Happy Scribe
[00:00:12]

Bonsoir à toutes et à tous. Après Marseille, les bars et restaurants devront ils fermer à Paris, Lille, Lyon, Toulouse, Grenoble ou Saint-Etienne? Une catastrophe pour les restaurateurs et nombre d'indépendants salles de sport, cafés, hôtels et tous les sous traitants qui disent ne pas vouloir disparaître en silence. Mais ce ne sont pas les seuls à souffrir. La reprise de l'épidémie et l'hiver qui approche est aussi et surtout synonyme d'isolement et de grande solitude pour les seniors, à qui l'on recommande de réduire au minimum les contacts sociaux.

[00:00:43]

Une catastrophe, enfin, pour les jeunes privés d'embauche et privés d'avenir. C'est dire si cette épidémie frappe durement la société tout entière.

[00:00:51]

C'est le sujet de cette émission. C'est dans l'air que nous avons décidé d'intituler ce soir Séniors jeunes, les sacrifiés du COVED pour répondre à vos questions. Nous avons le plaisir d'accueillir le professeur Karine Lacombe. Vous êtes chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine de Paris. Bruno Jeudy, rédacteur en chef du service politique de Paris-Match.

[00:01:09]

Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'institut de sondage Ipsos, auteur de l'Archipel Ifop Lerreur et auteur de l'Archipel français aux Éditions du Seuil.

[00:01:21]

Sophie Fay, journaliste à L'Obs, vous entend tous les matins sur France Inter. Votre dernière chronique était consacrée aux entreprises zombies, ces entreprises à peine rentables et qui survivent en s'endettant et en duplex. Nous avons Hélène Romano. Vous êtes psychologue, psychothérapeute, docteur en psychopathologie et chercheuse. Merci à tous les cinq de participer à cette émission en direct. Bruno Jeudy. On commence avec vous, Olivier Véran. Est ce que c'est monsieur? Mauvaise nouvelle puisque les restaurateurs parisiens et j'en ai, je les ai entendus ce matin.

[00:01:50]

Ils disent Bah, on verra demain soir à quelle sauce on va être mangé. La sentence tombera demain soir pour eux. Est ce qu'il il a une idée de ce qui va? Est ce que sa décision est prise? Vous croyez Olivier Véran? Déjà, je ne sais pas si elle est prise.

[00:02:03]

En tous les cas, il est clair que par rapport à ce qui s'est passé il y a une semaine avec Marseille, puisqu'à Marseille, la décision avait été prise dans des conditions tendues de fermer bars et restaurants.

[00:02:15]

Cette fois ci, il a accordé un sursis, notamment pour la Ville de Paris le week end et une semaine pour Lille, Lyon, Grenoble et, je crois, Dijon, une ville supplémentaire.

[00:02:31]

Ce sursis? Pourquoi? Parce qu'on voit bien qu'il faut essayer de rattraper le tir, corriger le tir de la dernière fois où il faut faire de la concertation.

[00:02:39]

Jean Castex a reçu les maires, Olivier Véran discute avec les maires et on voit que ça discute. À tel point que Anne Hidalgo, dans les colonnes du Parisien ce matin, redit elle qu'elle s'oppose à la fermeture des restaurants, qu'elle appliquera la décision du premier ministre.

[00:02:58]

On voit qu'elle perd un distinguo entre les bars et les restaurants, ce qui n'est pas ce qui n'est pas neutre. Et à mon avis, si la décision semble quasi prise pour les bars, il y a encore, j'allais dire, un peu de suspense.

[00:03:07]

Quels sont les risques pour les bars? Certes, pour vous, on que leur fermeture voir dire que le maire de Paris elle même semble avoir rendu les armes sur ce terrain? Sans doute que la situation sanitaire parisienne aussi impose des mesures. Il y a discussion entre le pouvoir central et les maires. En l'occurrence, la maire de Paris, Jean Castex, a un peu essayer de corriger le tir par rapport à Marseille, où la décision avait été catastrophique, prise dans des conditions qui était marquée par la précipitation.

[00:03:36]

Or, on s'engage dans une crise durable avec une stratégie qui est basée à la fois sur des confinement j'allais dire par profession et confinement, par localiser éventuellement. Donc, si on s'engage dans une crise durable, il vaudrait mieux que ce couple maire préfet, en tous les cas gouvernement et maires, fonctionne. Et peut être que cette fois ci, Olivier Véran emportera l'adhésion des élus avec la volonté d'avoir voulu d'avoir voulu discuter. Mais on sent bien que l'acceptabilité des Français.

[00:04:10]

En tous les cas, l'acceptabilité de certaines professions a atteint ses limites. On le voit avec les restaurateurs et les indépendants dont vous parliez juste avant le début de l'émission.

[00:04:20]

Mais justement, Sophie fait cette émission est consacrée aux façades. Tu parles des sacrifiés du Covidien parce qu'on ne parle pas de salariés. Quand on parle d'un patron de bar, quand on parle d'un indépendant, quand son établissement ferme, c'est sa vie, son énergie, ses économies. Il n'y va pas. Il ne peut pas s'inscrire au chômage, d'ailleurs, bien souvent derrière. Non, mais c'est aussi des salariés parce que c'est un secteur qui représente hochements, représente énormément d'emplois.

[00:04:45]

Alors là, ce qu'on voit bien, c'est en tout cas à Bercy espère avoir une bonne nouvelle. Du côté des restaurateurs, on espère que, comme ils sont présentés, un protocole sanitaire beaucoup plus strict que ces arguments seront entendus par le Haut Conseil de la santé publique, qui influencera la décision d'Olivier Ferrand et du premier ministre pour peut être les laisser ouverts dans certaines conditions s'ils respectent le protocole sanitaire. Par la même occasion, réouvrir les établissements de Marseille qui respecteront aussi ce protocole, donc, on voit bien que du côté d'Alain Griset, le ministre du Commerce et de l'Artisanat, il espère qu'il aura une bonne nouvelle.

[00:05:22]

Côté restaurateurs, mais effectivement, côté bar, ils sont plus prudents.

[00:05:27]

Karine Lacombe, justement. Les restaurateurs qui craignent de devoir fermer. On sait bien que dans les restaurants, le virus circule deux fois plus. Dans les bars, c'est quatre fois plus. Les restaurateurs se disent m'écoutez pour être fermés. On est prêt à demander les coordonnées des clients. Instaurer le paiement à table. Demander à nos clients qu'ils installent qui télécharge Top Coville et prendre et à prendre leur température. Est ce que ça vous semble des décisions qui permettraient, dans ces conditions, de leur permettre de rester ouverts, ce qui a été effectivement proposé par les autorités sanitaires?

[00:05:59]

Moi, j'ai du mal à comprendre. C'est pourquoi on ne l'a pas fait depuis le début. Ça fait longtemps qu'on dit qu'il faut mettre en place des mesures qui soient plus incitatives sur le plan sanitaire dans les restaurants, justement pour pas qu'on arrive à la situation où on en est maintenant. Par exemple, il y a beaucoup de pays européens où ces mesures là ont été ont été mises en place dès le début de l'été, donc on n'en serait peut être pas à la situation.

[00:06:18]

On en est maintenant si, si, ça avait été appliqué en particulier, par exemple Stop Coville. C'est vrai que c'est une application qui a été beaucoup décriée lors de en avril, mais en fait avec le même témoignage que le premier ministre. Malheureusement, on n'avait pas téléchargé. C'est vrai que ça donne un signal extrêmement négatif sur l'intérêt de cette application. Or, c'est justement maintenant à partir d'août où on a vu que les jeunes sont contaminés massivement, que ça aurait été extrêmement intéressant pour justement signaler toutes les personnes asymptomatiques qui avaient été en contact avec d'autres personnes et que vraiment, ça aurait aidé.

[00:06:54]

C'est très dommage et je ne comprends pas. On est beaucoup de spécialistes à ne pas comprendre pourquoi il n'y a pas eu de promotion faite de cette application d'un point de vue purement sanitaire.

[00:07:03]

Vous comprenez très bien qu'on ordonne la fermeture des cafés et restaurants. Vous dites bah oui, on enlève le masque et donc là, ça circule.

[00:07:09]

Alors c'est vrai que je porte la parole du Swiftair et j'ai parfaitement conscience. C'est comme tous mes collègues qu'il faut vraiment qu'on arrive à trouver un équilibre entre la menace sanitaire et les besoins socio économiques. Et je pense qu'on va arriver à mettre le curseur là où il le faut. Sur le plan sanitaire, il faut absolument diminuer de façon drastique tous les lieux de promiscuité, puisqu'on sait que c'est en étant en contact les uns avec les autres sans appliquer les mesures barrières en particulier sans porter les masques que le que l'on permet aux virus de circuler rapidement.

[00:07:43]

Quelles sont les mesures? Les lieux de promiscuité actuellement? Et bien, ce sont les bars où on ne porte pas de masques et où, l'alcool aidant, au fur et à mesure des soirées, bien les gens se rapprochent. Il n'y a plus aucune application de mesures barrières. Je suis un peu plus circonspect sur les restaurants, en particulier ceux qui appliquent de façon assez stricte le protocole sanitaire qui existe déjà et qui sont prêts, par exemple, la l'amplifiant en adoptant d'autres d'autres mesures.

