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Christophe Hondelatte Voici une histoire de médecin légiste que je tire du livre du docteur Michel Satanées, légiste à Poitiers. Autre chronique d'un médecin légiste chez Pocket voici l'histoire d'un meurtre commis un soir de réveillon pour pas grand chose.

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Je l'ai écrite avec Nicolas Loupian, la réalisation de Céline Lebrun.

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Christophe Hondelatte. C'est un 1er janvier et je rentre d'un séjour au ski et j'avoue qu'après les Fêtes, disséquer un cadavre repu, très fier, un vieux macchabées pourri alors qu'on digère à peine le foie gras et les huîtres, ça peut vous gâcher la reprise. Mais coup de chance. Mon premier cadavre d'une année est en parfait état de conservation. Il arrive tout droit de l'hôpital. D'abord celui de La Rochelle, puis le CHU de Poitiers. C'est un homme de 44 ans, athlétique.

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Il a été roué de coups dans la rue la nuit du réveillon. Par qui? On ne sait pas.

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Je commence par regarder son dossier médical à son arrivée aux urgences de La Rochelle, il avait une fracture à la tempe de droite, OK, une importante contusion cérébrale, une pneumo encéphalite, c'est à dire de l'air dans la boîte crânienne et une hémorragie en arrière des deux orbites et enfin un œdème comprimant le cerveau dont il a preacher. Le jour même, il a été transféré en Neuro Shira à Poitiers OK, ils ont tenté de faire baisser la pression intracrânienne en faisant un petit forage dans l'os du crâne et en passant une sonde.

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D'accord, il est mort deux jours plus tard et donc le procureur de Charente-Maritime me demande de déterminer les causes de la mort.

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Naturellement, je commence par un examen externe. Il a une grosse plaie au cuir chevelu à l'arrière de la tête et la lèvre supérieure éclatée et une incisive qui est partie. Vous avez vu sur le nez, sur la joue? On voit, c'est clairement la marque d'une semelle, une semelle de chaussure. Et enfin, l'œil droit et fermé par une énorme ecchymose. C'est un carnage. Mais tout ça n'entraîne pas forcément la mort. Et donc, je commence à ouvrir une grande incision sur toute la longueur du pubis, sous le menton, les côtes ou au sécateur.

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Bon, le thorax et l'abdomen ne m'apprennent rien.

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Alors, je me lance dans la dissection de la tête qui a été la cible principale des coups. J'insiste. Le cuir chevelu d'une oreille à l'autre, en passant par le sommet du crâne et je rabat les deux parties, la première vers l'avant sur les yeux et l'autre sur la nuque. Et là, je découvre qu'une dizaine de lésions bien séparées. On les voyait pas ces lésions sur le cuir chevelu. C'est normal. Le cuir chevelu est très épais pour souvent plusieurs jours pour que le sang remonte et qu'on voit quelque chose dans les cheveux.

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Et puis, il y a la fracture du crâne révélée par le scanner. Mais quand on la voit, elle est beaucoup plus impressionnante. Elle va d'un bout à l'autre de la tête. Ensuite, j'ouvre la boîte crânienne avec une sorte de meuleuse.

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Je retire la partie supérieure du crâne, un peu comme un couvercle, et j'ai extrait à la main le cerveau et ensuite, je le coupe en tranches. Wibrin, où on voit clairement les lésions cérébrales Lavoué la nana, c'est très marqué.

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Bon, voilà, je sais de quoi est mort cet homme d'un traumatisme crânien grave associé à 8 ecchymoses ou hématomes sur le crâne et quatre impacts violents sur le visage. Voilà donc une affaire rondement menée et j'écris tout ça dans mon rapport au procureur. Et quand j'ai terminé, je ne sais pas que cette histoire va me rattraper dans un an et demi. Entre temps, les enquêteurs ont mis la main sur une petite bande de cinq jeunes, dont deux mineurs.

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Et ils sont parvenus à reconstituer ce qui s'est passé. C'était donc le soir du réveillon, depuis son balcon. Notre homme a vu la petite bande en bas dans la rue qui tournait autour d'une voiture. Il s'est dit ce sont des voleurs, ça n'était pas sa voiture, mais il est descendu et il était bourré. Bien sûr, c'était le réveillon. Et voilà, il a voulu les raisonner et il en a pris plein la gueule. Et il en est mort.

