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[00:00:13]

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Je ne vous lâcherai pas. Emmanuel Macron est revenu au Liban comme il l'avait promis, au chevet d'un pays à genoux après l'explosion qui a fait 190 victimes, 6500 blessés et des milliards de dégâts. La Patrouille de France s'est mise aux couleurs du Liban dans le ciel de Beyrouth et le président se pose désormais en protecteur du Liban. Mais au delà de l'urgence humanitaire, cette deuxième visite comporte une dimension plus politique.

[00:00:43]

La France espère arracher un gouvernement de mission pour sauver un pays gangréné par la corruption. Un pays où 55 pour cent de la population vit sous le seuil de pauvreté. Mais jusqu'où peut aller Emmanuel Macron pour accompagner le Liban dans sa reconstruction? Pourquoi s'engage t il autant? Comment sa démarche est elle perçue par les Libanais eux mêmes? Liban Le pari risqué de Macron, c'est une question. C'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir.

[00:01:10]

François Clémenceau, vous êtes rédacteur en chef au Journal du dimanche, en charge de l'actualité internationale. Je renvoie à votre article sur le Liban qu'on peut retrouver sur le site de votre journal intitulé Au Liban. Macron veut mettre hors jeu les patriarches. Nous y reviendrons. Agnès Levallois, vous êtes maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique et vice présidente de l'Institut de recherche et d'études Méditerranée Moyen-Orient. Armelle Charier, vous êtes éditorialiste en politique internationale à France 24.

[00:01:36]

Enfin, Patrick Martin Ingéniés Vous êtes enseignant en droit public, spécialiste en relations internationales. Je rappelle que vous enseignez à l'Institut national des langues et civilisations orientales. On peut retrouver votre article intitulé Liban la tentation d'un retour sous la tutelle française est elle vouée à l'échec? C'est sur le site de la revue politique et parlementaire et naturellement, nous y reviendrons au cours de cette émission. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ça. C'est dans l'air en direct.

[00:02:02]

La première visite de François Clemenceau d'Emmanuel Macron au Liban s'était bien passé. Elle avait été saluée. Est ce que la deuxième visite d'Emmanuel Macron est plus risquée? Ça va beaucoup dépendre des conversations qui ont lieu en ce moment même à la Résidence des Pins, la résidence de l'ambassadeur de France à Beyrouth, puisque, comme le mois dernier, Emmanuel Macron a tenu à ce que tous les chefs politiques du Liban soient représentés, y compris le Hezbollah, afin de leur mettre un marché en main qui est effectivement un marché audacieux et périlleux, celui de mettre en place non seulement un gouvernement de mission, mais quand on dit mission, c'est presque au sens militaire ou religieux du terme, c'est à dire une marche forcée.

[00:02:43]

Et surtout, au delà de réformer si vous voulez le système politique libanais qui n'en peut plus de décennies et de décennies de confessionnalisme, de clientélisme et de corruption. Et donc, on voit l'immensité de ce chantier et c'est risqué. J'allais dire d'abord pour les Libanais eux mêmes. Parce que si effectivement, ce nouveau sens n'est pas donné à la politique libanaise, c'est le peuple libanais qui en souffrira le premier. Mais c'est risqué, effectivement. Aussi un peu pour la France, parce qu'elle cherche aussi, à travers cette posture, à retrouver une place dans cette région du monde où, vous le savez, des puissances régionales très fortes l'Iran, l'Arabie Saoudite, la Turquie, Israël essaye d'influer sur le cours des choses au Liban.

[00:03:26]

On a vu ce que ça a donné toutes ces dernières décennies qu'on arrive un peu à un moment charnière, un moment de vérité, parce que ce pays, tout le monde, dit il, m'a demandé pendant les vacances mais pourquoi la France s'intéresse au Liban, mais veut encore se reposer la question?

[00:03:38]

Parce qu'il y a une dimension historique, politique. J'allais presque dire fraternel avec ce pays qu'on a sous estimé pendant très longtemps et qui, aujourd'hui, on le voit bien à travers la crise humanitaire, reprend toute sa valeur et c'était une tradition et sa été tradition des prédécesseurs d'Emmanuel Macron. Et on le verra dans le premier reportage Agnès Levallois sur la tonalité de cette deuxième visite et la façon dont les Libanais la perçoivent de leur côté. C'est vrai que la première visite d'Emmanuel Macron, il arrivait après une explosion qui avait mis le pays qui a sauté.

[00:04:07]

Naturellement, les Libanais, c'est un peu différent. Peut être. Cette fois ci, c'est différent cette fois ci, puisque la veille de son arrivée, un premier ministre a été nommé puisque lorsque Macron était venu début août, il avait critiqué vertement le système politique libanais en disant que celui ci ne pouvait plus fonctionner et qu'il fallait absolument que ce système politique se renouvelle. Donc, les chefs de clan, les chefs politiques libanais ont compris la leçon et, pour accueillir Macron, se sont mis d'accord la veille pour qu'un ministre soit nommé pour dire en gros, on a fait nos devoirs de vacances et maintenant, on peut envisager la mise en place de l'aide internationale puisqu'on a respecté le fait de nommer quelqu'un qui n'est pas un premier couteau puisque c'est quelqu'un qui est un diplomate, pas du tout de carrière.

[00:04:50]

Cet universitaire qui a été nommé ambassadeur en Allemagne est un Adil Moustafa. Le problème de Moustapha Adib, c'est quand même qu'il était directeur de cabinet d'un ancien premier ministre qui est un des grands milliardaires du des milliardaire libanais et qui a trempé dans toutes les affaires les plus sombres de l'histoire libanaise. Donc, pour les Libanais, la nomination de Mustapha Adib. Preuve que ce système se perpétue et que le renouvellement a été demandé par Ibanez n'est pas à l'ordre du jour et la classe politique, donc les chefs de clan, ont le sentiment quand même qu'ils ont fait leur partie du job.

[00:05:23]

Si je puis dire pour mélaminé, tu dis on a dit ça n'est pas suffisant. La France, pour l'instant, elle Mayhew l'agrandit. Ça n'est pas à moi de juger parce que sinon, on va l'accuser d'ingérence. Mais la crainte, la crainte des Libanais, d'une grande partie des Libanais, c'est que en arrivant le lendemain de cette humiliation, ça légitime sa présence à la tête du gouvernement. Et que donc tout ça pour ça? Et ça ne permettra en rien de remettre en question ce système politique qui est l'exigence numéro un des Libanais.

[00:05:50]

Je peux vous citer une phrase d'un de vos confrères qui est cité dans le monde quand un Britannique qui dit désigné a dit c'est choisir le chef pâtissier du Titanic comme commandant de bord alors que le navire prend l'eau.

[00:06:01]

Et c'est vraiment ce que pensent les Libanais aujourd'hui. Absolument. Patrick Martin, béni oui, cette deuxième visite du président et cette question que nous posons ce soir à savoir si c'est un pari risqué. Le chef de l'Etat?

[00:06:12]

Oui, c'est manifestement un pari risqué. Vous disiez la première visite s'est bien passée, mais rappelez vous, lorsque Emmanuel Macron est arrivé sur le port complètement détruit, c'était pratiquement un appel à changer de régime. Il était en train de haranguer la foule. Evidemment qu'il était très bien accueilli parce que c'était carrément presque que j'allais dire un appel à renverser ce régime. C'est bien ce qu'il a dit et Emmanuel Macron qui est parti d'un bon sentiment. On va distribuer de l'aide humanitaire et il a tout à fait raison de dire qu'il faut distribuer de l'aide humanitaire.

[00:06:39]

Moi, j'ai des amis franco libanais qui sont en train de me dire non, mais on n'a toujours pas réparé les vitres, les fenêtres, on n'a rien, on n'a pas d'argent. Donc, cette aide problèmes, c'est bien le problème aujourd'hui. Est ce que disait madame, vous avez tout à fait raison, c'est qu'on croit qu'on va changer de régime. Monsieur Mustapha Adib est un homme du régime. C'est un homme du cénacle. Vous savez qu'on se répartit les postes en fonction des confessions et on entend aujourd'hui effectivement différente.

[00:07:03]

Attention, on va. Mais le général Aoun a dit Il faut que le Liban devienne un Etat civil. Vous imaginez aujourd'hui le Hezbollah dire je suis d'accord pour un Etat civil. C'est lui qui a la mainmise sur le port de Béroud. Donc cette première visite lui a bien été accueillie par la population et il s'est bien aperçu en rentrant qu'il y avait un risque d'ingérence dans les affaires intérieures libanaises. D'ailleurs, le président Aoun l'a bien dit. Qu'on vienne me conseiller, oui, mais qu'on me demande de faire un autre impliquait de tenir la ligne.

[00:07:30]

C'est l'histoire de l'amitié franco libanaise. Et en même temps, jusqu'où ne pas aller trop loin?

[00:07:35]

Bien sûr, il y a un aspect politique, mais mondial. Je voudrais dire mondial. Y'a pas que la France quand la diaspora libanaise est bien plus importante que la population libanaise. Donc, c'est quelque chose qui rayonne de partout et donc c'est le problème de cette seconde visite. C'était ce qu'il a dit Emmanuel Macron. Une exigence sans ingérence.

[00:07:53]

C'est vrai que je pense que la difficulté auquel on s'attelle quand on parle du Liban, c'est qu'on se retrouve avec un pays qui a une stratégie qui s'est imposée, qui est la stratégie quelque part du pourrissement. Quand on est en train de parler des partis politiques, quand on est en train de dire le ras le bol de la population, qu'on est en train de dire pourquoi c'est aussi compliqué de changer, c'est parce qu'on a les mêmes ténors depuis la fin de la guerre civile 75 90.

