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La seconde, c'est Christophe Hondelatte Je vous raconte une histoire de médecin légiste que je tire du livre du docteur Michel Panés, médecin légiste à Poitiers. Autre chronique d'un médecin légiste chez Pocket. Il y est question d'un simplet qui, dans son village, fait la chasse aux mobylettes à coups de batte de baseball et meurt. Qui l'a tué? C'est le médecin légiste qui va permettre de résoudre l'énigme. Je l'ai écrite avec Nicolas Loupian, la réalisation de Céline Lebrun.

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Repin, Christophe Hondelatte. Grébert et le simplet du village, il ne supporte pas le bruit des mobylettes, ça lui vrille les oreilles, surtout le soir, quand les jeunes s'amusent à lancer leurs engins pétaradants en haut de la côte, sur la départementale qui sert de rue principale au village. Et lui, il habite pile au milieu. Alors, il a décidé de les chasser. Il se poste devant sa maison, un peu en retrait. On ne peut pas le voir.

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Il n'y a pas de lampadaire. Et quand le bruit est presqu'à sa hauteur, il bondit avec une batte de baseball à la main et la balance de toutes ses forces dans le vide.

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Raté. Et il entend la mobylette qui va s'essouffler dans la remontée et il lui arrive aussi de faire ça en plein jour. Et les mômes sur leur engin? Ça les amuse, évidemment. Ça pimente leur jeu. A l'approche de chez lui, il recouche sur le guidon et ils font juste un petit écart. Ça suffit. Le pauvre Robert, avec son manche en bois, est bien trop lourd pour eux, surtout qu'il opère rarement à jour. Et la précision du geste d'un mec bourré étant ce qu'elle est en général.

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Quand il abat son arme, les petits gars sont déjà loin et goguenard. Il entend leur rire plusieurs fois. Les gens du village sont venus lui dire. Moi n'est pas bien Saint-Robert, ce que tu fais. Faut pas faire ça. Il s'en fout, il continue. Un jour, il en aura. Je l'aurai, je l'aurai.

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Et puis, un soir de novembre, un voisin découvre le pauvre Robert, couché dans le fossé et inconscient, et il appelle les pompiers.

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C'est bon, c'est bon, il respire encore. On l'évacuer vers l'hôpital, allez, on le met sur un brancard.

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3.

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Le diagnostic tombe à l'arrivée aux urgences. Coma profond et tension très faible. Il faut le transporteur neurochirurgiens de Poitiers. Mais le temps de préparer l'ambulance et le pauvre Robert décède et c'est finalement dans un fourgon mortuaire qu'il arrive au CHU. Direction les frigos de la morgue. Le parquet a ordonné une autopsie.

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C'est le patron, le docteur Michel Sapin, qui s'y colle quand il entre dans la salle d'autopsie, les gendarmes chargés de l'enquête sont déjà là. Et oui, ça, vous l'ignorez peut être, mais les enquêteurs, qu'ils soient policiers ou gendarmes, assistent toujours à l'autopsie. Il y en a qui se mettent du coton dans le nez avec une goutte de monte pour l'odeur et d'autres, surtout au début, qui tournent de l'œil au milieu du démontage. Mais ils n'ont pas le choix.

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Ils doivent rester jusqu'au bout. C'est le métier et leur premier boulot, c'est de briefer le légiste. Bon docteur, on a là un individu qui faisait la chasse aux mobylettes devant chez lui. C'est un homme un peu diminué intellectuellement et donc honnête sur deux hypothèses soit il a été percuté par une voiture, soit un garde mobylette lui a régler son compte. Nous, on penche plutôt pour la dernière hypothèse, mais bon. Nous les. Les gendarmes lui remettent le certificat de décès rédigé par les urgences.

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Vraisemblablement un traumatisme crânien et une hémorragie méningée. Bon, très bien vous l'amenaient au scanner, orienter le corps revient du scanner dans son grand sac plastique.

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Verdict pas de fracture, aucune, et pas non plus d'hémorragie cérébrale. C'est étonnant, ça, mais une grande quantité de liquide autour des intestins. Le corps est déballé de son sac. Il est posé sur la table d'autopsie. Les déshabillés, le docteur Satanées le balaie du regard. Centimètre par centimètre. Rien. Pas d'hématomes, pas de traces de coups. Juste un petit frottement sur le front. Et un autre, un peu plus marqué sous le sternum.

