police est en cours dans le Mistral à Grenoble. Merci aux effectifs mobilisés pour imposer l'ordre républicain. Le seul qui protège aucun doute ne doit subsister. l'Etat s'imposera face à l'en sauvagement d'une minorité de la société. Le maire de la Ville, lui, dénonce un coup de communication. Une demi heure.

[00:14:38]

Pas d'arrestation. C'est vraiment de la com. Bon, c'est intéressant que l'Etat dise qu'il est présent. Evidemment, nous sommes intéressés à cela, mais pas sous cette forme. C'est le dans le quotidien. Ça se forge avec la police, avec les moyens de prévention, avec l'ensemble des moyens éducation, avec les habitants.

[00:14:53]

Gérald Darmanin, un ministre de l'Intérieur en quête de résultats depuis sa prise de fonction début juillet, le premier flic de France compte plus d'une trentaine de déplacements. Sa méthode? Phrases chocs et vocabulaire martial, comme lors de cette opération antidrogue dans le Val de Marne.

[00:15:12]

Je vais renouveler ces opérations de trois à quatre fois par semaine avec les policiers dans tous les endroits de la République pour montrer que non seulement je suis avec eux, mais que ce sont bien les trafiquants de drogue qui vont arrêter de dormir et qu'ils vont laisser dormir les honnêtes gens.

[00:15:27]

Le ministre tente de reprendre la main alors que cet été, des actes violents ont marqué l'opinion publique.

[00:15:34]

Axel d'Aurier, 23 ans, fauché à Lyon et traîné par un véhicule sur plus de 800 mètres, où Philippe Monguno, 58 ans, chauffeur de bus décédé suite à un passage à tabac à Bayonne pour avoir voulu faire respecter le port du masque. À Palavas les Flots, la colère gronde suite à une multiplication de rixes et bagarres en plein été. Les habitants descendent dans la rue pour dénoncer la violence ordinaire qui pollue les vacances. On m'a cassé ma voiture sur ma fille à 10 ans, ma dernière fille a 10 ans, a pu sortir de chez nous à l'année.

[00:16:07]

L'été, on n'a pas l'impression d'être chez nous et on se sent en sécurité.

[00:16:11]

La violence d'aider cet autre dossier qui empoisonne le gouvernement vous observerez.

[00:16:16]

On a eu un mois, de juillet à août. Pas satisfaisant. Je peux vous dire qu'il ne me plaisent pas du tout.

[00:16:25]

Cet après midi, cinq personnes ont écopé de prison ferme pour ces actes de vandalisme. Le soir du match Paris Bayern, affrontements avec les forces de l'ordre et pillages ont fait le tour des journaux télévisés. Quelques condamnations et d'énormes dégâts qui alimentent le sentiment d'insécurité. L'un des thèmes politiques majeurs de cette rentrée? L'impuissance de l'Etat ciblé par la droite et l'extrême droite. L'été et les vacances auront été le théâtre de l'ultra violence et de débordements en tous genres.

[00:16:56]

Les Français aspirent à la paix et à la sérénité chez cet été Orange mécanique, avec une violence gratuite qui nous a toutes et tous profondément marqué. Je vous le dis, Jean-Jacques Bourdin, on n'a pas le choix. Nous devons absolument casser cette spirale de la violence qui ne date pas seulement d'il y a quelques semaines. C'est une dérive en profondeur. C'est une crise de l'autorité, du respect de l'autorité. Nous avons trop d'individus dans notre pays qui ont un tel sentiment d'impunité, qui se croient tout permis.

[00:17:24]

Selon un récent sondage, 68 des Français ne se sentiraient pas en sécurité. Une augmentation de 10 points en six mois. Cette question qui fait écho à des mots utilisés par Emmanuel Macron pourquoi parle t on d'incivilités alors que dans beaucoup de cas, il s'agit de délinquance? Il avait parlé d'incivilités en le 21 juillet dernier. D'ailleurs, ça avait énormément choqué. La droite s'en était servi évidemment tout de suite en disant Mais le président de la République ne regarde pas les choses en face puisque les incivilités, c'est tous ces petits actes du quotidien qui ne sont pas des ils ne sont pas des délits, mais qui peuvent éventuellement des crimes et délits, mais qui peuvent fatiguer.

[00:18:01]

C'est ça. C'est une fatigue de la population française. Et c'est vrai que quand on parle de ce qui s'est passé à Bayonne, c'est un meurtre. Ce n'est pas. On n'est pas en train de parler d'un petit geste que ça avait énormément choqué et cela avait d'autant plus choqué toute une partie de la classe politique et certains foyers. Ça, une partie des Français que le président de la République n'avait pas parlé de la violence et des problématiques de sécurité lors de son interview du 14-Juillet.

[00:18:22]

C'était Jean Castex, lors de son discours de politique générale et qui avait semblé s'emparer du sujet, mais lui parlait plutôt du séparatisme, de la laïcité. Mais il n'était pas non plus. Il avait parlé des juges de proximité, mais il n'était pas sûr sur ce sujet là à fond. Et on voit bien que ce sujet, qui devient un sujet classique en politique depuis Lionel Jospin, n'avait pas disparu fin 2004 de l'actualité de la réalité des Français, de leur quotidien Montchat de l'actualité.

[00:18:47]

Oui, ce n'était pas un sujet qui était prégnant depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron. On sait qu'Emmanuel Macron n'est pas un spécialiste de ces questions. Il n'a pas travaillé sur ces questions. Il était ministre de L'économie, il était un peu à découvert et il a essayé justement de nommer Jean Castex, qui est un ancien sarkozyste avec Gérald Darmanin. À l'intérieur, ont envoyé des signaux à la droite. Le problème, c'est que vu la situation, les signaux ne suffisent pas, ce qui pouvait s'apparenter à une réussite politique.

[00:19:13]

C'est à dire? On fait venir des hommes du sarkozysme à ces endroits là pour donner des signaux quand on se retrouve une situation comme celle là. La fin de l'été? Il ne faut plus seulement des grandes paroles, mais aussi des actes. Et c'est là où le président de la République est en difficulté sur ce dossier. Le président de la République, on dit Jean Castex, on pourrait dire Gérald Darmanin, qui a l'impression d'être touche touche. Parce que la réalité, c'est pas que ça avait disparu, c'est qu'on s'était habitué qu'on a un effet d'optique.

[00:19:35]

C'est toujours là. Mais comme c'est un peu comme la tache sur un tapis le premier jour, on la voit au bout de quinze jours. Si on n'a pas nettoyé, ça fait partie du décor. La violence et l'insécurité font partie du décor. C'est une vieille affaire. Je regardais l'autre jour. J'ai écrit un papier en 1997 qui s'appelait Orange mécanique pour expliquer que la violence revenait et que la politique de Jean-Pierre Chevènement à l'époque.

[00:19:57]

Faut quand même en citer un peu plus, peut être dans la liste de Brice avait décidé de faire des villes pour des citoyens libres et qui avaient été la seule reconquête de l'histoire de la gauche sur le terrain de la sécurité.

[00:20:10]

Puis Georges Clémenceau et pendant trois ans, la gauche étaient apparus peu ou plus compétents, plus efficaces et plus sûrs que la droite en la matière.

[00:20:18]

Jusqu'à ce que Lionel Jospin explique que l'insécurité n'était pas un sujet, que ce n'était pas là dessus que se passera l'élection, qu'ils se fassent balayer. C'est vrai qu'elle est utilisée le sentiment d'insécurité qui n'est qu'un climat.

[00:20:29]

Il faut arrêter parce que le deuxième problème, c'est le néologisme la novlangue brodeurs, 1984.

[00:20:35]

On explique qu'il fallait changer dans leur criminalité devenue délinquance. Délinquance est devenue incivilité.

[00:20:39]

On se demande quel va être le prochain des de dire qu'elle est inhabitée.

[00:20:44]

Après, comme ça, le Code pénal, c'est le Code pénal. Ce n'est pas le Code des caresses et la criminalité, c'est de la criminalité plus ou moins grave.

