Happy Scribe
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Clotilde du soulier et ceci est l'épisode 164 de Change ma vie. Nier l'expérience des autres.

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Bienvenue sur Change ma vie.

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Outils pour l'esprit. Je suis Clotilde du soulier, master coach certifiée et sur ce podcast, je vous livre chaque semaine des outils précis et concrets pour comprendre les mécanismes de votre cerveau et de vos émotions et construire exactement la vie à laquelle vous aspirez.

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Cette semaine, je voudrais vous parler d'un mécanisme qui est à l'oeuvre chez chacun d'entre nous et c'est la tentation que nous avons tous de nier l'expérience des autres, donc l'expérience d'êtres humains qui sont autour de nous quand cette expérience là ne nous arrange pas. Alors de quoi je parle exactement? Notre expérience de vie en tant qu'être humain. Elle est principalement constituée par nos sensations physiques. Comment est ce qu'on se sent physiquement? Et nos ressentis émotionnels? Les émotions qu'on ressent.

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Pour ce qui est de nos sensations physiques, nos sensations physiques, elles sont créées par un certain nombre de mécanismes dans notre corps. Donc la façon dont nos sens fonctionnent dans nos sens, réagissent à différents stimuli et à un certain nombre de mécanismes de notre système nerveux qui fait qu'un certain nombre d'informations de différents endroits de notre corps remontent à notre cerveau. Et donc, on a des sensations physiques qui peuvent être des sensations physiques agréables ou désagréables, plaisantes ou douloureuses.

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C'est pour ce qui est de nos sensations physiques.

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A noter que ces mécanismes là échappent largement à notre contrôle, conscient de nos sens, et notre système nerveux fonctionne globalement d'une façon complètement automatique et inconsciente.

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S'ajoute à nos sensations physiques dans notre expérience de vie, tout ce qui relève de nos émotions et de nos ressentis émotionnels. Ça aussi, ce sont des choses qu'on ressent dans notre corps. Mais là où c'est un peu différent, c'est que nos émotions, elles, sont créées par nos pensées. Elles sont créées par les pensées qu'on a à propos de nos circonstances de vie.

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Chacun d'entre nous évolue dans sa vie, évolue dans la société, évolue dans le monde et ressent des sensations physiques et ressent des émotions qui lui sont propres et qui sont donc créées par ces différents mécanismes sensoriels nerveux et qui sont créés par son système de pensée et ses mécanismes émotionnels.

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S'ajoutent à cela une surcouche qui est constituée par les outils qu'on a ou les outils qu'on n'a pas, qui nous permettent de prendre du recul par rapport à ses ressentis physiques et émotionnels qui nous permettent de les observer et de les comprendre, de les mettre dans leur contexte et de les accueillir plutôt que de les subir. En fait, il y a une première couche qui sont nos ressentis physiques et nos ressentis émotionnels. Ça, c'est un peu ce qui se passe par défaut.

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Et puis, on peut avoir un étage au dessus qui y sont. Tous les outils qui nous permettent de comprendre l'étage d'en dessous et cela peut moduler nos ressentis physiques et nos ressentis émotionnels.

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Ce que je veux vous transmettre à travers ces précisions là, c'est que notre expérience de vie est hautement individuelle. L'expérience de vie de chacun d'entre nous est complètement unique. On a des mécanismes communs, des mécanismes communs à l'espèce humaine, au fonctionnement de l'être humain et donc pour beaucoup de ses mécanismes. Ce sont des choses qu'on explore ensemble sur Je change ma vie. Mais ensuite, dans la façon dont ces mécanismes se révèlent et dans la façon dont ces mécanismes fonctionnent, ça donne lieu à des variations individuelles multiples.

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Le problème, c'est que la plupart d'entre nous sommes conscients de ces variations individuelles multiples dans la théorie. Quand on y réfléchit, quand on réfléchit à l'histoire de chacun d'entre nous, à la façon dont fonctionnent les pensées, les émotions, le corps humain, etc. On se dit, bien sûr. Bien sûr, tous les êtres humains vivent les choses différemment. Le corps humain de chacun fonctionne différemment. On a tous un vécu différent, des émotions qui se manifestent différemment, etc.