[00:08:17]

À ce moment là, les chefs de guerre prennent aujourd'hui ce parti et ce pays qui est le Liban, est derrière. Vous avez par exemple un président du Parlement qui est effectivement très proche, qui est chiite puisque c'est confusionnisme qui est là depuis 1992. Donc, vous donnez là. En fait, quand on parle de renversement, qu'est ce qu'on doit renverser? C'est pour ça que c'est aussi compliqué. C'est que si vous disiez oui, à un moment donné, il faut mettre une alternative.

[00:08:41]

Là, il faut changer pour ça. C'est risqué pour Emmanuel Macron de s'atteler aux chantiers politiques. Oui, c'est risqué. Parce que derrière, fondamentalement, dès que vous commencez à bouger les lignes, vous voyez qu'on est quand même avec tout de suite des affrontements qui se mettent en place. On a vu là, au Liban, il y a eu des affrontements avec le Hezbollah, avec Israël. Toutes ces questions ne sont pas réglés. Les fantômes de la guerre civile sont là.

[00:09:01]

Et puis, on est avec des gens qui tiennent un pays sur lequel ils se sont tellement enrichis que vous imaginez bien qu'un moment donné, même si le système est mort, il est encore un peu rentable. Donc personne ne veut laisser tomber ces choses et nous reviendrons sur le système corrompu que vous venez de décrire à la fin de cette émission. La formule est rodée. Emmanuel Macron a promis aux Libanais ce matin l'exigence sans ingérence. Lors de son arrivée à Beyrouth, c'est sa deuxième visite depuis l'explosion du port, qui a mis ce pays déjà fragile à genoux.

[00:09:28]

Le chef de l'Etat s'inscrit dans les pas de ses prédécesseurs au nom des liens qui unissent la France et le Liban. Mais il pose aussi ses conditions. Malgré les Barjavel, Mathieu, Alignons et Pierre.

[00:09:43]

Il l'avait promis, Emmanuel Macron de retour sur le sol du Liban moins d'un mois après l'explosion meurtrière du port de Beyrouth, un président qui, à peine son avion posé, justifie sa présence tout en mettant la pression sur les responsables politiques.

[00:10:00]

Ma position est toujours la même, c'est celle de l'exigence, sans ingérence. J'ai vu qu'un processus s'était enclenché ces dernières heures qui a permis de faire émerger une figure. En tant que premier ministre. Il ne m'appartient aucunement ni de l'approuver ni de l'adouber. La souveraineté libanaise qui était en jeu.

[00:10:19]

Bain de foule sur le parcours d'une visite qui s'inscrit dans la longue tradition des présidents français au chevet du Liban, comme François Mitterrand en 1983.

[00:10:30]

Ou Jacques Chirac? En 2005, le Liban et la France, une proximité qu'Emmanuel Macron a tenu à prolonger. En recevant dès son arrivée à l'Elysée Saad Hariri, alors premier ministre démissionnaire libanais en 2017, ou lorsqu'il se rend deux jours après l'explosion sur le port de Beyrouth.

[00:10:50]

Quel gâchis!

[00:10:51]

Emmanuel Macron est le premier chef d'Etat étranger sur place pour constater les dégâts. Le président français interpellé sans cesse sur son chemin par des Libanais en colère contre leur classe politique. Je vais leur proposer un nouveau débat politique cet après midi. J'y reviendrai pour le 1er septembre. S'ils ne savent pas le tenir. Depuis, les manifestations se sont succédé dans le pays avec des affrontements entre la population et les forces de l'ordre. Ce député français proche de Jean-Yves Le Drian connaît très bien le dossier.

[00:11:32]

Nous l'avons rencontré à Bayreuth quelques jours après l'explosion. Le peuple ne cesse de dire ça suffit! Ramasses et le 10 ans en libanais. Notre rôle dans ce contexte là, c'est d'écouter le peuple, d'être à ses côtés, de le réconforter, de le soutenir pour la reconstruction de Beyrouth et du pays et en même temps, de dire aux autorités libanaises ça n'est pas possible de continuer de cette manière là. La situation est criminelle et ce mot porte tout son sens, malheureusement, avec ce qu'on vient de connaître à Beyrouth depuis hier.

[00:12:10]

Le pays a un nouveau premier ministre, Moustapha Adib, ancien ambassadeur en Allemagne. Il sera chargé d'entamer les réformes.

[00:12:18]

La veille, Michel Aoun, le président du Liban, a lui appelé en direct à la télévision à mettre fin au système confessionnel. Nanaimo Ménon Je suis convaincu que seul un Etat laïc est capable de protéger le pluralisme. La rumeur a été de le préserver en le transformant en l'unité réelle après prière. Je demande que le Liban soit déclaré État laïc au Madani.

[00:12:45]

Tentative désespérée de garder le pouvoir ou vraie volonté de changement? Ce matin, le pays fêtait le centenaire de la proclamation de l'État du Grand Liban, en présence d'Emmanuel Macron. Le président de la République s'est rendu ensuite sur le port de Beyrouth en martelant ses exigences réforme des marchés et services publics du système bancaire et lutte contre la corruption. Donc, là, je vais mettre mon poids pour que le gouvernement se réforme pas. Qu'elle passe par un engagement des forces politiques.

[00:13:16]

Le gouvernement du président et du président du Parlement ne libérera pas l'argent du programme. Ce n'est pas le programme de soutien militaire, mais l'aide internationale. On analyse le rapport tant que ces réformes ne sont pas enclenchées selon le calendrier. Reste à savoir si le pouvoir libanais entendra l'ultimatum Borge cet après midi. Emmanuel Macron rencontrait les représentants des neuf forces politiques du pays, dont le très influent mouvement chiite Hezbollah.

[00:13:41]

Alors, nous allons revenir sur le Hezbollah. Mais d'abord, cette question l'ingérence de Macron au Liban n'est elle pas déplacée? Ces pierres en Gironde qui pose cette question? On a entendu des phrases dans le débat politique, reprise par exemple par Jean-Luc Mélenchon, qui disait Le Liban n'est pas un protectorat français. Ailleurs, Erdogan a dit ce que Matheron, Macron et compagnie veulent rétablir l'ordre colonial. Qu'en est il du rôle de la France par rapport au Liban? Est ce que ce va trop loin?

[00:14:11]

Dans un cas, c'est compliqué, oui, parce que il y a plein de sous entendus. Bien sûr que non, il n'y a pas de néo colonialisme derrière tout ça. C'est quand même de l'histoire ancienne. En revanche, c'est vrai que la France est une ancienne puissance mandataire et que ça donne des responsabilités une fois que ces pays ont conquis l'indépendance et qu'ils ont essayé de trouver un système politique qui leur permette de coexister. Donc, oui, ça offre une part de responsabilité.

[00:14:34]

On ne peut pas éteindre la lumière et dire écoutez tout ça, ça ne nous intéresse pas. Vous avez eu, je ne sais pas combien de morts, 300 mille sans abri. La France ne mettra pas un sou, ça n'a aucun sens. En revanche, que dans ce pays où l'on parle le français ou il y a une minorité chrétienne avec laquelle la France a toujours eu des liens avant, pendant et après, ça a du sens que de se dire voilà ce que nous nous souhaiterions voir se mettre en place dans votre pays, à condition, naturellement, que vous vous en donner les moyens.

[00:15:01]

Et c'est exactement ce qui est en train de se passer. Encore une fois, le président de la République a accepté qu'un premier ministre soit nommé. Généralement, il faut des mois et des mois pour y arriver. Là, ça a pris un peu moins d'un mois. Le premier ministre s'est engagé. L'ancien premier ministre s'est engagé à ce que personne ne fasse obstacle à la nomination de ce premier ministre sunnite. On peut après s'accorder sur ses valeurs, sur ces titres et sur ses compétences.

[00:15:24]

Mais on ne peut pas préjuger un changement de ce qu'il va donner. Et puis, le Parlement, le chef du Parlement a dit J'assurais le fait qu'il obtienne un vote de confiance. A partir de là, c'est aux Libanais de mettre en place tout ça. Ils y arriveront peut être. Ils n'y arriveront pas. Ce n'est pas certain, mais on ne peut le dire. On ne peut pas reprocher à quelqu'un ou à un pays de ne pas essayer.

[00:15:46]

Est ce que dans la forme que ça prend, on trouve que c'est effectivement un peu trop volontariste? C'est trop exigeant et c'est une forme. Effectivement, j'ai entendu le mot ultimatum. Non. Encore une fois, tout le monde est d'accord aujourd'hui. Et moi, j'étais au Liban il y a trois semaines et tout le monde m'a dit tout le monde. Il n'y a pas une autre solution, il n'y en a pas d'autres.

[00:16:08]

La seule personne s'y intéresse. Outre la France, il n'y a pas d'autre à la science qui s'y intéressent. Il y a d'autres puissances qui s'intéressent depuis très longtemps au Liban et qui ont des intérêts au Liban. Il y a les pays du Golfe, il y a l'Iran et il y a un peu la Turquie. Il y a aussi d'autres puissances lointaines la Russie, la Chine, pour ne pas les nommer. Et puis, il y a l'Europe et Emmanuel Macron.

[00:16:26]

Il a bien pris garde avant de partir, d'appeler ses collègues européens d'appeler son collègue américain pour vérifier qu'il y avait au moins une sorte d'entente tacite sur le fait qu'il fallait faire quelque chose. Jusqu'à présent, c'était le Fonds monétaire international qui a essayé de traiter directement avec le gouvernement libanais. Il n'a rien obtenu parce que les exigences pour le coût du FMI, qui était d'obtenir par exemple un audit de la banque centrale, ce qui est crucial pour savoir combien il y a d'argent, combien d'argent est parti, combien il reste.