[00:20:52]

Et plus elle est grave, plus et les criminels, ça s'appelle le code d'instruction criminelle. Avant, et elle est grave, plus elle arrive à l'incivilité qui en fait un acte délictueux non réprimé par le Code pénal.

[00:21:04]

Et c'est exactement ça. Et chacun se trompe à la fois dans les mots, dans l'expression des mots et dans la manière d'expliquer aux Français, aux citoyens de ce pays, qu'ils soient français ou pas d'ailleurs, ce qu'ils subissent.

[00:21:16]

Or, entre la réalité vécue et la réalité connue, il se trouve que l'appareil politique, l'appareil à la fois statistique et de compréhension politique, est totalement décalé.

[00:21:27]

Il ne voit pas les choses.

[00:21:29]

C'est pour cela qu'on a l'impression que l'insécurité a disparu. Elle n'a pas disparu. Elle est de plus en plus visible, mais elle a toujours été présente.

[00:21:37]

L'autre difficulté, c'est que quand on le voit bien dans les programmes politiques aussi, on parle d'Emmanuel Macron. Le programme présidentiel, c'était quoi? Les deux axes emblématiques ou majeurs du programme sur la sécurité? C'était la task force antidaté sur la création de 10.000 policiers et gendarmes à l'échelle du quinquennat. Mais ce n'est pas une politique publique de sécurité. En créant 10.000 postes, vous mettez à peu près d'aplomb une structure qui veut un outil qui va vous aider. J'ai envie de dire à intervenir dans un certain nombre de territoires.

[00:22:07]

Après, comment vous travaillez?

[00:22:09]

Je l'ai dit tout à l'heure, le ministre de l'Intérieur, quand il pense à lui seul qu'il va pouvoir régler. Ou bien Gérald Darmanin. Il a à peu près dans son rôle pour aller se réapproprier ce territoire quand il a perdu beaucoup d'argent.

[00:22:21]

On le voit beaucoup, même si, effectivement, il va participer à des perquisitions. Mais au fond, ils reviendront le lendemain. Quand il dit Les dealers ne dormiront plus, ils vont rentrer dormir. J'ai du mal à croire le contraire.

[00:22:32]

C'est ça qui est très compliqué. Ce qu'on demande, c'est de faire de la politique. Et comment? Ils raisonnent sur un long terme et comptent raisonner sur un long terme, c'est aussi raisonner avec l'éducation, c'est raisonner avec l'emploi, c'est raisonner avec la famille. Parce que dans un certain nombre de territoires, il y a beaucoup de familles monoparentales et des gamins qui quittent l'école à 16h30.

[00:22:49]

Le sujet dans son ensemble et pas faire de la politique et de la posture.

[00:22:53]

Oui, parce qu'un gamin aujourd'hui qui quitte l'établissement, qui est en décrochage scolaire, c'est aujourd'hui le problème de l'éducation. Ça sera demain le problème de la police et de la justice.

[00:23:00]

Idrissa Seck, vous avez évoqué au tout début de l'émission ce qui s'est passé. On l'a vu, cette image de mise en scène à Grenoble et vous avez dit là, c'est très différent. Là, c'est de la com et il envoie un message à leur accueil d'ailleurs, aux autres quartiers ou au gouvernement ou aux forces de l'ordre locales. Un message qui est de dire on est patron, on a les moyens et on fait du biz, on fait du business.

[00:23:21]

Oui, il y a un élément qui m'a beaucoup marqué, en tout cas pour ceux qui ont travaillé sur ces questions là. Moi, je n'ai jamais vu un dealer sortir une table avec du cannabis sous drogue en bas de son immeuble. Ils ont plutôt tendance à se retrancher dans des halls d'immeuble qui vont barricader pour éviter que les policiers ne rentrent. Ils font ça parce que c'est qu'ils sont dans une mise en scène. Ils sont dans une appropriation d'une démonstration de l'appropriation du territoire et ça a été le cas.

[00:23:43]

J'ai expliqué tout à l'heure aussi à Dijon, qu'ils sont là pour montrer à tout le monde qu'ils sont prêts à.

[00:23:48]

Mais à qui? Mon client, c'est important. C'est la fournaise qui est en sécurité.

[00:23:54]

Le client qui est en sécurité. Celui qui serait d'aventure animé par de mauvaises intentions de leur piquer le territoire, de leur dire on vous attend de pied ferme et on est bien équipés avec gilet pare balles et fusil d'assaut et éventuellement la puissance publique qui pourrait à un moment donné, avoir des velléités pour les chasser de ce territoire. C'est un message général qui est envoyé. On est dans une mise en scène comme à Dijon et comme cela s'est déjà passé dans d'autres territoires, ou comme quand vous avez des détenus qui se sauvent de prison ou qui se filment en prison en train de faire du deal.

[00:24:19]

C'est la même chose. Vous êtes d'accord avec ce que dit le maire de Grenoble qui, dit on, ne veut pas qu'il y ait de la surenchère. Ce n'était pas le rôle des forces de l'ordre parce qu'ils sont allés sur le terrain. Ensuite, les policiers de la ville de Grenoble aussi, peut être pour montrer qu'il serait approprié le territoire et qu'ils étaient là. Est ce que c'est? Est ce que c'est dans la surenchère? Ou est ce qu'ils font juste leur boulot?

[00:24:36]

Normalement, je ne partage pas du tout sa déclaration parce que quand il dit il faut pas être dans la surenchère, il faut être dans le dialogue, comme si il fallait dialoguer avec des individus comme ça. Moi, je pense que le ministre de l'Intérieur a eu raison de demander à des effectifs de descendre pour montrer à la population, parce que les premières victimes de ce qui est en train de se passer, ce sont les habitants eux mêmes, quelquefois dans des situations précaires.

[00:24:55]

Donc, de montrer qu'effectivement, la République est partout chez elle. Je pense que c'est une très bonne initiative du ministre de l'Intérieur.

[00:25:00]

Après le lendemain, c'est ça. C'était la question. Je voulais poser la question. C'est comme contre. Comme vous s'écartaient contre quoi exactement? Quel autre choix avait il en réalité les policiers que de venir à leur tour? Quelle image désastreuse ça aurait été si jamais il n'y avait pas eu, au minimum une descente de police, une perquisition. Enfin, c'est dire qu'on laisse impunément un quartier aux mains de délinquants qui font leur message aux bandes rivales. En lisant Renaud, on est très fort, on a tout ça.

[00:25:22]

Et voilà notre démonstration d'armes, de matériel. C'était impossible autrement. Après, voilà la réponse comme effectivement. Et puis, la réponse aussi opérationnelle d'avenir, c'est de faire des perquisitions, viser l'opération. On imagine bien que quand ils sont arrivés, le petit spectacle était terminé. Et puis, il y a un temps différent, entre le temps de la police, de l'enquête de flagrance et ensuite le temps de la justice, le temps que les preuves soient rassemblées, que l'enquête soit menée, que ça soit soit sous l'égide d'un procureur, soit, si c'est très complexe, ça soit mené par un juge d'instruction.

[00:25:56]

Mais ça prend des mois. Ça prend des années avant d'être traduit devant un tribunal.

[00:25:59]

Et pendant ce temps là, on parlait de ça parce que la réponse judiciaire est au cœur du débat et elle est longue. Effectivement, il faudrait pas qu'elle soit plus rapide. Mais on va y revenir. On le sait depuis des années que ces quartiers là, on parle souvent de zones de non-droit. Chaque ministre de l'Intérieur, d'ailleurs, a ces expressions pour qualifier ces quartiers là. Est ce qu'on a lâché? Est ce qu'on a lâché? Ou est ce qu'on y va pour faire des coups de com?