[00:08:08]

Les universités n'ont pas les lieux où l'on apprend, mais les lieux où l'on se réunit dans les universités, les étudiants et en particulier toutes les toutes les fêtes. On a bien vu qu'il y a eu beaucoup de soirées un peu sauvage d'intégration qui ont été des lieux de transmission du virus. Restos dans les zones grises, les résidus, les restaurants universitaires, par exemple. Probablement que ça n'aide pas non plus. Donc, il faut identifier tous ces lieux de promiscuité et non pas fermé définitivement, mais faire fermer, peut être temporairement, de façon à faire baisser la pression sur l'évolution de l'épidémie.

[00:08:42]

Et puis rouvrir, savez, un système de stop and go. On espère que ça pourrait marcher de cette façon là.

[00:08:48]

Jérôme Fourquet Comment les Français perçoivent t il ces mesures qui restent très mal acceptées par les restaurateurs et les Français dans leur ensemble? Qu'est ce qu'ils en pensent? Il faut paralysaient un sondage pour L'Express la semaine dernière, au moment de l'affaire Marseillaise, où on apprenait que 58 des Français étaient favorables à ces mesures de fermeture partielle.

[00:09:10]

Donc, ce n'était pas pour Marseille, c'était pour les villes suivantes.

[00:09:14]

C'est à dire à partir de 22 heures, des bars et restaurants 58%. Et quand on analyse les résultats sur les habitants des grandes agglomérations concernées, on montait même à 64%. Alors ça peut paraître un peu surprenant. Mais ce n'est pas tant que ça, parce qu'il faut relier ça au fort niveau d'inquiétude qui continue à exister dans la population française. On est à peu près 70 des Français qui, riquiqui, craignent encore pour eux mêmes ou pour leurs proches la contamination.

[00:09:41]

On est loin des chiffres de début du confinement où là, on est monté à 85 à 90 inquiets, mais c'est encore 70. Donc, quand on parle des sacrifiés du Covidien, il y a une partie de la population qui, dit on, comprend bien que économiquement, ça va être très dur. On sait que l'hôtellerie restauration, c'est un des principaux secteurs d'embauche en France et un million d'actifs salariés indépendants qui travaillent pour autant. Tant que cette peur est là, et bien elle peut faire accepter.

[00:10:10]

Notamment si elle est pas concernée directement un certain nombre de mesures plus plus restrictives. On voit aussi, par exemple, que dans les transports en commun, dans les rues, le port du masque est quand même massivement appliqué, pas uniquement par la peur du gendarme, et pas uniquement non plus par civisme aussi par peur. On voit aussi des files d'attente qui ne désemplissent pas vraiment devant les laboratoires d'analyses médicales pour se faire dépister. La peur est toujours là et cette peur fait que même si on est critique sur la façon dont les mesures sont annoncées, sur la cacophonie qu'il peut y avoir entre le pouvoir central et les collectivités locales, pour l'instant, les Français sont encore majoritairement favorables à ces mesures, même si ils ont déjà pris sur eux avec ces deux longues semaines de confinement, puis le respect de gestes barrières et de restrictions de circulation qui se sont prolongées dans les semaines et les mois qui ont suivi 136 décès supplémentaires du Kovy lors des 24 dernières heures.

[00:11:10]

La situation sanitaire se dégrade tous les jours un peu plus en France, dans certaines grandes métropoles comme Paris. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Les autorités locales pourraient d'ailleurs, on l'a dit, annoncer d'ici à lundi des mesures fortes comme la fermeture des bars et peut être des restaurants. Des restaurants qui, justement, sont en colère. Vous allez le voir dans ce sujet de Laura, Rado et Clément, voyez de plus en plus inquiets pour leur avenir.

[00:11:39]

Faire du bruit pour se faire entendre. Restaurateurs, cuisiniers, serveurs, tous côte à côte pour crier leur angoisse à l'idée de fermer une nouvelle fois un cri d'alarme. Surtout quand on a peur pour nos enfants parce que c'est l'enfer. On est déjà venu nous couper la tête après ceux de Marseille la semaine dernière.

[00:12:01]

Les établissements de la capitale redoutent que leur tour arrive bientôt. Un scénario catastrophe pour un secteur déjà durement touché.

[00:12:08]

Depuis le confinement des affaires, des travailleurs peinent à prendre 40 de leur potentiel. On ne peut pas s'en sortir. Je sais que la profession est stigmatisée et nous nous servons de boucs émissaires. Fermer les restaurants de l'ampleur. Mais non, monsieur le ministre, ça prend de l'ampleur. C'est une catastrophe.

[00:12:26]

Alors, pour éviter la fermeture totale, les restaurateurs proposent de renforcer le protocole sanitaire. Prise de température des clients ou encore mise en place d'un registre pour tracer d'éventuels contacts.

[00:12:40]

Comme on nous l'a suggéré, on a ouvert un cahier de rappel avec un événement. L'heure d'arrivée de la personne Mehmel. Le numéro de téléphone. Tout le monde est très coopératif.

[00:12:51]

A l'appel du chef étoilé Philippe Etchebest, la mobilisation générale a donc sonné. Dans la restauration, face au risque de faillite en cascade, le gouvernement a prolongé la prise en charge du chômage partiel à 100% jusqu'à la fin de l'année. Mais avec le franchissement des seuils d'alerte ces derniers jours, Paris ne pourra pas échapper bien longtemps au durcissement.

[00:13:13]

Des restrictions amenées en concertation avec le passage en zone d'alerte maximale supposera que les habitants de Paris et de la petite couronne réduisent temporairement leurs interactions sociales de manière drastique, en tout cas plus importante que ce qu'il faut d'ores et déjà. Plus de fêtes de famille. Plus de soirées. Fermeture totale des bars.

[00:13:32]

Répit de courte durée, donc, pour la capitale, dont la situation doit être réévalué d'ici lundi par les autorités. Dans le même temps, les chiffres continuent de grimper à l'échelle nationale. Plus de 12.000 cas enregistrés hier, 136 décès en moins de 24 heures. Pire, si la trajectoire de l'épidémie ne change pas, le conseil scientifique anticipe entre 3800 et 12.000 400 morts supplémentaires d'ici un mois.

[00:14:02]

Avec la crise sanitaire, la misère frappe de plus belle dans les quartiers défavorisés. Ici, à Evry, dans l'Essonne, le Secours populaire distribue chaque semaine 750 paniers aux habitants en difficulté.

[00:14:17]

C'est deux fois plus qu'avant le confinement. Cette mère de famille fait partie des nouveaux bénéficiaires depuis que son époux a perdu son emploi.

[00:14:27]

On a 7 5 ans, on a perdu des revenus parce que mon mari ne travaille pas non plus que ça m'aide beaucoup.

[00:14:37]

Dans son baromètre annuel, le Secours populaire alerte sur l'explosion des demandes pendant les mois du confinement.

[00:14:44]

Plus d'un million deux cent mille personnes ont sollicité de l'aide. Parmi eux, 45% de nouveaux bénéficiaires. Beaucoup de nouveaux visages, donc. Des étudiants, notamment, mais pas seulement.

[00:14:57]

Le Kovy a fait basculer énormément de personnes dans la pauvreté et on s'est rendu compte aussi de l'ubérisation du travail. C'était incroyable, il y a certains. Il y a certains métiers dont on ne pensait pas qu'ils seraient ubériser, mais comme les métiers liés au personnel de ménage ou des choses comme ça où ces personnes ne sont pas, n'ont pas de protection sociale et n'ont quasiment aucune protection sociale. Leur statut d'auto entrepreneur les laisse beaucoup de côté. Ces personnes là, elles arrivent chez nous.

[00:15:27]

Toujours selon l'association, un Français sur trois a subi une perte de revenu depuis mars dernier à la suite de la crise sanitaire et des restrictions laisse présager une dégradation supplémentaire des conditions de vie des plus pauvres. Sophie Fait, on voit effectivement dans le reportage de plus en plus d'indépendants qui se retrouvent en situation très précaire. C'est Anne Hidalgo, ce matin dans Le Parisien, qui disait On voit maintenant de plus en plus d'indépendants s'inscrire au RSA. C'est ce qu'on voit à Paris.

[00:15:57]

On voit aussi des jeunes qui étaient qui travaillent en freelance, en auto entrepreneur, qui lâchent leur appartement parce que le principal est le principal poste de dépense. C'est le loyer de leur appartement et qu'ils retournent chez les parents ou qu'ils retournent en province et qu'ils seront. Ça pose même un problème parce qu'ils seront au moment où on aura de la reprise. Ils seront au moment où on aura besoin d'eux, donc céder des auto entrepreneurs absolument dans tous les secteurs.

[00:16:21]

Ils peuvent être dans le développement informatique, mais aussi dans des serveurs des VTC. Il y a des, il y a des coiffeurs. Il y a vraiment tous les secteurs qui sont touchés.

[00:16:36]

Y a le baromètre du Secours populaire, qui montre que 45 des nouveaux demande à pour de nouveaux demandeurs au Secours populaire. On a eu l'impression que le chômage partiel avait protégé les revenus des Français, mais en fait, d'escapade de France, justement, des salariés qui peuvent se mettre au chômage partiel. Et puis d'autres qui coule complètement, oui.

[00:16:55]

Et puis, il y a surtout ce que François Chérèque appelait déjà le plan social invisible. Statères, c'est ce plan social qu'on ne voit pas, qui sont simplement les CDD qui s'arrêtent, les contrats d'intérim qui s'arrêtent et les gens qui arrivent sur le marché du travail et qu'on ne remplace pas. Ça représente 150 000 demandeurs dans les nouveaux. Les nouveaux inscrits à Pôle emploi, c'est ce type de contrat qui s'arrête. Ça représente 150.000 personnes par mois, alors que les plans sociaux, ce n'est que entre guillemets, 10.000 personnes.