[00:16:52]

Avec quoi on peut traiter ces exigences là? Elles n'ont pas réussi à être validées. Donc, la France prend le relais. La France n'est pas inactive. Elle n'a pas découvert le Liban il y a un mois. Cela faisait des mois, voire des années, qu'il y avait un programme de soutien au Liban qui était en négociation. Il l'a rappelé, ça s'appelle le programme Cèdre. A chaque fois qu'on a essayé de relancer l'aide internationale à coups de milliards d'euros, on avait en face une classe politique qui faisait tout pour paralyser ce mouvement.

[00:17:19]

Aide, parce que ça remettait en cause le fonctionnement même de l'Etat, des institutions parce que ça passe par des réformes. Et ces réformes, elles vont être extrêmement douloureuses. Elles concernent évidemment le clientélisme, mais la cause, c'est pas rien.

[00:17:32]

Quand le président français, on l'entend dire, le reportage dit si ça se passe pas comme ça, je prendrais mes responsabilités. C'est une forme de volontarisme politique qui est affiché en direction du peuple libanais, qui était très heureux de voir arriver Emmanuel Macron après cette explosion. Je prendrais mes responsabilités. Ça fait trembler quelqu'un au Liban. Non, mais personne ne l'a très bien compris. Ce qu'il entendait véritablement par Je prendrai mes responsabilités puisqu'on voit bien que si le système ne change pas.

[00:18:00]

Que va faire le président Macron? Il ne va pas avoir les moyens d'imposer un changement. Et ce n'est pas à lui imposer ce changement. Donc, il y a une ambiguïté sur cette expression qu'il a utilisée et qui a été interprétée par les uns et les autres, comme soit. On revient au mandat où donc ça pellicer? Et court finalement à toutes les interprétations. Mais ça, c'est un peu caractéristique d'Emmanuel Macron d'avoir parfois des propos qui sont ambigus et qui permettent différentes interprétations.

[00:18:25]

Ce qu'on voit bien, c'est qu'aujourd'hui, effectivement, la France prend ses responsabilités, ce qu'elle estime qu'elle a des responsabilités vis à vis du Liban, vis à vis de ses liens historiques avec la communauté chrétienne, mais pas que à l'époque de Chirac. Les liens privilégiés étaient aussi avec la communauté sunnite, avec Rafic Hariri, avec lequel il avait des relations très étroites. Emmanuel Macron La France a l'avantage de parler avec l'ensemble des parties au Liban. Et c'est vrai que Emmanuel Macron parle aussi avec Bolas, qui est un parti politique libanais représenté au Parlement et qu'il reçoit à la résidence des uns avec les autres, ce qui n'est pas le cas des Allemands, sans parler des ou des Américains.

[00:19:01]

La question qui se pose aujourd'hui, c'est que si Emmanuel Macron soutient la revendication des Libanais de changer de système de. Encore aujourd'hui, cette caste politique continue à légitimer et c'est là la question comment est ce qu'ils possèdent? Est ce que je doit le faire? Ou est ce qu'il faut aujourd'hui soutenir? Ou en tous les cas, avoir une oreille plus attentive à des forces d'opposition qui s'organisent aujourd'hui pour représenter une alternative politique? Il est faux de dire au Liban aujourd'hui qu'il n'y a pas d'alternative politique et qu'il n'y a que cette classe qu'il faut sur laquelle il faut exercer des pressions.

[00:19:37]

Cette classe ne bougera pas, ne changera pas et ne mènera aucune réforme parce que c'est scier la branche sur laquelle cette caste politique est assise. Donc, il ne le fera pas. Donc la seule chose que l'extérieur pourrait faire, c'est au moins d'écouter ce que disent ces forces d'opposition qui seraient réunies au sein d'un front qui est encore, qui, qui commence à travailler. Mais c'est là qu'il faut faire quelque chose, parce que c'est ça que les Libanais demandent.

[00:20:01]

Les Libanais ont conscience que ce système ne peut plus fonctionner et parler, analyse Emmanuel Macron. Et parler à l'élite en place. C'est ce que vous nous expliquer. C'est légitime, mais c'est cette élève qui est contesté par les Libanais. Juste y a une pétition pour que le Liban repasse sous mandat français pendant 10 ans. Il y a une pétition a été lancée au Liban. N'y a pas non plus 3 millions de signatures, mais on voit bien qu'il y a ce débat, ce questionnement autour de l'idée.

[00:20:26]

Est ce que voilà? Est ce que la tentation d'un retour de la tutelle française est vouée à l'échec?

[00:20:31]

On vit dans le passé. C'est du fantasme. C'est le passé protectorat français. Vous savez, aujourd'hui, je vais regarde les chiffres. L'influence politique et morale de la France est inversement proportionnelle à son importance économique, est en train de diminuer considérablement et préalablement à ce drame au port de Beyrouth, il faut savoir que les Russes, des Chinois, ont l'intention d'investir considérablement. Et d'ailleurs, le Hezbollah qui fait double jeu, qui est en train de dire le plan de monsieur Macron, je suis pour et il est en train de se tourner vers la Chine en disant eux vont pouvoir investir dans les infrastructures, dans les usines, etc.

[00:21:05]

Et les Chinois, je peux vous dire avant ce drame, ont envoyé un courrier et ont rencontré les autorités libanaises pour investir massivement pour aider le Liban. Donc on voit bien qu'il y a une concurrence des grandes puissances et je dirais qu'aujourd'hui, c'est avec des liens qui sont très particuliers. Vous avez bien raison, ce n'est pas la même chose la Chine et le Liban que la France et le Liban.

[00:21:24]

Oui, mais quand on veut dire qu'on va investir des milliards d'euros. On ne voit pas d'où viennent les amitiés et les liens culturels. Ce que je veux dire aujourd'hui, c'est que si on veut changer le régime, il faut changer de régime. Sur ce point, le président a raison, mais il faut changer les hommes. Quand on voit M. Berry qui est en train de dire le président chiite du Parlement, dont les alliés d'ailleurs sont le Hezbollah en disant Oh oui, je suis d'accord pour changer de régime, mais ça fait 30 ans qu'il est président du Parlement.

[00:21:51]

Donc on voit bien aujourd'hui que les limites du changement sont très importantes. Le général Aoun a des normes. Je ne suis pas corrompu, je reste. Et vous savez qu'on se répartit les postes de façon confessionnelle. Le chrétien président de la République se dit être le chef du gouvernement, le chiite président du Parlement et donc tout cela sur l'interdiction Saint-Geniès.

[00:22:08]

Vous êtes en train de vous expliquer qu'il a déjà échoué? Je ne dis pas. J'espère qu'il va réussir une certaine façon. Je dis simplement oui, qu'il n'arrivera pas à changer le régime, car c'est au peuple libanais de décider ce qu'ils veulent faire. Et s'ils veulent décider de mettre fin à la corruption, il faut renverser le régime, mais il n'y a pas d'autre solution.

[00:22:24]

Armel, on n'a pas parlé de cette image assez incroyable de la Patrouille de France. C'est une première aux couleurs du Liban. C'est vrai qu'on peut voir ça au Liban. Oui, absolument. Elle est belle d'ailleurs, à l'image, avec effectivement le vert au milieu, là, pour symboliser le cèdre, le blanc et le rouge du drapeau libanais. Finalement, c'est peut être ça le premier rôle d'Emmanuel Macron. Là, j'allais dire, on est presque dans le second rôle.

[00:22:47]

Le rôle le plus fin. Le premier rôle. Il est aussi tout simplement d'apporter de la tendresse. Vous voyez, un moment donné, vous savez, un peuple qui est ravagé. Vous avez un peuple qui n'a aujourd'hui n'imagines plus que l'exil parce qu'il ne veut pas rester dans ce pays. Il n'a plus d'argent. Il a eu une crise économique sans nom. Il vit dans une politique complètement mangé par la corruption et les gens n'ont plus le moral. Moi, ce qui me frappe aujourd'hui, c'est qu'après ce qui s'est passé, qui était tellement violent, quand vous discutez avec n'importe quel Libanais, la première chose qu'il vous dit, c'est qu'effectivement, il n'a plus de morale.

[00:23:22]

Qu'est ce qu'on fait? On est dans un pays qui, aujourd'hui, a presque autant perdu les rênes que si on allait parler du Soudan que si on n'avait pas le dire. On est en train de parler du Liban. Donc, finalement, ce que fait aujourd'hui Emmanuel Macron, c'est qu'à un moment donné, il dit Regardez, il y a une épaule sur laquelle vous pouvez poser votre tête. Ce n'est peut être pas la solution la plus à la mode.

[00:23:38]

C'est peut être parce qu'on veut faire dans tous les pays. On est tous d'accord, mais en tout cas, il le fait et ça redonne un gain d'énergie derrière. Effectivement, il faut que cette opposition puisse se trouver à un moment donné, des figures charismatiques. Il faut arriver à parler à ces jeunes. Il faut arriver à régler ces problèmes de corruption. Mais tout ça, ça va arriver dans un deuxième temps. Mais il y a une question très simple jusqu'où peut aller Emmanuel Macron dans l'implication dans la reconstruction politique?

[00:24:03]

Et on va parler de reconstruction économique dans un instant. Jusqu'où peut il aller? Est ce que là, il est déjà allé? De ce qu'ils peuvent faire, sans quoi on parlait tout à l'heure de la ligne difficile à tenir entre implication et ingérence, exigence et ingérence, c'est la formule qu'il a utilisée. Est ce qu'il est au maximum de ce qu'on peut faire dans un pays qui n'est pas le sien? Déjà, ce qu'il a fait bien ce qu'il a détalé.