[00:26:22]

Ou est ce que malgré tout, il y a un engagement, toujours des forces de l'ordre pour reprendre possession, reprendre le contrôle sur ces quartiers là? Je pense qu'il y a un engagement, mais un territoire réoccupé, un territoire. Remi. Entre guillemets Renault-Nissan ou sous main, sous ordre souvent de justice. Un autre se crée juste à côté, c'est un peu sans fin. Est ce que ça a changé quelque chose? Le fait que la consommation de drogue soit soumise à une amende de 200 euros, ça fait partie des mesures qui sont annoncées comme ça à coup d'annonces, en disant bah voilà, cette fois ci, on va sanctionner au portefeuille pour essayer de casser ce trafic.

[00:26:59]

Est ce que ça servait à quelque chose alors?

[00:27:00]

D'abord, ça vient de commencer. La contravention annualisation est une excellente idée. Elle vise à sortir l'encombrement massif qui fait que tous les ans, on interpelle une centaine de milliers de personnes pour moins de 6 000 000 condamnations, dont la moitié sont des injonctions thérapeutiques du genre. Faudrait arrêter à les soigner. Ça, c'était plutôt une bonne idée. C'est plutôt une bonne idée de gestion et de management. C'est pas une bonne idée pour la justice, pour la lutte contre le trafic.

[00:27:26]

Mais je voudrais indiquer un élément, c'est que pendant qu'on regarde ce que fait la main gauche, les manipulations et les provocations médiatiques, la réalité du trafic de stupéfiants a totalement changé.

[00:27:36]

Aujourd'hui, le trafic de stupéfiants est en télétravail. Il n'y a plus du tout. Le petit machin, ça, c'est maintenir le niveau zéro du trafic. Le niveau aujourd'hui, c'est Snapchat.

[00:27:47]

Pubs, présentations, tarifs, offres commerciales, offres commerciales, réductions Marinus, cartes de fidélité, livraison à domicile, livraison à domicile ou par la poste ou à domicile avec des outils extraordinairement modernes et des qualités de produits remarquablement élevés, notamment une concentration de tétrahydrocannabinol sur le cannabis, qui est depuis très longtemps n'est plus une drogue douce en France. En tout cas, pas plus.

[00:28:14]

L'auto culture et le processus.

[00:28:17]

Donc, on est en train de regarder ce qui est déjà le passé. Cette affaire est déjà terminée.

[00:28:22]

Elle est agitée parce que c'est une provocation symbolique.

[00:28:26]

Mais sur le fond, le trafic a déjà totalement changé de nature. On est en train de regarder ce qui reste de magasins de proximité alors que le supermarché vient de se transformer en étant totalement virtuel. Donc, on est déjà ailleurs dans le trash.

[00:28:40]

J'essaie de commenter avec vous les annonces du gouvernement. On avait parlé de des choses qui sont dans le débat. On fait des émissions, fait parfois des c dans l'air. On va très bon, cette colère. Et puis on les oublie. La police de proximité, on l'appelait plus comme ça, c'était la police quotidienne. La police du quotidien a annoncé à l'époque, au tout début de l'arrivée d'Emmanuel Macron RESPONSABILITES, c'était Gérard Collomb qui était à l'époque ministre de l'Intérieur.

[00:29:03]

Ça a changé quelque chose dans ces quartiers là. L'idée, c'était aussi de remettre du lien entre la police et ces gens là, non?

[00:29:10]

Il y a une police du quotidien à Grenoble. Ça n'a rien changé.

[00:29:13]

Ben non, c'est pas. C'est pas ça que ça a changé depuis 1975. On sait que la police communautaire n'a aucun effet sur la criminalité. Aucun, on ne le fait, la police communautaire. C'est ce qu'on appelle la police de proximité parce que dans les pays anglo saxons s'appelle la police communautaire. Et donc, on le sait, on a une étude. L'étude de Kansas City.

[00:29:33]

Elle est racontée à tous les étudiants de première année qui oublie au bout d'un moment en se disant rien, il faut faire comme ça, mais on sait que ça ne sert à rien parce que la police, elle, doit être un élément combiné entre du renseignement, du maintien, de l'ordre, de la présence sur le territoire, c'est à dire verrouiller le territoire et de ce point de vue là, la police du quotidien.

[00:29:51]

Elle doit être une police qui doit être sédentarisée et pas seulement une police de passage.

[00:29:56]

Or, évidemment, quand vous réduisez considérablement les effectifs, quand vous n'avez plus personne pour le faire, vous n'êtes obligés que de faire des opérations coup de poing.

[00:30:03]

Ça s'en va et ça revient à ce qui s'est passé à Grenoble. Telle est la stratégie de Jean Castex et de Gérald Darmanin et, naturellement, du président de la République en matière de lutte contre l'insécurité, contre la délinquance et la criminalité. Comme vous le disiez à l'instant, il y a une stratégie où ils sont peu pris de court. Toute la difficulté n'est pas du tout du long terme. Or, on est face à un gouvernement qui est nommé pour le court terme.

[00:30:24]

D'ailleurs, Jean Castex ne s'en cache pas. Eric Dupond-Moretti, le nouveau garde des Sceaux, non plus. Qu'est ce que j'aurais le temps de faire? Toute la difficulté, c'est qu'on est. On est dans des problématiques de très long terme, alors il va y avoir des réponses plus immédiates. Vous parliez tout à l'heure de l'amende forfaitaire, par exemple. Ça, c'est une réponse immédiate. Mais c'est vrai que toute la difficulté, c'est que leur idée, c'était d'occuper le terrain dans la perspective de la présidentielle.

[00:30:47]

Sauf que là, ils se retrouvent face à une préoccupation majeure des Français voir appliquer tout à l'heure. Et il va falloir répondre à ces difficultés. Et c'est ce que vous disiez tout à l'heure. La difficulté, c'est que c'est un sujet à prendre dans son ensemble. Il y a des réponses d'urgence à apporter là rapidement. Je ne sais pas en termes de moyens, par exemple.

[00:31:06]

La difficulté, c'est que soit vous êtes dans une stratégie à double détente. La première consiste à répondre dans l'immédiat aux problèmes qu'il y a, c'est à dire que vous mettez des places de prison en plus des effectifs qui vont aller au quotidien. Et puis, à long terme, faire en sorte que les individus qui sont pour la plupart d'entre eux des jeunes. Parce que je l'ai rappelé, on est aussi sur un phénomène générationnel, avec une génération qui est de plus en plus violente, etc.

[00:31:27]

Il faut les prendre très tôt, très tôt, pour éviter, y compris sur des questions liées à la radicalisation dans 60 territoires, que ça n'arrive demain. Là, on n'est ni l'un ni l'autre parce que tous les indicateurs. Vont se dire l'état de la police ou la gendarmerie. C'est à peu près autre chose. Les prisons ne fonctionnent pas ou ne fonctionnent plus. Ce qui fait qu'on a du mal à se positionner par rapport à ça.

[00:31:45]

Je ne veux pas parler d'injustice, mais on va en parler parce que c'est aussi parfois un sujet de moyens. Pour la droite en tout cas. La solution est à chercher du côté de la justice, accusée de laxisme ou même de ne pas faire appliquer suffisamment bien les peines. Le nouveau garde des Sceaux, lui aussi, doit faire face à ces injonctions des oppositions. Mais le ténor du Barreau prévient déjà qu'il ne fera pas le choix du tout répressif. Emilien, David, Aubrée, Tero, Maxime, yogis.

[00:32:12]

Le souvenir est amère pour le tout nouveau maire de Portbail, en Normandie. Début août, il repère un campement sur ce site pourtant interdit. L'édile rappelle la loi aux trois campeurs. La rencontre dégénère.

[00:32:27]

Ma voiture. Et puis, au moment où j'ai senti que j'étais comme ça, j'ai reçu un premier coup derrière la nuque. Et puis un deuxième coup qui a tapé aussi au niveau du mot plate. Et puis, c'est tout. Le gaillard parti retrouver ses copains. Les trois campeurs sont rapidement délogés et interpellés par les gendarmes. Choqué, le maire décide de porter plainte. Mais à sa grande surprise, l'agresseur écope d'un rappel à la loi.