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On se dit en théorie. On sait que c'est très individuel.

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Notre expérience de vie, mais en pratique, c'est beaucoup moins facile d'intégrer ça dans notre dans notre réflexion, en particulier quand on se trouve dans des situations où on est confronté à une autre personne, donc un autre être humain qui est en face de nous, qui exprime son expérience de vie, c'est à dire son expérience à elle, son ressenti physique, son ressenti émotionnel, la façon dont les choses se présentent pour elle et où cette expérience de vie là que cette personne nous exprime, est différente de la nôtre et que cette expérience de vie, d'une façon ou d'une autre, ne nous arrange pas.

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Ça nous arrange pas que la personne en face de nous, ce soit ça. Son expérience de vie, qu'elle nous l'exprime. Donc, je vais vous donner quelques exemples de cas de figure dans lesquels ce mécanisme, qui nous conduit à nier l'expérience de quelqu'un d'autre, peut être à l'œuvre. Pour que vous puissiez reconnaître de quelle façon est ce que vous pouvez être concerné dans certaines de vos configurations de vie? L'expérience de vie de quelqu'un d'autre, ça peut être, par exemple, celle d'un enfant en particulier, notre enfant, ou si on est un adulte qui s'occupe d'enfants, d'aucun enseignant, etc.

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Un enfant qui dit qu'il a mal quelque part ou un enfant qui exprime une émotion désagréable. Par exemple, un enfant qui dit qu'il est triste. Un enfant qui dit qu'il est déçu. Un enfant qui dit qu'il est en colère.

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Ça, ça va être un autre être humain que nous. Se sauf que c'est un enfant qui exprime un ressenti physique ou un ressenti émotionnel. On peut aussi se trouver face à un conjoint ou une conjointe qui dit, par exemple qu'il ou elle est blessée et en particulier qui peut être blessée ou contrariée par quelque chose que nous, on a dit qu'on a dit ou qu'on a fait.

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On peut avoir, par exemple, un collègue ou une collègue, quelqu'un avec qui on travaille, qui exprime son mécontentement ou sa déception, ou un jugement négatif sur une décision qui a été prise ou sur la façon dont, par exemple, une discussion a été menée ou une réunion s'est déroulée.

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Donc, on va avoir par exemple cette situation dans un cadre de travail. On peut avoir une situation dans laquelle on a en face de nous un client ou une cliente qui exprime son mécontentement ou son insatisfaction par rapport à un service ou un produit qu'on lui a fourni. On peut avoir, par exemple, un membre de notre famille qui va par exemple exprimer son désarroi ou sa détresse, ou une certaine forme d'inconfort physique. Par exemple, si on a un parent ou un oncle ou une tante qui nous dit que voilà qu'il ou elle a mal quelque part ou que telle ou telle situation, c'est vraiment compliqué, c'est difficile, etc.

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Et dernier cas de figure très important pour le sujet du jour, c'est si on se trouve face à une personne qui est un membre de la société dans laquelle on vit, mais il se trouve que c'est un membre de la société dans laquelle on vit qui a, par exemple, qui n'est pas du même genre d'identification que nous ou qui n'a pas la même couleur de peau que nous, ou qui n'a pas les mêmes aptitudes physiques ou les mêmes conditions de santé que nous, et qui exprime qu'il ou elle dans sa situation, avec sa couleur de peau, son genre d'identification ou son aptitude physique, ressent des difficultés différentes dans certaines situations ou voit les choses différemment de nous dans certaines situations et qu'il ou elle rencontre des situations qui sont problématiques.

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Dans tous ces cas de figure, que ce soit un enfant ou un conjoint, une amie ou une collègue, un client ou quelqu'un qui est membre de la société dans laquelle on vit un concitoyens et concitoyennes, vous voyez que dans tous ces cas de figure, ce qui se passe, c'est que la personne en face de nous exprime comment elle se sent émotionnellement ou physiquement. Et la façon dont elle se sent, émotionnellement ou physiquement, constitue pour elle une situation qui est problématique.