[00:24:23]

Discuter avec le Hezbollah, c'est ce que vous disiez. Ça montre que c'était son rôle de chef d'État, un chef d'État, même étranger, qu'il soit français ou autre chose. Ça peut parler avec des partis qui ne veulent pas s'entendre parce que ça sert à ça à un moment donné, de voir le Hezbollah? Oui, puisque c'est le sujet qui y a certains pays qu'il le classe parmi la liste des organisations terroristes. Justement, ça montre que la France a encore une subtilité parce qu'elle connait justement cette terre qu'elle connait Racine.

[00:24:48]

Elle sait exactement ce que le Hezbollah est né dans cet affrontement avec Israël, dans le Sud-Liban, qui fait qu'à un moment donné, il y a une population, des Libanais qui considèrent encore que le Hezbollah, ce sont ceux qui ont combattu pour sauver les terres, qui étaient là avec à côté des Israéliens qui voulaient donner ces terres aux réfugiés palestiniens et qui en auraient spolié ces gens là. Ils croient encore au Hezbollah. Donc, c'est vrai qu'il a encore cette capacité d'aller faire ce lien avec les uns et les autres.

[00:25:12]

Oui, vous avez raison. À un moment donné, il va falloir qu'il s'arrête. Mais en attendant, ce lien les apposait. Il a posé un lien politique, il a posé une notion d'espoir. La plus grande difficulté qui va voir, c'est que ce que je disais en début d'émission, c'est que les Libanais laissent pourrir la situation. Quand une situation leur déplaît, ils l'acceptent avec un grand sourire. On peut imaginer que le premier ministre libanais accepte avec un grand sourire.

[00:25:34]

On a le temps pour soi. Regardez, ils sont là depuis 1990. Ils ne veulent rien lâcher. Ils ont ruiné leur économie et sont voués de leur population. Ils ne lâchent rien, même pas devant le FMI. Ils laissent doucement pourrir pour pouvoir récupérer la chose. Clémenceau juge tique un peu sur deux de deux expressions sur lesquelles sont utilisés le renversement de régime. Je comprends l'idée qu'il y a derrière, c'est à dire changer de régime a que la population libanaise qui peut le faire soit à travers les urnes, soit à travers un mouvement comme celui qu'on voit depuis le mois d'octobre, c'est à dire une pression de la rue suffisamment forte.

[00:26:05]

Si vous voulez, pour que la classe politique prenne conscience que l'on doit le changer, elle, naturellement, a presque a raison d'insister sur le fait qu'il faut que cette opposition de la rue, elle, se transforme en un mouvement politique qui puisse, par des élections, gagner suffisamment de suffrages pour au moins peser dans un Parlement pour obtenir des choses sur le plan politique, économique, social, etc. Il y a tellement de choses à faire tellement le chantier après sur le rôle de la France veut dire quand Macron dit je prendrai mes responsabilités.

[00:26:34]

Il y a une façon dont on peut l'interpréter qui est que une fois qu'on s'est engagé à dire je me propose de vous aider, je vous propose de mettre en place un certain nombre de réformes qui sont indispensables. Et tout le monde le dit. Tout le monde le dit, il n'y a personne ne vous dit. Il faut pas faire de réformes. Tout le monde est d'accord pour défendre si elles sont initiés et qu'elles commencent à se mettre en place.

[00:26:54]

On va bien voir ce que va donner ce premier ministre et le gouvernement dont il va être avec le chef d'équipe. À ce moment là, l'argent, il arrive et c'est vital parce qu'il n'y a plus d'argent au Liban. Il reste quelques stock d'or à la banque centrale et pour le reste, c'est de l'argent. Si vous voulez qu'on a fait fonctionner comme une pyramide de Ponzi, c'est à dire, en fait, on a prêté de l'argent en empruntant de l'argent à d'autres.

[00:27:15]

Donc ça ne peut pas fonctionner, ce système, il est mort. Donc, combien de temps un régime comme celui ci peut tenir financièrement? Peu. Certains disent des semaines, des mois, mais certainement pas des années. Donc il y aura un mot avec l'argent des Chinois chaque année, c'est cet argent qui sont les premiers exportateurs de blé au monde et les Chinois qui investissent dans les ports et qui sont prêts à ne pas trop regarder comment prêter leur argent.

[00:27:40]

On va revenir sur la situation économique parce qu'il faudra qu'on y passe du temps. Mais je voudrais qu'on boucle sur la partie politique. Est ce qu'il y a une continuité? Si on regarde les prédécesseurs d'Emmanuel Macron sur la façon d'aborder le sujet du Liban, est ce qu'il y a toujours une amitié franco libanaise? Avait expliqué début de l'émission. Mais est ce qu'Emmanuel Macron est dans une forme de tradition? Est ce que François Hollande aurait fait la même chose?

[00:28:03]

Est ce que Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a fait la même chose? Il y a une différence, me semble t il, et qui est de taille, c'est que aujourd'hui, l'aide internationale mais emporté par la France, c'est la France qui est le moteur, pose des conditions et refuse de verser de l'argent ou que la communauté internationale verse de l'argent. Si les réformes ne sont pas menées, ça, c'est un changement majeur parce que dans les années précédentes, il y a eu des conférences PARIS-SAINT par Y2 où on a déversé des milliards de dollars au Liban qui se sont envolés, complètement envolés en raison du système dont on a parlé, sur lesquels on va revenir et donc on a vraiment déversé de l'argent à fonds perdus.

[00:28:38]

On le savait, alors on a déversé des dizaines de milliards de dollars à fonds perdus. Aujourd'hui, la communauté nationale et Macron disent on refuse tant qu'il n'y aura pas les réformes. Si vous saviez ce qui a été dépensé pour le secteur de l'électricité, qui est un des secteurs emblématiques de la défaillance de cet Etat libanais qui n'existe pas. Ce sont des milliards et des milliards. Si cet argent avait été investi, on aurait eu de quoi créer 4 centrales électriques au Liban qui auraient permis de nourrir l'ensemble du Proche-Orient et du Moyen-Orient.

[00:29:08]

Et je vous remercie de parler l'électricité parce que justement, va le voir précisément dans le reportage qui va suivre 112 d'inflation en un an, 55% de la population sous le seuil de pauvreté, un taux de chômage qui atteint 35 pour cent. Tous les voyants de l'économie libanaise sont au rouge. L'explosion du port et la crise du vide ont naturellement accéléré la chute. Reportage sur place. Mathieu Alignons et Pierre Deurne. Reconstruire pour tenter de survivre après l'explosion du mois dernier, trois cent mille habitants de Beyrouth se sont retrouvés sans domicile, comme Charbel.

[00:29:45]

Sa maison a été soufflée, cachée et tout est cassé. C'est tout ce qu'il nous reste. Des assiettes et des verres.

[00:29:54]

Top Chef. Je travaille comme chauffeur. J'ai à peine assez d'argent pour manger, boire et payer l'électricité. On vit avec juste ce qu'il faut. Vous n'arrivez pas à mettre de l'argent de côté? Non, et d'ailleurs je suis en train de faire des emprunt pour continuer de vivre comme lui. Beaucoup n'ont pas les moyens de payer les travaux. Tout coûte trop cher. La crise économique frappe le pays depuis dix mois. Alors, l'explosion n'a rien arrangé.

[00:30:22]

Là, tu mets du plâtre et tu lisse jusqu'au plafond.

[00:30:26]

Ici, les ONG remplacent un Etat défaillant. 55 pour cent des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté et leur nombre a doublé en un an.

[00:30:37]

Vous seriez surpris de voir qui nous demande de l'aide? Non malayo. Habituellement, c'étaient les plus pauvres.

[00:30:45]

Mais maintenant, ce sont des personnes qui n'ont plus accès à leur argent à la banque.

[00:30:49]

Des gens qui viennent de perdre leur emploi dans leurs maisons éventrées par l'explosion. Bassam Bassila et sa femme faisaient partie de la classe moyenne pour gagner de l'argent. Le photographe est devenu taxi. Il gagnait 45 euros par jour avant la crise. C'est 11 euros maintenant. Une baisse de revenu alors que les prix ont augmenté. C'est de la folie, des prix, des prix terribles. Le culot de ces trois, c'était de mener ces 2 à 7 milliards.

[00:31:21]

Regardez sans 12% d'inflation en un an. Alors, Bassam Bassila fait des sacrifices.

[00:31:28]

Parfois, je passe un repas obligé, mais elle n'a pas d'assurance maladie et n'a pas d'assurance vieillesse et n'est rien. J'ai déjà 102 ans et je dois partir à la retraite.

[00:31:41]

La Banque du Liban encadrait jusqu'à présent les prix des produits de première nécessité, comme les médicaments. Mais c'est aujourd'hui terminé. Bassam Bassila, Malades du cancer, est diabétique.

[00:31:53]

Voilà à ce jour là. Il y a plein de médicaments et de vitamines.

[00:31:58]

A maintenant peur de la pénurie.

[00:32:00]

C'est plus des médicaments, du cancer. Les médicaments de diabète aussi. Qu'est ce qu'on peut faire? Je ne sais pas comment quelqu'un qui venez nous héberge je pas moi a perdu près du port de Bayreuth.

[00:32:23]

Chloé Fahdel, elle, a perdu son appartement et son travail dans la catastrophe. Voyez là bas, c'est exactement la valeur, l'explosion. Et puis nous, on est à quelques mètres.