[00:32:53]

Un rappel à la loi, ça veut dire que la personne qui agresse un élu ou même n'importe qui, ça peut être bien va se faire un nom pendant six ans, peut être. Si, si. Une récidive, il aura peut être une fessée. La peine est elle trop légère? Hier, le procureur de la République a rouvert le dossier, mais l'histoire alimente déjà une polémique qui resurgit régulièrement depuis des années. La justice est elle trop laxiste face aux délits après les nombreux faits divers relatant des faits de violence cet été?

[00:33:29]

La droite s'empare à nouveau du sujet. Nous avons besoin d'un changement immédiat de politique pénale avec une impunité zéro, car c'est cette impunité qui nourrit l'explosion de la violence.

[00:33:45]

La réponse pénale n'est pas à la hauteur de ce déchaînement de violence. Ceux qui portent atteinte à l'autorité de la République doivent dormir en prison. Nous avons un taux des attaques directement adressées au gouvernement, car cette politique répressive n'est pas à l'ordre du jour. Depuis sa nomination au ministère de la Justice, Eric Dupond-Moretti campe sur ses positions lustration pénitentiaire.

[00:34:07]

Je ne serai pas le garde des Sceaux du laxisme, mais je ne serai pas non plus le garde des Sceaux du tout répressif. Je n'ai pas de baguette magique, mais je ne veux pas de matraque non plus. Et si la répression était la solution? Il y a des siècles que nous ne saurions, je le sais.

[00:34:22]

Autre point d'attaque l'exécution des peines. Donnez moi. Chaque année, 120.000 peines de prison ferme sont prononcées par les tribunaux correctionnels et en 2016, par exemple, seulement 90 des peines ont été exécutées, selon le ministère de la Justice.

[00:34:38]

En France, c'est trop souvent le cas, une peine qui est prononcée, mais pas appliquée. Une peine de prison ferme dans le but est de protéger. La société n'est pas menée à son terme.

[00:34:48]

Le député européen en pointe ici du doigt les aménagements de peine qui concernent une peine de prison ferme sur trois les détenus, ne purge pas l'intégralité de leurs condamnations derrière les barreaux, mais peuvent bénéficier, par exemple, d'une liberté conditionnelle ou de la pose d'un bracelet électronique.

[00:35:05]

Pour cet ancien magistrat, aujourd'hui avocat, il ne s'agit pas de laxisme, mais de mesures de réinsertion. Une peine, c'est quelque chose qui est individualisé, personnalisé et qui a pour but pas simplement de punir, mais aussi de réintégrer un jour le plus rapidement possible la personne condamnée dans nos sociétés. Aménagement de la peine? C'est fait pour. Ça se fait pour que fictivement, le délinquant soit vraiment pris en compte, qu'il ne recommence, qu'il réintègre nos sociétés.

[00:35:37]

Une solution qui permet également de désengorger les prisons surchargées depuis des années. Une réduction du nombre de prisonniers qui s'est d'ailleurs accélérée avec la crise du coronavirus. Plus de 6000 détenus en fin de peine ont été libérés pour raison de crise sanitaire.

[00:35:53]

Ce reportage pose deux questions que censure imposée dans le débat public d'abord est ce que la justice est trop laxiste, d'une part, et d'autre part, est ce que les peines sont effectivement appliquées? Cette question qui nous est posée ce soir le problème ne vient il pas de la clémence des peines prononcées par les tribunaux? Daniel Regarding qui pose cette question?

[00:36:10]

Paradoxalement, les tribunaux ne sont pas cléments. Ils sont lents et cumulatifs.

[00:36:15]

Mais il n'y a jamais eu autant de peines prononcées, fermes, longues.

[00:36:21]

Jamais les prisons n'ont été aussi pleines jusqu'au moment du coronavirus, où on en a vidé une partie pour des raisons sanitaires.

[00:36:28]

Ce qui n'est pas sans expliquer éventuellement quelques effets secondaires ultérieurs attendus qu'il faudra vérifier.

[00:36:35]

2 L'outil statistique du ministère de la Justice est un outil formidable. C'est le plus élaboré, le plus sophistiqué et le plus menteur de l'ensemble de la statistique publique.

[00:36:44]

Ils ont inventé un outil qui s'appelle le taux de réponse pénale ou le classement sans suite est considéré comme une réponse. Je fais rien. Une réponse. Or, les deux tiers des plaintes sont classées sans suite.

[00:36:56]

Une autre partie ne peut pas être poursuivie, faute d'auteurs connus, ce qui est normal, ou parce que la procédure est écrite avec les pieds. Et la formation des policiers pose un problème majeur dans la capacité de la poursuite pénale.

[00:37:09]

Il ne faut pas sous estimer une erreur de procédure parce qu'ils sont plus formés, qu'on n'a plus le temps de l'informer parce que le système n'est pas le même pour les policiers gendarmes. Les gendarmes fonctionnent selon le Code pénal, les policiers selon un processus invraisemblable. Quel mode opératoire? Ça désespère beaucoup. Le système judiciaire. Les magistrats sont loin d'être responsables de tout. Enfin, parce que les magistrats ont deux dispositifs qui ont été inventés depuis les années 90 les alternatives aux poursuites et les alternatives aux peines alternatives aux poursuites.

[00:37:39]

Ça veut dire je te poursuis pas. Pourquoi? Parce que ça emmerde le système d'être encombré par un nombre considérable de poursuites plusieurs centaines de milliers qu'il ne sait pas gérer parce que ça ne vaut pas le coup.

[00:37:52]

J'aime pas le temps parce que c'est pas assez important, parce que je n'ai pas assez d'éléments et deuxièmement, les dispositifs alternatifs aux peines qui est jeté, poursuivi.

[00:38:01]

Je vais être condamné, mais tu ne vas pas aller en prison. Et c'est ce que dit monsieur Portelli. Justement, même s'il oublie la première partie sur l'aménagement. Et en fait, la France est un pays qui se moque beaucoup des Etats-Unis et des pays anglo saxons où on négocie les peines. La France est le seul pays où on arrive à négocier.

[00:38:15]

La loi triomphe sur le laxisme de la justice et sur le fait que les peines ne soient pas appliquées. C'est ce que dit encore une fois la droite. On l'a entendue.

[00:38:24]

C'est ce qu'a toujours dit la droite que les magistrats. La justice est laxiste. C'est le serpent de mer, celle du sentiment des Français aussi. Et c'est le sentiment des Français qui est largement véhiculé par la parole des politiques. La réalité, elle, est plus proche de ce que décrit Alain Bauer, c'est que la justice est effectivement très lente et qu'elle est contrainte aussi par la procédure pénale qui est complexe et que quand on n'a pas les éléments nécessaires dans une procédure, on ne peut pas poursuivre.

[00:38:52]

Alors l'Alta peut être un peu caricatural de dire que les alternatives à la peine, c'est parce qu'on n'a pas envie. Non, c'est parce que ces poursuites alternatives aux poursuites que c'est en amont. Effectivement, on poursuit pas bon, c'est peu pour des toutes petites choses. Après les alternatives à la peine. Ça veut dire qu'il y a quand même eu un jugement et que le sens aussi de la loi actuelle, c'est de ne pas mettre les condamnés en prison pour des petites peines.

[00:39:20]

La loi a été aussi réformée dans ce sens là. Et donc, on demande aux magistrats c'est la loi d'aménager, d'aménager les peines pour ne pas engorger les prisons va jusqu'à nouvel ordre. Les lois sont faites par les parlementaires.

[00:39:32]

On a entendu cette phrase trop d'indivision, un sentiment d'impunité. Ce sont des phrases qu'on entend beaucoup dans le débat public. Un exemple très concret. Les images du Paris Saint-Germain, c'était une défaite, mais ça a donné lieu à des violences désormais. Souvent, les rassemblements, notamment prédations, élisaient 152 personnes en garde à vue, 45 mineurs, 15 personnes encore en comparution immédiate. La majorité ont écopé d'une peine de 2 à 5 mois avec sursis et une amende de 300 euros.