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Un an et demi après mon autopsie, le juge d'instruction chargé de l'affaire m'appelle. Dites moi, docteur! Parmi les mises en examen, j'en ai un qui reconnaît le jet d'un petit pavé à la tête de la victime et dit qu'il ne l'a pas jeté de loin et dit à environ 30 centimètres de distance. Et il dit qu'il ne l'a pas jeté fort. Et il dit surtout qu'à ce moment là, l'homme s'était écroulé et qu'il n'a jamais plus bougé.

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Je voudrais donc savoir si c'est le coup mortel, quoi. Vous pouvez travailler là dessus. Heureusement, j'ai conservé le cerveau dans le formol. Je ne l'ai pas entièrement disséqué à l'époque. J'ai juste pratiqué une coupe parce que sinon, ça serait de la bouillie. C'est fragile, un cerveau. Et donc je confie ce cerveau à un confrère qui est un expert en anatomo pathologie. Il le regarde au microscope. Très intéressant, Michel. Parce qu'au delà des hématomes visibles à l'œil nu, on a des lésions beaucoup plus discrètes.

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Là, tu vois des contusions cérébrales.

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Et là, il faut que je vous explique dans un traumatisme crânien, les lésions cérébrales peuvent avoir plusieurs causes. Il y a d'abord des chocs directs, par exemple le choc d'un petit pavé. Il vient percuter l'os de la tempe. L'autre éclate, l'os pénètre dans le cerveau et il provoque un bel hématome cérébral. Ça, c'est le premier cas. Mais il y a aussi un deuxième cas des lésions qui viennent d'un phénomène d'accélération décélération. Exemple le type tombants n'a rien et sa tête vient percuter le sol.

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Et là, à l'impact, le crâne est brutalement arrêté. Mais le cerveau a gardé une certaine vitesse qui est celle de la chute. Et donc, il vient à son tour percuter les parois du crâne sur lequel il s'écrase et il se déchire. Autre exemple un coup de pied dans le visage. BAM, la tête part brutalement en arrière, mais le cerveau prend du retard et il l'a gardé, son inertie.

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Et donc, il vient percuter le crâne au milieu du front. Et quand il y a comme ça plusieurs coups violents portés sur la tête, le cerveau se retrouve à faire la balle de ping pong dans sa boîte. Et notre conclusion à tous les deux l'anatomie pathologiste et moi? Eh bien, c'est qu'on ne peut pas. On ne sait pas dire quel coup a provoqué le décès. C'est comme ça. Deux ans plus tard, me voilà convoqué devant la cour d'assises de Saintes pour le procès de la petite bande.

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Mais l'un des accusés, celui qui a lancé le pavé, justement, n'est pas là. Il était libre. Il s'est enfui dans son pays d'origine. De l'autre côté de la Méditerranée. Son témoignage étant capital pour la compréhension de cette affaire, nous prenons la décision d'ajourner le procès. L'audience est levée. Un aller retour pour rien, mais un an plus tard, le type rentre à son chez lui en France et il est arrêté et je suis donc à nouveau convoqué à la barre à 5.

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Et cette fois, les cinq sont dans le box. Et juste avant mon intervention, l'un des cinq est en aveux. Un aveu qu'il n'avait pas fait jusque là. Je reconnais que je lui ai donné un coup de pied dans le visage. Je ne reconnais pas. Vous n'avez pas rêvé? C'était bien la trace d'une semelle et à partir de là, il y a un doute sur la cause de la mort dans lequel, évidemment, les avocats de la défense s'engouffrent.

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Est ce que c'est le coupé à la tête? Ou est ce que c'est le pavé à la tempe? Et moi, voilà ce que je dis à la barre. Je dirais que c'est l'ensemble des coûts. L'ensemble des coûts qui entraîne le décès de la victime. Et le verdict tombe. Ils sont tous condamnés à des peines de quatre à huit ans de prison, sauf le meneur qui prend douze ans de réclusion criminelle.

