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Christophe Hondelatte Voici une histoire de médecin légiste que je tire du livre du docteur Michel Sapin, né chez Plon, en direct de la morgue. L'histoire d'une femme que l'on retrouve dans une valise. Je l'ai écrite avec Nicolas Loupian. Réalisation Céline Brace. Christophe Hondelatte. Un jour d'octobre 2013, les policiers de La Rochelle reçoivent un appel. C'est un sujet de ma mère. Je suis inquiète parce que je viens de l'avoir au téléphone et elle m'a dit comme ça, j'ai fait une bêtise.

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J'ai fait une bêtise et j'ai pas pu en savoir plus. Depuis, je n'arrive pas à la joindre pour les voir booké. Il envoie une patrouille sur place. Les flics tambourinent un bon moment. S'il y a quelqu'un, ouvrez svp, c'est la police. Une femme finit par leur ouvrir. Cheveux mi longs, en désordre, visiblement pas très en forme. On voulait. Eh bien, on veut juste savoir si tout va bien, madame, c'est votre fille qui nous a contacté, elle est inquiète.

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Bah oui, ça va bruines les travaux dans la boutique du Flori, juste en dessous, ça tape toute la journée. Et puis il y a les sirènes des ambulances, et puis les hélicoptères de l'hôpital où l'on. Ce bruit.

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Bon. Et là, la dame essaye de refermer la porte. Mais le policier a mis son pied dans l'encadrement. Moi, madame, ça sent drôlement fort chez vous. C'est quoi? C'est de la Javel. Ce faux pas, c'est tout. On peut entrer une minute, madame. Juste pour être sûr que tout va bien. Non, non, non, tout va bien, je voudrais. Mais elle finit par céder. Elle va s'asseoir sur le canapé, le studio est impeccable, mais il y a toujours cette odeur.

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Et puis il y a cette valise à moitié cachée derrière le canapé. Un policier s'approche. La valise est entrouverte. Un pied en dépasse. OK, OK, on arrête tout. Personne ne touche plus à rien et on appelle la police scientifique et le légiste aussi bien permanance. Cette nuit là, c'est Alexia qui est permanance. Elle débarque sur place. La valise est là, ouverte, et à l'intérieur, il y a le corps d'une femme d'un certain âge, nu, avec juste un string en dentelle blanche.

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Elle s'appelait Sylvette. Le lendemain matin, c'est une autre légiste du service du CHU de Poitiers, Marie, qui est désignée pour pratiquer l'autopsie. Un officier de la police judiciaire est là. Bien sûr, c'est la règle et un interne qui rédigera le rapport. Marie commence par un examen externe. La victime est une femme d'une cinquantaine d'années. De corpulence menue 41 kilos pour un mètre 63. On a plusieurs lésions au niveau de la tête ainsi qu'une fracture de l'arcade zygomatique droite présence d'un petit morceau de verre sur une plaie du cuir chevelu.

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La lèvre supérieure et les narines sont marquées par des traces noirâtres ainsi qu'une substance rouge. La langue est le fond de la gorge sont grisâtres, ça, ça évoque des brûlures par un liquide type soude ou ou acide sur le bras droit.

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Présence de trois plaies superficielles typiques des lésions de défense face à une arme blanche. Enfin, on note une grande tache verte sur l'abdomen, ce qui signifie une mort qui remonte à hier ou avant hier. La rigidité cadavérique ont été rompues. C'est sans doute quand on a voulu faire entrer le corps dans la valise. La Terre ne prend des notes frénétiquement. Bon, allez, on passe à la suite. La suite consiste à ouvrir le score l'alévisme identifie 4 replay au niveau des poumons à droite et à gauche, et l'une des plaies a atteint le cœur.

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Le décès a été rapide. Il y a aussi de plaies au niveau du foie. Et finalement, pas de trace de brûlure dans les OFAJ, donc pas d'ingestion de soude caustique. Après quatre heures de travail, Marie confie le corps aux agents d'amphithéâtre. A eux de lui redonner son apparence humaine. Et puis Marie. @Phil dans son bureau, rédiger sa conclusion provisoire qu'elle envoie immédiatement par fax au procureur.

