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France. 9 heures 9 heures 30. Franck Ferrand raconte sur Radio. Début mars 1815, le colonel Charles Duchet de La Bédouet Hyères, qui est un officier de 28 ans. Il faut l'imaginer avec le front large, les yeux clairs. Cet officier n'a rejoint que depuis quelques jours sa nouvelle affectation à Chambery. Il est à la tête du 7e régiment de ligne. Bien, Charles prend ses marques pour lui. En tout cas, c'est ce qu'on peut supposer.

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Cette arrivé en Savoie et la perspective d'une vie un petit peu plus tranquille après des années qui ont tout de même été très intense. Les années de l'Empire, bien entendu.

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Et il a été lui, entre autres, l'aide de camp d'Eugène de Beauharnais, dont je vous parlais l'autre jour. Il a donc été aux premières loges pour assister à un certain nombre des grands évènements de la saga napoléonienne. Eugène de Beauharnais était resté fidèle à Napoléon. Vous vous rappelez bien? Charles l'a suivi, bien entendu, jusqu'après l'échec de sa dernière campagne, La campagne de France. Et maintenant, il semble que Charles doivent passer à autre chose. Bien sûr, puisque Napoléon, Napoléon est tombé.

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Maintenant, c'est le roi Louis 18 qui règne. Le petit frère de Louis, 16. Certains de ses proches se sont donnés du mal pour qu'il essaie de se ranger un peu sagement du côté de cette France de Louis 18, une France qu'il désapprouve puisque lui reste foncièrement fidèle à Napoléon. C'est Jean Tulard, dans son Dictionnaire Napoléon, qui nous dit ce représentant d'une vieille famille bretonne avait épousé Mademoiselle de Chaste élu, et sa belle famille, très légitimiste, lui avait fait avoir la croix de Saint-Louis pour le gagner à la restauration.

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On s'est dit que en lui donnant une belle médaille royale, peut être, qui se rapprocherait un petit peu du roi.

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Or, voilà que le 5 mars, une nouvelle urgente provient de Grenoble.

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Lui est à Chambery, je vous rappelle. La nouvelle arrive de Grenoble, donc une cinquantaine de kilomètres au sud. Le général Marchand, qui dirige les troupes de Grenoble, fait une révélation à peine croyable. Napoléon est de retour. Comment ça? Mais oui, Napoléon est de retour. Il a fui son île d'Elbe. Il a rejoint la côte provençale et le voilà qui maintenant remonte à grands pas. Et il est donc demandé aux troupes chambérien de venir prêter main forte à celles de Grenoble pour essayer de stopper la progression de l'ancien empereur.

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Bien sûr, Charles est un peu décontenancé, mais les impressions contradictoires qui traversent son esprit. Il aurait proposé à son supérieur d'opter pour la prudence. Peut être faudrait il attendre un peu avant d'obéir à cet ordre de venir bloquer Napoléon, mais on ne le suis pas. La troupe doit se préparer et conseiller et on s'avance déjà à travers les Alpes. Le 7 mars, Grenoble est atteinte dans la cité cernée par les hauts massifs. Cité, rendue très nerveuse par l'attente, bien entendu.

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Dans Grenoble, l'atmosphère est tendue. Le général Marchant place les renforts arrivés sur plusieurs bases voisines. Et parmi les renforts en question, ceux de Charles, bien sûr, avec des ordres clairs. l'Empereur déchu doit être arrêté. Un brigand qui remonte un sa n'est rien d'autre chez beaucoup de soldats, ça pose un problème. Cette histoire, quand même. Et Charles lui même bouillonne. Il est complètement déchiré intérieurement et malgré ses obligations personnelles et militaires, malgré ses obligations familiales, il va devoir faire un choix.

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Je cite son biographe Marcel Doerr, qui a reconstitué tous ces détails. Il raconte.

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Il réunit ses officiers, le redit que le 7e est appelé à marcher pour s'opposer au retour de l'empereur.

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Marchons nous contre lui ou marchons nous avec lui.

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Là, pour lui et pour lui, pour lui, répondent les officiers avec un enthousiasme difficile à décrire, nous dit Marcel Doerr devant ses compagnies.

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Le jeune colonel tire alors son épée et vous disait les moments où le destin bascule.

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Il tire alors son épée et s'écrie À moi, soldat du septième à moi, mes braves camarades, je vais vous montrer notre chemin en avant. Qui m'aime me suive. Et ainsi, Charles va changer brusquement de camp.