[00:09:35]

Le meneur est le seul à faire appel et donc, un an plus tard, je le retrouve seul dans le box des assises de Poitiers et je redis ce que j'avais dit la première fois. Mais les conclusions sont que. C'est l'ensemble des coûts. Qui provoque le décès de la victime. Et quand j'ai fini, l'avocat de la défense se lève et il ajoute ses manches de façon théâtrale. J'ai l'habitude. Il va passer à l'offensive. Il va essayer de me déstabiliser pour défendre son client.

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Mais ça ne m'impressionne plus. L'essentiel est de rester calme, de ne pas se sentir agressé. L'expert. Êtes vous sûr qu'il y a eu autant de coups? Parce que moi, je n'en compte pas autant que vous. Alors, je vous en prie, reprenez votre décompte. Je maintiens qu'il y a eu 11 ou 12 coups. Dont un coup à la nuque parfaitement corrélé à un hématome. Mais dans ce cas, monsieur l'expert, vous comptez deux coups, un pour l'appeler et pour l'hématome.

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Non, non, c'est un seul impact, mais je ne peux pas dire si c'est un coup porté par un objet ou par une chute en arrière ou par un coup de semelle en plein visage, on ne peut pas le dire. Et là, l'avocat reprend ces mouvements de manche. Il quitte sa table, il vient se mettre à ma droite, légèrement en arrière, et il sort le grand jeu. dExperts. J'ai dans mon dossier les avis d'un médecin légiste et d'un neurochirurgien de ma connaissance.

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Dont les conclusions sont totalement en contradiction avec les vôtres. Je vois le piège et je n'aime pas ça. Il va distiller des informations censées provenir du travail de mes confrères sans que je puisse avoir la totalité de leurs secrets. Et le président lui aussi surpris. Mais je n'ai pas connaissance de contre expertise. En tout cas, elle n'a pas été ordonnée par le juge d'instruction et a minima, le résultat aurait dû être communiqué aux parties avant le procès. Je dois mettre tout de suite un coup d'arrêt à cette tentative de déstabilisation.

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Maître Jeu peut m'étonner quand même que vous n'ayez pas félicité mes confrères à la barre. Enfin, j'aurais eu plaisir à débattre avec eux.

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J'ai à peine terminé que l'avocat de la partie civile se lève d'un bond. Il a raison. En fait, c'est un scandale. Ces pièces n'ont pas été communiquées à la partie adverse.

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Et là, le président. Effectivement, c'est un problème. Métro Vous ne l'avez pas informé, la cour de l'existence de ces documents. Qu'en pensez vous? L'avocat général. L'hébergeant pense que. Les arguments évoqués par monsieur l'avocat de la défense ne sont pas recevables et on pense par ailleurs que le docteur Chabanais est un expert très sérieux qui a une réputation nationale, voire internationale, très hasardeux de ne vouloir contester son expertise par des documents que par ailleurs, nous, nous n'avons pas.

[00:12:54]

La défense a t elle quelque chose à ajouter? L'avocat fait demi tour et il va se tasser dans son fauteuil. Son coup de poker a échoué et la cour condamne l'accusé à dix ans ferme.

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Ce que j'ai découvert au cours de ces deux procès, c'est que cette histoire, ce n'est pas l'histoire d'un cambriolage. Quand le pauvre type qui est mort est intervenu, il n'avait pas l'intention de voler la voiture. Et pour cause, c'était la voiture du meneur de la bande. En vérité, il voulait y mettre le feu. Comme ça se fait chaque année au Nouvel An pour que le meneur qui avait des dettes touche la prime d'assurance à mort pour une arnaque à l'assurance.

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Voilà pour cette histoire que je tire de votre livre, autre chronique d'un médecin légiste, Michel Sapin, qu'on trouve aujourd'hui chez Pocket. Dans cette histoire qui rebondit en un an et demi après le miracle, c'est que vous avez conservé dans vous, dans vos frigos, à l'Institut médico légal de Poitiers, le cerveau en entier. Alors ici, le cerveau en entier. Oui, mais vous gardez tous les cerveaux comme ça? Non, pas du tout. Pas du tout.