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Et elle donne une copie aux policiers. À eux, maintenant, sous l'autorité du juge, de dire ce qui s'est passé dans ce studio.

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La femme chez qui on a retrouvé Sylvette dans la valise s'appelle Corinne. C'est une retraitée dépressive, chronique et Sylvette. La morte était sans emploi et sous curatelle. Elles se sont rencontrées trois semaines plus tôt. Elles sont vaguement devenus amis et le jour du meurtre, elles ont décidé d'aller ensemble à un vide greniers sur le port de La Rochelle. Ensuite, elles sont rentrées chez Corinne pour manger un gâteau et boire une tasse de thé. Et voilà comment Corinne raconte la suite aux policiers.

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Elle s'est mise à parler fort, comme la woro woro woro woro. Elle peut aussi taper sur la table avec la lame de son couteau en tentant TalkTalk. Moi, ça m'a énervé, quoi? Je lui dis d'arrêter et elle s'est mise à rire, à se moquer de moi. Bon, je me suis jeté sur elle. Je lui ai cassé une bouteille de vin sur la tête et on s'est battu. Ma foi, après, ça s'est calmé. J'ai coupé un peu de gâteau et a recommencé.

[00:07:00]

Papa papa avait son couteau kempo et plus. Alors, j'ai attrapé son couteau qu'elle voulait pas lyncher et je l'ai frappé à coups de couteau. Combien de fois je ne sais plus. Au moins trois fois, trois fois, c'est sûr. Il est tombé et sa tête a connu le plateau de la table basse. Elle était morte.

[00:07:25]

Et après, elle a nettoyé à grands coups d'eau de Javel. Elle dit qu'elle l'a déshabillé et lavé, qu'elle lui a mis un string parce que ça l'a gêné de l'avoir toute nue et qu'elle l'a mise tant bien que mal dans la valise. Le lendemain, elle est allée chez le coiffeur. Elle a retiré de l'argent au distributeur. Elle voulait rejoindre sa fille en Bretagne. Et puis, elle a changé d'avis. Elle s'est dit Je vais me suicider. Et donc, elle est allée acheter de l'essence, de l'acide et de l'alcool.

[00:07:54]

Elle voulait tout avaler et se mettre le feu. Et puis, finalement, elle a appelé sa fille, qui elle même a prévenu la police. Pour se faire une idée du rôle exact de Corinne dans le meurtre deux ans après, le juge d'instruction décide d'organiser une reconstitution dans son studio et il veut que Marie la légiste, soit là pour voir si ça colle avec ses constatations. Sauf que Marie, elle, est en congé maternité. Et donc, c'est le patron du service, le docteur Sa Panet, qui s'y colle.

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Et le voilà avec les autres, tous les autres qui sont une bonne douzaine dans le tout petit studio de Corrine qui fait 20 mètres carrés. Pas facile de se faire une place. Il y a le juge, sa greffière, trois policiers, Corinne, bien sûr, encadrés par deux agents de la pénitentiaire, ses avocats, le substitut du procureur et le légiste. Ça fait moins de deux mètres carrés par personne. Michel Sapin n'est pas son Saint-Cado. Il sort son matériel.

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C'est un appareil photo, un Nikon numérique D300 avec un zoom grand angle 10 24. Ça, c'est idéal pour les petits espaces. Corinne est là. C'est une petite femme ordinaire, banal. Elle se tient légèrement penchée en avant, mais deux mains serrées dans une grande tension, une grande tension. Et le juge lui demande de refaire les gestes. Allez y, madame! Faites le geste avec la bouteille telle que vous l'avez fait. Les policiers font leur photo.

[00:09:39]

Le docteur panées fait des siennes bien maintenant, vous refaites exactement le geste quand vous vous emparer du couteau et que vous la frapper, allez y.