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Il conduit ces hommes pleins d'exaltation hors de Grenoble et vous avez bien compris qu'il les conduit aux côtés de Napoléon.

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Il est là pour épauler maintenant Napoléon. En le voyant partir, un de ses supérieurs essaie de le rattraper grâce à sa bonne monture. Il parvient d'ailleurs et il s'escrime à le raisonner. C'est peine perdue. Aucun discours ne fera changer Charles d'avis avec la plupart de ses hommes. Il a pris son parti et son parti à lui. C'est le parti de l'homme d'Austerlitz, de Freed Landes et de Wagram.

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Franck Ferrand, c'est raté, classique.

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Et ça y est, ça y est, voilà Charles face à Napoléon. La silhouette de Napoléon s'est alourdie, mais l'aura du personnage est intacte. Bien sûr, avec. Extraordinaire. Inutile de vous dire que Napoléon n'est pas pas peu heureux de voir son régiment venir ainsi grossir ses forces. Il sait ce que ça pourrait changer. C'est l'occasion d'une cérémonie improvisée dont on se figure la charge émotionnelle. Pour Charles, je cite encore son biographe l'empereur l'embrasse. Puis, la Bellewaerde n'ayant pas encore de cocarde tricolore, Napoléon, d'un geste souverain, ôte celle qui orne son légendaire petit chapeau et la lui remet.

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Il s'avance ensuite vers le septième de ligne qui présente les armes pendant que la musique joue La Marseillaise.

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Vous imaginez jouer La Marseillaise dans ce royaume catholique du roi Louis 18? D'une certaine façon, la vie de Charles reprend là où la défaite de l'empereur en 1814, l'avait laissé Napoléon. Fort de cet appui qui avait peut être été prévu, poursuit sa route vers le nord, le verrou de Grenoble. Vous le savez, on ne voit pas beaucoup lui résister. La situation du soutien précoce de l'abbé D'oeillères, mais ce jeune homme en position de parler directement à l'empereur, évidemment, il fait partie de ceux qui se sont personnellement ralliés à lui.

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Et il plaide notamment pour qu'on ne retombe pas dans les guerres à outrance ou dans une espèce de pouvoir excessif et funeste pour l'instant.

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De toute façon, c'est la France qu'il faut commencer par reconquérir. Après Grenoble, il y a d'autres étapes qui attendent l'homme qui revient de l'île d'Elbe. Lyon, bien sûr. Et puis, on va passer par Autun, qui rappelle des souvenirs à Napoléon. Et puis Auxerre. La progression a l'air d'être un peu peur.

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Rien ni personne ne semble pouvoir s'y opposer. Et cette progression, elle va obliger le roi à fuir les Tuileries. Louis 18 est obligé de s'en aller vers minuit, le 19 mars, et c'est l'empire qu'on restaure.

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Charles n'est pas oublié pour ses services. Il devient immédiatement général. Il est l'aide de camp, un des aides de camp de l'empereur. Et puis, on le gratifie d'un titre de pair de France, s'il vous plaît. La guerre reprend contre les alliés européens et vous connaissez la suite. Après cent jours, évidemment, le 18 juin 1815, eh bien, Charles va faire partie de ces milliers d'hommes prêts à en découdre. Prêts à en découdre face à l'ennemi.

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Dans la morne plaine de Waterloo. C'est l'Orchestre philharmonique de Berlin, sous la souveraine baguette berbérophone Karajan, qui a interprété ce troisième mouvement de la cinquième de Beethoven. Franck Ferrand sur Radio Classique et Waterlot va marquer la fin, cette fois définitive, de l'épopée de l'empereur, bien sûr, Charles de la Bédouet. Encore une fois, va se distinguer par sa loyauté et le dévouement de l'abbé Pierre ne se démentit pas, nous dit Jean Tulard, l'un des derniers sur le champ de bataille de Waterloo.

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Il regagna la Chambre des pairs pour y défendre les droits de Napoléon 2, c'est à dire du jeune fils de l'empereur vaincu. Vous savez, son plaidoyer est ardent, certes, et plein d'une probité affectée, mais n'aboutit à rien. Les alliés, de toute façon, sont tout prêts. Maintenant, ils vont faire revenir Louis 18, cette fois dans les fourgons de l'étranger, comme on disait. Et Charles, le fidèle connu de l'empereur et acteur clé du retour de celui ci, va immédiatement être désormais considéré comme comme un ennemi du régime.