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Une trace de frottement d'environ 8 cm avec un départ très net à gauche avant de filer vers la droite. Ça ressemble pas du tout à un choc avec une voiture, ça. Et bon non plus, un passage à tabac. Et après ma foi, le docteur Satanées se lance d'une manière assez classique. Il pratique une grande incision au scalpel, du pubis jusqu'au menton, et il a à peine ouvert la paroi abdominale qu'un flot de sang jaillit au moins un litre et demi d'hémoglobine aromatisé d'alcool.

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Oui, le docteur Satanées est du genre qui regarde et qui s'en est bien. Maintenant, on sait de quoi il est mort. Le pauvre compère. C'est une hémorragie abdominale colossale. Il y a deux organes qui provoquent ce genre d'hémorragie le foie et la rate, à cause de la trace de frottement sur le sternum. Ça, panées pense tout de suite à un éclatement du foie. Et pour vérifier, il faut commencer par vider l'abdomen de tout son sang.

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Mais là, il faut être patient. Parce qu'avant, il y avait des suceuse, comme on dit, avec un tuyau de gros diamètre. Elle était capable d'avaler 5 litres de sang en 30 secondes. Mais maintenant, les chirurgiens, ceux qui s'occupent des vivants, les ont fait remplacer par des petites machines avec de tout petits tuyaux qui se bouchent tout le temps avec les caillots. Ça prend 3 plombes, ça. Panées leur tordre le cou. Mais c'est comme ça quand le pompage est terminé.

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Le docteur pratique un grand lavage à l'eau claire. Et puis, il se penche sur le foie intact. Mauvaise pioche. Alors, c'est la rate, peut être. Il glisse ses mains sous les intestins. Il les soulève et il regarde. La rate est entière. Massala. Et pourtant, ce type a saigné. Il va donc falloir inspecter tous les vaisseaux sanguins, tous ceux qui irriguent les organes du corps. Il doit y avoir une plaie quelque part ou une rupture.

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Ben. Va falloir que je pratique un grand légalement euro Repetto à mes d'alias, ça, je vous le dis tout de suite. Repetto a mis d'Alien. Ça n'est pas une expression qui sort d'un manuel de médecine légale. C'est une expression personnelle du docteur Panet, très imagé, mais efficace. Il s'agit de tout retirer d'un bloc, tout le monde, tous les organes connectés les uns aux autres. D'ailleurs, houpette, donc, du sexe jusqu'aux amygdales et surtout, sans sectionner les vaisseaux qui relient les organes.

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Sinon, impossible de trouver la fuite.

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Alors, il commence par découper les côtes au sécateur.

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Et puis, il part de la langue. Il la crochète, il l'a fait ressortir sous le menton et ensuite, il part derrière les Ofaj aura des vertèbres. Il tire doucement et tout l'intérieur du cou se décolle. Et ensuite, il soulève les organes de la poitrine, le cœur, les poumons.

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Pour donner un coup de main, tenez moi ça! Il a des assistants. Heureusement, parce que c'est lourd tout ça, il sectionne le diaphragme. Il passe derrière les reins. Il faut faire attention aux intestins. Ils n'ont qu'une seule idée de s'échapper façon boule pour Faut pas traîner. C'est vraiment lourd. Il glissait main jusqu'aux dernières vertèbres lombaires. Il décoles la vessie, puis l'anus. Et là, un petit coup de scalpel. Essayez tout. Le bloc est libre.

[00:09:13]

Il le dépose sur un brancard, sur sa face ventrale.

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Le docteur Chabanais ouvre ensuite la boîte crânienne. Il en sort le cerveau indemne. Pas de trauma crânien. Bon, eh bien maintenant, il va se concentrer sur son tas de viscères. Les carotides du cou sont intactes, la partie thoracique de l'aorte aussi. Il ouvre l'artère. Il la remonte. Trouverions. Il n'y a pas de play off Terreal. Et donc, il repart du haut. Et cette fois, il suit le réseau des Fenn jusqu'à la veine cave.

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Et il avance. Et là, il arrive au vin sus hépatiques qui viennent du foie. Et puis la veine pancréatiques. Stop, stop! J'ai trouvé. Lavaine pancréatique est totalement déchiré et le pancréas coupé en deux. Bon bah, maintenant, je sais de quoi il est mort regard déchirure du pancréas, ça colle avec la trace relevée sur le plexus. Il a fallu y aller. Il a fallu un choc d'une très grande violence. A votre avis, est ce que ça collerait avec un guidon de mobylette?