[00:09:50]

Et en la regardant rejouer la scène, le docteur Chabanais se dit ça colle, ça colle avec les constatations de Marie. Elle attrape le couteau. Elle lui porte 12 coups au total 9 dans le thorax et l'abdomen et 3 dans le bras gauche. S'il avait tenté de se protéger, ça colle tout ça. Ça colle, mais il y a un point qui coince. Une chose que je ne vous ai pas encore dite. Les analyses toxicologiques du sang de Sylvette ont révélé la présence de zolpidem zolpidem.

[00:10:22]

C'est en barbiturique qu'on donne en général pour traiter les insomnies. Le juge lui pose la question. Madame, il faut que je vous pose cette question comment est ce que vous expliquez la présence d'un somnifère dans le sang de votre amie Sylvette? Mongeon Serio. Avant tout. Deux ans plus tard, soutient le procès d'assises à simple procès auquel assistent, dans le cadre de sa formation, linterne de l'équipe de médecine légale du CHU de Poitiers. Et le docteur Saint-Palais est convoqué.

[00:11:01]

Bien sûr, comme d'habitude, il arrive très en avance et il va s'asseoir dans la salle. Il a le droit et Corinne est là dans son box. Un peu perdu. Tout en noir. La veille, on a raconté sa vie et sa panées se fait briefer par son interne qui était là.

[00:11:20]

Bon, elle a raconté sa dépression, Shuichi. Après la bonne vie rigolote, elle a été violée par son père, comme d'ailleurs ses neuf frères et soeurs dont vous voyez le tableau. Et puis sa mère, qui était complice du père, qu'il a poursuivie avec un couteau pour qu'elle se taise. Voilà 14 ans, elle s'est enfuie de chez elle avec sa soeur. Bref, c'est une pauvre femme. Comme il est arrivé à l'avance, le docteur Panay a assisté à la déposition des experts psychiatres.

[00:11:54]

Ça l'intéresse toujours, ça, même s'il y a toutes sortes de psychiatres certains, on ne comprend pas un mot de ce qu'il raconte. Ceux d'aujourd'hui, heureusement, sont pédagogues et nombreux, et surtout pas d'accord entre eux. Le psy, qui l'a vu en garde à vue, dit qu'elle n'était pas dans le délire, qu'elle n'avait pas de l'hallucination, mais que son jugement était altéré. Le deuxième psychiatre qui l'a vu quand elle était hospitalisée en psychiatrie, au contraire, a retenu une forme l'hallucination.

[00:12:27]

Il parle de fureur pathologique et il dit que son discernement était aboli et qu'on ne peut pas la juger. Le troisième psychiatre l'a vu en prison et il est d'accord avec le premier et donc pour les départager. Le juge d'instruction a désigné trois autres psychiatres en leur demandant de rendre une décision collégiale. Alors, nous ne parvenons pas à expliquer son passage à l'acte. Nous pensons qu'elle ne dit pas la vérité, en quelque sorte. Et qu'elle nous mène en bateau.

[00:13:01]

Donc, nous considérons qu'elle peut être jugée, mais en même temps, nous considérons qu'elle relève plus de la psychiatrie et des soins psychiatriques. Coût de la détention? À la psychiatrie, ce n'est pas facile. Et puis arrive le moment où le docteur Panées est appelé à la barre.

[00:13:30]

Docteur Chabanais, vous juré d'apporter votre concours à la justice, d'accomplir votre mission, de faire votre rapport et de donner votre avis en votre honneur et en votre conscience. Vous levez la main droite et vous dites je le jure, je le jure. Nous vous écoutons, docteur. Il récapitule les faits tel que rapporté par l'accusé et ils mettent en regard avec les constatations faites lors de l'autopsie. Et il ajoute. Cela dit, je pense que. Les choses auraient pu se passer différemment si la victime était sous l'influence du zolpidem, le somnifère qu'on a retrouvé dans le sang.

[00:14:11]

Ça tombe bien, les toxicologue témoignent juste après deux experts cuando et tous les toxiques dans les liquides prélevés lors de l'autopsie et qui ont également examiné les cheveux de la victime, car les cheveux ont la mémoire des absorption de drogues et de médicaments. Les cheveux prélevés sur Sylvette faisaient 4 centimètres et donc au rythme d'un centimètre par mois. On a en mémoire quatre mois de consommation. Et moi, ce que je peux dire avec certitude. C'est que dans le mois qui précède la mort de cette femme.