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Cette personne là exprime une expérience de vie et exprime une expérience de vie en disant Cette expérience de vie là est problématique, ne me convient pas et donc exprime cela exprime l'existence d'un problème.

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Alors là, ce qui va se passer, c'est qu'il va y avoir deux, deux possibilités pour commencer. La première possibilité, c'est que en entendant l'expérience de vie qu'exprime la personne, peut être qu'on va reconnaître cette expérience de vie. On va la comprendre. On va trouver des points de référence. On va arriver à se figurer ce que cette expérience de vie doit être pour cette personne. Et à ce moment là, on n'a pas du tout de problème.

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C'est à dire que le mécanisme dont je veux vous parler aujourd'hui ne se met pas en place. C'est à dire que on ne va pas être tenté de nier l'expérience de vie de la personne puisqu'on la comprend parfaitement puisque on l'intègre complètement. On arrive ainsi à se projeter dedans. On n'arrive pas à l'imaginer, à la comprendre et donc à ce moment là, on va pouvoir choisir. Qu'est ce qu'on fait de cette situation? Mais on ne va pas être tenté de nier l'expérience qui a été exprimée.

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Par contre, dans l'autre cas de figure, le cas de figure où l'expérience de vie telle qu'elle est exprimée par la personne, on ne la comprend pas, on ne la reconnaît pas, on n'arrive pas à se projeter. Ça ne correspond pas à notre propre expérience de vie ou à ou à ce qu'on connaît. On n'a pas de point de référence par rapport à ça. C'est là qu'il va y avoir un autre aiguillage, c'est à dire une première réaction.

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Ça va consister à se dire tiens, telle personne. Donc, mon enfant, ma collègue, mon ami, mon oncle. Cette personne avec qui j'échange exprime une expérience de vie qui ne ressemble à rien de ce que moi j'ai connu, qui est pas que moi. J'aurais imaginé dans cette situation, mais je vais opter pour l'acceptation et l'accueil de cette expérience de vie en me disant si cette personne là exprime ça, je vais considérer par défaut que c'est valide, que c'est valable comme je ne connais pas et que je ne comprends pas.

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Je vais plutôt avoir des pensées de curiosité, de connexion, d'ouverture qui vont plutôt me conduire à essayer de comprendre, de mieux comprendre quelle est la nature de cette expérience de vie et de mieux comprendre quel peut être le problème. Et à ce moment là. Là non plus, on n'a pas de problème parce que ce qui va se passer, c'est que ma curiosité, mon ouverture, mes questionnements, mon envie de comprendre l'expérience de vie de l'autre personne vont faire que, enrichie de cette compréhension, on va pouvoir ensemble regarder quel est le problème et pouvoir trouver ensemble des solutions où je vais pouvoir allier à la personne pour l'aider à trouver des solutions, mettre en place des changements, etc.

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Et donc, là non plus, on voit. Je n'ai pas nié l'expérience de vie de l'autre personne et donc je vais pouvoir me mettre en action, me mettre en soutien de cette personne pour régler ou l'aider à régler ou ou soutenir cette personne dans le règlement de son problème. Que ce soit encore une fois un enfant qui exprime quelque chose ou un collaborateur ou quelqu'un avec qui on échange dans la société.

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Là où on va avoir un vrai problème, c'est et malheureusement, c'est plutôt la majorité des situations, c'est que face à l'expérience de vie exprimée par quelqu'un d'autre, une expérience de vie qu'on ne comprend pas, qu'on ne connaît pas, qu'on ne reconnaît pas et dans laquelle on n'arrive pas à se projeter. Beaucoup d'entre nous. Par défaut, allons avoir une réaction de résistance. Une réaction de résistance qui va consister à plutôt se dire je ne pense pas que ce soit vraiment vrai.

