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Mathieu Noël et Ristic Émilie du Châtelet est née en 1706 à Paris et Isaac Newton, qui a déjà passé la soixantaine, n'en entendra jamais parler.

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Émilie, en revanche, va consacrer une partie de son existence à Newton, mais jusqu'à son dernier souffle. Pour comprendre comment il faut remonter à l'enfance plutôt dorée de Gabrielle Émilie, le tonnelier de Breteuil qui grandit dans une famille de la haute aristocratie française, où il reçoit une éducation identique à celle de ses frères. Avec son père Louis Nicolas de Breteuil, la jeune fille se frotte aux langues anglais, italien, mais aussi grecs et latins, à la philosophie naturelle, autrement dit la physique et des mathématiques avec sa mère.

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Elle découvre l'astronomie, la théologie et l'étiquette. Un peu de clavecin, de chant, de danse et d'équitation. Et voilà qu'à 16 ans, Émilie est parfaitement mûre pour rentrer dans le grand monde à Versailles, en pleine régence, où son père, qui occupe le poste de introducteur des ambassadeurs étrangers, a toutes ses entrées. Le siècle des Lumières commence, les mœurs se libèrent. La cour est joyeuse et animée au gré des débats enflammés qui agitent tout ce que la France et l'Europe compte de beaux esprits.

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Émilie se sent comme un poisson dans l'eau. Émilie ou madame du Châtelet, comme il faut l'appeler désormais depuis son mariage à 19 ans, avec un homme qui en a 40. Le marquis du Châtelet, grand militaire devant l'Éternel. Celui ci comprend vite que sa femme est bien plus intelligente que lui et qu'elle a le goût des plaisirs.

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Mais le marquis a l'esprit large. Le couple s'entendent à merveille pour vivre une existence relâchée où l'infidélité est admise. Pendant que monsieur visite ses forteresses, madame profite de sa jeunesse. Charmeuse, vive et taquine, elle est toujours prête à courir les salons ou les auberges, un peu canaille où elle peut jouer aux cartes toute la nuit. Ça ne lui vaut évidemment pas que des amis, Madame du Défens, l'une des plus belles langue de vipère de son époque.

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Un peu de mal. Avec ce succès, elle écrit Représenter vous, une femme grande et sèche, sans cul, sans hanches, la poitrine étroite, de grosses jambes, des pieds énormes, le visage et vue de nez pointu, le teint noir, la bouche plate, les dents clairsemées, extrêmement gâtées. Sympa, ces vachard salissait enfant préféré. Et surtout, je vais vous dire Mathieu. Moi, c'est faux. Duchatelet séduit par son esprit, mais c'est aussi une femme séduisante, bien loin de ses minables portraits, jaloux parmi ses amants.

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Un nom va changer sa vie, celui du philosophe Voltaire, dont elle sera durant quinze ans la compagne. Une rencontre qui va changer son nom. Lui l'appelle Madame Ponpon Newton, faisant référence à la fois sa coquetterie. Certains ont osé avancer que chou un peu trop maquillé. Vous savez ce que vous dénoncez?

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Les langues de vipères, mais vous en rajouter une couche derrière de. C'est le contrat qui nous lie. Et sans génie mathématique. Voyez les deux, Madame Ponpon. C'est parce qu'on se pomponne. Et madame Newton parce qu'elle avait la fibre mathématique. Leur correspondance ne laisse pas grande place à l'imagination quant à la nature volcanique de leur liaison. Mais leur histoire va bien au delà. Et pour cela, il faut bien un petit coup de pouce du destin. Lorsque les deux se rencontrent en 1733, ça chauffe pour l'écrivain, dont les lettres philosophiques n'ont pas franchement plu au roi Louis 15.

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Pour échapper à la police du roi, Voltaire se réfugie sur les terres d'Émilie, dans son château de Cirey, aux frontières de la Champagne. En 1735, Emilie quitte la vie parisienne pour le rejoindre. Pendant plus de dix ans, il y mène une vie de plaisirs, mais aussi de science et d'études. On installe un laboratoire au château et Madame du Châtelet y multiplie les expériences. Quand elle n'écrit pas à tout ce que l'Europe compte de mathématiciens, de savants, de physiciens Maupertuis, Réaumur, Bernoulli, Buffon, de lettre en lettres, son influence progresse à vue d'œil.