[00:14:10]

Si vous avez un cerveau qui est sain, qui n'a aucune trace traumatique et aucune trace de lésion médicale qui puisse pas être à l'origine de la mort, il n'y a aucune raison de le prélever. On peut éventuellement prélever un petit échantillon pour apprécier des choses comme le vieillissement cellulaire. Des choses comme ça, mais c'est tout. Ça va être un petit fragment.

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Mais le concept, c'est que vous gardez les scellés. Combien de temps? Jusqu'à la clôture de l'instruction?

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Non, c'est pire que ça. C'est jusqu'à la fin de tous les recours possibles.

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Après la Cour de cassation, après le recours devant, c'est même après les errements de la loi Louis, après l'intervention éventuelle de la Cour européenne de justice.

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Donc, en fait, les choses se passent pas tout à fait comme ça, parce que nous, on n'est pas au courant.

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Ou bien vous ne savez pas de la suite de la procédure. On ne la connaît pas du tout. Donc, c'est un nom où les. Alors voilà, c'est ça. Tous les ans, on sollicite toutes les juridictions qui nous ont ordonné de conserver les scellés pour demander dans quelle affaire ils veulent que nous procédions à une destruction qui est donc organisée avec des règles très strictes de traçabilité et de biosécurité.

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Mais dans vos frigos, actuellement à Poitiers, vous avez des morceaux de corps qui remontent à quand? Je ne sais pas. Faut pas dire des morceaux de kora.

[00:15:29]

Je n'aime pas l'expression.

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Je comprends que vous ne pas des échantillons d'organes, c'est à dire l'équivalent de biopsie si vous voulez. Sauf qu'effectivement, c'est un peu plus volumineux qu'une biopsie. Mais pour analyser un foie, vous n'avez pas besoin de prendre une tranche entière. Il suffit d'un volume, d'un pouce. Et puis ça suffit.

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Et donc, tout cela est conservé soit dans du formol, dans des locaux sécurisés et ventilés. Puisque le formol est toxique, c'est cancérigène. C'est un pollueur de l'environnement et donc on s'est conservé dans des salles spéciales. Soit c'est congelé pour tout ce qui est des prélèvements génétiques, en particulier dans des salles de congélation à moins 20 degrés.

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Pareil pour la toxicologie, la toxicologie, une fois qu'elle est analysée. Toxicologie, c'est le contenu des viscères.

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Oui, c'est la recherche des médicaments, des drogues, des poisons au sens large du terme.

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Il faut qu'elle soit faite le plus rapidement possible après l'autopsie. Mais les restes et les prélèvements d'eau sont conservés en congélation. Également fait un ordre. On demande pardon. On demande aux différents parquets l'autorisation de détruire. Et ça, ça peut.

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Ça peut rester combien d'années dans le formol, Schiro? Ça peut rester très longtemps. La durée d'une procédure, ça peut rester.

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On avait détruit il y a pas très longtemps des scellés qui avaient été prélevés lors de l'affaire des anesthésistes de Poitiers.

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Ah oui, donc, pour Chambaud Diallo, c'est ça, Mme Bergeron? Parce que Mme Bergeron, c'est la victime.

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Mais l'affaire Jean Saint-Josse a été jugée. Ils ont été innocenté, mais c'est l'affaire qu'on avait appelé Chambre du oui, c'est ça. C'est l'affaire des anesthésistes depuis les années 80 et 84.

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Moi, je commençais mon travail à Poitiers en 85. Je suis arrivé dans une SCRC.

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Pendant tout ce temps là, c'est resté une trentaine d'années.

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Mais pardon. Mais j'ai envie de me mettre un peu du côté des familles sur ce coup là. Ce monsieur, sa famille, savait que quand la a, les obsèques, le cerveau n'était pas le cerveau. Ce n'est pas n'importe quoi. Il y a trois organes qui ont une symbolique le cœur. Il y a le cœur parce que c'est le siège des sentiments. Il y a le cerveau, parce que c'est la mémoire, la pensée, la conscience, etc.

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Il y a les yeux parce que les yeux, c'est le regard.

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Et parfois, lorsque vous Renders le corps, il n'y a ni le cerveau ni le cœur.

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Les deux, en même temps, ça fait beaucoup. Du coup, lors d'un an.