[00:14:46]

Elle n'a pas consommé de zolpidem. Et le deuxième expert toxicologue ajoute un élément de poids. La dose de zolpidem que nous avons retrouvée dans le sang de la victime. Indique qu'elle a avalé deux ou trois comprimés de zolpidem quelques instants avant sa mort.

[00:15:11]

Le dosage n'était pas mortel, mais il était suffisant pour des gens l'assommer, d'autant plus que elle n'en consommait pas régulièrement. Or, Corinne a toujours nié avoir administré du zolpidem à Sylvette. Et là, l'avocate générale bondit de son siège. On a un problème là, non? Mme. Est ce que ça ne serait pas le moment de nous dire la vérité? Oui, je lui ai donné un médicament. Et pourquoi vous ne l'avez pas dit avant Mme?

[00:15:53]

Aujourd'hui, les différents. Les assises. L'avocat de la partie civile plaide. Je rappelle ici. Le motif totalement futile de ce meurtre parce qu'elle parlait trop fort, parce qu'elle tapoter sur la table avec son couteau. Et puis vient la plaidoirie de l'avocate générale. J'admets qu'on pourrait être tenté de classer ce meurtre comme un acte de folie. Mais tout de même. Les enquêteurs ont démontré que cette femme n'était pas si déséquilibrée qu'il n'y paraît. Elle nettoie la scène de crime parfaitement.

[00:16:44]

C'est du jamais vu et ensuite elle s'organise pour partir rapidement, sans doute avec ce corps dans cette valise, et nous avons vu ensuite sa capacité à mentir, à manipuler les gens.

[00:16:58]

Et tout cela témoigne d'une capacité d'organisation qui s'accommode assez mal d'une pathologie psychiatrique grave. Alors oui, je considère que c'est une rescapée, mais il n'empêche que cette femme est dangereuse et cette femme, je vous demande de la condamner à une peine qui ne saurait être inférieure à 10 années.

[00:17:22]

De réclusion criminelle. Et puis vient la plaidoirie de l'avocate de Corinne. On nous dit on nous a dit que l'état de santé mentale de Corinne était altéré. Certes, elle n'est pas irresponsable, mais, nous dit on. Elle relève plus de la psychiatrie que de la détention. Et donc, moi, je dis que son passé traumatique, son état dépressif qui est très sérieux, et l'absence de mobile de cet acte fou justifient une diminution de peine. Levez vous, je vous prie, comme le prévoit le Code de procédure pénale.

[00:18:07]

Vous avez la parole en dernier. Nous vous écoutons. Je voudrais dire que je regrette. Et je demande pardon. Après plus de trois heures de délibéré, Corinne est condamnée à quinze ans de réclusion criminelle, cinq de plus que les réquisitions de l'avocate générale, et elle ne fera pas appel. J'ai tiré cette histoire de votre livre. Michel Sapin, né en direct de la morgue chez Plon. Je vous rappelle que vous êtes médecin légiste ici à Poitiers, où nous sommes pour débriefer cette histoire avec vous.

[00:18:59]

Ça arrive souvent comme ça de reprendre un dossier au stade, par exemple, en l'occurrence de la reconstitution, et de poursuivre jusqu'aux assises, alors même que ce n'est pas vous qui avez réalisé ni les constatations sur place, ni les autopsies.

[00:19:14]

Ça, c'est une grande nouveauté qu'a apporté la réforme de la médecine légale en 2011, c'est à dire que nous ne sommes plus des médecins légistes isolés. Nous sommes des équipes et une organisation d'équipe pour que ce soit efficace, suppose que l'un puisse prendre la place de l'autre dans la continuité.

[00:19:35]

C'est tout à fait fréquent, au moins dans mon unité, que ça ne soit pas forcément le même légiste qui fait l'autopsie.

[00:19:45]

La levée de corps, la reconstitution ensuite, mais ensuite après au SSS décide avec le président des assises en fonction de qui a fait quoi? Mais c'est très important. Parce que vous imaginez qu'Alexia, dans cette affaire, a fait une levée de corps de nuit.