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Je pense que cette personne là, elle l'invente ou elle exagère, ou elle raconte des histoires où elle cherche à attirer l'attention sur elle. C'est dans sa tête. Elle a toujours un problème. Il y a toujours un truc de travers. Il ou elle est pénible, il ou elle se plaint tout le temps, etc. Donc, ça va être plutôt ces pensées là qui constituent le fait de nier l'expérience de l'autre personne. Nier l'expérience de l'autre personne dans le sens du contraire, d'accueillir, d'accepter et de juger comme étant valide et valable.

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L'expérience de vie de quelqu'un d'autre étant différente de la nôtre ou en tout cas inconnu, donc différente ou inconnue pour nous.

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Et donc, en fait, cette réaction là, cette réaction de résistance, va plutôt ressembler, par exemple, à de la méfiance, à de la défiance, à la remise en cause de la mise en doute. Ça va ressembler aussi, par exemple, à de l'agacement. Ça va ressembler à de la lassitude. Ou alors ça va ressembler à de l'indifférence.

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C'est à dire? Je comprends pas. Ça ne me concerne pas. Je ne pense pas que ce soit un vrai problème. Indifférence ou du dédain ou du mépris?

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Ce que je vous demande de faire en entendant ça, c'est de vous poser vraiment la question de vous dire dans vos relations, alors que ce soit encore une fois au sein de votre famille ou dans votre cadre de travail, ou dans la société dans laquelle vous évoluez. De quelle façon est ce que quand d'autres êtres humains expriment leurs expériences de vie? De quelle façon est ce qu'il vous arrive d'avoir l'une de ces réactions de résistance? Donc, encore une fois, je change ma vie, vous le savez.

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Il ne s'agit jamais de se juger, mais il s'agit simplement de remarquer certains de ces mécanismes qui peuvent être à l'œuvre par défaut pour se donner les moyens. Si ces mécanismes là ne nous plaisent pas, ne correspondent pas à la personne qu'on a envie d'être dans nos relations, dans notre temps, dans notre société, au sens large de se donner à ce moment là les moyens de le voir venir et de le désamorcer.

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Pour faire ça, c'est important de comprendre pourquoi. Est ce qu'on peut avoir une réaction de résistance? Et pourquoi est ce qu'on peut avoir la tentation de nier l'expérience de vie qu'exprime la personne en face de nous? A mon sens, il y a trois raisons différentes. La première raison, c'est très simplement que l'expérience de vie que nous exprime cette personne, cette expérience de vie qu'on ne reconnaît pas ou qu'on ne comprend pas. En fait, quand elle nous l'exprime sacré dans notre cerveau, ce qui s'appelle une dissonance cognitive, c'est à dire que jusqu'ici, on avançait dans notre vie avec une grille de lecture, une grille d'interprétation et des croyances sur ce qui était vrai, ce qui était faux.

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Ce qui se passait dans telle ou telle situation. Donc, cette grille de lecture, on l'a tous, chacun à notre échelle, et c'est ce qui est familier. C'est ce qui est rassurant, c'est ce qu'on se raconte sur le monde et on en a beaucoup besoin pour nous donner l'impression qu'on sait à quoi s'attendre quand on a compris comment fonctionnait le monde et la société. Et on se retrouve là face à une sorte de grain de sable dans notre machine, c'est à dire que la personne qui était en face de nous nous dit en fait, pour moi, ce que toi, tu crois, qui est vrai, ce que toi, tu crois, qui est la réalité universelle des expériences des gens.

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Et bien moi, ce n'est pas ma réalité. Moi, ce n'est pas mon expérience. Là où on se trouve en dissonance cognitive, c'est que, en fait, il va falloir décider qui a raison, qui a tort. Et si on décide de croire la personne en face, ça remet en cause notre système de pensée et de croyance. Et ça, c'est très inconfortable. Et donc, notre cerveau aura toujours, par défaut la tentation de nier cette information qui est dissonante parce que c'est beaucoup plus facile de faire simplement d'élite que d'essayer de l'intégrer, de modifier notre vision du monde pour intégrer cette nouvelle information.

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Cette autre expérience de vie qui est possible dans mon entreprise, dans ma famille ou dans ma société.

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Première raison à cela, c'est la dissonance cognitive et le fait que le cerveau essaie de fuir la dissonance cognitive.