[00:17:21]

Et il n'y a personne, personne pour les défendre et personne pour leur dire ce n'est pas fini puisque on voit bien que les embauches ralentissent. Normal, il y a des gens qui vont partir à la retraite normalement les remplace et on peut se demander dans cette conjoncture, avec cette inquiétude qui arrive si on va les remplacer. Et il y a aussi ceux dont on parlera tout à l'heure. Tous ces jeunes qui arrivent sur le marché de l'emploi.

[00:17:41]

Inquiétudes qui arrivent. Question télespectateurs, l'alerte maximale éventuellement prévue pour Paris et sa petite couronne sera t elle suivie d'un reconfirme? Karine Lacombe, sans même envisager un confinement national, est ce qu'on peut envisager un reconfirmé local? C'est ce que vivent les Madré à Madrid. Les Madrilènes ont interdiction de sortir de chez eux, sauf pour trois cas aller travailler, aller chez le médecin ou emmener les enfants à l'école.

[00:18:05]

Vous savez que le conseil scientifique, sur la base des données sanitaires, a émis un document avec quatre niveaux de mesures sanitaires et les derniers niveaux étant le confinement généralisé ou partiel, en tout cas géographique. Actuellement, il a recommandé les mesures qui sont au niveau 3, c'est à dire un peu ce dont on parle depuis tout à l'heure la fermeture des lieux de convivialité et de grande promiscuité, etc. Etc. Alors on pourrait, dans l'absolu, on pourrait dire, mais la meilleure façon de couper définitivement la courbe épidémique, comme on l'a fait en mars avril, c'est le confinement.

[00:18:36]

Franchement, je ne pense pas et je parle en mon nom. Je ne pense pas qu'il on aille jusqu'au confinement.

[00:18:43]

Je pense que ça se basculerait du niveau 3 au niveau 4. Et bien, si on se retrouve de nouveau avec l'arrivée massive de personnes malades aux urgences en réanimation et que le système de soins ne puisse pas faire face, vraiment, ce qu'il faut comprendre, c'est que ce qui est ce que l'on a vécu en mars avril, c'est un phénomène totalement inédit, c'est à dire que 100 pour cent des arrivées aux urgences étaient du Covidien. Quasi 100% des personnes en réanimation étaient du cogitent.

[00:19:10]

Actuellement, on n'est plus du tout et tout le reste, c'est vidé. Toutes les autres pathologies avaient disparu et on était arrivé à une saturation complète dans les zones où on avait le plus de monde. Le grand test à Paris saturation complète du système de soins. Actuellement, on n'en est pas là. On ne sait pas un tsunami que l'on voit arriver. C'est plutôt une espèce de marée montante, mais on ne sait pas à quel niveau la marée montante va s'arrêter.

[00:19:33]

Et surtout, le système de soins actuellement ne peut pas être consacré pour son acolyte puisque on continue d'avoir toutes les autres pathologies qui arrivent. Donc on essaie de consacrer à peu près 30%. D'où ce fameux chiffre de 30% de lits en réanimation 30% au Coville, même si on a jamais vu ça. Par exemple, dans le service où je travaille, 50% des lits sont occupés par une seule pathologie. Ça n'est jamais arrivé pour n'importe quelle autre maladie. C'est pour ça qu'on est extrêmement vigilant.

[00:20:02]

On est inquiet parce qu'on se dit si ça arrive à un moment donné, on va. On ne peut pas construire des hôpitaux, ouvrir des services particuliers parce qu'on manque de ressources humaines. Ce n'est pas tant un problème matériel, c'est un manque de ressources humaines, de ressources, de ressources non médicales, les infirmiers, les aides soignants et des ressources médicales.

[00:20:21]

Bruno Jeudy Est ce qu'on pourrait pas aussi reprocher à Olivier Véran de ne pas avoir su préparer l'hôpital, un hôpital qui souffre de sous effectifs, qui manque d'équipements et aussi de ne pas avoir mené une politique de tests très efficace qui fait qu'aujourd'hui, on se retrouve à avoir cette discussion? Est ce qu'on va doit reconfigurer la ville sur l'hôpital?

[00:20:40]

On a entendu un certain nombre de. Le chef de service d'urgence qui disent qu'effectivement, on est resté sur les 100 000 lits en dehors des lits qui peuvent être ouverts, comme cela a été le cas au printemps, mais qui ne sont pas des qui sont des lits. J'allais dire pour les urgences ultimes, ça transforme d'autres lits en librairie, mais on est à 5 000. Ça n'a pas été augmenté depuis le confinement. On peut dire peut être qu'il y a pas eu cette leçon tirer.

[00:21:07]

C'est ce que disent un certain nombre de médecins. En revanche, là où on peut vraiment s'interroger sur l'efficacité du pouvoir actuel, c'est la stratégie des tests.

[00:21:16]

Là, franchement, les Français ont compris. On le voit à travers les sondages après le fiasco des Masques. A le fiasco des tests, on a voulu faire du chiffre et ou faut sans doute une partie des gens.

[00:21:26]

On a mobilisé un système qui n'était peut être pas qu'on avait les résultats, mais on s'est retrouvé pendant une période où on avait les résultats trop tard. Ça ne sert plus à rien, ça s'améliore un peu. Il y a eu des mesures de prises, des nouveaux types de tests qui sont plus rapides. Et la situation va peut être s'améliorer dans les prochains jours. Mais c'est quand même été un ratage du mois d'août et de l'addition de certains restaurateurs.

[00:21:51]

Et là, on en paye un peu l'addition, effectivement, puisque on dépasse les fameux 30%. On en parlait. Le professeur, notamment en Ile de France, les avait dépassé Marseille. C'est pour ça que le ministre de la Santé est contraint de prendre des mesures. Il les a prises à Marseille. Il y en a eu d'autres qui ont été prises à Bordeaux et qu'il va falloir reprendre de nouvelles. En Ile de France, on verra ce qu'il se décidera.

[00:22:15]

Pourquoi? Parce que à défaut d'une stratégie. L'urgence aujourd'hui, c'est d'éviter justement embolisation, l'embouteillage complet des services d'urgence, puisque il faut accueillir le monde de la santé, l'a dit, on ne va pas rouvrir des hôpitaux.

[00:22:31]

Coville, c'est à dire on ne va pas se retrouver comme le mois de mars. On ne peut pas, comme l'objectif reste, d'éviter le confinement. Aujourd'hui, il reste deux solutions, soit le confinement deepa, mais confinement finalement de la vie sociale. On ferme un peu tout, mais on essaie de maintenir, d'aller au travail et de pouvoir se rendre au travail voir les transports en commun qui circulent. Et puis, éventuellement, ce n'est pas encore le cas.

[00:22:54]

Le confinement régional local, ça existe à Marseille, à Madrid. Peut être que dans certaines régions, si ça bouge trop, il viendra aussi.

[00:23:03]

Mais Jérôme Fourquet, ce confinement local, on a l'impression que politiquement, il est très dur à assumer. Même la maire de Paris, Anne Hidalgo, n'en veut pas. On a l'impression qu'on est dans un pays jacobin où, au fond, on accepte si c'est la même décision pour tout le monde et partout en France, de la Creuse, de Guéret à Paris en passant par Marseille. Oui, vous vous souvenez que pendant le confinement, justement, les régions qui étaient les moins touchées disaient pourquoi nous avons nous même été mis sous cocon alors que le virus ne circule pas dans notre région?

[00:23:30]

Mais il est vrai qu'aujourd'hui, on l'a vu avec le cas de Marseille. C'est très difficile à faire accepter de confinement pour deux raisons. D'une part, parce qu'encore une fois, on dit tout à l'heure les Français ont le sentiment d'avoir déjà fait beaucoup de sacrifices et beaucoup d'efforts. Certains plus que d'autres. On a vu dans votre reportage des gens ont perdu leur emploi, sont tombés dans la misère. Et puis, la deuxième raison, c'est qu'il y a aussi une forme de cacophonie entre les experts et que beaucoup de Français s'interrogent, notamment si la mesure de confinement concernait leur ville sur le bien fondé de cette mesure.

[00:24:03]

Mais sur quoi s'appuie t il pour déclarer la nécessité du confinement? Pourquoi, dans notre ville, n'est pas dans la ville d'à côté? On entend à Marseille, par exemple, mais à Paris. Finalement, les taux sont supérieurs ou identiques aux nôtres. Mais comme Paris, on n'a pas fermé, on leur donne deux jours de plus. Je ne suis pas épidémiologiste, mais je pense qu'on un week end, il n'y a pas forcément de raison pour que le taux se mettent à chuter drastiquement.

[00:24:27]

Et donc, aujourd'hui, c'est effectivement très douloureux. Il y a beaucoup de d'arguments pour s'opposer à un confinement dans sa propre ville, avec aussi. Là, on parle de l'opinion publique. Les élus locaux, on l'a vu à Marseille, qui vont, qui montent au créneau instantanément. Et avec l'idée, comme pour les restaurateurs, d'être stigmatisés en disant Nous sommes les sacrifiés, on nous montre du doigt Marseille, les mauvais élèves, les restaurateurs, les mauvais élèves et donc tout le monde, notamment du côté des élus locaux et des milieux économiques, redoutent un reconfirmer pour sa ville.

