Happy Scribe Logo

Transcript

Proofread by 0 readers
Proofread
[00:00:00]

Repin Philippe d'Haendel. Culture Médias, saison 2, c'est parti! Tous les matins, pendant deux heures, on fait le tour avec vous, de tous les médias, avec tout ce qui compte. Animateurs, producteurs, journalistes et même des patrons et des patronnes de chaînes culture, médias. C'est aussi la culture au sens large, avec des artistes en studio. Et on va toujours vous parler films, séries, livres, jeux vidéos, théâtre, expos, bédé, repin, culture, médias.

[00:00:24]

Présenté par Philippe d'Haendel, c'est reparti. Rendez vous lundi, 9 heures sur Europe1.

[00:00:34]

Christophe Hondelatte Je vous raconte l'histoire d'une infirmière qui toners la mort. Christine Malèvre C'est une histoire qui remonte à la fin des années 90. Elle était infirmière à Mantes la Jolie. Elle a été condamnée pour avoir, sans concertation ni avec ses collègues, ni encore moins avec les familles, tuer six de ses patients.

[00:00:56]

Cette histoire est aussi l'histoire d'un grand malentendu parce qu'au début, certains ont pu croire que c'était une madone de l'automne. Eh bien, pas du tout. Vous verrez, pour le débriefe, je ferai appel tout à l'heure au juge d'instruction qui a dirigé cette enquête. Richard Pallain J'ai écrit cette histoire avec Thomas Audouard. Réalisation Céline Lebrun. Christophe Hondelatte. Cette histoire commence en mai 1998 à l'hôpital François Quesnay de Mantes la Jolie, dans les Yvelines, dans le service neurologie et pneumologie, au chevet d'un homme de 71 ans qui s'appelle Jacques Guiton.

[00:01:42]

Il a un cancer du poumon. Une sacrée merde! Il est condamné. Le médecin qui le suit a été très franc avec lui. Je suis désolé, monsieur Guitton. On est arrivé au bout de toutes les tentatives. Combien ce qu'il me reste à vivre? Docteur, c'est difficile à dire. Une semaine, deux semaines maximum. Et sa famille aussi est au parfum. Ils ont deux semaines maximum pour lui dire au revoir.

[00:02:20]

Mais il ne tient pas deux semaines. Le dimanche 3 mai, il s'éteint brutalement dans l'après midi. Il s'éteint d'un coup. Personne ne l'a vu venir. L'équipe soignante est stupéfaite. En fait, son état n'a pas pu se dégrader aussi vite. Incroyable! T'as raison? Il y a un truc qui colle pas. Il y a un truc pas logique. Et là, tout le monde se souvient que depuis le matin, l'une des infirmières, Christine Christine Malèvre, a répété plusieurs fois Ce sera pour nous, c'est je ce qui ne va pas tenir l'après midi.

[00:02:58]

Comment le savait elle?

[00:03:12]

Dans la foulée, une aide soignante décide d'aller voir le chef de service, le docteur Andrei. Docteur Yves. Pardon de vous déranger, dites moi, je voudrais vous parler et d'abord vous demander si vous ne trouvez pas bizarre que la plupart des décès qui surviennent dans le service arrivent quand? Quand Christine, Christine Malèvre et Alain. Vous êtes en train de me dire que selon vous. Christine a eu un rôle dans le décès du patient qui est mort aujourd'hui.

[00:03:50]

Oui, oui, on le pense. On est plusieurs à le penser. Et pas que pour celui d'aujourd'hui. Vous verriez la tête du docteur Hill. Il est stupéfait. Il tombe de l'armoire et d'autres membres de l'équipe viennent le voir. Mais vous avez des exemples précis antérieurs au décès de monsieur Guiton? Oui, oui. En novembre dernier, par exemple, j'ai vu j'ai vu de mes yeux Christine injecter de la morphine à un patient, une dose qui était prévue pour 12 heures et elle l'injecter d'un coup et le patient est mort dans les 24 heures.