[00:40:00]

Ceux là n'iront pas en prison puisque c'est naturellement du sursis, une peine de 300 euros. Ils s'en sont pris aux forces de l'ordre. Il y a parfois eu de la casse, le pillage. Là, les gens qui regardent ces images là se disent est ce que la peine est à la hauteur?

[00:40:16]

Si on prend ce cas concret, si on prend ce cas concret, la position probablement du juge judiciaire. Moi, je fais toujours la différence entre la justice judiciaire et l'administration pénitentiaire. Ce n'est pas la même chose. J'y reviendrai après. Mais si on prend un cas comme ça, le juge judiciaire aujourd'hui va considérer qu'on a quand même un taux de surpopulation carcérale et que la prison aujourd'hui ne joue plus son rôle. Quel est le rôle de la prison? Faire prendre conscience à un individu qu'il a commis un crime ou un délit pour le réparer et qu'ensuite, il y a eu une préparation à la réinsertion.

[00:40:44]

Or, la prison ne joue plus son rôle.

[00:40:46]

Donc, envoyer un individu qui va en prison, soit gravir les échelons dans le banditisme ou alors qu'il va se radicaliser. Je rappelle qu'à 850 aujourd'hui, dans nos prisons, 850 individus détenus pour des faits de droit commun et qui sont des individus considérés comme radicalisés, on m'a posé un autre problème pour la société et donc le juge judiciaire est bien considéré pour quelqu'un qui a jeté un pavé sur un camion policier.

[00:41:08]

Moi, je considère à titre personnel que c'est très grave, mais est ce que cela justifie d'envoyer l'individu en prison compte tenu de sa situation qu'il travaille? Il a probablement, etc. Je ne sais pas, mais ça fait partie aussi du raisonnement que va adopter le juge judiciaire. Simplement peut être très court sur la justice judiciaire. Doneux, il y a aujourd'hui une incapacité pour la justice judiciaire.

[00:41:30]

C'est pour cela que le premier ministre a indiqué qu'il y aurait un renfort de 550 à la fois des greffiers et des juges n'apparaît pas énorme, mais c'est rien du tout.

[00:41:38]

Parce que quand vous considérez que pendant le confinement, les tribunaux ont arrêté de travailler, parce qu'aussi, il n'y avait pas greffiers, parce qu'ils n'avaient pas les moyens de travailler depuis la maison, c'est à dire en télétravail, avec des ordinateurs et des connexions sécurisées, ça pose évidemment la question des alternatives aux poursuites. On n'a plus les moyens. À tel point que vous avez des parquets qui sont noyés dans des procédures, c'est à dire qu'ils vont être obligé d'abandonner un ensemble de poursuites pour lesquels il n'y a pas de victimes.

[00:42:02]

Il n'y a pas d'auteur, donc on est obligé d'abandonner. Et puis ensuite, on a parlé de l'administration pénitentiaire. Il y a une mission qui a été lancée parce qu'il y a 80 de suicides dans nos prisons depuis le 1er janvier. Ce n'est pas normal que dans notre pays, des individus qui sont sous main de justice en arrivent à se suicider. Donc, il faut aussi voir ça en face et que devant jouer ce rôle des conseils, c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est à dire que si on veut avoir une stratégie à double détente, on dit qu'on va gérer l'urgence.

[00:42:28]

Mais les outils que nous avons à notre disposition pour gérer cette urgence, c'est de dire la police et l'administration pénitentiaire.

[00:42:33]

Et les joueurs ne fonctionnent pas bien, ne fonctionnent pas bien des vrais problèmes et ils sont structurels, c'est à dire que ce n'est pas un effet de mode. Ces structures. Une proposition qu'on entend souvent le ministre le garde des Sceaux cet après midi, a dit ça, c'est de la justice à la papa. Cette vieille formule, ça marche pas. La question des rétabliront est pleine. Les peines planchers alors que les peines planchers. Et pourquoi dans tout ça?

[00:42:54]

Ça revient dans le débat des peines planchers.

[00:42:58]

Je parle souvent de contrôles à tous mes. C'est les peines incompressibles en cas de récidive. C'est à dire que si, si. Si on. Si on récidive, par exemple, au maximum, c'est 5 ans minimum 1 an. C'est une forme de barème. On ne peut pas aller en dessous. La réponse des juges, c'est Nicolas Sarkozy qui avait mis en place en 2007 la réponse des juges, c'est de dire oui. A ce moment là, pas d'individualisation de la peine.

[00:43:21]

On ne veut pas entendre parler de ça. Nous, on ne veut pas de justice collective. On veut vraiment prendre chaque personne. On compte chaque, chaque prévenu compte. Ça a été mis en place par Nicolas Sarkozy. Ça a été abrogé en 2014 par Christiane Taubira sous François Hollande. Que dit Emmanuel Macron? En 2017? Il dit en 2014. Que dit Emmanuel Macron en 2017? Il dit qu'il veut revenir sur la réforme Taubira. Il est interrogé un jour et dit Je veux revenir sur cette.

[00:43:46]

Il veut rétablir les peines planchers. Il dit pas qu'il voudrait arrest peines planchers, mais dit globalement qu'il veut revenir sur la réforme Taubira. Et puis, on en reste là. Et aujourd'hui, ça fait déjà plusieurs années que la droite revient avec. En se disant que ça a marché pour la loi TEPA. Pourquoi? Pour une partie de la loi TEPA? Pourquoi ça ne marcherait pas pour les peines planchers? Et il espère que les peines planchers soient remises.

[00:44:07]

L'actuelle garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, avait salué la décision de Christiane Taubira, dont ça paraît très compliqué. Aujourd'hui, je remercie. Jean Castex a annoncé la mise en place dans les territoires de juges de proximité. Alors là aussi, est ce que le juge de proximité pour les incivilités décide d'aller et d'aller très vite et de réagir avec célérité? Oui. Et alors, ça, ça a plutôt bien fonctionné au moment où il le prononce dans son discours de politique générale parce qu'on dit il a compris que les Français étaient exaspérés.

[00:44:33]

Donc, c'est un signal qu'il envoie. Il se présente comme le ministre des Territoires et le premier ministre proche des Français. Et donc, il dit j'ai compris. Et puis après, quand on parle de la mise en œuvre, c'est un peu un peu moins clair. Il existait des juges de proximité qui ont disparu. Voilà, voilà. Donc, donc voilà, c'est fait pour les gens qui nous regardent. Ils voient bien ce sujet qui fait partie de leur quotidien depuis des années.

[00:44:55]

Vous l'avez très brillamment rappelé tout à l'heure, Alain Bauer. Et puis il s'entendait. Des propositions qui s'enchaînent comme ça. Et les experts que vous êtes explique De toute façon, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Les peines planchers, non. La justice de proximité. Vous nous dites que le triomphe, que ça a déjà existé et que ça va marcher, on les a, on les a mis en place. Et puis on les a enlevé. Ils en veulent remettre les peines planchers.

[00:45:15]

Elles ont fonctionné pendant sept ans. Le bilan était quand même pas énorme. On s'est aperçu que les peines planchers, elles, étaient soit disant automatiques, sauf si le juge motivait le refus de l'appliquer. On s'est aperçu au final que six fois sur dix dans les cas où les délits étaient rentrés dans les critères d'une d'une peine plancher possible six fois sur dix, les juges décidaient de ne pas l'appliquer en le motivant. Donc, ça ne fonctionne pas. Donc, on remet au goût du jour.

[00:45:43]

Xavier Bertrand a remis ça sur le tapis parce que peut être politiquement, c'est quelque chose qui fonctionne. Mais il n'est pas concrètement la répression.

[00:45:51]

On entendait Eric Dupond-Moretti vous dire à l'instant si ça avait marché, ça se saurait. C'est juste cette phrase.