[00:25:01]

Vous souvenez de la fameuse polémique sur les cartes avec les départements en vert et en rouge? En disant on est marqué au fer rouge si on est du mauvais côté de la barrière. Et tout ça aura des conséquences dramatiques pour notre économie. Vous avez cité le cas de Madrid. Vous voyez que c'est une ville de taille importante qui est. Ça fait le tour du monde dans des endroits où l'économie marche beaucoup sur le tourisme. Et cette économie est déjà en berne.

[00:25:26]

Bien, c'est très compliqué d'accepter que sa ville, et pas la ville d'à côté, soit soit touchés. Sophie Faya L'égalité territoriale.

[00:25:33]

Mais il y a même l'égalité professionnelle. Ce matin, Philippe Etchebest il disait Mais pourquoi nous, les restaurateurs, on s'en prend à nous? L'autre jour, j'ai pris l'avion et à l'aéroport, on était là, sans masque. Alors, on aura le droit de prendre un café à l'aéroport et pas dans mon établissement, alors ça, c'est absolument insupportable pour les gens. Ils voient bien. Leur restaurant va peut être être fermé, mais il y a des gens qui organisent des fêtes pour leur anniversaire où ils sont 40 ou il y a des regroupements familiaux.

[00:25:54]

Il y a quand même des mariages qui se passent. Bon, on n'a pas envie de reporter, on a reporté un peu, on a reporté après le confinement et on le fait. Maintenant, on voit d'un côté ces rassemblements et eux qui ont déjà des règles sanitaires quand même assez assez strictes et qui les respectent en cuisine, qui sont qui risque de tout perdre parce qu'ils se sont endettés, ils ont pris le prêt garanti par l'Etat au moment où ils se disent il va falloir qu'on rembourse tout ça et donc il faut que ça continue à tourner.

[00:26:19]

Et puis, il voit aussi où on a le même phénomène dans les salles de sport. Vous avez des compétitions sportives qui continuent et des salles de sport qui ferment toutes ces injustices. Vous pouvez prendre le train dans le train. Il n'y a pas une place libre. Il y a d'autres, d'autres endroits où il faut respecter une jauge réduite. Donc tout tout ça, ça paraît long de faire de la dentelle injuste. Voilà, c'est dur de faire dans la dentelle entre les métiers, entre les territoires, etc.

[00:26:40]

Et puis, ils voient aussi quand, dans le restaurant, il faut qu'il respecte tout un tas de règles d'espacement y sorte. Il voit les bars qui sont pleins. Donc il faudrait aussi qu'il y ait un comportement, peut être un peu plus, un peu plus civique, qui est une responsabilité individuelle qui soit plus suivie. On la voit dans d'autres pays. Il y a eu un classement de l'OCDE très intéressant quand ils ont publié leurs perspectives économiques à mi septembre, où vous voyez quels sont les pays où les gens ont commencé à ressortir normalement et ceux où ils restent chez eux.

[00:27:07]

Est ce qu'on voit? C'est que la France est un des pays comme on a confiance quand même dans notre système de santé. Comme en plus, quand on va à l'hôpital ou quand on se fait soigner, ça ne coûte rien. À la fin, il ne reste rien à payer. Finalement, on a très vite repris nos habitudes. Alors que quand vous regardez des pays comme les Etats-Unis, des pays comme toute l'Asie, des pays comme le Canada, là on fait attention parce qu'on sait que même si on sortira guéri de l'hôpital, ça nous coûtera très cher le jeudi.

[00:27:31]

Sans aller jusqu'aux États-Unis ou d'autres pays, l'exemple italien est intéressant. l'Italie était le mauvais élève européen pendant la première vague. C'est devenu quasiment le meilleur élève européen sur la deuxième vague. Il faut voir ce qui s'est passé en Italie. Ça n'a rien à voir. La prise de conscience était très forte, mais il y a aussi eu. J'allais dire, la menace des amendes. En Italie, c'est 400 euros en moyenne. Ça peut monter jusqu'à 1000 euros, dont certaines dans certaines régions.

[00:27:56]

Les mesures sont beaucoup plus strictes dans les aéroports, les mesures qu'on veut aujourd'hui. Le nouveau protocole sanitaire pour les restaurants existe en Italie depuis la sortie, depuis le confinement.

[00:28:06]

Et on peut se dire que de ce point de vue là, sans doute que le confinement en France a été en partie raté.

[00:28:13]

Si on se compare aux Italiens, c'est exactement la leçon qu'on peut tirer entre les deux pays aujourd'hui. La semaine dernière, il y a eu un jour, j'ai regardé. Il y avait un peu. Il y avait autour de 1500 cas de cas positifs en Italie sur une journée, comme il y en avait 8000 en France.

[00:28:27]

Professeur Lacombe, vous écrivez Il y a plus de vigilance en Italie et c'est ce qui expliquerait que ce pays, contrairement à nous et à l'Espagne, affiche aujourd'hui de bonnes performances.

[00:28:36]

Les mesures coercitives ont été appliquées très tôt et très coercitives, comme disait monsieur, avec des amendes qui critique, qui frappent quand même par leur niveau. Et puis, je pense que les Italiens ont été extrêmement traumatisés de ce qui s'est passé dans le nord de l'Italie, en Lombardie et dans toute cette zone qui a été extrêmement touchée très tôt, avec vraiment des d'IB, des gens qui sont morts parce qu'il n'y avait pas de place dans les hôpitaux, pas de places en réanimation et ça a vraiment traumatisé la population.

[00:29:07]

Et je pense que ce traumatisme là s'est accompagné d'une d'une application très stricte. Des barrières qui ont été des mesures qui ont été promues par le gouvernement. Par exemple, les mesures dont on parlait tout à l'heure pour les restaurateurs la prise de température, l'adresse des personnes, etc. Mais tout cela a été appliqué très tôt et par exemple, les masques sont portés de façon unanime. Dans le milieu scolaire, par exemple, les écoles ont rouvert un peu plus tard que chez nous.

[00:29:37]

Vous citez le gouvernement italien, quotidien du qui a bien protégé, bien sûr, Jérôme Fourquet pour rebondir sur ce que disait Bruno sur le ratage du confinement.

[00:29:48]

Quand on interroge les Français de manière longitudinale au moment du des confinement, dans les semaines qui ont suivi, 45 des Français faisaient confiance au gouvernement pour lutter efficacement contre le virus. Dernières mesures que nous avons réalisé cette semaine, on est tombé à 35%. C'est le taux le plus bas depuis le déconfites. Il y a quand même cette idée que voilà. Il y a du t'engages, que les mesures ne sont pas bien prises, même si les Français sont conscients, en regardant ce qui se passe à l'étranger, qu'il n'y a pas de solution miracle.

[00:30:18]

Mais la confiance s'érode.

[00:30:20]

Alors depuis le début de l'épidémie, au moins un tiers des décès ont été recensés dans les EPAD. Les personnes âgées sont clairement les premières victimes de la maladie. A tel point qu'elles sont désormais très isolée du reste de la population pour les protéger au mieux. Mais cet isolement est souvent mal vécu par les seniors et leur entourage. Oui, ce sujet de Juliette Perrot et Diane Khatchkars est là.

[00:30:44]

C'est un témoignage qui avait marqué les esprits pendant le confinement, le désespoir de Jeanne, 97 ans, résidente en EPAD.

[00:30:52]

Même pas chez ma voisine. On peut même pas discuter Chuck Taburet enfermé là dedans, c'est pour une vie à 97 ans. Vous mangez plus fort? Je bosse sur mes enfants, rouspète. Je me force. A manger, oui. Jusqu'au bout des seigneurs en souffrance privés de leurs proches. Un scénario qui pourrait bien se répéter avec la reprise de l'épidémie à Nice début septembre. Les grilles des Épatent de la ville se sont de nouveau refermées pendant quelques jours.

[00:31:34]

Une décision qui a pris de court les familles des résidents qui appris ce matin à l'instant.

[00:31:40]

C'est très compliqué pour lui et pour nous. C'est simplement pour l'avoir, pour lui faire un bisou, pour qu'elle comprenne que je ne l'oublie pas. Surtout que ces personnes là ne sont pas oubliés. Voilà, c'est tout. Même si on ne peut pas les toucher, c'est très dur, relève de ce désarroi.

[00:32:00]

Sabrina d'Illyrie vit avec depuis des mois sa mère, âgée de 80 ans, résidant dans un Etat du 15e arrondissement de Paris.

[00:32:08]

C'est ma maman avant la Covidien. On pouvait encore être ensemble. S'embrasser. Savoir.

[00:32:14]

Désormais, seulement deux visites par semaine sont autorisées. Une situation insupportable, car depuis le confinement, l'état de santé de sa mère se dégrade.

[00:32:24]

A l'école, c'est un déchirement. Depuis que le confinement a été décrété, depuis le 9 mars, je suis en guerre. Je mène un combat, le combat pour ma maman, pour être à ses côtés, pour l'empêcher de couler. Je suis à la fois très en colère et désemparée. Il n'y a pas assez de gens où elle n'est pas en larmes au téléphone, en train de me dire ma chérie, tu manques. En plus, j'ai besoin de toi.

[00:32:48]

En plus, j'ai besoin d'aide quand je sais que je peux apporter sa tête et je donne des éléments de sécurité solides, sérieux et qu'on m'en empêche. Mais où est l'humanité là dedans? On est d'humanité.