[00:32:36]

Chloé fait maintenant partie des 35 de jeunes diplômés sans emploi du pays. Après des études en Italie, elle est rentrée au Liban cette année et ses rêves se sont envolés.

[00:32:46]

Déjà, la crise économique, c'était quelque chose de choquant. Ils nous ont vraiment emprisonnés. On se sent kidnappé. On peut la faire avec notre argent. Et puis après, on a eu un intérêt à enterrer les choses. Et puis l'explosion, je ne sais pas. Jusqu'à la guerre civile, je ne sais pas.

[00:33:06]

Son appartement nettoyé. Nous retrouvons Chloé et sa mère, Dani. Chloé envisage de quitter le pays, repartir étudier à l'étranger. Mais là encore, impossible à cause de la crise économique. L'argent est bloqué au Liban. On n'arrive plus à transférer de l'argent en dehors du pays et nos cartes locales qui étaient, comme toutes les cartes, respectueuses de tous les autres pays. On ne peut plus les utiliser en dehors du pays sans baisser le plafond. On ne sait plus vraiment comment vivre dans un pays.

[00:33:36]

On a l'impression de vivre ailleurs en même temps, si on veut travailler qu'à. On peut travailler ici et travailler en dehors du Liban. Une impasse qui nourrit les envies d'exil. Le Liban compte plus de citoyens à l'étranger qu'à l'intérieur de ses frontières, dont 225.000 Libanais installés en France. Et après ce reportage, cette question se pose assez naturellement elle est posée par une téléspectatrice, un téléspectateur de C. Dans l'air. Le Liban est il au bord de l'explosion sociale?

[00:34:09]

Agnès Levallois? Oui, où il est au bord de l'action sociale, puisqu'il y a une classe moyenne, a été complètement laminée. Donc, on sait que maintenant, le taux de pauvreté a augmenté d'une façon absolument considérable, que toutes les économies des Libanais dans les banques n'y ont pas accès. Leur argent est bloqué et on devait sortir quequelques vraiment calculs quelques dizaines, l'équivalent de quelques dizaines d'euros. Donc tout est bloqué et même les gens qui ont de l'argent pas énormément, mais un peu d'argent et qui aimeraient que cet argent permettre à leurs enfants, par exemple, de partir faire des études ne peut même pas avoir accès à ça.

[00:34:40]

Et donc, il y a beaucoup d'étudiants ou de jeunes qui sont à l'extérieur aujourd'hui et qui sont livrés à eux mêmes en France, aux Etats-Unis, au Canada. Parce que leurs parents, qui jusque là leur faisaient des transferts tous les mois pour survivre, ne peuvent plus faire ces transferts. Et donc là, on est dans une situation qui est absolument catastrophique puisqu'on a tous ces jeunes et beaucoup de déplacés depuis l'explosion, depuis la crise financière qui a commencé il y a plusieurs mois.

[00:35:05]

Si vous voulez, il y a eu trois crises successives. C'est ça qui est absolument dramatique. Dans le cas du Liban, c'est qu'il y a la crise économique, financière et la crise de Caufield. Et après, il y a l'explosion. Donc, c'est une accumulation de drames qui fait que la grande inquiétude aujourd'hui, c'est de se dire que ceux qui peuvent encore partir, les jeunes qui peuvent encore partir, vont partir et que ce pays va finalement être simplement Lépide.

[00:35:26]

Où vont rester ceux qui n'ont vraiment plus rien et les personnes âgées qui ne pourront pas partir? Et est ce qu'on peut reconstruire un pays dans ces conditions? La question est vraiment posée aujourd'hui. On a suivi effectivement cette dégradation du Liban. Vraiment, avec cette crise économique qui faisait beaucoup penser à celle du Venezuela et donc effectivement, au départ, sa capacité de sortir l'argent ou de pouvoir sortir à peine quelques, quelques dollars, etc. Mais pour vous donner des exemples à des moments précis.

[00:35:53]

Et c'est là où on comprend que le système est vérolé. Et pourquoi est ce que le FMI dit J'ai besoin de voir le système bancaire? Et pourquoi est ce qu'on s'arrête, par exemple, lorsque vous êtes Libanais et que vous voulez aller dans votre banque, même si vous avez de l'argent et que vous voulez des dollars? Vous n'avez pas droit à sortir des dollars parce que des dollars sont gardés par les banques, donc elles donnent, elles délivrent des livres libanaises et donc vous avez sur votre compte et vous dites je veux sortir mille dollars.

[00:36:17]

Donc on va vous convertir les 6.000 dollars que vous voulez sortir au taux de la livre libanaise de la banque, c'est à dire 1500 livres libanaises pour un dollar. A l'époque, c'était juste avant l'explosion qu'il y avait ces chiffres là. Ensuite, vous vous allez au marché noir, c'est à dire que la banque vous demande de blanchir en quelque sorte l'argent. Puisque vous allez au marché noir, donnez vos livres libanaises pour racheter des dollars et ce faisant, vous achetez des dollars, par exemple.

[00:36:44]

A ce moment là, mon exemple, les dollars des livres et les dollars étaient à 8000. Donc, ça veut dire que vous aviez retiré 6000 dollars et vous vous retrouviez à récupérer 1100 dollars. Vous voyez, c'est là dessus que vous avez paupérisés votre classe moyenne parce que vous avez puisé dans les économies de telle sorte à ce que vous stabiliserait effectivement les dollars et que les dollars sont protégés. Dernière chose pour aller dans le sens d'Agnès, on a des témoignages maintenant parce qu'on recherche des témoignages pour vous donner à quel point le système est vérolé, leur parler de la corruption.

[00:37:15]

Lorsque vous avez besoin d'avoir de l'argent, par exemple à l'étranger, vous avez de l'argent au Liban et vous voulez de l'argent à l'étranger. On va vous proposer, on va vous dire vous voulez dix mille dollars à l'étranger, on est capable de vous retrouver dans une banque en Suisse. D'accord, on vous livre ces dollars dans une banque en Suisse. A contrario, on va garder 20 000 dollars directement au Liban et donc, dans ce cas là, ça va nous servir à renflouer.

[00:37:38]

Donc, dire que vous prenez un tiers de votre argent et tout ça, effectivement. Généralement, on sait par quelle banque sont validés. Les banques soutiennent les partis et on voit que ça accélère la décomposition de cette classe moyenne qui a des moyens, mais qui ne peut pas y avoir accès ou avec des processus qui sont liés à la corruption généralisée dans ce pays. On va y revenir dans un reportage qui va suivre cette phrase de Le Drian. Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères Le risque aujourd'hui, c'est la disparition du Liban.

[00:38:06]

Oui, il a raison. C'est la disparition d'un pays dont, dans toutes ses dimensions, on l'a vu dans la dimension économique et sociale, dans sa dimension politique, puisque le système ne tient plus. Il ne peut plus tenir, si ce n'est par la force, celle des milices, celle des partis qui occupent le pouvoir depuis des décennies, y compris dans son lit, dans son identité culturelle et religieuse. Parce qu'il faut jamais oublier que quand on parle de confessionnalisme, il faut bien dire ce qui est, ce n'est pas seulement les chrétiens et les musulmans, ce sont une vingtaine de communautés culturelles et religieuses dans le pays et effectivement, chacune d'entre elles essaye de survivre par rapport aux autres.

[00:38:46]

Et finalement, c'est ce qui me frappe, si vous voulez, c'est qu'on est en train de décrire un processus qui est celui d'une ultra libéralisation du mode de vie libanais. Pendant des années, on a dit regardez, c'est la Suisse du Moyen-Orient. C'est un pays où il fait bon vivre. C'est le. C'est le pays du tourisme, c'est le pays de la finance qui marche bien, qui marche fort, qui fait des taux de croissance incroyables, et ça a été vrai.

[00:39:07]

Mais à quel prix? Le prix, c'est que aujourd'hui, dans ce pays, c'est devenu l'un des pays les plus inégalitaires du monde. Parce que tout est payant, tout, rien n'est gratuit. Il n'y a pas de sécurité sociale, il n'y a pas d'assurance maladie, il n'y a pas d'assurance vieillesse. Il n'y a pas de filet de protection sociale. l'Éducation est payante. La médecine est payante et donc sacrée. Si vous voulez un certain nombre d'inégalités, ceux qui sont très riches y ont accès et finissent par envoyer aussi leurs enfants à l'étranger.

[00:39:33]

Lorsque le système ne leur convient plus. Mais regardez les trois grandes universités du pays. Vous en avez une qui est américaine, vous en avez une autre. Quels sont les jésuites qui sont là depuis le 19ème siècle? Et la troisième, c'est l'université libanaise. Et c'est celle ou ceux qui n'ont pas d'argent envoient leurs enfants. Et ça traduit, si vous voulez. Cette forme d'exaspération qu'on a vu dans la rue, elle vient aussi de là, pas uniquement du système politique, de ce mode de vie libanais.

[00:39:56]

Ou finalement. L'individualisme roi, le communautarisme roi faisait que l'Etat n'était pas grave. Le gouvernement, c'est pas grave. La classe politique, c'est pas grave. Tant que ma famille, mon quartier, ma communauté, ma région, on s'en sort, tout va bien.

[00:40:11]

Il ne faut pas oublier aujourd'hui que, justement, sortir de ce système communautaire est un vrai Etat qui prenne ses responsabilités. C'est ça la demande essentielle. Ça a encore du sens de parler de nation libanaise. Du coup, aujourd'hui, c'est raté. Mais du coup, l'objectif est ce que veulent les Libanais en octobre, en descendant dans la rue? Ils disaient On est Libanais, refusé, c'est un maronite. Je suis chiite, je suis. Je suis Libanais parce qu'on veut un Etat qui soit en mesure d'assurer la protection scolaire et sanitaire dans tous les domaines.