[00:20:00]

Donc, le lendemain matin, on ne peut pas être à l'autopsie. Il faut être raisonnable. En fait, elle a passé sa nuit sur place. Plus les heures de trajet. Ça veut dire que finalement, elle a consacré cinq heures au minimum six heures au minimum de sa nuit et le lendemain matin à 9 heures. Faut être raisonnable. Est ce que vous seriez opérer un chirurgien dans ces conditions? Non. Pour les médecins légistes, c'est pareil. Donc, on passe le relais, mais l'information circule.

[00:20:29]

Et après, on fait. Dans ces cas là, on fait très souvent. On fait une reprise du dossier avec une supervision générale et on fait signer plusieurs experts, ce qui laisse la possibilité au président de décider en fonction des problèmes d'organisation.

[00:20:47]

Votre témoignage au procès est intéressant et la manière dont vous racontez le procès, mais aussi parce que vous êtes l'un des acteurs de la chaîne judiciaire et on sent que vous vous amuser d'autres acteurs que sont les experts psychiatres. Vous êtes l'homme de la science dure et l'expert psychiatre est l'homme de la science molle. Ça saute aux yeux dans ce procès. Ils sont trois. Ils ne sont pas d'accord. On en nomme trois autres qui ne sont pas d'accord avec les trois précédents.

[00:21:12]

Donc c'est extraordinaire. C'est la science la plus molle de l'expertise légale. Votre expression ne va pas plaire à mon équipe.

[00:21:19]

Oui, j'ai une grosse représentation de psychiatre. Oui, mais c'est dans mon équipe sont des psychiatres qui ont la tête sur les épaules, qui font partie de ces gens qui, d'abord, ont une grande capacité à expliquer, y compris dans les incertitudes.

[00:21:36]

Pour ce qui concerne le discernement, son abolition ou cette diminution du discernement.

[00:21:43]

Après, c'est vrai que de temps en temps, on est quand même surpris qu'on puisse penser qu'un système qui est organisé, préparé comme ici, c'est la préparation. Il y a cette prise de zolpidem, évidemment, qui met en l'air toute la défense de la victime.

[00:21:59]

C'est avant, réfléchi. Ensuite, le meurtre a lieu et on va tout faire pour éliminer toutes les traces.

[00:22:11]

L'auteur a donné son préavis pour quitter l'appartement, a pris un billet pour aller ailleurs et est allé chez le coiffeur le lendemain.

[00:22:21]

S'il est une femme organisée, c'est une femme organisée. Bon, il y a des psychiatres qui vont vous dire que cette hyper organisation prouve que d'accord.

[00:22:29]

Enfin, que son jugement était altéré. Oui, oui, mais après, il y a chez Kotick. Oui. Après, en tout cas, elle était pas dans le délire. Elle n'avait pas. Elle a un passé d'accord. Mais heureusement, tous les gens qui ont un passé douloureux deviennent pas criminels. Et après? C'est vrai que de l'extérieur, on a de temps en temps un peu de mal à comprendre.

[00:22:50]

Mais bon, c'est la vie, c'est la science et la psychiatrie. Effectivement, c'est du comportemental, beaucoup et c'est difficile. Je Harkonnen.

[00:23:02]

C'est d'ailleurs presque la seule spécialité médicale qui vous échappe, c'est à dire que vous vous êtes multi.

[00:23:08]

Complétons plein de choses dans d'autres, dans d'autres domaines. Je ne suis absolument pas compétent. Bon, il y a plein de plein de domaines. On a besoin d'autres, d'autres spécialistes. On travaille avec toutes les spécialités médicales et on travaille également avec des experts en tout et n'importe quoi. Ça dépend des circonstances en armes, en armes blanches, en armes à feu, en explosifs, en incendie, en accident de voiture, en accident de camion, en accident d'hélicoptère, d'avion.

[00:23:39]

Il y a des experts dans tout ça. Il y a des experts dans tout ça et.

[00:23:43]

Maillon de la chaîne, il faut être très conscient de ça, il y a des jours, on est la pièce essentielle du procès. Il y a des jours, on est rien.