[00:33:01]

Les séniors victimes de l'épidémie à plus d'un titre. Car s'ils sont certes les plus mortellement touchés par le virus, ils paient aussi au prix fort les restrictions sanitaires. Dans cette association, des retraités bénévoles reçoivent chaque jour des appels de personnes âgées en détresse.

[00:33:19]

Oui, c'est difficile, évidemment. C'est une situation très difficile pour ce jour là.

[00:33:24]

Un homme seul, en rupture familiale, qui n'a pas vu sa petite fille depuis des mois. Un sentiment d'isolement accentué par la crise.

[00:33:31]

D'un père de famille dans un climat morose et une bulle de protection créée autour des seniors, qui exaspère ces retraitées actives.

[00:33:54]

C'est ça qui était insupportable. C'est qu'on nous l'impose et qu'on nous considère pas comme des gens responsables. Il est évident qu'on n'avait pas besoin de se battre comme ça tout d'un coup marginalisé. Par exemple, j'ai un coup de téléphone, des fois du petit gars devant qui me dit Mamie, tu ne fais pas n'importe quoi à Paris. Il ne faut pas que tu meurs. Nos petits enfants ont eu peur de perdre. On a véritablement fait monter une vraie psychose sur les petits.

[00:34:21]

On ne va pas voir papi mamie parce qu'on peut les tuer.

[00:34:24]

La présidente de l'association, elle, pointe surtout un autre danger, celui de créer une fracture entre les générations.

[00:34:31]

C'est vrai qu'on a expliqué aux jeunes que toute la société entière, le monde entier, s'arrêtait pour sauver des vieux écrans depuis peu. Les vieux, pour le coup, disent Attendez les jeunes, c'est à cause de vous. Et pendant cet été, vous n'avez pas respecté les règles. C'est à cause de vous que la pandémie reprend. Donc, on est en train de monter les générations les unes contre les autres.

[00:34:52]

C'est terrible et contreproductif, selon Santé publique France. Le nombre de personnes âgées testées positives est aujourd'hui en hausse chez les 65 74 ans. Le taux d'incidence a augmenté de 6 pour cent en seulement une semaine, jeudi.

[00:35:07]

On voit bien comment cette fameuse phrase de Jean Castex sur Papi mamie, ça serait bien que vous n'allez pas chercher les enfants à l'école. Elle est mal passée. C'est vrai que pour tous ces jeunes retraités qui se voient comme aidants et leurs enfants, leurs petits enfants comme faisant du bénévolat d'un coup, on les a infantilisé et mis dans la case fardeau pour la société.

[00:35:26]

C'est vrai que dans son esprit, le premier se voulait peut être pas faire ça, mais il a créé une espèce de propos, un peu d'injonctions contradictoires. Faut vivre avec le Kovy et en même temps bon. Les 60, les 60, 70 ans. Restez, restez chez. Restez chez vous parce que c'est plus. C'est plus prudent. Les 60 70 ans, d'abord, il y en a qui travaillent. Deuxièmement, il y en a qui sont beaucoup dans des bénévoles qui font tourner quelque part ce troisième secteur français, qui est les associations, les aides diverses et variées.

[00:35:59]

Dieu sait que c'est très important dans le tissu économique, le tissu économique et social.

[00:36:04]

Et puis, j'allais dire une fois de plus, c'est la considération que la société a avec ses seniors qui est révélée par cette. Crise Les très anciens ont organisé la France autour de d'iPads, dont on voit que le manque de personnel, on les a enfermés dans ces structures où beaucoup sont morts, peut être plus de chagrin psychologique parfois connu que du vide. Et puis, il y a les jeunes vieux qui, eux, aujourd'hui, deviendraient aussi source de problèmes.

[00:36:39]

Or, jusqu'à présent, c'était aussi l'occasion de les mettre à contribution. C'est tout ça qui ce qui se mélange et qui fait que, effectivement, il y a un côté le danger, c'est ces générations. C'est ces générations qui seraient un peu montées les unes les unes contre contre les autres. Or, le leitmotiv en sortant du confinement, c'était le président de la République l'a dit il faut. Va falloir vivre avec, vivre avec le vide. On voit bien que dans les faits, c'est compliqué.

[00:37:07]

Sophie Fay C'est vrai que cette épidémie a jeté un regard cru sur les EPAD dont on s'est rendu compte que Basser devait les transformer en bunker pour éviter que l'épidémie ne s'y propage et que, comme le disait Bruno Jeudy. Du coup, on y meurt de chagrin.

[00:37:20]

Oui, il y a un phénomène qu'on voit pointer depuis le confinement, c'est une augmentation, alors c'est encore léger. C'est pas mal, c'est pas massif, mais une augmentation du nombre de ventes en viager. On voit de plus en plus de familles qui décide donc de toucher le bouquet du viager pour pouvoir, avec ce petit capital, aménager leur appartement et rester plus longtemps et avec éventuellement le revenu du viager. Rester au maximum chez. Rester au maximum chez eux.

[00:37:43]

Pouvoir s'équiper pour voir médicalisée sa maison et avoir une aide à domicile. Mais on voit bien que ça, c'est aussi une fracture nouvelle qui se crée. Parce que pour pouvoir faire ça, il faut avoir déjà être propriétaire de son bien. Il faut que vos enfants ne comptent pas dessus pour eux mêmes, pour hériter pour un tiers, pour financer leurs retraites ou leurs vieux jours. Et donc, il faut accepter de renoncer à son bien. Et donc, ce n'est pas tout le monde ne peut pas le faire, c'est seulement une une catégorie.

[00:38:09]

On voit que dans cette catégorie des personnes âgées, il y a aussi des fractures plus importantes qui de plus en plus importantes, qui se créent.

[00:38:16]

Et pourtant, professeur Lacombe n'est elle pas là? Malheureusement, la faille de cette épidémie, ce sont ces c'est la cellule familiale. C'est quand on organise l'anniversaire des réunions de famille. C'est là que se propagent les trois générations. On enlève le masque, on est en famille et le virus se propage.

[00:38:32]

C'est vrai qu'actuellement, les personnes que l'on voit arriver à l'hôpital, qui passent en réanimation et qui décèdent sont quand même très majoritairement des personnes qui ont plus de 60 ans. Et la plupart d'entre elles, grosse majorité, sont affectées par leurs enfants et par les petits enfants qui, eux, s'infectent dans les lieux de promiscuité. Et c'est un fait que c'est un tribut très lourd que payent les familles et l'école.

[00:38:56]

Vous avez vu qui, justement, pour éviter ça? Interdit d'aller chez les autres parce qu'en fait, oui, on ferme les bars et restaurants. Mais si les gens font des réunions familiales, eh ben là, là, là, l'oeil des autorités ne peut pas vérifier, ne peut pas contrôler et donc séparer. Très rude comme décision. Mais l'Ecosse a décidé de faire ça. Oui, c'est une mesure efficace, froide, mais efficace. Peut être temporairement, en tout cas pas donné de bons.

[00:39:21]

En tous les cas, oui, je cite cette phrase d'Olivier Véran. Faites gaffe chez vous, n'invite pas vos copains à faire la fête.

[00:39:28]

Ça aussi, on l'a beaucoup entendu.

[00:39:29]

Si on ferme les bars, les lieux de promiscuité, les lieux de promiscuité publics, mais aussi privés. Donc effectivement, les anniversaires avec plusieurs dizaines de personnes, les soirées même entre amis, à 15 ou 20 personnes.

[00:39:42]

Les mariages, c'est oui. C'est des lieux de promiscuité, que ce soit le public dans le privé.

[00:39:49]

Alors, à l'inverse, sont plus rarement victimes du Kovy, mais subissent de plein fouet les conséquences sociales de la crise. Il s'agit des étudiants.

[00:39:56]

Difficile de trouver un stage ou un emploi alors que le taux de chômage atteint des records. Difficile aussi de profiter pleinement de l'insouciance de la jeunesse, comme vous allez le voir dans ce reportage de Juliette Valons David Le Marchand avec Pierre Millet. Il est presque 19 heures depuis son studio d'étudiante. Claire rassure sa mère au téléphone.

[00:40:21]

A déjà lâché et oui, j'ai encore du gel, là encore, démasquent tout ce qu'il faut. T'inquiète pas. Quelle soirée! Non non plus, Zonca.

[00:40:32]

De temps en temps, de temps en temps. Ou plutôt dans quelques minutes. Claire s'apprête à accueillir sa bande d'amis de fac de droit, mais en prenant tout de même quelques précautions.

[00:40:42]

En temps normal, ce n'est pas spécialement de quel vert ressemble à quoi. Mais là, c'est vrai que le fait qu'ils soient tous différents, ça nous aide à être sûr de ne pas les mélanger parce que c'est quand même qu'on fait attention avec le collier, qu'on prend le risque, entre guillemets, de faire une petite soirée. Il faut qu'on fasse gaffe à ne pas échanger.

[00:41:02]

Alors que les bars du Havre ferme à 22 heures, c'est dans les appartements que se déroule la majorité des soirées. Tous ici sont en deuxième année de fac. La crise du Kovy a changé leur quotidien. Ils se sentent davantage stigmatisés.

[00:41:16]

Récemment, on a eu des remontrances de la part de patrons de bars nous disant que les étudiants ne respectaient pas forcément les restrictions au niveau des gestes barrières. Le port du masque a même dû rester en tête. En général, il faut savoir que ça, c'est une minorité, mais c'est la minorité qui fait parler d'elle.

[00:41:31]

Quant à ce qui fait le sel de la vie universitaire, là encore, tout a changé.