[00:45:58]

Le problème, c'est la récidive. C'est à dire que dans notre pays, il veut toujours emprisonner plus ou moins. Mais on ne peut pas emprisonner, bien que si on emprisonne bien et bien, on va limiter la récidive. Faire une bonne répression, c'est aussi faire de la prévention et c'est ça le sujet. On a un taux de récidive qui est l'un des plus importants en France, en Europe et donc là, pendant la période du Kovy, on en a libéré entre six et 8.000 qui arrivaient en fin de peine, mais qui n'avaient pas de projet de réinsertion.

[00:46:25]

Dans un contexte économique extrêmement fragilisé, qu'est ce qui va se passer demain? Il est là aussi le problème de l'administration pénitentiaire.

[00:46:32]

Il est là avant d'aller au troisième reportage qui va nous emmener à Bordeaux. Est ce qu'il y a un modèle? Est ce qu'il y a de la lumière au bout du tunnel? Est ce une ville ailleurs à l'étranger, aux États-Unis ou en Asie? Peu importe si on aurait réussi à résoudre cette équation dont vous avez expliqué à quel point elle est complexe et elle fait rentrer l'éducation, la justice, la répression, mais aussi tous les sujets que vous avez abordés.

[00:46:55]

Quel modèle?

[00:46:56]

Non, il y a plein de modèles. Le modèle, c'est la cohérence, la cohérence. Pour New York, c'est tolérance zéro. Tout le monde en prison. Si tu fais deux ou trois fois, tu restes pour la vie. Le contrôle des sorties de prison est considérable réduction et effondrement du taux de criminalité.

[00:47:12]

Jusqu'à l'année dernière, la Hollande, la Hollande a vidé ses prisons et les loups à d'autres pays parce qu'il n'y a plus personne dedans. Eux, ils ont décidé que les courtes peines, c'était une très, très bonne idée parce qu'il fallait agir tout de suite.

[00:47:26]

Un week end d'enfermement pour montrer qu'il fallait casser la spirale de la délinquance et que, du coup, le taux de référence ou le taux de récidive ou le taux de récidive légale, il y en a 3 s'effondrer, notamment pour les mineurs délinquants.

[00:47:38]

C'est l'inverse de notre processus à nous.

[00:47:40]

Mais qu'est? Dans ces pays là, une seule chose une conférence de politique pénale où les policiers qui considèrent que les juges sont laxistes et les juges considèrent que les policiers sont fachistes se parlent.

[00:47:50]

Ça n'est jamais arrivé en France depuis 1945. La seule et unique sujet 45, c'est celle sur les mineurs.

[00:47:59]

Et elle a réussi parce qu'ils se sont parlé.

[00:48:02]

Parlez! Messages d'un rapport allez. La ville de Bordeaux n'échappe pas, comme les autres grandes villes de France au sujet de l'insécurité. Le maire écologiste élu en juin dernier, Pierre Hurmic, doit s'emparer d'un sujet sur lequel les verts doivent encore faire leurs preuves. Il promet qu'il n'y aura pas d'impunité, adopte un discours de fermeté et promet des solutions nouvelles. Juliette Pérot, Maxime Liogier et Iguana à 50 rapportage.

[00:48:28]

Ce quartier de Bordeaux Braya de Satory, fils d'agent de sécurité, le connaît comme sa poche. Mais s'il déambule dans les rues ce jour là, c'est avant tout pour porter un message aux détenteurs de téléphones portables.

[00:48:42]

Toutes les personnes qui ont l'application doivent déposer une alerte. Je me trouve que je suis dans une situation très suivie. Outre le bouton Alerter, toutes les personnes qui ont l'application sont écoulées.

[00:48:52]

Je te trouve avec le GPS, une application pour lutter contre les agressions qui se multiplient dans le quartier depuis plusieurs mois. Je ne vois pas. Cet épicier en a été témoin lacéré, le bizarre.

[00:49:03]

J'ai déjà assisté à une voiture qui est venue très rapidement, qui est descendu avec une barre de fer, qui a donné un gros coup dans la tête à un client qui était en train de picoler devant les portiers. Les policiers prennent ça pour un peu pour du tapage nocturne. Vous connaissez? Ils viennent pas souvent alors qu'on leur dit qu'il y a du raffut, mais a qu'au moment où on leur dit qu'il y a du sang, ils viennent vite.

[00:49:25]

Un climat d'insécurité qui a poussé le vigile à poster un message à l'attention de tous les Bordelais sur les réseaux sociaux.

[00:49:33]

N'hésitez surtout pas à venir nous voir en tant que professionnel, nous avons l'habitude de règleront le problème afin de garantir votre sécurité. On est dans une situation où on a besoin. On a besoin de soutien. On a besoin d'être solidaire. On a besoin de protection et de changement, même si encore une fois, la police se sent mal pour moi, même si on se montre dépassé par les évènements, nous devons prendre nos responsabilités de citoyens et nous aider mutuellement.

[00:50:03]

Une initiative qui a de quoi surprendre. Dans cette ville plutôt tranquille.

[00:50:07]

Sauf que depuis la fin du confinement, Bordeaux connaît une flambée de violences, rixes, règlements de comptes, attaques au couteau. Semaine après semaine, de nouveaux faits divers s'ajoutent à la liste. Entre fin juin et fin juillet, pas moins d'une trentaine d'agressions à l'arme blanche ont été recensées. En cause, de nombreux facteurs, dont la problématique des mineurs non accompagnés. Livrés à eux mêmes pendant le confinement et qui, pour certains, ont perturbé le trafic de stupéfiants déjà existant.

[00:50:40]

Une situation qui inquiète les Bordelais. Dans le quartier Saint-Michel, où beaucoup attendent un signal fort de la part du nouveau maire.

[00:50:51]

Pour l'instant, ça ne fait qu'augmenter. Après, faut lui laisser le temps. Mais il y a eu plein d'excuses locaux vides, des choses comme ça. Maintenant, je pense que d'ici la fin d'année, il serait temps d'agir parce que ça va grandir et que à un moment donné, on va. On va se retrouver pour vider les quartiers, pour des valeurs, pour des raisons qui sont plus fortes que nous.

[00:51:11]

Un maire sous pression. Mais n'allez pas dire à Pierre Hurmic, élu Europe Ecologie Les Verts, que la sécurité, contrairement à ses prédécesseurs, n'est pas son affaire.

[00:51:22]

Des outils d'aide que nous allons mettre en place, type groupe local de traitement de la délinquance, c'est quelque chose qu'ils auraient pu faire. N'ont jamais fait. Nous allons également demander à l'Etat, qui restitue à Bordeaux une compagnie de CRS permanente qui a existé autrefois. J'ai également décidé de recruter pour la police municipale. Il faut le faire de façon très, très, très urgente lorsque ça aurait pu être fait et ça n'a pas été fait. Donc, je considère que sur le traitement de l'insécurité dans Bordeaux, prenons un certain nombre de mesures qui auraient dû, pour la plupart d'entre elles, être prises depuis bien longtemps.

[00:51:55]

Mais au delà des mesures, l'opposition, elle, attend surtout un discours de fermeté. La parole du maire intuitu personnage qui dit il n'y aura pas d'impunité, elle est fondamentale. Il faut que les Bordelais entendent que oui, bien sûr, ils ont. Ils commencent à avoir peur de sortir et bien sûr que tous les moyens vont être utilisés pour juguler cette hémorragie. La question de la sécurité, c'est pas un délire d'élus de droite, c'est quelque chose qu'on doit donner et garantir à chacun des citoyens.

[00:52:31]

Le nouveau maire de Bordeaux refuse de transiger sur certains points. Hors de question, par exemple, d'armer la police municipale.

[00:52:40]

Cette question les maires ne sont pas les mieux placés pour régler les problèmes d'insécurité en France. Leurs pouvoirs de police sont extraordinairement limités. Je rappelle qu'en France, les maires sont des élus sensors, des agents de l'Etat, mais que la force de police, c'est celle de l'Etat.

[00:52:55]

Depuis une décision du maréchal Pétain 1942, la police d'Etat est une police de la collaboration. Elle n'est devenue que tardivement nationale.

[00:53:03]

Il y a les maires et les citoyens eux mêmes. On a entendu le témoignage de cet agent de sécurité obligé de s'organiser.