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Oui, il est menacé à court terme seulement, malgré ça. En juillet, il en est encore à tergiverser, nous dit Pierre Louis Lancel, qui a préparé cette émission. D'un côté, tout le pousse à s'échapper et de l'autre, il peine cependant à tout quitter. Il s'inquiète pour sa femme, sa femme.

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C'est la discrète Georgin qui continue d'épauler son mari, malgré des désaccords politiques de plus en plus évident. Bien sûr, ils s'inquiètent aussi pour leur petit garçon, Georges, qui n'a que 8 mois. C'est son épouse, semble t il, qui va finir par plaider pour un parti ferme.

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C'est assez beau, ça. Ça pourrait presque faire une jolie tragédie. L'urgence, dit elle, c'est qu'il s'en aille. C'est qu'il traverse l'Atlantique, peut être. Et pour l'instant, c'est même la seule solution à peu près raisonnable. Alors, la mort dans l'âme? Eh bien, Charles se résout à cela. Le 12 juillet, il part avec un peu d'argent dans le sillage de troupes sommées de s'éloigner sans faire de désordre. En chemin, il est clair que bien des doutes l'assaillent.

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Sa destination devrait être un port de l'Ouest. Mais ça n'est pas si clair. Il pourrait y avoir une autre solution que cette séparation familiale, si cruelle après tout. Et vous savez, souvent, dans les destinées, après le grand choix et le grand choix de la guerre, ça a été de rallier Napoléon après le grand choix. Arrive le moment du petit choix, mais qui est parfois aussi, sinon davantage, aussi important que le premier.

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En l'occurrence, Charles va décider de, au moins de façon temporaire, de retourner à Paris auprès de Georgin. Il va se débrouiller pour avoir de faux papiers en poche. Il entend se faire passer pour un commerçant. Des vêtements civils, des lunettes vertes sont les seules précautions qu'il ait prises pour n'être pas reconnu, nous dit son biographe. Et c'est pour lui une aventure clandestine qui commence. Après tout, Charles peut estimer qu'avec un peu de temps, sa belle famille pourra faire quelque chose pour lui.

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Dans sa belle famille, chez les chastes, lui, on est très près des très proches des Bourbons. Le pari est d'autant plus téméraire qu'à peu près au même moment, le pouvoir de Louis 18 positionne Charles en deuxième. Parmi ceux qu'il promet au Conseil de guerre.

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Si jamais on peut les attraper à ce moment là, Charles se trouve en Auvergne, il est à Rouillon. Il ne se décourage pas dans son projet, va dégoter un véhicule pour repartir en arrière. Et il s'élance, si je puis dire. Sauf qu'une petite centaine de kilomètres plus tard, un problème survient. La voiture subit une avarie. Pas possible de continuer la route. Et Charles n'a pas le temps de faire les réparations nécessaires. Alors, il finit par se rabattre sur une diligence sur la ligne Clermont Paris.

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L'homme qui conduit la diligence accepte de prendre en charge le voyageur aux lunettes vertes. Charles s'assoit donc là, au milieu des gens. Il n'est pas seul dans la cabine, mais ne se méfie pas vraiment. Et pourtant, il y a là un gendarme qui n'a pas d'uniforme, mais qui possède bien toute la curiosité du gendarme. La discussion va bon train. Le proscrit donne trop d'indices, peut être sur son identité, dans une France qui est très divisée entre les bonapartistes vaincus et les partisans parfois vindicatifs des Bourbons.

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Ce n'est pas très à l'idée de parler aussi librement. Au même moment, notons le, a lieu ce qu'on appelle la terreur blanche. Toutes les forces de police sont sur les dents.

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Bref, on voit les maisons, lhabitat se faire un peu plus, un peu plus denses. On se rapproche de Paris, tout simplement. Charles est impatient. Il est très près d'Ubu et sans doute va t il se montrer inconséquent.

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Pour autant, il n'est pas inconscient. Il va quand même pas là où loge Georgin. Il se rend chez des connaissances, l'effronterie dont il sait qu'ils sont bienveillants. Ils feront ensuite le lien avec son épouse, sans trop éveiller les soupçons. En tout cas, c'est ce que lui pense Pierre de Sales. Dans Historia nous dit, Emilie de Fonderie accepte d'aller voir Georgin. Mais avant tout, elle fait promettre au général qu'il quittera Paris le plus rapidement possible pour éviter les indiscrétions.