[00:04:28]

Je l'ai vu. Mais ce jour là. Vous n'avez pas demandé de s'expliquer là dessus. Si elle m'a dit qu'elle s'était trompée, que la seringue était partie toute seule, elle était assez paniquée par ma question. Je m'en veux d'avoir mis autant de temps à vous parler. Mais vous comprenez, docteur? Jusque là, on avait des doutes. On se disait c'est le hasard, mais. Aujourd'hui, on a des certitudes. Vous devez savoir que depuis des mois, il y a une blague qui circule dans le service.

[00:05:08]

On dit que Christine est là, ce sera pour aujourd'hui. C'est une affaire très grave. Cette infirmière, Christine Malèvre, abréger la vie de ses patients. Le docteur, il va tout de suite en parler au directeur de l'hôpital qui lui aussi, tombe des nues. Il appelle immédiatement le procureur de la République. Écoutez, j'ai bien noté, monsieur le directeur, envoyez moi tout de suite une lettre, une lettre circonstanciée. Et le directeur se met à l'écriture de sa lettre.

[00:05:44]

Une infirmière du service de neuro pneumologie, Mme Christine Malèvre, est soupçonnée de pratiquer le thanassis active. Si la gravité des faits était avérée, cela justifierait une enquête. Et le même jour, le directeur convoque l'infirmière dans son bureau. Il est debout et ils lui disent qu'il s'est. Mais enfin, monsieur le directeur, ce sont des rumeurs, tout ça, c'est infondé. Je n'ai jamais rien fait. Écoutez Mademoiselle, je ne vous suspends pas pour l'instant.

[00:06:21]

Mais à compter de demain, vous irez travailler aux consultations externes. Vous êtes coupable? Mademoiselle Malèvre? Je vous plains. Voilà, voilà comment commence cette histoire et vous n'êtes pas au bout de vos surprises. Quand elle rentre chez elle ce soir là, Christine Malèvre se fait couler un bain chaud. Et ensuite elle écrit une lettre. Je préfère partir de ce monde où l'on protège les salauds, où l'on accuse les innocents. Par ailleurs. A l'avenir.

[00:07:06]

N'accusez pas sans savoir. Elle avale cinq boîtes d'anxiolytiques. Elle se plonge dans la baignoire et elle s'endort. Son compagnon la découvre plusieurs heures plus tard. Elle respire encore.

[00:07:20]

Il appelle le Samu et Christine Malèvre est transportée en réanimation à l'hôpital de Mantes la Jolie. Celui où elle travaille. Celui où on l'accuse. Dans les heures qui suivent, le directeur prévient la sœur de l'infirmière. Oui, oui, vous devriez lui trouver un avocat. Et à titre personnel, je pense qu'il faudrait la placer dans un hôpital psychiatrique. Si vous ne le faites pas, je je demanderai moi même son placement d'office. Ce qu'il fait, l'infirmière Christine Malèvre entre dans une clinique psychiatrique et le procureur en charge de la police judiciaire d'ouvrir une enquête.

[00:08:08]

Le directeur réunit alors toute l'équipe et tous les cadres. Je vous demande à tous de vous mettre au service de la justice dans ce dossier, de ne rien cacher, ne répondre à toutes les questions qui vous seront posées. D'accord, toutes. Vous leur dites tout, même si c'est difficile à dire. Et les flics débarquent et ils commencent à interroger un par un les membres du service. Moi, je pense que Christine. Elle a une attirance? Oui, une attirance particulière pour les sons en mouvement.

[00:08:56]

Moi, je dirais que que sa présence aux côtés des mourants. A toujours dépassé le cadre de son métier. Ça, c'est sûr, par exemple, je l'ai vu aller à des enterrements de patients. C'est simple quand il y a une toilette mortuaire, elle est toujours volontaire et demande toujours à la faire.

[00:09:21]

Les policiers demandent alors la liste des morts survenues depuis 1997, date de l'arrivée de Christine Malèvre dans le service. Il en compte 198. C'est beaucoup, mais c'est le service de fin de vie et à côté, il colle. l'Emploi du temps de l'infirmière. Et là, ça saute aux yeux. On meurt plus quand elle est là. Alors, quelle est sa part?

[00:09:55]

Le 7 juillet, après deux mois d'enquête, les policiers de la PJ convoquent pour la première fois Christine Malèvre.