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La deuxième raison pour laquelle on est tenté de nier l'expérience des autres, c'est notre préférence pour la facilité. On aura toujours tendance à préférer la solution la plus facile dans toute situation. Et donc, quand quelqu'un d'extérieur à nous nous apporte un problème, nous apporte une situation qu'il ou elle juge problématique et nous exprime cette expérience de vie qui est problématique. Ce sera toujours beaucoup plus simple et beaucoup plus tentant pour nous de dire non, tu te trompes, il n'y a pas de problème, il n'y a pas de problème.

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C'est dans ta tête. Il n'y a pas de problème. Je ne pense pas que ce soit vraiment un problème. Et donc, retour à l'envoyeur. Il n'y a pas de problème ou ce n'est pas mon problème parce qu'à ce moment là, je n'ai pas à prendre en compte cette situation problématique. Je n'ai pas à chercher de solution. Je n'ai pas aidé la personne à chercher des solutions et ce sera toujours mon premier réflexe. Ce sera toujours. Ça ne marche pas.

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Que tu aies un problème, ça m'arrange pas que tu es mal. Ça ne marche pas que tu te sens pas bien. Ça ne marche pas, que tu trouves que cette situation là est injuste. Ça ne marche pas, que tu trouves qu'il faille changer la société ou le système. Donc ce sera toujours plus tentant de dire je pense que tu as tort et que moi, j'ai raison quand je dis qu'il n'y a pas de problème parce que comme ça, y'a pas de problèmes et on est tous là.

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C'est beaucoup plus facile pour moi et donc je peux continuer ma vie comme si de rien n'était.

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La troisième raison pour laquelle on est tenté de nier l'expérience des autres, c'est notre résistance à la prise de responsabilités. En fait, quand on a face à nous quelqu'un avec qui on est liés d'une façon ou d'une autre. Donc, si c'est mon enfant, si c'est ma collègue, si c'est mon ami, si c'est mon employé, si c'est mon client, si ses concitoyens et concitoyennes qui expriment une situation qui est problématique pour elle exprime son expérience de vie qui est problématique pour elle.

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En fait, le biais de personnalisation de mon cerveau va faire que tout de suite, je vais partir dans le sens de ce que j'ai fait pour créer ce problème, c'est à dire quelle est ma part de responsabilité dans la création de ce problème? De quelle façon est ce que moi ou mes actions, je suis responsable de l'expérience problématique de cette personne? Et pour la plupart d'entre nous, c'est ce premier réflexe qui consiste à se sentir responsable et à penser qu'on a joué un rôle d'une façon ou d'une autre dans cette expérience problématique.

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Pour la plupart d'entre nous, c'est très inconfortable parce qu'on confond responsabilité et faute ou responsabilité et culpabilité. Et que quand notre cerveau explore la façon dont on a joué un rôle dans la création de cette situation problématique, on va ressentir plutôt de la honte, de la culpabilité. On va ressentir une émotion d'obligation en se disant c'est à moi de résoudre ce problème. On va ressentir peut être du découragement en se disant c'est peut être de ma faute, mais je ne sais pas du tout comment résoudre ce problème, comment faire que ça va mieux.

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On va se sentir frustré, on va se sentir coincé. On va se sentir ambivalent. On va dire ça m'arrange pas du tout de résoudre ce problème, etc. Et donc, en fait, ce questionnement autour de quelle est ma part de responsabilité? Qu'est ce que je pourrais avoir fait qui aurait contribué à la création de cette situation problématique pour cette personne? Ce questionnement là étant inconfortable pour la plupart d'entre nous, de par les émotions que ces questions suscitent pour nous, on préfère tout nier en bloc et dire en réalité, tuez le ou la seule responsable de ta situation.

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Cette situation problématique, c'est toi qui l'invente ou c'est toi qui l'a créée. Donc, ce n'est pas mon problème. Je ne suis pas responsable.