[00:41:37]

L'intégration à la fac, il n'y a pas eu les soirées d'intégration. Il y a une journée d'intégration qui était très bien organisée, avec des distances de sécurité. Le port du masque obligatoire, etc. Mais oui, ça nous laisse forcément par rapport à notre vie étudiante. Quels conseils L'IMAGINIEZ? En tout cas.

[00:41:56]

En tout, près de 8000 jeunes étudient dans cette université du Havre qui s'est adaptée à la crise et les flèches au sol pour nous indiquer dans quel sens marcher.

[00:42:06]

Pour éviter les embouteillages. Dans le club, pour éviter qu'on se croise.

[00:42:10]

Mais Claire s'inquiète. Attrapé, le virus pourrait engendrer un grand retard dans son apprentissage et la pénaliser.

[00:42:16]

Dernières années de la République. C'est là. Actuellement, on est tous en présentielle. Il y a toujours des étudiants qui se retrouvent confinés pour une ou deux semaines parce qu'ils ont été contact, parce qu'ils ont été eux mêmes porteurs du virus. C'est très compliqué pour ces étudiants là de pouvoir suivre quand même. Parce que maintenant, on est tous en présentiel. Donc, il y a plus tellement de retransmission des courses sur les plateformes.

[00:42:39]

Une génération inquiète en début d'études est directement impactée lorsqu'elles touchent à leur fin. En juin dernier, nous avions fait la connaissance de François Zam.

[00:42:49]

Le chocolat facile. Le chocolat light, contraint à 23 ans de rentrer vivre chez ses parents et qui?

[00:43:03]

Ça faisait plus de 5 ans que j'étais parti de la maison. J'ai fait un nom aux Etats-Unis. J'ai vraiment appris à vivre tout seul. Donc oui, ça faisait très longtemps que ça ne m'était pas arrivé de retourner aussi longtemps chez mes parents. C'est bien d'avoir son indépendance. J'espère que je retrouverai le plus vite possible.

[00:43:19]

Cet étudiant en patrimoine en fin de cursus devait partir en stage avant d'intégrer le monde du travail. Mais la crise a tout compliqué.

[00:43:27]

Notre établissement a finalement pris la décision d'annuler le déroulement de ces stages pour cette année. Cette décision a été prise le 18 mai 2020, donc je fais partie des principaux concernés. Ça a mis un petit coup parce que c'était vraiment. C'était vraiment plus que le stage de rêve pour moi. Depuis cinq années d'études post-bac, c'est vraiment ce vers quoi je tombais. C'était vraiment en forme d'achèvement et en même temps, ça m'aurait permis de faire un vrai bon départ dans le monde du travail.

[00:43:54]

Stage annulé pour certains et pour les plus fragiles. Une rentrée sous le signe de la précarité. De nombreux jeunes n'ont pas pu trouver de job d'été et les moins de 26 ans n'ont pas le droit au RSA. Dure pour cet étudiant de rembourser ses 12 000 de dettes liées à ses études.

[00:44:13]

A 24 ans et être obligé de faire un prêt pour rembourser un premier prêt. Oui, c'est quelque chose qui m'inquiète effectivement beaucoup pour mon avenir financier et mon avenir personnel pour aider les jeunes les plus fragilisés par la crise liée au virus.

[00:44:26]

Le gouvernement a contraint les restaurants universitaires à lancer une formule à 1 euro pour les étudiants boursiers.

[00:44:33]

Alors, question téléspectateur, pourra t on évoquer plus tard une génération Coved sacrifiée? Jérôme Fourquet.

[00:44:41]

Ce n'est pas impossible. C'est tout à fait envisageable. Tout dépend de la durée de la poursuite de cette épidémie, mais on voit déjà que les dégâts économiques sont sur. Cette génération sont importants. On est à 19 de taux de chômage sur les moins de 25 ans. En février, donc avant avant le déclenchement de l'épidémie, on est passé à 21 cent en juin. C'est deux points de plus. Mais on partait déjà d'un taux élevé. C'était au mois de juin.

[00:45:07]

Là, comme l'a montré votre reportage, tous les jobs d'été, les jobs étudiants, tourisme, restauration événementielle, tout ça a été mis, a été mis de côté. Ce qui arrive aujourd'hui sur le marché du travail vont avoir énormément de mal à trouver des emplois. Et il faut aussi penser à tous ceux, parfois, qui ont le même âge ou qui sont à peine plus âgés, qui étaient déjà en emploi. Mais il y a une vieille règle dans les entreprises c'est le dernier arrivé, premier parti.

[00:45:32]

Et donc, quand il va falloir dégraisser. Supprimer des postes, les périodes d'essai, par exemple, qui ne vont pas être reconduites, des gens qui étaient en CDD et envisager ou espérer passer en CDI, etc, etc. Donc cela fait un halo très important de jeunes qui, soit, ne vont pas pouvoir entrer sur le marché du travail, soit qui vont en sortir. On a parlé tout à l'heure du secteur de l'intérim, qui fonctionne beaucoup avec un public assez jeune.

[00:46:02]

Donc, c'est effectivement toute une, toute une génération, en tout cas une partie d'une génération qui va avoir des difficultés. On rappelle 19 de chômeurs avant le Covidien. C'était déjà structurellement compliqué en France de rentrer sur le marché du travail à l'issue de ses études. Ça va être sans doute si la situation économique et sociale se dégrade, continue à ne pas s'améliorer encore un peu plus dur. C'est sans doute aussi ce que le gouvernement a en tête et c'est pour ça qu'il hésite autant sur des mesures plus drastiques en matière de fermetures d'établissements.

[00:46:36]

Vous parlez de la restauration collective, le fameux restaurant universitaire. Un groupe comme Elior qui travaille beaucoup, soit dans la restauration collective pour les universités, soit dans des hôpitaux, soit dans des grandes entreprises. Avec le télétravail, notamment, vient d'annoncer plusieurs milliers de suppressions d'emplois dans son activité, donc céder des pans entiers comme ceux qui sont touchés.

[00:47:02]

On peut prendre aussi le cas de ce sont des boulots qui font de l'ascenseur social un soir à prendre sans diplôme et très vite, alors qu'il peut être peut être qui quand on parle d'une génération sacrifiée.

[00:47:12]

Ce qui est intéressant, c'est que ce n'est pas uniquement les jeunes les moins diplômés qui vont être les plus exposés. Ceux là vont l'être, c'est très clair. Mais prenons une ville, par exemple comme Toulouse, avec beaucoup d'écoles d'ingénieurs ou de techniciens de pilotes qui rentraient sans aucune difficulté. On manquait de bras chez Airbus ou Aérospatiale, etc. Et même des gens très bien formés vont aujourd'hui être en difficulté, ce jeune qui rentre de l'étranger ou autre. On est aussi une des illustrations.

[00:47:41]

Sophie fait sondage 81 des Français considèrent que le risque de pauvreté est plus élevé pour leurs enfants que pour eux mêmes. Ce genre de sondage est dramatique parce que quand on est pro, quand on voit que ces enfants, quand on se projette négativement, ça, ça déprime la société tout entière de se dire que la jeunesse va basculer dans la pauvreté. D'ailleurs, il y a 57 pour cent des Français qui le craignent.

[00:48:01]

Et puis, ça veut dire aussi que les gens ne vont pas dépenser parce vont. C'est cette épargne qui s'est accumulée chez ceux qui n'ont pas été les perdants du confinement. Les perdants du Covefi vont garder leur petit matelas d'épargne en se disant il faudra peut être un jour aider les enfants ou il y aura besoin. Il y a des entreprises aussi. On essaye d'organiser la solidarité intergénérationnelle chez tout un groupe M6, par exemple. Les cadres supérieurs ont décidé de renoncer à des actions gratuites pour pouvoir maintenir le programme d'embauche des jeunes Issac qui sont dans des métiers de création et que si renouvelle pas l'effectif, il risque de mettre en danger leur entreprise à terme.

[00:48:37]

Vous avez aussi en ce moment une négociation qui montre la difficulté du sujet chez EDP. Voyez les rapports de Paris. Ils savent que pendant quatre ans, le trafic aérien va être perturbé et qu'ils ne retrouveront jamais leur niveau. Ils se disent il faut autant garder les jeunes et faire partir les gens qui ont plus de 58 ans, faciliter leur départ et garder les compétences pour quand le trafic redeviendra normal qu'on ait toujours ces jeunes qu'on connaît, continuer à les faire travailler, qu'on n'est pas laissé chez eux en chômage partiel et qu'on ait continué à les former.

[00:49:09]

Mais ce n'est pas, ce n'est pas si facile. Aux 58 ans, surtout après le débat qu'on a eu sur les retraites. Maintenant, c'est à vous de partir et de laisser la place aux jeunes.

[00:49:20]

Jeudi, quand Emmanuel Macron, dit on, demande le plus grand sacrifice à notre jeunesse pour protéger les plus âgés, c'est le contraire de son ADN. On se souvient très bien quand il a été élu en 2017. D'ailleurs, on l'avait suffisamment reproché pour prendre un peu de ASIO retraités et le donner aux jeunes qui, disaient ils, vivent mal et voulaient libérer les énergies. Libérer la jeunesse? Oui, absolument.