[00:10:02]

Elle arrive tout droit de sa clinique psychiatrique. Mlle Malèvre, je vous informe qu'à dater de cet instant. Vous êtes placé en garde à vue? Et le commandant qui l'interroge se ce méta égrainé un par an le nom des patients morts alors qu'elle travaillait dans le service. Lui. Lui, oui, c'est moi. Et elle? Elle aussi. Elle assume 30, dessai 30. Et par quelles méthodes est ce que vous avez procédé, Mme? Bien à certains, j'ai injecté du chlorure de potassium.

[00:10:41]

Un Dodger administré des fortes doses de morphine. Des doses beaucoup plus fortes que celles qui étaient prescrites. Vous noterez qu'elle ne se cache pas derrière son petit doigt. Elle assume et naturellement, à l'issue de ses aveux, elle est présenté à un juge d'instruction, Richard Palat, qui la met en examen pour homicide volontaire.

[00:11:08]

Même si, devant lui, elle tente de mettre un petit bémol aux aveux qu'elle a faits en garde à vue. Vous savez, monsieur le juge, c'est. Un service qui est lourd et difficile. Disons que vous. J'ai aidé un certain nombre de personnes à promouvoir. C'est un peu et même pas mal en dessous de ce qu'elle a dit aux policiers, et le juge s'aperçoit par ailleurs qu'elle a avoué des décès survenus des jours où elle était absente à éclaircir.

[00:11:37]

En attendant, il décide de la renvoyer dans son établissement psychiatrique. Elle a quand même tenté de se suicider. Jusque là, l'affaire est resté confidentiel, mais avec la mise en examen, ça ne pouvait pas durer. C'est le journal Le Parisien qui sort l'histoire à la Une le 25 juillet 1998 avec ce titre. L'infirmière avoue le thanassis d'une trentaine de malades, le thanassis, alors que le juge, lui, la mise en examen pour meurtre avec préméditation.

[00:12:14]

Ce n'est pas la même limonade, mais deux fêtes dans l'opinion. Cette histoire vient réveiller le vieux débat sur le temps nazi en France et le top départ est donné le soir même par le secrétaire d'Etat à la Santé, Bernard Kouchner, au JT de France 2.

[00:12:32]

Je réagis avec tristesse, avec sérieux, mais avec compassion. Je pense que c'est un drame que nous pouvons chacun d'entre nous affronter dès le début de cette histoire.

[00:12:48]

On parle d'euthanasie et à un moment, il faut que le procureur rappelle que ce n'est pas le sujet.

[00:12:55]

On peut parler de avis avec réserve. Autrement dit, le de Monsieur Tout le monde ou même de voler n'est pas un concept juridique. A vrai dire, en clair, que tuer. D'ailleurs, on a eu affaire de garde, mais qui concernait approche, par exemple abréger les souffrances d'une personne. Elle ne comparaissait pas pour autant la vie. Elle comparaît pour homicide volontaire et volontaire.

[00:13:22]

Ce hiatus entre eux? Est ce que c'était un meurtre? Ou est ce que c'est de l'État nazi? Et le grand malentendu de cette histoire?

[00:13:35]

Ce débat qui s'ouvre sur l'État nazi, c'est pain bénit pour la défense de Christine Malèvre.

[00:13:41]

Pas béni, donc, ma foi. Elle pousse son avantage, d'autant qu'elle est vivant. Quatre mois après sa mise en examen pour meurtre pour meurtre, la voilà sur le plateau de la Marche du siècle. L'émission de Jean-Marie Cavada sur la 3. Un débat sur le temps, Nagi.

[00:13:58]

Dans quel état d'esprit êtes vous aujourd'hui? Mlle Malèvre et d'abord, pourquoi vous avez décidé de parler ce soir? Bonsoir, bonsoir bien. Je crois que maintenant, le débat est ouvert en tant qu'infirmière ayant vécu auprès de malades qui souffraient, qui réclamait à mourir auprès de familles aussi. Mon témoignage peut être utile aujourd'hui. Tout s'est fait dans un climat de confiance, avec des patients et toute une relation. Des relations humaines se sont instaurées entre ces patients et moi.