[00:10:38]

Oui, c'est fort possible. Dans la foulée, les gendarmes lancent une opération de contrôle de tous les deux rues du village. Ça ne donne rien. Et puis, dans les environs, ils apprennent qu'un jeune a fait réparer le guidon, le guidon Phocée de son cyclo. Alors ils vont le voir. Un soir, je traversé le bourg avec mon scoot. Un budget de quelque chose avec le côté droit de mon guidon. Il faisait complètement noir quand je pas vu ce que c'était.

[00:11:15]

Ça m'a déstabilisée. Je suis porté en zigzag comme ça sur la route. J'ai bien failli, mais heureusement, j'ai réussi à me rattraper.

[00:11:28]

Quelque chose qui l'a heurté, c'était Robert. Il était plus beau que d'habitude quand il est sorti de son recoin. Il a trop avancé sur la route. Il n'a pas eu le temps de lever, s'abatte. Le choc l'a envoyé au fossé. C'était un accident et le procureur peut refermer le dossier. Grâce au docteur Satanées. Alors, Michel Sapin n'est dans cette première histoire, ce qui saute aux yeux, c'est qu'au moment où vous arrivez, les gendarmes ont déjà un scénario.

[00:12:05]

En vérité, ils pensent à un meurtre provoqué par les jeunes du village à l'encontre de ce gars qui les provoque régulièrement. Un scénario qui s'impose. C'est presque toujours le cas. Non, pas à ce point là, on va dire. On a souvent des éléments d'orientation, d'enquête. C'est rare qu'ils partent directement sur une hypothèse qui soit démentie après. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si on n'écoute pas les enquêteurs, on se prive de tout un tas d'informations.

[00:12:35]

Alors j'ai dit on ne peut pas leur dire taisez vous. Je veux, je veux démarrer. Vierge?

[00:12:38]

Ah ben non. Surtout pas parce que c'était un peu le souhait d'un ancien procureur général de la Cour d'appel de Poitiers qui, à une époque, me disait Vous savez, docteur, mon rêve, c'est qu'on vous donne le corps, on vous donne aucun renseignement et vous trouvez les causes et les circonstances de la mort. Et après dix secondes de réflexion, je vous le dis. Mais monsieur le procureur, c'est une très bonne idée. Et quand vous irez voir votre médecin, vous vous allongerait sur le divan d'examen et surtout, vous lui dirais bien je ne vais rien vous dire.

[00:13:10]

Vous allez voir après comment vous allez être soigné. C'est un peu la même chose.

[00:13:14]

Donc, les hypothèses, ça rend souvent service quand même? Tout à fait. Mais il faut garder des contrepied possibles, c'est à dire se dire on vous dit c'est une agression, ça peut être autre chose, un accident, un suicide ou même éventuellement l'inverse.

[00:13:30]

J'ai évidemment des tas de questions à vous poser qui sont pour démarrer cette série, puisqu'on va se retrouver toute cette semaine avec des histoires de médecine légale qui sont assez générales sur le métier. Est ce qu'après la mort de quelqu'un, lorsqu'on ne sait pas de toute évidence de quoi il est mort, l'autopsie est systématique. Alors pas du tout.

[00:13:51]

Le fait de pas connaître les causes de la mort n'impose pas une autopsie. Simplement, le médecin qui va constater le décès devrait normalement cocher une petite case qui s'appelle obstacle médico légal.

[00:14:08]

Ce qui va déclencher tout un tas d'interventions et en particulier celle de la justice.

[00:14:13]

C'est le médecin qui constate la mort qui dit Je pense que s'il ne dit pas, je pense que ça mérite une autopsie. 99% du temps. Obsèques? Oui, c'est fini. Oui, c'est fini. De temps en temps, on va enterrer les victimes d'un meurtre. Ouais, donc, il y a un premier filtre. C'est le rôle du médecin qui constate le décès. Alors, lui va beaucoup travailler avec les connaissances qu'il a du patient, c'est à dire qu'il y a deux circonstances en gros.

[00:14:39]

Soit c'est quelqu'un qu'il connaît parfaitement et donc il est au courant des pathologies, auquel cas c'est un ancien cardiaque qui a eu un infarctus, qui est rendu en insuffisance cardiaque majeure et qui va décéder à domicile. Ça va pas être une mort surprenante. Il y a aucune raison de mettre Nersac médico légale, sauf si des traces de violence. Est ce qu'on peut avoir un infarctus ancien et être victime d'une agression? Ça n'empêche pas qu'il y a un tri ici.