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Mais garder le cerveau en entier devrait être exceptionnel. C'est dire que si vous n'avez pas d'angoisse métaphysique particulière vis à vis des résultats de votre autopsie, vous n'avez pas de raison, dans la majorité des cas, de garder le cerveau.

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Vous dites aux gens?

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Non. Alors comment dire? Les choses ont beaucoup changé assez récemment dans les suites de l'affaire de la mort de Lance. C'est tout simplement des autopsies.

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Qui se terminait par la mise en vrac du corps non fermé, non habillé dans la bière, dans le cercueil, et donc une famille a découvert ça par inadvertance et ça a déclenché un scandale tout à fait légitime et on s'est aperçu à cette occasion. Enfin, certains ont considéré qu'il y avait un vide juridique sur le devenir des corps médico légaux après la mort. C'est une autopsie scientifique qui avait l'obligation pour le praticien de refermer le corps dans le respect de la personne, etc.

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Et cette obligation n'était nulle part visible dans le Code de procédure pénale, car les légistes pouvaient se dispenser de fermer le corps, etc. En fait, ce n'est pas du tout. C'était une interprétation tout à fait abusive, c'est à dire que le respect dû aux malades persiste après la mort. C'est un des articles du Code de déontologie. Déontologiquement, il n'y a pas un médecin légiste qui doit pas s'assurer que le corps soit restauré dans des conditions de dignité.

[00:19:48]

Et donc, comme il y avait cette espèce de farce que les journalistes considéraient comme un vide juridique, ça fait tout un scandale. Alors, c'était un scandale? Effectivement. Mais le rôle du légiste n'est pas forcément de faire la restauration argumentaire lui même. C'est simplement de vérifier que c'est fait.

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Il y a des agents d'amphithéâtre qui sont chargés, ce sont normalement.

[00:20:10]

C'est le personnel de la chambre mortuaire qui fait la restauration argumentaire.

[00:20:14]

Mais vous vous refermez quand même avec l'étude. C'est eux qui refermaient. On vérifie que ces faits n'a toujours jamais. Mais est ce que vous dites à la famille?

[00:20:22]

Nous avons conservé, tel était la partie, le corps dans leur intégralité.

[00:20:26]

On ne le disait pas parce que ça parait. C'était une autopsie judiciaire, donc on rentrait pas dans les détails de tout ça. D'autre part, on avait très peu de contacts avec les familles. On a très peu de contacts avec les familles, on ne doit d'informations. On est alors très précisément. On est soumis au secret professionnel. De l'instruction et de l'enquête? D'accord. Au delà même du secret professionnel classique, puisque la violation de ce secret est soumise à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

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On ne rigole pas avec le secret de l'enquête. Ce n'est pas avec les médecins légistes que vous aurez des informations dans la presse ou sur telle ou telle affaire sensible qui s'engage à juger. Je n'en ai jamais vu dans aucune affaire. Ma question est est ce que la famille de monsieur sait que le cerveau n'est pas dans le cerveau? Non, elle ne le sait pas à l'époque parce qu'il y a un journal, elle le sait maintenant. Il y a dans les textes un minimum d'informations qui doivent être mentionnés non pas à la famille, mais qui doivent être mentionnés dans le rapport.

[00:21:27]

Et si les gens veulent les informations, ils peuvent les demander aux enquêteurs et au procureur.

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Dans l'histoire que je viens me raconter, la bonne année, bonne santé. Ce meurtre commis le soir du réveillon, il y a donc un procès, puis un deuxième procès. Et je me disais que probablement, ça vous prenait énormément de temps. Cette par là. D'autant plus que vous ne le dites pas là, mais on le verra au cours de cette semaine dans d'autres histoires. Vous aimez bien arriver en avance au procès? Vous avez le droit de vous asseoir dans la salle, contrairement aux témoins, puisque vous êtes expert, donc vous assistez aux dépositions précédentes.

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Quelquefois, vous restez un peu après vous passionner, mais ça prend un temps fou.

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Oui, mais c'est comme la cerise sur le gâteau. C'est bon de profiter complètement du dessert parce que c'est là qu'on comprend.

[00:22:16]

On se situe. L'expertise, c'est souvent là que vous.