[00:14:30]

Et lorsqu'on a rien à proposer aux malades, pas de service spécifique. Quand on sait que la médecine ne peut plus rien. Faut il se défiler? Faut il laisser ces malades souffrir? Elle est là, tout gentil, toute douce, avec cette bonne grosse joue. Elle ne ressemble pas à l'idée qu'on se fait d'une empoisonneuse. On se dit qu'on voudrait la voir comme infirmière et en une soirée, elle devient la passionaria des militants pro Thanassis. l'Association pour le droit de mourir dans la dignité lui apporte son soutien dès le lendemain et dans la foulée, elle reçoit quatre cent mille francs de ton.

[00:15:13]

Les gens s'emballent dans leur tête, un peu exaltés. Cette gentille dame a gentiment aidé à mourir des petits vieux au bout du rouleau, qui lui réclamaient une piqûre à cor et à cri. Mais est ce que c'est vraiment ça qui s'est passé? Quand il la voit à la télé, je peux vous dire qu'il y en a qui font des bonds sur leur canapé. Oui, les familles, les familles de tous les gens qui sont morts. À la mi août, par exemple, sa femme Denise avait 48 ans et un cancer du poumon et elle est entrée à l'hôpital pour une chimio ou juste une chimio.

[00:15:57]

Et elle y est morte. Il n'a jamais compris pourquoi et il se souvient très bien que cette Christine Malèvre était là. Alors elle porte plainte et il prend un avocat, maître Maurice, présenter Christine Malèvre comme une victime.

[00:16:13]

C'est profondément indécent vis à vis des victimes à la suite de la constitution de partie civile de monsieur Le Maho. Il y a six nouvelles parties civiles qui vont se constituer cette semaine et je crois que nous aurons à ce moment là un débat beaucoup plus équilibré par rapport à ce qui existe jusqu'à présent.

[00:16:31]

Et dans la foulée, d'autres familles portent plainte. A commencer par la veuve de Jacques Guiton, le dernier patient. Et là, retournement de situation devant le juge Pallain, Christine Malèvre n'assume plus que quatre morts. La miss est revenue sur ses aveux. Et après ma foi, la presse qui jusque là était plutôt du côté de l'infirmière, fait un brusque mouvement de balancier, souvent presse vari. Le magazine L'Express publie un article qui fait sensation et qui refroidir les ardeurs de certains.

[00:17:11]

Il est signé Anne-Marie Casteret. C'est une journaliste médicale qui a révélé, entre autres, l'affaire du sang contaminé. Son papier s'appelle Mortelle compassion et c'est un portrait terrible de Christine Malèvre. Chiffres à l'appui, Anne-Marie Casteret l'accuse de Thanassis Massive et elle révèle le tableau des décès et, en parallèle, l'emploi du temps de Christine Malèvre. Ça saute aux yeux. C'est beaucoup plus qu'un petit coup de main à des petits vieux au bout du rouleau. Et là, d'un coup, les journalistes changent de quand vous savez ce que c'est.

[00:17:48]

Tout est bon dans le cochon et la feuille d'un coup devient sorcière. Et assez vite, on invente des expertises psychologiques de Christine Malèvre. C'est une personne à la dérive, qui souffre et qui tente de se sauver dans une sorte de mission. Et puis vient l'expertise psychiatrique. Elle tisse avec le patient une sorte de lien secret dans lequel se déroule une sorte de serment. C'est une perversion de la relation en dehors de toute hiérarchie, en dehors d'un tiers, sans aucune référence à la loi.

[00:18:26]

Mademoiselle Malèvre se trouve ainsi en situation de donner la mort sans jamais en référer à personne.

[00:18:36]

Depuis toutes ces révélations, la passionaria a perdu du poil de la bête, mais elle trouve un éditeur, Bernard Fixot, pour publier un livre, Mes aveux. Il paraît en mars 1999, soit dix mois après sa mise en examen. Et la voilà sur Europa pour en faire la promo chez El Kabbaj.