[00:40:40]

Au delà de l'aide humanitaire, la France, même si c'est sous conditions, propose de l'aide humanitaire pour accompagner le Liban pour gérer ses multiples crises. Au delà de l'aide humanitaire, est ce qu'il y a un enjeu économique à la visite d'Emmanuel Macron? Vous nous rappeler tout à l'heure les chiffres de l'engagement français économiquement au Liban. Je complète avec cette information que j'ai trouvé en préparant l'émission La France n'était en 2019 que le 8ème fournisseur du Liban, derrière la Chine, la Grèce, la Russie, l'Italie, les Etats-Unis, l'Allemagne et la Turquie.

[00:41:08]

Oui, on est le septième fournisseur du Liban. Je voudrais dire simplement que pour répondre à vos questions, dire qu'un pourcent des plus riches détiennent 40 des richesses, alors le périmètre économique du Liban est forcément modeste, naturellement. Et donc, c'est ça la difficulté aujourd'hui, c'est qu'on voit bien que les grandes puissances disent encore une fois, Nasheed a proposé d'investir considérablement sans trop regarder les conditions de prêts au Liban, la Russie également. Donc, on voit bien que la France y a un enjeu économique.

[00:41:39]

C'est aussi de récupérer une sorte de d'importance économique et financière. Je ne dis pas que les entreprises françaises ne sont pas présentes. Il y a environ de l'ordre de 4.700 entreprises françaises, notamment dans des domaines où on peut faire preuve d'expertise dans les transports, le mobilier urbain. Il y a effectivement des perspectives pour les entreprises françaises, mais on est loin derrière.

[00:41:59]

Mais c'est important de le dire parce que l'Indien s'engage sur la scène diplomatique où il conditionnera. Oui, mais c'est pour signer des contrats.

[00:42:05]

Pas cette fois ci, non, pas cette fois ci. Naturellement, il y a cet aspect effectivement culturel, l'amitié, mais également l'aspect des enjeux économiques et financiers. La France veut reprendre pied au Liban pour investir, notamment pas les grandes entreprises. Mais je rappellerai en venant dans cette émission, je regardais les grands responsables du BTP qui disaient Nous voulons bien investir, mais nous allons attendre que le régime soit suffisamment stable pour aller investir. Si vous mettez de l'argent et que vous ne trouvez pas votre mise, eh bien on n'y arrivera pas non plus.

[00:42:35]

Vous voyez, par exemple. C'est vrai que l'aide qu'on a envoyée tout de suite, on aurait envoyé de l'aide pour payer, de l'aide aux victimes, etc. Mais la première chose qu'on a fait aussi, c'est qu'on a envoyé des plongeurs sous marins qui sont du génie et spécialistes sous l'eau, parce que les ravages que vous avez vu en eau sont aussi importants. Donc, on est allé découper des étapes. On est allé faire une cartographie du port, etc.

[00:42:56]

Ça, c'est aussi la qualité française. C'est qu'on y est allé évidemment économiquement. Derrière, ça peut servir. Mais dans un premier temps, on y est allé. Non parce qu'il fallait aider, parce qu'on leur donne une cartographie. Ensuite pour refaire le port, parce qu'à un moment donné, on remet de l'eau potable, parce qu'il y a des canalisations qui étaient cassées. Donc, effectivement, les plongeurs sont habilités à ce genre de choses là. Et ça, ça fait partie effectivement de cette fraternité qui est spontanée quand même.

[00:43:19]

D'accord avec ça. Et s'il peut y avoir des retombées économiques pour des grands groupes français dans les domaines, qui seront les, j'allais dire, réformable en priorité? On a parlé de l'électricité, les télécoms, les transports, les déchets. Il y a une crise des déchets au Liban qui est absolument inouïe et sur laquelle même la population est descendue dans la rue ou là encore, pour obtenir des services de voirie digne de ce nom. On a du mal à imaginer à la fois comment ce pays peut être moderne dans son fonctionnement, j'allais dire financier, et à la fois si archaïque où chaque maison, chaque quartier est livrée finalement à son propre sort.

[00:43:51]

Diplomatiquement, quel est l'enjeu d'un effondrement d'un pays comme le Liban dans la région? On dit aussi c'est la volonté de la France de garder une porte d'entrée. C'est la porte d'entrée de la France au Moyen-Orient. Est ce que dans la région, ce serait une déstabilisation de la région de voir le Liban mettre encore plus en terre? Ce serait un élément de plus de la déstabilisation du Moyen-Orient, qui est déjà là aujourd'hui. On est face à un chaos total.

[00:44:17]

Que ce soit la Syrie, que ce soit la Libye, que ce soit l'ensemble de l'Irak. Enfin, tout est comme dans un état de délabrement, quand même assez assez impressionnant. Et donc, on voit bien que l'intérêt pour un certain nombre de pays, même de la région, en maintenant le Liban, c'est que c'était la place financière de l'ensemble des pays. Comment le Liban aussi a vécu sur le terrain qu'il a vécu? C'est grâce à l'argent des Irakiens qui sont venus une nature argent au Liban lorsqu'il y a eu la guerre en Irak.

[00:44:45]

Les Syriens, évidemment tous les caciques du régime syrien, avait leur argent dans les banques libanaises et donc l'investissement des pays de la région au Liban a participé aussi de cette riche. Qu'a représenté le Liban? Parce que tous les pays de la région, pas tous les gens qui avaient beaucoup d'argent, le mettaient dans ce pays. Donc, il y avait une volonté de la part non seulement de la France, mais des pays de la région, de maintenir cette espèce d'îlot financier qui avait mis en place tous les systèmes nécessaires pour que l'argent soit fasse des petits et dans des proportions tout à fait intéressantes.

[00:45:17]

Donc, c'est vrai que cet aspect là est un aspect qui a été vraiment maintenu par les pays de la région, mais aussi par des puissances internationales. Avec cette idée en France qu'on avait dans les pays de la région, il y a des Libanais et qu'on s'appuie sur les Libanais pour faire du business dans la région. Parce qu'ils parlent français, parce qu'ils parlent arabe, parce qu'ils parlent l'anglais et que donc, c'est une force aussi pour les pays de la région de pouvoir s'appuyer sur ces Libanais qui ont leurs entrées partout.

[00:45:41]

Petite anecdote Saint-Gobain, qui est la grande entreprise française qui fait du verre des responsables une des responsables Saint-Gobain et d'origine libanaise, est donc au lendemain du drame de l'explosion. Saint-Gobain a offert d'envoyer 300 000 tonnes. Plus le chiffre exact de verre pour aider à la reconstruction. Donc, on voit bien que les sources de tonnerre dans cette volonté, c'est bien parce que cette diaspora libanaise est extrêmement. Combien y a t il de Libanais en France? 12 millions de personnes, 100 en France, en France.

[00:46:14]

200.000 la diaspora, 12 millions ou 12 millions, ça ne veut pas dire grand chose parce que on estime la diaspora. Est ce que les Libanais qui sont partis au début du 20ème siècle au Brésil sont encore considérés comme des Libanais, donc le chiffre de 12 millions et enjolivée par Libanais pour dire 200 000? Mais environ quelques millions, ça va un peu plus de 200.000 en France. Vous voulez dire, à notre avis, très rapidement l'enjeu géostratégique quand vous regardez la carte, c'est comme l'accès à la mer.

[00:46:37]

On voit bien que le Liban est sur la mer, que la Méditerranée est devenue un enjeu stratégique très important. Et là, la France a un rôle très important à jouer. Parce que si on laisse le Liban aux mains de la Syrie et de l'Iran, rappelez vous qu'il y a aussi la sécurité d'Israël qui joue. Le Hezbollah est encore officiellement une organisation terroriste qui veut la destruction d'Israël. Donc, il a un rôle diplomatique très fort de la part de la France a joué.

[00:46:57]

On a beaucoup parlé depuis le début de l'émission. C'est un mal qui ronge le pays, une gangrène qui rend impossible pour l'instant la reconstruction du Liban et même l'acheminement de l'aide humanitaire. La corruption, vous allez le voir dans ce reportage. La population est à bout. On parlait tout à l'heure de l'électricité. Ça va jusque là, car c'est quotidiennement qu'il faut supporter les conséquences d'un système vicié. Mathieu Brigneau Pierre Dorthe. Reportage.

[00:47:25]

Allumer la lumière ou regarder la télévision en famille, parfois compliquée au Liban. Le pays compte une vingtaine de coupures de courant par jour. Alors cette famille paye deux fois son électricité, par exemple.

[00:47:42]

Et c'est ça quand c'est allumé. Ça veut dire c'est générateur quand ce n'est pas allumé. C'était public. Maintenant sélecte. Public?

[00:47:53]

En moyenne, l'Etat livre trois heures de courant par jour. Pour le reste, il faut un générateur privé et payer deux à trois fois plus cher pour compenser.

[00:48:03]

Réservoir de mazout, ça, il y a dedans, c'est un réservoir. Et pour les remplir, il faut donc du pétrole. Depuis quelques mois, son prix a explosé.

[00:48:16]

Des sociétés privées proches des partis politiques monopolisent le marché et les politiciens qui importent le pétrole dans le monde. Tout le monde consomme plus d'argent et a un conflit d'intérêts.