[00:15:06]

Alors après, il y a des circonstances où, de toute évidence, il faut quand même aller plus loin. Il y a la mort brutale de l'adulte jeune, en bonne santé, alors jeune. À une époque, c'était jusqu'à 50 ans. Maintenant, on considère que quelqu'un qui n'a pas de pathologie particulière qui puisse expliquer le décès quand il a une mort subite, jusqu'à 65, 70, voire plus année, ça devient potentiellement suspect.

[00:15:31]

Donc, quelqu'un, par exemple, qui n'aurait pas de pathologie cardiaque, repéré par son médecin qui meurt subitement dans la rue, comme ça, on va ordonner une expertise médico légale. Oui, on devrait ordonner une expertise. Devrait on le fait pas toujours. Alors il y a des recommandations européennes. Ça a été rappelé par le Conseil de l'Ordre des médecins. En France, ça date de 1999 et il y a tout un tas de circonstances où on doit déclencher l'enquête.

[00:16:02]

L'ouverture à l'autopsie complète l'ouverture du corps est systématique. Pas du tout.

[00:16:10]

Et là, il faut différencier deux choses.

[00:16:16]

Tout dépend des moyens qu'on va engager. Parce que dans beaucoup de cas, on pourrait se dispenser de l'ouverture comme ce que font certaines écoles en Suisse, où ils ont une démarche de diagnostic qui fait appel à l'imagerie. Le scanner médical, pas le scanner. Il y a le scanner. Il y a les artères biographie post-mortem, c'est à dire injecter des produits de contraste dans les vaisseaux et lalière même plus un examen externe attentif avec cet ensemble là. On peut considérer qu'on pourrait se dispenser d'ouvrir.

[00:16:54]

Moms 80, voire 90 décor, mais en pratique bien en France qu'en pratique en France.

[00:17:00]

Alors d'abord, il y a un problème d'accessibilité à ces outils, c'est à dire que tout le monde n'a pas la possibilité d'avoir un scanner post mortem, encore moins une IRM quand il vous faut 3 mois de délais pour avoir une IRM du genou. Il est évident qu'avoir une IRM corps entier.

[00:17:19]

Bon, nous, on les a 24 heures, donc on a beaucoup de chance en pratique sur la masse des corps que vous recevez expertisés.

[00:17:28]

Quelle est la part que vous j'ouvrais en 2019 pour 500 corps, 5 520 dossiers? On a fait 300 autopsies et le reste, ce sont des examens externes associés à des examens complémentaires.

[00:17:43]

Quelle est la part des affaires criminelles dans tout ça? Parce qu'évidemment, c'est ça qui vous rend célèbre. Mais en pratique, sur les 520 là, combien sont des affaires criminelles? Il n'y en a pas beaucoup fait. Alors, ça dépend des années. A les bonnes et les mauvaises années. Ça dépend de quel côté on se place. Mais on va dire entre 20 et 50, c'est à dire entre 4 et 10 ans maximum. Et le reste, ce sont des suicides, des accidents.

[00:18:16]

C'est quand même des morts violentes, des accidents du travail dans lesquels il y a des responsabilités d'employeur qui peuvent être mis en cause. Et puis, il y a beaucoup de morts naturelles qui était au départ inexpliqué. On a aussi des morts toxiques, des overdoses, des accidents de médicaments.

[00:18:35]

Ce métier là, on le fait parce qu'il y a le sujet criminel derrière. Par exemple, dans votre cas, c'est parce qu'il y a la matière criminelle que c'est un métier intéressant. C'est aussi un métier intéressant dans sa face non spectaculaire de la face non criminelle. Alors là, vous avez deux questions différentes. Il y en a une, c'est sur la motivation personnelle de chacun. Là, c'est toute une histoire. Faudrait interroger chaque légiste. C'est dans les histoires personnelles de chacun.

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Il y a des fois, c'est des pure coïncidence. Il y a toutefois, c'est tout petit. Déjà, je voulais être médecin légiste. Mon juge, des gens comme ça dans mon équipe. Moi, personnellement, c'est la part d'énigme. Chaque cas est une énigme plus ou moins complexe. Chaque patient aussi d'un médecin qui soigne les vivants n'est jamais tout à fait.

[00:19:23]

C'est ça procède exactement de la même démarche. Le médecin généraliste, qui est confronté à une pathologie qu'il a un peu de mal à comprendre, est dans une même démarche. On a le même fond de connaissances, les mêmes bases et les mêmes types de raisonnement.