[00:53:08]

Mais cette salle risque, bien sûr, c'est le risque de la milice, de l'orgue, de l'auto organisation.

[00:53:13]

C'est un effet très paradoxal de l'ensemble du processus d'avant les gilets jaunes. Jusqu'à maintenant, c'est à dire qu'il y a désormais un processus de contestation et de confrontation avec l'Etat qui passe par des dispositifs d'auto organisation, de contrôle d'espaces territoriaux.

[00:53:29]

Les ronds points de contrôle des espaces territoriaux par les criminels d'un côté et par les citoyens de l'autre, y compris le stop kovy anti-criminalité qui est de dire n'allez pas ici, n'avaient pas là tout ce qu'on a vécu depuis une trentaine d'années dans les pays anglo saxons, avant que cette réaction populaire se transforme par une réaction politique. L'élection de Ronald Reagan en Californie. C'est sur la criminalité et la délinquance en plein après 68.

[00:53:57]

Les gens exaspérés ont liquidé les démocrates qui tenaient ce territoire depuis toujours. En dix ans, le temps de la révolution conservatrice est venu et la révolution conservatrice est de l'ordre de l'ordre et de l'ordre.

[00:54:08]

Triomphe sur la contestation de l'autorité. Elle a sans doute aussi pris de l'ampleur au moment du mouvement des gilets jaunes, où il y a eu une opposition très, très forte entre les gilets jaunes et les forces de l'ordre, qui est aussi toutes le phénomène des violences policières, qui a aussi cristallisé certaines rancoeurs. Et il y a des chiffres qui sont tombés récemment qui disent qu'il y a quand même eu 24.000 refus d'obtempérer en un an. Pour vous donner une idée, c'est un toutes les 30 minutes.

[00:54:39]

Donc, ça veut dire quoi? Ça veut dire que quand vous voyez l'uniforme du gendarme qu'envoyer un policier, non seulement ça ne fait plus autorité, ça ne fait plus peur. Mais certains n'hésitent pas. Vous vous souvenez de certains faits divers tragiques où une gendarme a été tuée parce qu'un automobiliste à un péage d'autoroute refusait tout simplement de la forcer sur la barrière? Il a tué sept jeunes gendarmes qui avaient moins de 30 ans. Donc, c'est vrai que c'est un phénomène qui est un petit peu qui prend de l'ampleur.

[00:55:09]

Ça me fait plus peur. Les gendarmes et les élus eux mêmes ne font plus peur parce qu'on a vu dans les images qu'on a vu cet été. On a vu aussi des maires et on les a entendus tout à l'heure, qui sont qui sont violentés directement. Donc, la question de l'autorité qui incarne l'autorité est aussi une question qui nous est collectivement posée.

[00:55:24]

Oui, parce qu'on est dans la continuation de quelque chose dont on a parlé d'une partie des mouvements des gilets jaunes. En tout cas, pour ces anarchistes dont le projet politique, il faut le rappeler, c'est le dépérissement de l'Etat, le dépérissement. On ne veut plus effectivement d'un État oppresseur avec sa police, qui est une police d'État, pas au service de la population, mais qui est un outil d'oppression du peuple. On voit bien que cette police aujourd'hui a une difficulté, c'est qu'elle est aujourd'hui décriée.

[00:55:47]

On a parlé effectivement de racisme. Chez cette police, une violence illégitime et disproportionnée, et on voit aujourd'hui qu'elle a du mal à s'affirmer dans une population. La conséquence de tout ça, c'est quoi? C'est le retour à l'état de nature. Le retour à l'état naturel. Ce sont des individus qui s'organisent.

[00:56:04]

Bonne nouvelle devant l État nation des nouvelles, mais ce sont des individus qui s'organisent pour se faire justice eux mêmes. Et quand on considère que la puissance publique ne sait pas assurer notre sécurité au quotidien et que, par conséquent, nous allons nous organiser pour nous même assurer notre société, c'est le pacte qui disparaît. Finalement, c'est Rousseau. C'est la revanche de Thomas Hobbes sur Rousseau. Et c'est ça aujourd'hui qui est en jeu. Après, j'entendais la grande confusion de cet élu d'opposition qui dit que la tolérance zéro, il n'appartient pas, comme le dit très justement l'abolir.

[00:56:32]

Il n'appartient pas au maire d'une commune d'être dans le tout répressif puisque ses policiers, ses pouvoirs codifiés dans le Code général des collectivités et de la police administrative. La police municipale, elle fait quoi? Elle fait respecter les arrêtés du maire et elle est dans une forme de prévention. C'est la police administrative, en particulier la tranquillité. Quelquefois, il y a de la confusion qui, à un moment donné, rend ce sentiment d'impuissance ou d'impunité de ces individus.

[00:56:56]

Vous parlez de retour à l'état de nature qui nous inquiète profondément. Ce chiffre là, les Français se tournent en réalité vers l'autodéfense. Le marché de l'autodéfense a augmenté de 20 en quatre ans. Quand on parle d'autodéfense, ces matraques à bombes lacrymogènes, etc. Nous allons maintenant revenir à la question. J'ai bien plus peur des voyous que du café de 19. La liste est longue à traiter, oui, mais effectivement, ce sont parmi les deux priorités de la rentrée.

[00:57:24]

On l'a dit en début d'émission, il y a énormément de fronts qui s'ouvrent devant le gouvernement, mais la sécurité est en train de redevenir un sujet et ça revient. Il en a conscience, Emmanuel Macron. On voit bien dans les choix qu'il a fait son dispositif politique. Et puis, on voit bien que Jean Castex a décidé d'en parler. Il a décidé de s'emparer de ce sujet, mais pour l'instant, il s'en empare dans la parole et on attend de voir s'il y aura des annonces.

[00:57:46]

On sait qu'il travaille sur le maintien de l'ordre Gérald Darmanin, notamment. C'est plutôt une réponse à ce qui s'était passé avant cet été, mais sans doute qu'il y aura d'autres réponses un peu plus tard. Surtout si le climat continue d'être aussi tendu qu'il l'est actuellement. Le confinement a t il joué un rôle dans cette flambée de violence? Vous avez dit tout à l'heure quand il y a une forme de libération, ce n'est pas le bon moment, mais je trouve pas mieux à la sortie du confinement cas, il y a une augmentation des violences et pendant le conflit, il y avait une augmentation des violences intrafamiliales.

[00:58:15]

Alors il y avait une baisse des violences. De façon générale, une baisse des agressions, etc. Excepté effectivement les violences intrafamiliales qui, elles, ont commencé à augmenter, peut être au bout de quinze jours de confinement, ça a plongé tout de suite. Et au bout de quinze jours, ces remontées sont remontées. Et quand tout le monde est ressorti dans la rue, a repris ses activités que tout le monde était libre de ses allées et venues. Effectivement, les actes ont recommencé à augmenter pour atteindre le même niveau, quasiment quasiment tous les sujets qu'avant le confinement.

[00:58:45]

Un rappel à la loi est suffisant lorsqu'il y a eu des violences physiques.

[00:58:49]

Ma position, c'est que non. Je considère les violences physiques comme l'Etalon supérieures, qui nécessitent une réaction rapide, efficace et décisive, y compris par l'enfermement. Je précise que l'enfermement n'est pas systématiquement la prison où il y a d'autres options. Les centres éducatifs fermés aux Etats-Unis, en France, par exemple. La pire des punitions dans le système scolaire, c'est l'exclusion, ce qu'on appelle en français courant la prime à l'emmerdeur, notamment dans le secondaire. Aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, par exemple, c'est l'obligation d'aller travailler à l'école le week end et les vacances.

[00:59:22]

Je pense que c'est nettement plus efficace. Ce n'est pas plus facile, mais ça ouvre une perspective qui n'est justement pas d'aller se répandre dans la rue pour créer d'autres violences. Et pour occuper ces journées, un placement sous bracelet électronique.

[00:59:34]

Accessoirement, c'est dix fois moins cher qu'une journée en détention.