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D'autant qu'elle intervient dans un des grands débats de l'époque, celui entre Leibniz et Newton.

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La question est celle de la nature de l'énergie cinétique, qu'on appelle alors la force vive en lâchant des billes de plomb dans de l'argile molle. Depuis les étages de son château, Emily démontre que Leibnitz a vu juste le livre qu'elle écrit en 1740. Les institutions de physique restent l'une des présentations les plus claires de la pensée de Leibniz. Voyez vous, je fais une incise. J'ai jamais rien compris à Leibniz, mais L'Hermitte vu par madame du Châtelet, ça, c'est beaucoup plus sain.

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C'est comme la théorie de l'attraction universelle vue par Jamy Gourmaud. Actuellement, c'était elle défrichée, les pensées des grands de cette époque. Émilie du Châtelet se lance aussi dans une véritable petite guerre de tranchées autour de la théorie des forces motrices. Dans un long, ça doit vous plaire, vous qui êtes. Je me vois dans un long débat avec le secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, de retour de. Celui ci n'apprécie pas vraiment qu'une femme estime qu'il se trompe.

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Démonstration à l'appui, la guéguerre dure deux ans. Mais en 1742, madame du Châtelet a convaincu les grands mathématiciens du temps d'écrire. Je ne suis pas secrétaire de l'Académie, mais j'ai raison et cela vaut tous les titres de cette voix. Paimbœuf Je ne sais pas. J'ai voulu imaginer comme ça.

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J'essaie de mettre un peu d'animation dans les récits. Oui, mais vous auriez pu lui faire une voix sexy à la Sharon Stone d'un Basic Instinct Crazy. Je ne suis pas une secrétaire de l'Académie, mais j'ai raison. Ça vaut tous les titres. Là, on dirait Pretty Woman. Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha!

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Quatre ans plus tard, en 17h46, elle était membre de l'Académie des sciences de Bologne, la seule d'Europe ouverte aux femmes. Deux ans plus tard, son nom est connue et reconnue dans toute l'Europe et chacun sait qu'elle s'est lancée dans sa grande œuvre. La traduction en français des principes mathématiques de Newton qui, je le rappelle. Pour les connaisseurs, avait été en latin. C'est là un authentique défi. Le latin et la pensée de Newton sont complexes. Il faut adapter des concepts mathématiques qui ont vieilli et transposer l'ancien langage géométrique du savant anglais dans un nouveau système, celui de Leibniz.

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Emily avance avec acharnement, ne dormant que quelques heures par nuit. Les seuls écarts qu'elle s'autorise encore une fois sont ceux de l'amour. A 40 ans, elle se prend de passion pour le jeune d'Alembert, gloire montante des mathématiques française. Elle tombe amoureuse. Elle en tombe aussi enceinte. Et ça, malheureusement, ça doit lui coûter la vie, comme beaucoup de femmes à son époque. Comme si elle avait senti le danger. Émilie du Châtelet passe sa grossesse à Lunéville, où elle travaille avec acharnement sur sa traduction, l'une des seules activités professionnelles ouvertes aux femmes à cette époque.

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Le 9 septembre 1749, deux jours après avoir difficilement accouché d'une petite fille, Emilie boucle enfin sa traduction en présence de d'Alembert et de Voltaire, qui sont tous les deux rendus à son chevet, alors que le manuscrit part aussitôt pour la bibliothèque du roi pour être conservé et archivé. Émilie du Châtelet meurt au matin du 10 septembre, quelques mois avant cette petite fille qui ne lui survivra pas. Voltaire en est brisé au point de partir pour la cour du roi Frédéric de Prusse pour tenter de faire son deuil.

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Dix ans plus tard, sa ténacité permettra de faire publier la traduction de l'amour de sa vie. Traduction qui restera comme la référence pendant au moins deux bons siècles. d'Alembert, lui aussi, rendra hommage à un hommage appuyé au génie de madame du Châtelet lorsqu'il accompagnera Diderot dans la grande aventure de l'Encyclopédie. L'un et l'autre avaient bien pris toute la mesure d'Émilie du Châtelet. Madame Ponpon Newton était tout simplement la première grande mathématicienne physicienne française, retint historiquement votre.