[00:49:44]

C'était il y a front renversé, sa fameuse politique d'émancipation et effectivement, de libération des énergies. La crise a balayé une partie de ces espoirs. Et même si les résultats économiques qu'ils avaient avant le début de la crise sanitaire sont déjà très loin, et on sait que la France se dirige vers des sombres perspectives économiques. Plutôt en 2021, d'ailleurs, parce que là, on est encore un peu les effets du chômage partiel. C'est vrai que on va avoir sans doute un hiver et un printemps 2021 compliqué, mais c'est ça qui freine quand même sur ces mesures sanitaires.

[00:50:22]

En disant il pense à cette jeunesse.

[00:50:25]

Cette semaine, il y a eu un long propos sur cette question. Justement, lorsqu'il s'est exprimé devant les étudiants à Vilnius, il est revenu régulièrement. Il essaie justement et il a poussé son gouvernement à essayer d'avoir des mesures en faveur de l'apprentissage, par exemple. Ambitieuses pour que les entreprises prennent des apprentis. Parce qu'on sait que par rapport à ce que disait Jérôme, on pourrait ajouter qu'il y a eu deux stages, très peu de stages. Les entreprises ne prennent pas stagiaires.

[00:50:52]

S'il n'y a pas de stagiaires, c'est très compliqué pour les jeunes. Sur un CV, quand vous n'avez pas de stage, c'est difficile pour certains emplois. Il y a une chute du nombre d'apprentis. Ça aussi, ça va être compliqué. Donc tout ça, ce sont des mesures où même les pouvoirs publics peuvent agir et peuvent essayer de pousser les entreprises avec des aides, des aides financières.

[00:51:09]

Je pense notamment notamment aux apprentis. Mais la grande difficulté, c'est cette génération qui frappe aujourd'hui aux portes des entreprises qui sortent des écoles ou qui sort des formations et qui cherchent de l'emploi. Elle avait une partie qui disait Moi, je veux aller à l'étranger, je trouverai bien quelques valeurs. Il n'y aura pas même les diplômés. Ça va être très compliqué. Et les non-diplômés, ça va l'être encore davantage avec des taux de chômage qui ne vont pas être de l'ordre de 20.

[00:51:35]

Mais on sait déjà que dans les quartiers, les endroits les plus exposés, ça va allégrement atteindre les 25 ou 30 ou 30 ans. Donc, c'est vraiment une société qui va voir sa jeunesse sans emploi. Et ça, ça va vraiment être très compliqué pour les deux, trois années qui viennent.

[00:51:53]

Professeur Lacombe, c'est une jeunesse qui paye un très lourd tribut économique à cette épidémie et ça peut paraître d'autant plus injuste que sur le plan sanitaire, elle n'est pas touchée. Elle est symptomatique, comme on dit, asymptomatique. Néanmoins, ça ne veut pas dire que le virus ne circule pas au sein de cette jeunesse. On peut même dire que c'est le propre de la jeunesse. Et sa beauté, c'est son insouciance, mais qu'au contraire, elle circule et circule, particulièrement le virus chez ces jeunes.

[00:52:19]

Oui, on pense que, justement, c'est principalement à cause de la circulation du virus chez les plus jeunes d'entre nous en août, qu'il y a eu une reprise épidémique, comme on en voit maintenant. Fin septembre, début octobre, à la théorie selon laquelle, comme elle est asymptomatique, finalement, le virus circule moins parce que comme on est assez normal.

[00:52:39]

Non, c'est faux.

[00:52:40]

Il y a quand même un lien entre l'intensité des symptômes et la quantité de virus que l'on excréteur. Mais être asymptomatique n'empêche pas que l'on puisse contaminer ça. C'est ça, c'est sûr. Peut être qu'on contamine éventuellement moins de personnes. On contamine quand même. Et une, deux, trois personnes qui sont contaminées. On sait que elles mêmes vont contaminer une, deux ou trois personnes. Et ensuite, on a une expansion très importante de l'épidémie. Donc non, on est asymptomatique et on peut être affecté.

[00:53:10]

Les soirées étudiantes, vous les comprenez ou vous dites? C'est quand même dramatique d'un point de vue sanitaire.

[00:53:15]

Je les comprends d'un point de vue social, d'un point de vue individuel, mais on sur le site, d'un point de vue de santé publique, on aurait vraiment envie de dire écoutez vraiment limiter au maximum les rassemblements, les soirées étudiantes, porter des masques, appliquer des mesures barrières. Mais c'est difficile parce que quand on est, quand on est jeune, on sait que la jeunesse, elle, passe et on ne sait pas combien de temps vous avez réalisé.

[00:53:42]

Les exemples sur ces soirées où circule le virus circule énormément. On a beaucoup pris.

[00:53:50]

On a beaucoup. On a beaucoup pointé du doigt les universités. Beaucoup disent oui. Il faut que les universités ferme. C'est là que le virus se transmet. Il faut savoir que dans les universités, il y a une application stricte du protocole sanitaire. A l'occasion des cours, il y a déjà beaucoup de cours qui se font existentielles et les cours qui se font en présentiel. Il y a une application des gestes barrière. Problème des universités? Bien. Le problème de la jeunesse, comme on l'a vu cet été, c'est que les étudiants se rassemblent le soir, vont sortir dans des bars ou dans des fêtes privées.

[00:54:18]

Il y a eu des soirées d'intégration sauvage, alors même que les directeurs des universités avaient fortement incité à ce qu'il n'y ait pas de soirées, de soirées d'intégration. Et ces soirées d'intégration étaient source de contamination massive. Les jeunes n'ont pas été malades, mais on sait bien que les jeunes rentrent chez eux le week end. Et puis, ils voient les parents, les grands parents et actuellement, par exemple, dans le service maladies infectieuses, je travaille. Quasi toutes les personnes qui sont hospitalisées ont été infectées par leurs enfants, leurs petits enfants.

[00:54:52]

On voit bien que quand les jeunes sont affectés quelques semaines plus tard, c'est les générations suivantes qui sont infectées et qui vont arriver à l'hôpital. Donc, c'est difficile. Il faut trouver. Il faut trouver l'équilibre, le curseur et c'est compliqué.

[00:55:05]

Jérôme Fourquet. Une jeunesse qui a payé un lourd tribut économique à cette épidémie mesquine, mais qui n'est pas touchée de façon sanitaire. Est ce que ça veut dire que l'accepterai moins bien les mesures sanitaires? Tout à l'heure, vous disiez une majorité de Français acceptent les mesures sanitaires de fermeture de bars et restaurants. Est ce que c'est vrai également chez les jeunes?

[00:55:22]

C'est relativement. C'est relativement vrai également, même s'ils se sentent peut être un peu plus immunisés ou un peu plus à l'abri de risques de contamination. Mais quand on voit sur le port du masque ou autre. On est quand même. Aujourd'hui, ce n'était pas vraiment le cas. Tout au début du confinement, mais aujourd'hui, c'est relativement bien appliqué dans la vie courante. Et après, il y a les extras, ces fameuses boîtes. Mais il suffit d'avoir participé à une de ces fêtes et tout en ne s'étant bien comporté, en ayant respecté les gestes pendant toute la semaine pour être positif et éventuellement prolonger la chaîne de contamination.

[00:55:57]

C'est comme dans les mariages où il a été étudié et qui a mené cette étude que la contamination ne se faisait pas à la mairie, à l'église ou même au dîner. Mais au moment de la soirée dansante, le risque était là en fin de soirée, où les gens tombent là bas, en tous les cas dans les bars.

[00:56:14]

Jérôme Fourquet sait qu'il n'y a pas le début de cette fameuse guerre des générations qu'on redoute, qu'on redoute en disant On fait tout ça pour les seniors, alors on l'entend beaucoup.

[00:56:23]

Mais moi, je n'y crois pas vraiment parce que tout le monde a, dans son entourage, très proche des plus jeunes et des beaucoup plus âgés, et donc se dire nous sommes une génération sacrifiée. Elle s'en tient toutefois à cette génération sacrifiée. Peut être, elle va se constituer dans les têtes en disant On n'a pas d'emploi, on a fait énormément d'efforts. Mais pour les seniors, les seniors, qui sont ils? Ce sont les parents ou les grands parents de ceux qui se diront ça.

[00:56:47]

De la même manière, les seniors, on l'a vu, peuvent se dire nous, on est un peu cloîtrés chez nous, etc. Mais on est aussi très soucieux des perspectives économiques qui vont s'offrir à nos enfants nos petits enfants qui n'arrivent pas à trouver du travail. Donc, cette question de la guerre des générations, je pense qu'elle est exagérée parce qu'il y a des forces de rappel très puissantes en chacun de nous, dans toutes les familles.

[00:57:10]

Allez tout de suite, on en revient à vos questions. Pensez vous qu'avec moins de laxisme et beaucoup plus de contrôles durant l'été, nous en serions là? Le fameux exemple italien Karine Lacombe. Ah oui, je pense, bien sûr, on l'a dit très tôt, dès le mois de juillet, on a été plusieurs à signer de nombreuses tribunes.

[00:57:29]

Vous voyez, en début juillet partir en vacances en masse dans l'insouciance.

[00:57:35]

On savait que le retour de bâton serait potentiellement sévère. Voilà, on y est. La France est quand même aujourd'hui un des pays qui est montrée du doigt par ses voisins et plutôt une destination qui n'était déjà dès la fenêtre n'était pas recommandée. Oui, mais alors? En Allemagne, on pourrait, on pourrait rétorquer que dans ces pays, ce n'est pas le port du masque en Belgique, dans la rue les plus obligatoires.