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Dans une petite pièce séparée de la maison et donnant sur le jardin. Autre précaution, elle enferme l'abbé Pierre et emporte la clé. Ben oui, mais. Sauf que, dans le même temps, les Compagnons de la diligence ont fini par dénoncer l'homme qui, quelques mois plus tôt, avait trahi Louis 18 à Grenoble. Le manque de précautions de Charles permettent aux enquêteurs de savoir, sans trop se fatiguer où il est allé trouver refuge. Et voilà comment une escouade armée va finir par se présenter chez les fonderies.

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Sans tarder, on examine, on inspecte la maison dans chaque recoin. On peut imaginer les policiers qui ouvrent les placards, qui regardent sous les lits n'ont pour l'instant rien. Personne. Le proscrit n'est pas là et on se dit que, peut être assez miraculeusement, Charles pourrait sortir du très mauvais pas dans lequel il s'est mis lui même.

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Le grand Maurizio Pollini interprété le final de cette sonate pour piano numéro 18, La chasse de Ludwig van Beethoven. Franck Ferrand sur Radio Classique. Nous sommes donc le 2 août 1815 et on se dit que Charles va passer à travers les mailles du filet, à moins que je cite Pierre de Sales, un sbire fouineur, remarquent deux fenêtres aux volets fermés qui donnent sur le jardin. Une échelle est justement là. Le policier grimpe les échelons et frappe aux volets ouvrées au nom du roi.

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Ouvrées Baidoa.

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Yair ouvre la fenêtre et il est saisi par l'argousier, qui lui fait descendre un à un les échelons en bas de l'échelle. Plusieurs policiers entourent le général. L'annonce de l'arrestation ne tarde pas à se diffuser pour bien des royalistes avides de revanche. C'est une très belle prise. Ça doit faire date. l'Abbé Pierre ne peuvent pas être graciés. De plus, on s'interroge sur sa présence assez invraisemblable à Paris. Comment un homme tellement recherché a t il pu venir se jeter ainsi dans la gueule du loup?

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A moins que ce ne soit encore une intrigue des amis de Bonaparte, quoi qu'il en soit. Charles est jeté en prison à la Conciergerie, puis à la maison de l'A.B.I. Son procès ne va pas tarder. Évidemment, il y a quelqu'un qui, en apprenant cela, est complètement ravagé. C'est Georgin, vous imaginez? Ça faisait déjà des jours qu'elle tentait d'aller de droite et de gauche quémander un compromis pour son mari. Maintenant, il s'agit purement et simplement de sauver la tête de Charles.

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Alors elle écrit alors elle sollicite. Alors, elle tente de trouver partout des alliés et parvient ainsi à acquérir des papiers pour faciliter une éventuelle fuite de France. Fait beaucoup de démarches.

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Bien entendu, on lui apprend qu'une filière, au prix de quelques risques, pourrait faire filer Charles à l'anglaise, mais ça nécessite de graisser la patte de pas mal de monde. Soit Squatt Georgin se mette en quête de fonds et elle va récupérer de l'argent partout où elle peut. Et les intrigues avancent complexes. Par ailleurs, seulement la jeune épouse a des doutes. Elle voit bien que la machine se grippe. De toute façon, une complice dument épiées va être arrêtée.

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Charles est un symbole décidément trop important. La période est marquée par un jeu trop politique pour que Georgin et ses amis puissent faire quoi que ce soit. Et on ne peut pas dire qu'ils maîtrisent la situation. Tous les partisans de Charles de la Bédouet. Hyères, le 14 août. Le jeune général, de toute façon, est bien décidé à faire face à ses juges, sans sans défaillance et avec la manière. Pas de surprise, cependant. Peu après, la sentence tombe et elle est réaffirmée après des recours opérés dans la foulée.

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Ce sera bien entendu la mort et Georgin est dévastée. Seulement, elle se dit qu'elle peut peut être encore faire quelque chose. Elle va quand même pas en rester là. Il lui reste un recours. Le recours suprême, bien entendu. Il lui reste un recours souverain.

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Allez trouver le roi Louis, 18 ans, en personne.

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Franck Ferrand, c'est un raté christiques. Alors, étant donné les liens familiaux de Charles, le temps de son côté que de celui de sa femme. Vous imaginez bien qu'il y a pas mal de gens qui ont pris fait et cause pour lui et qui ont essayé de plaider sa cause. Bien entendu, on a approché à plusieurs reprises déjà le roi en personne. Louis 18 ne veut pas qu'on lui parle de cette affaire Georgin.