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Je ne suis pas coupable parce que ça nous épargne des émotions désagréables qu'on pourrait ressentir dans ce questionnement, alors qu'en réalité, ce qui va être beaucoup plus favorable, ça va être d'acquérir la capacité dans une situation où quelqu'un nous amène une situation, une expérience de vie qui est problématique pour lui ou pour elle. Ça va être d'avoir la capacité de s'interroger réellement en allant au devant de ces émotions inconfortables pour pouvoir se questionner effectivement sur notre part de responsabilité. C'est à dire que si mon enfant ressent certaines émotions en tant que parent, quelle est ma responsabilité par rapport à lui dans la création de valeur, dans la création de la situation dans laquelle il se sent déçu ou en colère?

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Ou ma responsabilité vis à vis de lui pour l'aider à traverser cette situation? Pareil si j'ai un collègue ou une collègue qui me dit pendant cette réunion, ça ne m'a pas plu. Comment ça s'est passé? Parce que je trouve que la décision, la prise comme si on l'a prise comme ça, on n'a pas pu exprimer, etc. En fait, ça va être intéressant pour moi de me poser la question de quelle façon est ce que j'ai contribué à cette dynamique?

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Est ce que je suis d'accord avec elle? Ce que je suis d'accord avec lui? Qu'est ce que moi j'ai fait? Qu'est ce que j'aurais pu faire? Comment est ce que je veux aborder les choses d'une autre façon, c'est à dire que cette interrogation sur ma part de responsabilité? De quelle façon est ce que j'ai Coquerées cette expérience là? Pour cette personne va pouvoir me permettre de décider en toute liberté quelle est la part de responsabilité que j'ai envie d'endosser?

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Qu'est ce qui me paraît juste? Quelles sont les actions que j'ai envie d'entreprendre qui me paraissent justes pour faire évoluer la situation? Et de cette façon là, je vais pouvoir accueillir l'expérience de l'autre personne, me poser les bonnes questions pour pouvoir faire avancer la situation.

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Voilà les trois raisons pour lesquelles, par défaut, si on n'en a pas conscience, si on ne se questionne pas là dessus par défaut, quand quelqu'un exprime une expérience de vie différente de la nôtre et qui est une expérience de vie qui est problématique pour lui ou pour elle. Notre réaction la plus facile, ce sera de dire non. Je ne pense pas que tu aies raison. Je pense que moi, j'ai raison et je ne vois pas les choses comme toi, mais c'est moi qui ai raison.

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Alors pourquoi est ce que ce réflexe là? Pourquoi est ce que cette tentation là est problématique? La première raison pour laquelle ces problématiques, c'est que ça constitue un manque à gagner énorme dans la qualité de nos relations. Ça constitue un manque à gagner énorme en termes de connexion avec les personnes qui nous entourent, en terme de compréhension des personnes qui nous entourent et plus largement, en terme de compréhension du monde, de son fonctionnement et des êtres humains qui l'habitent.

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Parce que, bien sûr, si j'évolue dans ma vie et j'évolue dans mes relations en faisant en sorte qu'à chaque fois que quelqu'un exprime son expérience de vie qui est différente de la mienne, je nie en bloc, c'est à dire je dis non, je ne pense pas. Je pense que c'est toi. Je pense que c'est dans ta tête. Je pense que tu exagères. Je pense que tu fais des histoires et je pense que tu te trompes. Il est évident que je vais me priver de tout un tas de discussions extrêmement riches, extrêmement utiles et qui créent beaucoup de connexions entre moi et les autres personnes.

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Donc, en terme de nourriture, de relation, je vais vraiment me priver d'une qualité de relations qui pourrait faire que mon expérience de vie serait beaucoup plus riche, beaucoup plus intéressante et beaucoup plus connectée, mais également, bien sûr, dans tout ce qu'on cherche à accomplir, à accomplir ou à créer dans notre vie, en terme personnel ou en termes professionnels. Il est évident qu'une compréhension fine des autres personnes et de leur expérience de vie unique et toujours précieuse parce qu'à chaque fois qu'on veut vendre quelque chose à quelqu'un, à chaque fois qu'on veut demander quelque chose à quelqu'un, à chaque fois qu'on veut proposer quelque chose à quelqu'un, offrir quelque chose à quelqu'un.