[00:48:34]

D'autres générateurs de quartier sont directement détenus par des entreprises proches des partis politiques et religieux. Le Liban victime de clientélisme et de corruption? Sybil risque. Et son ONG dénonce ce système. Il pourrit la vie quotidienne des habitants. Banques sont là et là, on voit tout le déblayage des ordures régulièrement, ce sont les déchets qui ne sont plus ramassés à cause, dit elle, de contrats véreux passés entre l'Etat et une société privée.

[00:49:09]

Il y a de forts soupçons, mais comme il n'y a pas de justice indépendante pour faire la lumière dessus. Que fait la société en question? Arroser toute une série d'amis politiques pour Sibylles risque.

[00:49:24]

Le chemin est encore long pour éradiquer la corruption. Toute la société est sclérosée.

[00:49:30]

On a une oligarchie et un système de pouvoir qui a capté les institutions, a son propre service au service de l'auto perpétuation de son pouvoir. Chacun pour sa clientèle ou chacun pour son clan ou ses intérêts personnels, au détriment de l'intérêt général. Ça se traduit par l'incapacité de prendre des décisions en attendant une révolution.

[00:49:50]

D'autres mènent des actions ciblées contre la corruption. À une heure trente de Bayreuth, des militants empêchent la construction d'un immense chantier. Comment ça va? Alors que l'État veut construire un barrage ici, dans la vallée de Biskri Bordeaux. Le mur passerait par ici, ça ferait 70 mètres de haut et il détruirait toute la vallée par la vallée.

[00:50:21]

Ce projet, jugé inutile par plusieurs associations, coûterait 1,2 milliard de dollars, dont les trois quarts seraient prêtés par la Banque mondiale. Des sommes qui aiguise l'appétit des politiques. La principale entreprise mandatée est d'ailleurs proche de l'entourage du président Michel Aoun. So desparties? Ben voyons!

[00:50:41]

Ce projet va bénéficier à son parti politique d'une façon ou d'une autre Onoz.

[00:50:48]

En plus, il embauche leurs propres militants pour travailler sur le chantier, pour maintenir le soutien et nourrir leur impopularité chez les gens et leur communauté.

[00:50:55]

Bolts off off the people communities.

[00:50:59]

Roland Mansour a dénoncé une vingtaine de projets de barrages inutiles dans le pays et il en fait les frais sur scène. Il essaie de nous menacer.

[00:51:11]

Ils ne nous ont même attaqués physiquement dans la vallée Vallée comme ans, quand il s'agit d'argent qui arrive directement dans leurs poches. Ou alors ils sont prêts à tout pour protéger leurs intérêts.

[00:51:27]

La construction du barrage de Biskri est pour le moment suspendu, mais pas annulé à l'heure. Roland Naceur et ses camarades continuent de se mobiliser contre la corruption, selon Transparency International. Le Liban est l'un des pays les plus corrompus au monde 130 37ème sur 180.

[00:51:46]

Et cette question est posée ce soir par Hollande dans le Bas-Rhin. Ce pays a été pillé par des dirigeants politiques en place depuis 30 ans. Pourra t on un jour les traduire en justice? Ce serait plutôt le contraire, à mon avis, à vous. Si on veut obtenir une solution généralement dans des cas similaires, la première des revendications de ceux qui sont au pouvoir, c'est de dire d'accord, je m'en vais, mais avec une garantie d'immunité, ce n'est pas impossible que ça puisse jouer à un moment ou à un autre, voire la négociation sur les réformes.

[00:52:11]

Parce que Macron l'a dit quand il était dès la première fois à la résidence des Pins, il les a pris par un. Il leur a dit Je sais qui vous êtes. Je sais combien vous avez touché et vous savez que je le sais. Je résume. Ça dit peut être plus que ça, mais ça veut dire exactement ça. Ça veut dire que ces gens, ils ont aussi de l'argent en France. Ça veut dire que éventuellement, si ce processus ne va pas suffisamment vite, on a parlé tout à l'heure de levier.

[00:52:35]

Il y a aussi un levier qui est de geler les fonds de tous les gens à l'étranger, aux Etats-Unis, au Canada, en France, en Suisse, ailleurs en Allemagne. Donc, il y a des leviers possibles et il y a eu tellement d'argent qui s'est volatilisé, qui a été investi ailleurs, qui est parti aussi dans le Golfe, qui font par des systèmes d'allers retours. Donc, ça veut dire que oui, il y a une possibilité si vous voulez faire en sorte que ces gens qui sont corrompus et qu'ils le sont, j'allais dire de père en fils.

[00:53:02]

C'est pour ça que je n'ai pas lu dans vos articles des Patriarches. Parce que c'est vraiment ce système là, si vous voulez, qui est en cause. Chaque grande famille politique est aussi une grande famille à l'état civil, avec des gens qui prennent leurs responsabilités et qui se transmettent. L'héritage ne le découvre pas naturellement.

[00:53:16]

Donc, bien sûr que c'est compliqué de discuter avec les patriarches dont vous parlez dans votre article pour recomposer politiquement. Et on a parlé en début d'émission. Parce que pour l'instant, si vous voulez, l'idée de départ était de se dire rien ne peut se faire sans eux. On ne va pas attendre que la rue renverse le régime. Le mieux est d'obtenir de ces gens que j'allais dire qu'ils votent en quelque sorte leur arrêt de mort, c'est à dire qu'ils mettent un blanc seing sur le plan des réformes.

[00:53:39]

Et après, on verra. Il y a des élections qui ont été, donc le principe d'élections anticipées a été accepté. Est ce que ce sera la fin d'année? Est ce que ce sera l'année prochaine? Mais l'idée est là. C'est qu'il faudra qu'il y ait un renouvellement de la classe politique qui passe par les urnes. Est ce que certains en profiteront pour partir, d'autres pour s'accrocher, d'autres pour tourner leur veste? C'est évidemment tout à fait possible aussi.

[00:54:00]

C'est ce que va dire à Jean-Yves Le Drian lorsqu'il dit Aidez nous à vous aider. C'est ça, c'est ça. C'est à dire qu'il y a apparemment cette idée qu'il faut absolument que les Libanais fassent eux mêmes quelque chose et d'ailleurs pour aller dans le pour prolonger ce que vient de dire François, le front d'opposition qui se met en place aujourd'hui, qui réunit le Bloc national, un mouvement comme citoyens citoyennes dans un État riche, plusieurs Beyrouth Madinati. On avait beaucoup entendu parler au moment des élections.

[00:54:23]

Ceux qui veulent ce qu'il propose, c'est un gouvernement provisoire avec les pouvoirs législatifs de 18 mois pour mettre en place un État laïque. Parce que la seule solution d'après, c'est de sortir du système professionnel et de mettre en place un assisté à un État laïque et, au bout de dix mois, de faire des élections avec une nouvelle loi électorale. Elle est complètement ringarde. C'est moi l'expression. Et pourquoi pas les Libanais décide de ce qu'ils veulent. Est ce qu'il y a une alternative?

[00:54:50]

Que voulez vous dire communautaire? Ou est ce qu'ils vont petit à petit vers un État laïque? Et donc, la proposition est là et elle est largement élaborée. Quelles sont. Vous avez raison d'expliquer qu'il y a une issue possible entre ce qu'elle donne à composer avec un régime. Exact. Si on essaie de chercher un peu d'espoir après les reportages qu'on vient de voir. Est ce qu'il y a des atouts? Quels sont les atouts encore aujourd'hui du Liban?

[00:55:15]

Je crois que c'est un pays d'abord avec un peuple qui a beaucoup d'énergie, avec une diaspora et je tiens à le souligner. Alors, parler de 12 millions, ça dépend du degré de rapport avec le Liban, mais 6 millions de personnes d'origine libanaise en Amérique du Sud, 2 millions aux États-Unis, ce sont des gens qui ont beaucoup d'argent, qui ont réussi et qui peuvent aider moi avant tout. La solution, je la vois dans la solidarité interdit Banette entre la diaspora et les Libanais qui sont restés sur place.

[00:55:41]

Et ils poseront leurs propres conditions parce qu'on parlait des entreprises. Elles sont prêtes les cours des entreprises à venir, mais à condition qu'ils aient une sécurité juridique dans l'investissement. Quand vous avez passé un contrat de délégation de service public concession au chevet, construire une usine d'incinération, un marché d'enlèvement des ordures ménagères, on ne va pas demander à l'entreprise française d'aller financer %100 du Hezbollah 30% de Sitra. On va leur demander de faire un équipement. Et là, il faut des garanties.

[00:56:05]

Et c'est cela qu'on attend aujourd'hui. Et donc, vous avez raison de souligner que les élections législatives, il pourrait y avoir ce que j'appellerais une sorte de dégage. C'est à dire? On va dégager tous les anciens de telle façon qu'on ne puisse pas réélire ceux qui, pendant 30 ans.

[00:56:18]

Il faudrait que ce soit un vrai processus électoral garanti d'ailleurs sur le plan international, avec des observateurs internationaux.

[00:56:26]

Et revenons maintenant à la question. Macron a t il les moyens de ses ambitions? Armelle Charier. Oui, soyons positifs, il les a. Parce que, justement, il donne encore un peu d'espoir et que derrière, il y a eu hier, je pense qu il a les moyens. Si on regarde sur une stratégie plutôt à long terme qu'à court terme, c'est à dire que quelque part, c'est le fait d'aller réveiller un pays, c'est d'aller chercher.

[00:56:54]

Il y a quand même une jeunesse derrière. Il y a quand même. Les Libanais sont avant tout des Phéniciens, des gens du commerce. Depuis l'Antiquité, ils ont fait leurs banques au Liban et ils ont créé les banques dans les pays du Golfe qui ont écrasé les banques libanaises. Ce sont les Libanais qui ont quitté pour ça. Évidemment qu'il y a toujours un espoir par rapport. Après, on reste quand même un pays moyen, la France, avec une crise économique que c'est.