[00:57:59]

Il était obligatoire jusqu'à très récemment. Attention! Personne ne comprend plus rien. Mis à part le masque et le gel, quelles sont les mesures efficaces? Karine Lacombe distanciation sociale.

[00:58:13]

Le masque, oui, le masque. Le masque est important. On va nous dire oui, mais quand on est seul dans la rue, le masque ne sert à rien. Pressé. Il faut avoir une cohérence. J'aime beaucoup, plusieurs. Plusieurs personnes ont repris l'exemple du feu rouge. Quand on est seul dans la rue, à deux heures du matin, le feu rouge ne sert à rien. Et pourtant, on s'arrête au feu rouge. Le masque dans la rue, quand on est seul, effectivement, il sert pas à grand chose.

[00:58:35]

Mais c'est une mesure qu'on applique parce qu'on ne peut pas dire à un endroit le meilleur endroit, mais pas une heure du jour. On lui donne deux jours, on ne met pas. Mettons qu'on en a des masques qu'on nous a assez reproché. En janvier, février, mars de ne pas en avoir quand même un petit peu.

[00:58:48]

Voilà la société où il y avait des rues de bascule.

[00:58:54]

Donc on y a rien compris. Donc, heureusement, le masque a été rendu obligatoire dans les espaces publics, d'abord dans les espaces clos et ensuite dans les espaces publics couverts. Voilà, il faut avoir une cohérence. On continue avec le masque, continue avec le masque. Quand on est même dans les mêmes dans les lieux privés. C'est plus compliqué au sein de la famille de porter le masque. Voilà le gel hydro alcoolique ou le savon. Il faut rappeler que le savon marche très bien, donc ça, c'est aussi important.

[00:59:20]

Et puis, la distanciation physique, voilà. On revient en fait aux mesures Berriat, qu'on préconisait déjà avant l'été.

[00:59:26]

Encore une question qui vous concerne, Karine Lacombe. Les sacrifiés ne sont ils pas les professions exposées au virus? Les soignants, par exemple, ont envie d'être doublement sacrifiés lorsque vous êtes exposés sanitaires au virus et vous êtes exposés et exposés par la fatigue, non? Exposé aux sanitaires. On a quand même plus de pénurie maintenant de matériel de protection. C'est déjà une bonne chose. Les masques et sur blouse, les charlotte, les gants, etc. Tout le matériel de protection, on l'a, donc on est.

[00:59:55]

Jeudi, je dirais. À la limite, on est quasiment pas plus exposé que toutes les personnes qui ne pressent pas de mesures de précaution. Une bonne partie, si ce n'est la majorité des cas que l'on voit dans le personnel soignant, sans évidemment dire qu'il n'y a pas de contamination nosocomiale à l'hôpital. Mais la majorité s'infecte en dehors de l'hôpital. Ça, c'est ça. C'est quand même une chose importante. Et ensuite, la deuxième chose importante, oui, c'est ça.

[01:00:24]

C'est à ça aussi qu'il faut penser quand on n'applique pas les gestes barrières qu'on a Boucaud, qu'on connaît une reprise de l'épidémie. La situation aux urgences, qui est très tendue, était déjà très tendue avant l'épidémie. Donc imaginez ce que c'est maintenant avec le stress qui s'ajoute avec la gestion de l'épidémie. Et puis oui, à l'hôpital, le personnel est fatigué.

[01:00:44]

Il y a des fonctions à recruter. Le gros problème, c'est que pendant toute la période aiguë mars avril, c'était principalement l'Ile de France Grand Ouest qui était touchée. On a eu beaucoup de renforts de province, beaucoup, et on a pu doubler, tripler, voire quadrupler les effectifs dans certains endroits. Maintenant, ça, c'est illusoire. On n'a plus personne qui vient des autres régions de France qu'on fait. Toute la France est touchée. Donc, il n'y a pas de renfort.

[01:01:09]

Ensuite, on n'a pas un vivier d'infirmières, d'aides soignants, de médecins qui est énorme pour augmenter les effectifs ou les lieux où on s'occupe du colis ou on donne des soins en général. Donc, on est obligé de faire avec les personnes qui travaillent, qui sont présents. Donc oui, on ne recrute pas et il faut savoir qu'il y a beaucoup de personnel paramédical qui a démissionné et qui a changé de métier. Donc, on a une hémorragie et il faut reformer ça.

[01:01:38]

Ça prend du temps de former des professionnels.

[01:01:40]

Encore une question pour vous, professeur Lacombe. Qu'en est il des enseignants qui, à 60 ans comme moi, doivent faire cours face à 30 élèves, voire plus? Question d'Artur le Rhône est ce que les enseignants sont particulièrement? Ce sont une profession à risque pour exposer. Au collège et au collège et au lycée, les enfants, les adolescents portent les masques. Si le port du masque est respecté, il n'y a pas plus de risques qu'ailleurs à l'école primaire.

[01:02:10]

Les enfants ne portent pas le masque. La contagiosité des enfants est un sujet qui est très débattu. Il y a des études qui disent que ce ne sont pas contagieux. Des études qui disent que même s'ils ne sont pas malades, ils sont contagieux. Pour l'instant, on n'a pas encore réussi à trancher. Voulez lire? Quel est le principe de précaution? Le principe de précaution voudrait que les enfants à l'école primaire portent le masque. On sait qu'il y a beaucoup de discussions avec les pédiatres.

[01:02:36]

Le gouvernement est pour l'instant, ce n'est pas tranché. Non, à l'hôpital, il n'y a pas plus de jurés suppléants. Non, il n'y a pas de non. Il n'y a pas d'afflux d'enseignants. Mais après, chacun a aussi des conditions physiques qui fait que ils sont à 60. En plus des facteurs de risque, évidemment, ils seront plus à risque d'arriver un jour à l'hôpital sans facteur de risque.

[01:02:56]

Sophie fait comment concilier économie et gestion de crise sanitaires? On en sait quand même beaucoup amélioré de ce point de vue là, parce qu'on voit que dans l'industrie, par exemple, à part quelques cas dans l'industrie alimentaire ou dans les abattoirs, on voit que les gestes barrières fonctionnent et quand on porte le masque, on constate bien les Minck, qu'on respecte les protocoles. Les cas de contamination sur les lieux de travail existent, mais ne sont pas des quelques cas, mais des petites lofteur.

[01:03:24]

On n'a pas le télétravail.

[01:03:27]

L'habitude, c'est ancrée ou pas, ou presque. Alors on en revient. Il faut quand même se voir pour avoir de nouvelles idées et progresser.

[01:03:34]

On est dans le réglage et on essaye de diminuer le nombre de jours à la maison, de permettre d'alléger les transports, notamment avec, en obligeant pas tout le monde à venir tous les jours en répartissant la difficulté, c'est qu'on voit que comme tout est imbriqué, mais à partir du moment où vous, vous avez moins de moins de personnes en télétravail, ben vous avez du mal, par exemple, à remettre en route votre restaurant d'entreprise qui fonctionne si tout le monde est là.

[01:03:59]

D'où les catastrophes sociales qu'on a vu chez Elior, qui est quand même en train de réduire ses effectifs de 20%. Donc, le télétravail a des conséquences en cascade sur l'environnement. C'est pareil. On voit que tous les restaurants ou les commerces qui sont proches des bureaux et des quartiers de bureaux sont en train d'aller beaucoup moins bien parce que finalement, fait plus ses courses près de chez soi que quand on est dans une économie qui est en train de se redessiner.

[01:04:28]

On ne sait pas très bien comment, puisqu'on ne sait pas quand et comment sera cet après Kovy. De quoi ce monde après Covidien? Pourquoi ne pas s'inspirer des Italiens?

[01:04:35]

Bruno Jeudy avec de fortes amendes, ce serait accepter ça.

[01:04:38]

Je crois que tout provient des conditions du déconfit immo qui ont été définies au départ et sont dites qu'au départ, je sais pas pour quelle raison. Mais on voit bien que un certain nombre de décisions ont été prises différentes de celles qui ont été choisies par les Italiens.

[01:04:54]

Et à l'arrivée, trois mois plus tard, on voit que l'Italie a plutôt réussi son confinement et semble repousser une éventuelle deuxième vague.

[01:05:03]

iRobot, je ne sais pas comment on l'appelle alors Conferences. Finalement, il est arrivé beaucoup plus tôt que prévu et dès la fin août, il y avait beaucoup de panique à bord et il y avait des tribunes qui étaient signées par des épidémiologistes.

[01:05:13]

Et là, on voit que sans doute qu'on a un peu sous estimé qu'on n'a pas assez durci certaines mesures. On est obligé de prendre maintenant, justement, d'autres mesures. Pourquoi ne pas utiliser la prise de température un peu partout aéroports, restaurants puisque les gens l'accepteraient? Est ce que c'est utile ou un Doliprane? Et hop! Ouais. Moi, je suis un peu circonspect par rapport à cette prise de température parce que, comme vous dites, on produit Doliprane.

[01:05:39]

On n'a pas de tampon, on a plus de fièvre. C'est pour ça que voilà. Mais voilà, c'est une mesure qui peut quand même permettre, dans certains cas, d'identifier la question capitale.

[01:05:48]

Pour terminer, qui demande un oui, non? Pourra t on passer Noël en famille?

[01:05:53]

Envie de dire oui, c'est dans 3 mois? Merci beaucoup.

[01:05:56]

C'est ainsi qu'il termine cette émission. Lundi, vous retrouverez Caroline Roux. Bonne soirée sur France 5. À suivre.