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Si on est complètement coupé de son expérience de vie unique, on va avoir un gros problème de compréhension et de communication. Première chose manque à gagner, énorme dans la qualité de nos relations avec les autres.

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Deuxième problème si on nie l'expérience des autres, on a absolument aucune chance d'avoir un impact positif sur la situation. On n'a absolument aucune chance d'avoir un impact positif sur les gens, sur la société et sur le monde. Parce que si encore une fois, si je me coupe de l'expérience d'autres personnes qui ne me ressemblent pas, que je ne comprends pas que je ne connais pas et pour lesquelles je n'ai pas de point de référence, alors d'une part, effectivement, ma vision du monde, elle est vraiment minuscule et elle est très cloisonnée.

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Mais ça veut dire aussi que les problèmes qu'il peut y avoir dans la société, dans le monde, dans l'entreprise dans laquelle je travaille, dans ma famille, je ne vais absolument pas être en mesure de résoudre ces problèmes ou de faire évoluer les situations dans le bon sens. Ou presque. Pire, je vais parfois essayer d'impulser des changements en ayant mal compris quel était le problème, en ayant mal compris quel était le problème que je recherchais à résoudre. Parce que, justement, je n'ai pas pris le temps de vraiment comprendre qu'est ce qui était la réalité de l'expérience de vie de ces personnes là.

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Et ça, c'est quelque chose qu'on voit de façon très préjudiciable dans tout un tas d'efforts qui sont faits pour résoudre des problèmes systémiques d'injustice dans les sociétés, dans le monde, etc. Ou des personnes bien intentionnées se proposent de résoudre des problèmes sans avoir suffisamment impliqué les personnes qui sont directement concernées par le problème, sans savoir suffisamment bien compris quelles étaient leurs expériences de vie réelle et qui pensent que elles, elles comprennent mieux que les personnes qui sont directement concernées, qu'elles comprennent mieux quel est le problème et qui propose une solution qui, au final, tombe à côté.

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Parce que simplement, ce n'est pas la bonne solution. Parce que ce n'était pas le bon problème. Attention de ne pas faire ça dans vos relations et les choses sur lesquelles les situations sur lesquelles vous vous avez un pouvoir de changement. Et c'est justement sur cette idée du pouvoir que je veux insister. C'est que le fait de vous poser des questions sur votre propension ou votre tentation à nier l'expérience des autres, ça va être particulièrement important de vous poser ces questions là dans des situations dans lesquelles l'équilibre du pouvoir des pouvoirs est en votre faveur.

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Parce qu'en fait, si vous niez l'expérience de quelqu'un, mais que c'est quelqu'un qui est complètement déconnecté de vous, sur laquelle vous, vous n'avez aucune sorte de relations de pouvoir dans un sens ou dans l'autre, à la rigueur, vous n'allez pas pouvoir vous connecter. Vous n'allez pas vraiment pouvoir avoir une relation de qualité avec cette personne, mais les dommages sont assez limités. Par contre, là où ça va être vraiment important, c'est des situations dans lesquelles vous pourriez être tenté de nier l'expérience de quelqu'un sur qui vous avez une certaine forme de pouvoir.

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Ce que j'entends par là, c'est une certaine forme de pouvoir sur les circonstances auxquelles sont soumises cette autre personne. Si je suis un parent, j'ai clairement un pouvoir de contrôle et un pouvoir d'action sur les. Vie de mon enfant si je suis un employeur ou une employeur, j'ai une certaine forme de pouvoir et de contrôle sur les circonstances, c'est à dire sur l'environnement de travail et les circonstances dans lesquelles travaillent mes employés. Si je suis un médecin ou un soignant, j'ai j'exerce une certaine forme de pouvoir, une certaine forme de contrôle sur l'expérience de soins de mon patient ou de ma patiente.