[00:22:19]

On regarde toute l'affaire. Des fois, vous arrivez aux assises. Il s'est passé dix ans et vous n'avez eu strictement aucune information. Vous avez fait l'autopsie d'un corps qui n'était pas identifié. Et puis, ça s'est arrêté là. Puis vous avez attendu. Puis, un jour, vous savez, un huissier qui débarque et qui vous donne la convocation. Convocation aux assises auxquelles vous laisse sans autre renseignement que votre rapport d'autopsie.

[00:22:42]

Des fois, il y a trois fois rien. Est ce que vous a dit le flic à l'époque? En briefing au début, vous ne l'avez pas non plus oublier. Annnoncé? Noter, c'est noté ça? Oui, on a un dossier très sérieux dans lequel on a. On a des photos en particulier. Quand vous allez aux assises, vous vous préparez votre comparution. Chacun a une façon de faire. Il y a ceux qui aiment rédiger une sorte de texte, préparé.

[00:23:08]

Un diaporama, c'est tout à fait possible, surtout dans les affaires où il faut faire comprendre des choses difficiles aux jurés parce que c'est calmerait à adressée, pédago, adressaient.

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Et vous vous adressez à eux exactement comme je fais dans mes ouvrages, dans mes livres, c'est à dire? C'est un public qui ne connaît rien. C'est votre boulangère, votre aide ménagère, un professeur d'université de droit, n'importe qui. Donc, on se replonge dans l'affaire. Donc on n'arrive pas non plus avec une mémoire totalement vide.

[00:23:40]

Alors, dans cette histoire que je trouve passionnant et en même temps assez vertigineux, c'est que vous ne parvenez pas à dire quel est le coup mortel dont vous n'êtes pas capable de départager les protagonistes. C'est la science qui est. Vous n'êtes pas capable. Mais ce qu'ont conclu les jurés, possiblement entraînés par les présidents de cour d'assises qui participent au délibéré, c'est que du coup, il faut donner la même peine à tout le monde et donc de votre conclusion qui est un sentiment d'impuissance.

[00:24:07]

Ce que conclut la justice, c'est qu'un type qui peut être n'est pour rien dans la mort de ce type là, se retrouve condamné à une peine de 4 à 8 ans de réclusion criminelle parce que vous n'avez pas été capable de dire ce n'est pas lui et les conséquences de votre expertise là sont lourdes.

[00:24:22]

Mais ça peut simplificateurs le travail d'enquête et à toutes les déclarations et à l'éventuelle reconstitution criminelle que je n'ai pas développé pour cette histoire.

[00:24:36]

Mais il y avait eu une reconstitution criminelle, donc de la voix de l'impuissance de votre science à dire c'est celui ou celle qui découle.

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Une condamnation générale découle le fait que y'en a pas un qui sort particulièrement du point de vue du mécanisme des lésions.

[00:24:55]

Puisque tous ont tapé, tous ont tapé la tête plus ou moins fort. Mais on ne peut pas quantifier ses forces.

[00:25:02]

Donc, pour moi, il n'y en a pas un plus que les autres. Et après? Pourquoi est ce qu'il y en a un qui prend plus? Parce qu'il y a un honneur.

[00:25:07]

Il y a un meneur de ballades du meurtre. On ne fait pas de bande with the band. Ouais, c'est lui qui va apprendre plus.

[00:25:14]

Moi, je répondrais, mais on sort de la matière qu'en toute logique. Là, je fais un peu mon Dupont-Moretti versus mon avocat que de l'impossibilité de déterminer qui a tué. On ne peut que innocenter tout le monde plutôt que condamner tout le monde.

[00:25:29]

C'est pas ce que prévoit le Code pénal.

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Michel Sapin, votre livre s'appelle Autres chroniques d'un médecin légiste aux éditions Pocket. C'est l'un de vos nombreux livres. C'est de là que j'ai tiré mes deux histoires d'aujourd'hui. Je vous en rencontré d'autres demain. Deux autres tirées d'un. De vos livres? Merci de nous avoir accueillis ici à Poitiers, Michel Sapin. Merci. Des centaines d'histoires disponibles sur vos plates formes d'écoute et sur Europe1.fr.