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Néanmoins, se dit elle 12, elle doit jusqu'au bout faire tout ce qu'elle peut. Bien entendu, elle n'abandonne pas. Elle sait que cette affaire divise en haut lieu et elle est totalement guidée par sa propre souffrance. Et elle se dit que peut être, après tout, l'amour peut encore déplacer des montagnes. Elle se traîna alors aux Tuileries, nous dit Pierre de Sales. Lamentable, mais acharné dans son désespoir, elle frappe pas de porte en porte, mais fut repoussé par tous.

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Elle parvint à se faufiler au pavillon de Flore, au milieu des courtisans qui attendaient le roi à sa descente de carrosse. Il arriva, marchant avec peine que le roi Louis 18 était. On l'appelait le repos d'agrès. Il était dans un état d'embonpoint tel qu'il avait le plus grand mal à se déplacer. Je continue ma citation Madame de la Bédouet tomba aux pieds du roi et cria Pitié, pitié Sire, pour les services que ma famille vous a rendus.

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Le roi se dégagea, fit deux pas et se retourna pour dire jamais un refus ne m'a tant coûté. La scène est douloureuse. Il y a des courtisans, des gens qui sont là, des personnes qui arrivent auprès de Georgin. Elle est prise d'une faiblesse. On essaie de la remettre debout. Vous avez bien compris que c'était la dernière tentative et que cette dernière tentative aura été vaine. Charles de Bédouet, hier, avait fait des choix. Il avait fait d'abord ce choix d'aller rejoindre Napoléon au moment de Grenoble.

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Et puis, il a fait ce choix un peu plus inexplicable encore. Peut être, de ne pas s'embarquer, de ne pas essayer de fuir la France à un moment. Ou peut être encore, il aurait pu sauver ça. Il aurait pu sauver sa tête. Il a fait des choix et maintenant, ses choix, il faut les payer suivant sa condamnation. Celui qui ne sera pas sauvé le 19 août dans la soirée, un peu à l'écart au sud de Paris, va être placé devant des hommes en armes.

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Il est là, Charles de la Bédouet, Hyères. Il lui faut maintenant assumer, assumer son destin. Et les coups retentissent et le corps s'écroule. Et un instant après, un prêtre de ses amis peut constater avec tristesse que la vie a quitté cet homme de 29 ans. Je sais une dernière fois Marcel Doerr. Il se pencha sur lui et, prenant un mouchoir NIMBY ba de son sang sur la poitrine du mort, était un petit portrait de Georgin qui ne le quittait jamais.

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La blanc leva un peu de sang, le tâchait. Il enleva aussi la bague contenant des cheveux de son petit Georges. Sa montre, ses cachets destinés à sa famille ou à ses amis.

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C'était une fin un peu triste, mais vous avez tout de suite retrouvé celui qui va vous remettre la joie au cœur. Il s'appelle bien sûr Christian Morin. Bonjour question.

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Bonjour, j'ai fait mon choix sur Radio Classique. J'écoute Franck Ferrand tous les matins. Mon cher Franck, on oublie. Vous venez de donner l'âge de l'abbé Pierre Momentde lorsqu'il a été fusillé 22 ans. On oublie souvent que ces hommes étaient de jeunes hommes. Mais oui, bien sûr, Napoléon, on imagine toujours l'histoire que ces gens sont âgés. Mais déjà, l'espérance de vie à l'époque était tout autre. Vous disiez tout à l'heure en début de votre émission, que souvent, les choix vous destinent à des shema à droite ou à gauche, etc.

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Je vais vous poser une question à brûle pourpoint comme ça. En tant qu'historien, est ce qu'il y a un choix d'une époque à laquelle vous auriez aimé vivre?

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Franchement, je suis un enfant du Grand Siècle. Mais s'il y a une époque où j'aimerais me promener, mais comme ce promènerait, un touriste, ce serait la belle époque. Vous savez, cette époque extraordinaire où l'on inventait le cinématographe, l'automobile, l'avion, tout ça allait être extraordinaire. Maintenant, je crois que les équipements de dentisterie à l'époque n'étaient pas très efficaces. Je préfère qu'on puisse me traiter au laser et ça, c'est plutôt au 21ème siècle. Pourquoi vous avez un rendez vous chez votre droite?

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Eventuellement non-métaux? Non. En tous les cas, je n'ai pas de dent contre vous. J'en profite pour cet enchaînement et nous aurons plaisir de vous retrouver. Bien évidemment, lundi matin, c'est avec. Tous ces progrès sont extraordinaires. L'époque de l'évolution, la révolution industrielle a été quelque chose de fantastique. Merci.