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Et si je suis dans la société, quelqu'un qui est investi d'un pouvoir institutionnel, d'un pouvoir décisionnaire, d'un pouvoir législatif ou exécutif, je vais avoir techniquement très littéralement un pouvoir sur les circonstances de vie de mes administrés et des citoyens de la société dans laquelle j'ai en main ce pouvoir ou ces pouvoirs. Et c'est dans ces situations particulières dans lesquelles le pouvoir est entre mes mains, le pouvoir sur les circonstances d'autres personnes est entre mes mains. Ça va être particulièrement important d'identifier et de désamorcer ce mécanisme qui me conduit à nier l'expérience des autres parce que sans ça, je serais dans l'incapacité, dans l'exercice de mon pouvoir, d'intégrer l'expérience de vie de personnes qui sont directement concernées par l'exercice de mon pouvoir.

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Et donc, avec le pouvoir vient la responsabilité. Et donc, si j'ai un pouvoir de contrôle sur les circonstances dans lesquelles évoluent d'autres personnes, j'ai une responsabilité de même ampleur de prendre en compte quelle est leur expérience de vie dans ces circonstances. Parce que, d'une part, si il s'avère qu'il est nécessaire de changer ces circonstances pour que la situation problématique que rencontrent ces autres personnes change, pour que le problème soit résolu, je serais très probablement en meilleure position, voire je serai la seule personne à être en position de faire changer les choses dans ce sens là.

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C'est là qu'intervient ma responsabilité. Et d'autre part, c'est important de garder en tête que si je suis dans une situation dans laquelle je détiens une certaine forme de pouvoir et de contrôle sur les circonstances d'autres personnes, mais que quand ces autres personnes expriment leurs expériences de vie au sein de ces circonstances, qui est une expérience de vie problématique, qui me disent en fait les conditions que tu crées pour nous ou pour moi, ça ne me convient pas. Voilà les problèmes que je rencontre.

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Voilà de quelle façon est ce que ça ne me convient pas? C'est problématique pour telle ou telle raison, mais moi, je ferme les écoutilles que je ne veux pas le prendre en compte, que je ne dis la vérité, la véracité ou la validité de ce que j'exprime des gens. J'ai créé les conditions de la révolte parce qu aucun être humain n'accepte de rester très longtemps dans des situations dans lesquelles les circonstances ne leur conviennent pas. Les personnes qui ont un pouvoir sur ces circonstances refuse d'entendre leur opinion et le fait que ces circonstances là sont problématiques et donc n'importe quel être humain, dans ces conditions, va choisir soit de partir pour changer de circonstances, c'est à dire choisir d'autres circonstances.

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C'est comme ça qu'on perd des clients. C'est comme ça qu'on perd des conjoints.

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C'est comme ça qu'on perd des concitoyens ou alors vont se proposer de reprendre le pouvoir sur leurs circonstances et donc de se dire les personnes qui ont le pouvoir sur ces circonstances ne prennent pas en compte mon opinion. Et donc, de gré ou de force, je vais faire changer ces circonstances. C'est vraiment important de le garder en tête parce que si on veut favoriser au sein d'un système au sein duquel on détient une certaine forme de pouvoir, si on veut favoriser la collaboration, la paix, la compréhension, la connexion mutuelle.

[00:28:40]

C'est la personne qui détient le pouvoir qui doit en premier lieu s'assurer que l'expression de l'expérience des autres personnes au sein de ce système étant entendu qu'elle est comprise et qu'elle est prise en compte.

[00:28:53]

J'espère vous avoir livré des pistes de réflexion intéressantes sur la façon dont vous accueillez ou dont vous résister à l'expression de l'expérience des autres, et je vous propose simplement d'observer les fois où vous êtes tenté de nier l'expérience de vie des autres pour pouvoir vous proposer simplement de vous poser la question est ce que ça me convient de fonctionner comme ça? Et si ça ne me convient pas? De quelle façon est ce que je peux aller plus au devant de cette expérience des autres pour l'accueillir?

[00:29:22]

L'accepter? M'y intéresser, mieux.

[00:29:24]

La comprendre pour pouvoir décider comment avancer pour ne manquer aucun épisode de change.

[00:29:34]

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