[00:19:37]

Alors, vous êtes dans les affaires criminelles? L'un des techniciens experts qui intervient, il y en a d'autres. Il y a des politiciens, il y a les accidentologie, il y a tout un tas de gens et il y a des psychiatres. Alors, il y a des chances plus ou moins molles dans la psychiatrie, une science très molle. Il se trompe beaucoup. Les médecins psychiatres? Quelle est la part de justesse que vous donnez à votre métier?

[00:20:00]

Jusqu'à quel point? La médecine légale est une science dure.

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C'est une science dans laquelle le rôle de l'expert, c'est de dire je sais. Et voilà pourquoi ce que vous affirmez est une vérité scientifique ou je ne sais pas.

[00:20:16]

Je sais que ce n'est pas telle ou telle hypothèse que vous développez et voilà pourquoi j'ai les arguments scientifiques. Ce qui fait un bon expert. C'est celui qui est capable de dire, en l'état actuel des connaissances de la science. Je ne suis pas capable de vous répondre avec les moyens que j'ai utilisés. C'est là où on a un petit problème. C'est que ces fameux moyens ne sont pas les ordonnateurs des moyens. On obéit à des donneurs d'ordre. Le donneur d'ordre, c'est essentiellement le procureur de la République qui va donc décider des examens complémentaires qui vont être faits parce que ça a un coût supplémentaire.

[00:20:58]

Et donc, il lui va résonner.

[00:21:00]

En fait, c'est vous qui dites il faut faire travailler un entomologiste, par exemple, qui va travailler sur l'économie d'insectes de cadavre. Ce n'est pas vous qui a ordonné ça. Il faut passer par le procureur pour qu'il signe un procès. Comment Baloji? C'est un peu particulier parce que vous avez les coordinateurs de criminalistique qui sont des ce qu'on appelle les crimes, qui sont des gens spécialisés dans l'aide technique aux magistrats qui vont les conseiller. L'entomologie, c'est un peu particulier, surtout que c'est prélever tout de suite sur le terrain.

[00:21:31]

C'est tout de suite confié aux auteurs, mais les analyses biologiques, par exemple, du contenu des viscères, voilà. Le procureur peut très bien dire on ne s'en passe pas. Oui et peut dire on s'en passera que ça coûte combien, par exemple? Ça dépend.

[00:21:43]

Ça peut aller très cher, très cher. Et c'est l'Etat qui paye, bien sûr, bien sûr. Mais le problème, c'est que normalement, un médecin est tenu à une obligation de moyens. Vous savez qu'on n'est pas tenu à une obligation de résultat? Ça tombe bien parce que la médecine légale aurait du mal à les faire revivre. Mais pour ce qui est des moyens, on doit prendre des moyens de diagnostic. Et pour un médecin légiste. Prendre les moyens de son diagnostic, c'est avoir un scanner pour avoir une IRM, avoir l'examen microscopique des organes et avoir la toxicologie.

[00:22:12]

C'est ce qu'on devrait pouvoir avoir systématiquement ou non, pas systématiquement. On a besoin quand on a besoin de. Et quand on a perdu, oui. Quand vous arrivez aux urgences et que vous avez mal au crâne, on ne va pas vous faire un scanner du petit bassin.

[00:22:28]

Donc là, le problème, c'est que le donneur d'ordre qui prescrit les examens n'est pas un scientifique.

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Pour le convaincre, il faut le convaincre. Oui, mais lui, il a d'autres considérations. Et des fois, on se retrouve avec des affaires qui pour lesquelles on reste sur notre faim parce que on ne peut pas apporter des réponses aux familles, parce que derrière, il y a les familles aussi. Alors il y a des fois, il y a eu une autopsie.

[00:22:53]

On n'a pas les examens complémentaires, on a éliminé une cause criminelle. Voilà donc tout est clair pour la justice. Mais comme il y a plus de causes criminelles, on ne va pas donné de réponses médicales aux familles. Conclusion vous avez pu faire un trouble du rythme sur une pathologie rare transmissible génétiquement. Ça demande une génétique particulière. Il y a quelques centres qui font ça en France. Ben on l'aura pas parce que ça n'a pas d'intérêt pour la justice, mais c'est un intérêt pour le fiston qui a hérité de cette pathologie.

[00:23:20]

Peut être. Là, on a un gros problème, mais ce n'est pas le sens de ce que vous faites.

[00:23:26]

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