[00:23:51]

Notre déposition, ça se passe comme une lettre à la poste. Oui, parce que c'est n'entraîneront.

[00:23:58]

C'est moins évident pour tout le monde.

[00:24:00]

Bon, alors, l'histoire, là en l'occurrence, est résolue par les toxicologues à partir des prélèvements que vous avez réalisé.

[00:24:10]

C'est pas un peu frustrant, ça a pas du tout.

[00:24:13]

On est des petits collectionneurs d'indices. On est les petites mains des autres. En même temps, il faut savoir reconnaître ça. C'est très important. Je n'ai aucune compétence pour faire des analyses toxicologiques. J'ai une certaine compétence pour interpréter les effets de ces toxiques sur le comportement, mais pas pour tout le jeu.

[00:24:31]

C'est une molécule qui est très bien connue et très utilisée, mais reste utilisée en matière criminelle, mais surtout dans la vie quotidienne. Voilà donc. À partir de là, les effets sont connus. On n'a pas de grosses difficultés à interpréter. Qu'est ce que ça peut avoir comme action en sachant que ça peut être modifié par la présence d'alcool ou pas, etc. Donc, on a des connaissances de base pour répondre à certaines questions. Et il y a d'autres fois, c'est vraiment le toxicologue qui est indispensable.

[00:24:59]

Moi, évidemment, j'ai été passionné par cette histoire de cheveux. Je pense que les gens qui nous écoutent apprennent quelque chose à nos cheveux, aussi long soit ils, à chaque centimètre. On garde un mois de mémoire de la consommation de drogue et de toxiques, c'est ça?

[00:25:13]

Oui. Médicaments toxiques, alcool. Tout un tas de choses. Parce que le bulbe qui est la partie vivante va AFIC va prendre ce produit en le transformer éventuellement et l'inclure dans la kératine qui y représente la substance morte de votre cheveu.

[00:25:31]

Et donc, si les cheveux font 10 cm, il y a 10 mois. De mémoire, ma consommation est uniquement de drogues et de toxiques. L'alcool aussi. L'alcool aussi. Tous les tous les xenos biotique. Ce qu'on appelle l'exynos biotique, c'est les substances étrangères. Alors tous sont pas forcément métabolisé par les cheveux. Mais c'est vrai que les toxicologues ont là une voie d'accès au passé médical, des toxicomanes.

[00:25:57]

Des gens qui pour commettre le crime parfait. Il faudrait raser la victime après, si on a rasé la victime.

[00:26:04]

Vous ne savez pas qu'elle a pris du zolpidem ou en aura d'autres. On ira chercher ailleurs. Est ce que je ne vais pas tout vous dire? Je voudrais pas donner la recette. Est ce que ce qui va dans les cheveux va aussi dans les poils?

[00:26:14]

Oui, les poils du pubis, par exemple, sous le bras. Donc, il faut aussi raser intégralement.

[00:26:19]

Et Macors, les sourcils, les sourcils aussi ont la mémoire. Oui, mon épouse, moins ça, c'est important. Parce que ce que vous en dit pas tout. Parce que c'est comme la police technique et scientifique. Si vous saviez tout ce qu'ils sont capables de faire, c'est pour ça le crime, le crime parfait.

[00:26:36]

Alors, en fait, on fait la différence entre le crime gratuit et le crime parfait.

[00:26:40]

Le crime parfait, c'est celui dont vous avez profité, soit psychologiquement, soit financièrement, et pour lequel vous n'êtes pas pris.

[00:26:49]

Il suffit pas de faire, pas vu, pas pris et on peut même être jugé pour un cadavre qui a disparu et qu'on n'a jamais retrouvé.

[00:26:56]

Qu'est ce qu'il a d'autres comme organes qui gardent la mémoire comme ça? Oui, il y en a d'autres encore, auxquels je dis peu ou pas que je puisse commettre le Canada.

[00:27:07]

Michel Sapin Je vous remercie de raconter vos histoires dans des livres. Le livre s'appelle En direct de la morgue. Il est publié chez Plon.

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