[00:59:37]

Et ça, ça sert à quelque chose.

[00:59:40]

Quand on vous donne ce qu'on y voit, ce n'est pas ce qu'on y fait. Il faut l'accompagner.

[00:59:44]

Ce n'est jamais tout seul.

[00:59:46]

Un bracelet, c'est pas tout ce que peut faire le garde des Sceaux pour que les juges prononcent enfin des peines exemplaires. Mais il prononce quand même beaucoup.

[00:59:54]

Quand je pense que je pense qu'au delà de ça, je pense que le ministre ne comprend pas, en tout cas, s'il n'a pas encore intégré que d'abord, les juges sont complètement indépendants et qui vont aussi juger aussi, toujours en fonction de la personnalité qu'ils ont en face. Et c'est pour ça que les juges, avant de prononcer une peine, font un examen de personnalité. Vous touchez combien? Est ce que vous avez des enfants? Quel âge avez vous?

[01:00:12]

Etc. Etc. Et donc, il y a toujours une peine, alors que quelquefois, on passe à côté de quelque chose. Mais globalement, les peines, elles, sont sévères. Ce qu'il faut regarder en face, à la fois les moyens qu'on va mettre en prison. Parlons effectivement du suivi des peines NDLR le SPIP Service pénitentiaire d'insertion et de probation qui, aujourd'hui, on demande de faire de la déradicalisation. N'est pas du tout le métier. Donc, il faut de la formation.

[01:00:32]

Ça prend un peu de temps au lieu de suivre, de regarder la réinsertion des individus. C'est là où il faut mettre les moyens pour suivre. Il faut aussi. À un moment donné, on a un vrai sujet parce qu'on a de plus en plus d'activités réglementées et qu'il faut avoir à un moment donné, une activité réglementée. Par exemple, vous avez fait de la prison pour les agents de sécurité. C'est très compliqué et pour autant, en sécurité, ce n'est pas le payer, le métier le mieux payé du monde.

[01:00:52]

Comment, à un moment donné, quand vous accompagner un détenu à sa réinsertion, vous êtes aussi en capacité de l'accompagner de manière administrative. C'est aussi ça le sujet. Parce que sinon, vous allez en faire des exclus de la société et donc on est dans une forme de double peine. Donc, la vraie vision, en tout cas la réflexion qu'il faut avoir. À mon sens, c'est évidemment cette lutte contre la récidive. Mais mettre les moyens à la fois dans la justice judiciaire, mais aussi dans le traitement de la réponse pénale.

[01:01:14]

Si l'Etat ne fait rien, les citoyens s'organisent en milices, comme aux Etats-Unis. C'est vraiment ce qu'on veut. C'est ce que vous me disait. C'est ça le retour à la nature. Rochus shū Je suis particulièrement inquiet parce que c'est vrai que les indicateurs ont tout cas. On a beaucoup travaillé sur ces sujets avec un bouère très, très longtemps, en tout cas pour ce qui me concerne, mais je ne vois pas une amélioration de la situation. On est aujourd'hui sur un phénomène générationnel.

[01:01:32]

Prenons ceux qui posent des bombes dans notre pays. La moyenne d'âge, selon Lukla, l'unité de coordination de la lutte antidrogue, c'est 27 ans. Donc on a affaire à une problématique générationnelle. Et oui, on a en face aussi des individus qui s'organisent parce qu'ils veulent sauver leur commerce.

[01:01:45]

On a vu des gens exaspérés au lendemain de PJ Bayern parce que c'est tous les samedis. C'est comme ça. Ils n'arrivent plus à vivre, ils n'arrivent plus à travailler et donc il y a derrière la possibilité pour eux en tout cas, l'envie de s'organiser, de se regrouper pour une action.

[01:01:59]

Le marché de la drogue que l'on ne veut pas voir ne permettait pas la survie économique de certains quartiers dits carried dans les week ends. Absolument vrai. C'est une vraie économie secondaire. Elle concerne environ 3 000 personnes en France, d'une manière ou d'une autre, y compris de payer le loyers. Ne tombe pas du camion. C'est une vraie économie circulaire. Par ailleurs, une partie de cette économie est aujourd'hui une économie bio de proximité, autosuffisante du fait de l'évolution des modes de parcours et notamment de gestion du cannabis ou de la SNCB.

[01:02:33]

Donc, il y a des processus économie bio sur le cannabis, bien sûr.

[01:02:38]

Pouvez vous avez vos collègues d'une chaîne concurrente? On fait le job. On fait récemment un achat sur Internet en passant par Snapchat, de produits de très grande qualité fournis en boîte scellée par la poste, et d'autres le fabriquent à la maison et créent des petites communautés d'auto fabrication.

[01:02:58]

Du cabiste s'est énormément changé.

[01:03:00]

Il faut l'idée qu'on les laisse faire pour avoir la paix.

[01:03:03]

C'est vrai aussi et on laisse aussi faire par là parce que ça représente un risque en termes de violence et notamment de violence dite urbaine. C'est à dire qu'entre une émeute qui va poser des problèmes de communication considérable aux élus locaux, au gouvernement et une sorte de l'achat de la paix sociale, c'est ça.

[01:03:22]

Et bien, on peut faire des choix. La violence a toujours existé. Par contre, j'ai l'impression que les réseaux sociaux amplifient les phénomènes. Oui, bien sûr. Et on y a ce phénomène de concurrence dont on parlait tout à l'heure de mise en scène, donc une espèce de jeu un peu macabre ou en tout cas déplaisant, au minimum assumé. Et puis, ça vient jusqu'à nous. C'est ce qu'on voit, les nus Chaalis faire le maire de Chalifour qui a été agressé par un de ses concitoyens qui parce qu'il trouvait qu'il y avait trop de voitures devant chez lui.

[01:03:50]

Les images sont ils regardable? Parce que toute la journée, on a l'impression qu'on a abreuvé. Ça donne cette impression, justement, de société qui veille à ce qu'elles peuvent être utiles, justement parce qu'elles montrent une réalité à un moment donné.

[01:04:01]

A votre avis, elles sont aussi prises d'un seul angle de vue. Il ne faut pas perdre la tête. Oui, parce que par exemple, quand vous avez une agression, vous vous avez peut être les trente secondes de l'agression ultraviolente qui vont choquer absolument tout le monde puisque tout le monde redistribuons renvoie à ses amis d'amis. Parfois, c'est aussi diffusé dans les médias, mais vous n'avez pas les dix minutes avant et vous n'avez pas les dix minutes après. Et c'est le même problème aussi dans les violences entre délinquants et forces de l'ordre.

[01:04:28]

Comment se situe la France en matière de violences et de délits par rapport à ses partenaires européens? Il y a une spécificité française. On est tous dans la même galère. Dégradation générale dans toute l'Europe, y compris des pays qui étaient peu touchés la Suède, le Danemark, l'Allemagne. Mais il faut reconnaître qu'en terme d'homicides, nous sommes aussi touchés. Par exemple, les dégradations majeures aux Etats-Unis sur le terrorisme également et sur les modes opératoires. On voit bien que ce sont les modes opératoires qui sont employés à la fois.

[01:04:53]

Il y a la même médiatisation. Les modes opératoires montrent qu'effectivement, on est sur quelque chose qui est beaucoup plus violent qu'un certain nombre de pays européens de la zone euro.

[01:05:01]

Ne sera t elle pas une des principales priorités des électeurs en 2022? On verra en 2022. En tout cas, c'en est une en cette rentrée. On l'a bien compris et ça risque de le rester. C'est donc un problème pour Emmanuel Macron? Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h40. On a juste remercié connaîtrions Fretté là où je vis avec, mais qui a répondu à l'appel des expertes que nous avions lancé dans Le Parisien, ce qui me permet de redonner l'adresse aujourd'hui que vous voyez s'inscrire à l'instant.

[01:05:26]

Appel aux expertes maximal de point. Com. Soyez les bienvenus. Experts et expertes sur ce plateau de Dans l'air. Belle soirée!