[00:19:02]

Il est juste 8h20, Jean-Pierre Elkabbach recevait Christine Malèvre Christine Malèvre. Bonjour, bonjour, merci d'être là. Infirmières, vous attendez en ce moment votre procès. Vous êtes mises en examen pour meurtre. Comment vous expliquez vous? Vous définissez les gestes et les actes que vous avez fait vous même.

[00:19:20]

Le terme de meurtre me fait me fait mal parce que je ne considère pas avoir tué ses patients. Je les ai aidé à mourir. Et le terme de tuer est un terme tellement dur m'y faire. Vous avez reconnu trois ou quatre disparitions de votre propre fait? Oui, trois de Thanassis et un cas où j'ai agi de mon propre chef en augmentant une dose de médicaments sans prescription médicale. Devant le ou les policiers qui vous interrogez, vous avez reconnu une trentaine d'actes.

[00:19:55]

Cette garde à vue a été un moment horrible, terrifiant pour moi ou j'ai paniqué ou j'ai perdu pied. Ça a été.

[00:20:03]

J'étais face à un homme qui me considérait déjà comme une criminelle qui se livre, évidemment.

[00:20:13]

Les avocats des familles de victimes tentent de le faire interdire. Enfin, mettez vous à leur place. Cette femme est accusée d'avoir tué leurs proches et elle publie un livre et se donne le beau rôle. Elle fait croire qu'elle s'est retrouvée toute seule face à des malades abandonnés par leur famille. Mais c'est faux. Didier Bodé, par exemple. Il a veillé son père jusqu'au bout et sa femme aussi. Il était là, il lui donnait la main. On ne leur a rien demandé.

[00:20:41]

On ne les a pas consultés. Alors oui, oui, ils sont choqués par ce livre. Mais le livre n'est pas interdit.

[00:20:56]

Mais le juge d'instruction, lui, le juge Pallain, lui, n'est pas là pour trancher un débat de société.

[00:21:02]

Il est là pour dire c'est Christine Malèvre a tué, avec ou sans concertation avec ses collègues, avec ou sans concertation avec les familles, avec ou sans concertation avec les malades des patients de son hôpital. Et donc, il désigne des experts pour rendre un rapport statistique. Un rapport qui met en parallèle la mort de patients et la présence de l'infirmière dans le service, et ce rapport confirme le tableau déjà dessiné par les policiers. Quand et les présents, on meurt plus dans cet hôpital.

[00:21:39]

Ensuite, il désigne un médecin expert et le charge de se pencher sur 21 cas suspects. Et ce médecin démontre qu'à partir des fiches de soins, dans les 21 cas, la souffrance et la douleur étaient parfaitement prises en charge par l'hôpital. A un moment, le juge hésite. Est ce que je fais exhumer les corps pour réaliser des autopsies? Et puis, il se dit à juste titre ça ne sert à rien parce que de la morphine, on va forcément en retrouver puisque tous les malades du service en prenaient et on sera incapable de la doser.

[00:22:14]

Et de dire à un moment si elle a un peu touché sur la seringue. Quant au chlorure de potassium qu'il a utilisé pour en finir, il en faut une si petite dose qu'elle sera indétectable. Et donc, on fiche la paix aux morts. Ils restent là où ils sont. Et puis, à un moment, le juge décide de reconstituer un geste, un geste que Christine Malèvre a décrit en interrogatoire. Un geste malheureux, dit elle. Pratiquée sur une certaine Dominique Kossmann, qui était en phase terminale d'un cancer et qui pourrait, elle, est un accident.

[00:22:54]

J'étais en train de lui administrer de la morphine. L'ado est parti d'un coup, d'un coup. Eh bien, vérifions. Le juge fait venir tout le matériel dans son bureau la pompe à morphine, la seringue qu'on met dedans, la poche de produit et il lui demande de refaire le geste. A dit Mme Malèves. Procédez comme vous avez procédé ce jour là, J. La machine qui actionne la seringue ne peut pas produire une surdose, elle peut augmenter un peu la dose de morphine, mais pas vider toute la seringue d'un coup.