[00:57:16]

Effectivement, il y a des demandes d'argent que l'on ne pourra pas combler.

[00:57:20]

Et la France, qui est aussi qui gérée? Gérer elle aussi la crise du Covington, insuffisamment parlé en cette rentrée. La France apporte beaucoup au Liban. Mais qu'est ce que le Liban a apporté à la France? Est ce qu'on peut voir les relations diplomatiques avec le Liban apporte pas forcément à la France.

[00:57:35]

Mais si le Liban pouvait être un pôle de stabilité dans cette région, on la décrit tout à l'heure, qui souffre d'une énorme instabilité à cause des chocs de puissance, de chocs hégémoniques, des chocs militaires, des chocs humanitaires. Ce serait déjà ça. Et puis, c'est vrai qu'on l'a dit tout à l'heure sur le plan du commerce bilatéral, ça ne joue pas grand chose, mais c'est un petit pays, c'est 6 millions d'habitants. Donc on ne va pas dire que notre notre avenir économique dépend du Liban.

[00:58:00]

Mais en revanche, c'est vrai que sur le plan politique, culturel, à garder cette amitié si vous voulez, avec un pays qui est au carrefour. On l'a dit tout à l'heure, c'est un pays méditerranéen, les voisins de la Syrie. Il accueille un nombre incalculable de réfugiés syriens et il continue aujourd'hui des énergies. Je veux dire par là que le Liban est aussi une partie de la réponse aux questions que l'on se pose. Sur quelles sont nos relations avec une région où Daesh est encore la question?

[00:58:26]

Voulez poser elle avec des attentes de l'anniversaire de sa triste anniversaire? Bien sinistre anniversaire? Et en avez vous du procès de Charlie? Est ce que la question du terrorisme est aussi un enjeu pour la stabilité? Voyez ce que je veux dire en général. On explique sur ce plateau que quand il y a des États qui sont en délitement prospère, le terrorisme, vous savez, c'est le cas aussi. Quand j'ai accompagné Florence Parly au Liban et son contact avec une autre femme, ministre de la Défense et surtout avec un chef d'état major, et lorsque j'ai posé la question de savoir pourquoi cette relation si spécifique avec l'armée libanaise?

[00:58:57]

Parce que l'armée libanaise est la dernière colonne vertébrale qui tient ce pays et qu'aujourd'hui, elle est à l'image même du pays, c'est à dire qu'elle souffre autant que la population. Pour le coup, elle n'est pas ou très peu corrompue. Et donc, aujourd'hui, vous avez des officiers, vous avez des hommes du rang qui viennent pour le coup parce que c'est multiconfessionnel, mais qui n'ont pas de quoi manger dans le tonnerre. Il y avait aussi des dizaines de milliers de rations pour l'armée libanaise.

[00:59:21]

Je viens à ça parce que c'est l'armée libanaise aussi et l'armée française s'en souvient qui a aidé à combattre Daesh à la frontière syrienne. Lorsque, à un moment, il y avait une situation extrêmement dangereuse d'entrée de Daesh au Liban, c'était le sens de la question qui nous était posée par cet habitant de l'Indre et Loire voulait être une petite chose. En plus, c'est vrai qu'on a quand on regarde la Syrie ou quand on regarde l'Irak, quand on regarde la Libye, quand on regarde l'éclatement de ces pays, ça donne une photo pour le Liban.

[00:59:49]

Et c'est pour ça aussi qu'il ne faut pas laisser sombrer le Liban aujourd'hui. À titre diplomatique, il n'y a pas que les intérêts des entreprises, etc. C'est un équilibre dans la région. Vous l'avez très bien expliqué les uns et les autres. Comment les Libanais justifient l'intervention de Macron dans leur pays? Ingérence ou sauvetage? Aujourd'hui, il y a une partie des Libanais. Le diable arrive et propose quelque chose. Il accepte parce qu'ils sont désespérés. Ils sont désespérés, donc ils peuvent se raccrocher à ça.

[01:00:12]

Ce n'est pas le cas, bien sûr. Donc, il y a une attente d'un soutien international face à ce désastre auquel ils sont confrontés et en particulier de la France de la communauté nationale. Et si la France est là et prend la tête parce que c'est elle qui va prendre le lead, cela très bien parce qu'on connait la France et que beaucoup de familles ont un lien de toute façon avec la France. Donc ça, c'est très, très important et donc ça justifie le fait que la France soit présente.

[01:00:36]

Après, c'est qu'est ce qu'on fait derrière? Et donc, c'est tout ce qu'on vient de dont on bien de discuter. La Patrouille de France aux couleurs du Liban n'en fait pas un peu trop.

[01:00:46]

C'est bien aussi de jouer sur le symbole. Même chose. Planter un cèdre? Ben oui, parce que c'est un signe d'optimisme, surtout dans ce pays. Et donc, je vois ce que vous voulez dire derrière, c'est l'idée de se dire on en fait trop et peut être qu'on en fait trop. Alors que les résultats ne seront peut être pas là. Et en même temps, je me succinctes de ce que disait Hubert Védrine au moment où Israël s'est retiré du Sud-Liban après la guerre.

[01:01:10]

Et l'armée libanaise était censée revenir prendre la totale possession de cette nouvelle souveraineté après l'occupation israélienne. Et Védrine, qui était toujours sévère et un peu cynique, diront certains, avait dit Mais qu'attendez vous un sursaut de dignité de la part des Libanais? Ce n'était pas évidemment le peuple libanais. C'était les institutions libanaises, la classe politique libanaise et à l'époque, l'armée était beaucoup moins ouverte aujourd'hui et beaucoup plus frileuse. C'est ça le problème, c'est à dire que vous avez un pays qui s'est tellement recroquevillé dans ses confessionnalisme et dans son régionalisme et dans son clientélisme que y a un moment où vous dites.

[01:01:43]

Mais il y en a finalement. Qui va oser? Qui va prendre l'audace de se dire OK et on tourne une page et on passe à autre chose. Et c'est ça, finalement, la grande interrogation de ce soir est ce que ce pari, au moment où on est au bord du gouffre, peut réussir ou pas? En tout cas, le temps. Oui, c'est ça. Oui. De toute façon, de tenter quelque chose sans grand succès, sans regarder après le risque, c'est la déception, la Tippett.

[01:02:06]

Après très, très lourdes. Parce que ça reste la vache à lait. Que s'est il passé concrètement pour les habitants sur le terrain? Depuis l'explosion, il y a eu l'acheminement d'une aide internationale, une aide humanitaire. On a vu une discussion entre Emmanuel Macron et les ONG. Où est passé l'air? Oui, tout à fait.

[01:02:23]

Je crois que selon mes informations, il y a des organisations non-gouvernementales humanitaires qui prennent contact avec des associations locales directement, qui ne passent pas par les pouvoirs publics, ni par le gouvernement, ni par les collectivités locales qui socorro au plus tôt qu'effectivement une organisation humanitaire, une aide humanitaire qui s'organise très concrètement sur le terrain. Néanmoins, certaines personnes ne peuvent toujours pas vu dans votre reportage, ni réparer leur appartement, ni les fenêtres, ni les vitres. Rien du tout.

[01:02:49]

Donc, ça veut dire que ça, c'est une reconstruction à plus long terme. La difficulté des ONG, c'est que finalement, on recrée aussi un système communautaire, c'est à dire que beaucoup de moyens sont communautaires et donc sont par quartier, par rue. Et donc, le risque, c'est le danger qui n'est pas d'Etat. Et c'est très bien que ça ne passe pas par l'État, tant qui n'existe pas pour éviter les détournements. Et en même temps, est ce que des ONG sont capables, sur le long terme, d'assurer la recousu dans d'un pays?

[01:03:13]

Je ne crois pas et donc il y a une dérive extrêmement dangereuse qui peut venir de là. Emmanuel Macron peut il intervenir seul au Liban sans l'appui de ses partenaires européens? Vous avez dit qu'il s'était assuré de la Concorde où les Européens avaient intérêt. Vous voyez bien qu'au lendemain de l'explosion, ce n'était pas l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie qui étaient au rendez vous, ni la Grèce. Donc oui, c'est la France et c'est la France qui a réussi à monter cette opération.

[01:03:36]

Une semaine seulement après l'explosion de réunir un certain nombre de partenaires autour de la table, n'y avait pas que des Européens. Il y avait aussi les Etats-Unis qui étaient représentés. Et il y avait surtout le système des Nations unies. Parce que les ONG, si elles veulent un interlocuteur fiable, se coordonner entre elles, c'est le système des nations. Celle qui soutient les pays arabes, notamment les plus riches, apporte t il au Liban? Une, il y a certains pays qui d'OD.

[01:03:56]

On a bien vu que l'Arabie saoudite n'avait pas donné. Elle n'était pas autour de la table, cette fameuse conférence internationale. Parce que l'Arabie saoudite, qui est en bisbille avec l'Iran, ne veut pas donner un soutien à ces choses là là est très, très occupée. Donc là, il y a vraiment une ligne rouge de la part de l'Arabie saoudite. Mais les Emirats, le Qatar, le Koweït, le Koweït est un gros donateurs avec une communauté libanaise très importante à cocardière.

[01:04:18]

Question très rapide le peuple libanais est il capable de faire la révolution? Oui, il l'a fait. Il a commencé à Elected, il continue et la mobilisation continue. Et je crois que ça, c'est avant tout. C'est la fin de cette émission qui sera diffusée ce soir à 22h45.