[00:23:31]

Donc, la sortie de la machine est d'ailleurs. Une de ses collègues témoigne que ce jour là, elle a trouvé la seringue hors de la machine vide. C'était une grosse seringue. Allez y, Malèves Adji appuyé sur la seringue pour évacuer le produit. On vous regarde. Et là, elle appuie, elle appuie sur la seringue comme un soudard, mais c'est une grosse seringue avec un tout petit orifice d'évacuation. Et c'est dur, elle n'y arrive pas.

[00:24:05]

Il lui faut un temps fou et beaucoup de force. Donc ça n'est pas un geste accidentel, c'est un geste volontaire. Conclusion du juge après cette reconstitution c'est une meurtrière et sa place est en prison parce que jusque là, elle était libre. Et le soir même, elle dort à la maison d'arrêt de Versailles. Pas longtemps. Son avocat demande immédiatement sa remise en liberté et huit jours plus tard, il l'obtient. Quand elle sort de prison, Christine Malèvre pourrait se disant Je vais m'en sortir.

[00:24:43]

Erreur, car dans la foulée, au contraire, sa responsabilité est aggravée par le juge. Elle a été mise en examen pour meurtre. La voilà mise en examen pour assassinat. Elle a voulu tuer et désormais, donc, elle risque la perpétuité.

[00:25:08]

Après une année et demie d'instruction, le juge Palat a retenu onze dossiers, onze dossiers dans lesquels il paraît clair que l'infirmière a donné la mort, mais finalement, la chambre de l'instruction n'en retient que sept. Sept dossiers dans lesquels il paraît clair qu'elle a poussé la seringue volontairement. Ce n'est donc plus une madone de Thanassis, c'est une tueuse en série. Alors, comment va t elle se défendre? Elle prend un nouvel avocat, maître Charles Libman, un ténor du barreau de Paris.

[00:25:40]

Qui plus est membre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité. Il lui propose une nouvelle stratégie. On va plaider que vous êtes innocente, Christine, vous n'avez rien fait. Ils ont beaucoup de mal à prouver l'inverse. Le procès est programmé pour janvier 2003 devant la cour d'assises de Versailles et Christine Malèvre comparaîtra libre. Dès le premier jour d'audience, le grand malentendu de cette histoire explose au grand jour. Finalement, Christine Malèvre veut bien assumer deux décès, celui d'Hubert Bruyelle et celui de Patrick, auquel.

[00:26:23]

Je n'ai fait que soulager leurs souffrances. À leur demande précise. Et là, l'avocat de la famille Bruyelle, maître Olivier Morice, bondit enfin saint-flo. Père Bruyelle n'était pas en fin de vie du tout. Elle vient d'affirmer qu'il était dans le coma depuis 24 heures quand il est mort. C'est faux.

[00:26:42]

Elle ment. Le président demande alors à Christine Malèvre de préciser dans quelles conditions est mort Patrick Goguel. A 14 heures, il m'a dit qu'il fallait que je l'aide à partir. Là maintenant. Je lui administrer du chlorure de potassium. A 15h15, il était mort. Mais là encore, ça ne tient pas, selon les médecins, Patrick Hoguette ne pouvait plus parler et sa veuve vient enfoncer le clou à la barre. Les grands vins. Patrick n'aurait jamais demandé ça à une inconnue, il m'aurait demandé à moi.

[00:27:23]

Je suis linfirmière. Il ne l'a jamais demandé. Les infirmières et les sages femmes, on la croit et une autre veuve, Nicole Guiton, vient dire à peu près la même chose. Pourquoi est ce que Mlle Malev ne s'est pas adressée à moi? Alors que depuis le matin. Elle a assuré toutes les aides soignantes que mon mari allait mourir. À cause d'elle même, pas pu lui dire adieu. Mais parmi les victimes, il y a aussi des gens qui défendent le veuf, par exemple de l'une des sept victimes qui a refusé de porter plainte.

[00:28:02]

Mme Malèvre s'est occupée de ma femme pendant six mois. Je l'ai trouvée très compétente et je n'ai aucun soupçon sur elle. Même attitude chez un frère d'un autre patient de 29 ans, mort d'un cancer du poumon. Elle s'occupait de lui alors qu'il n'était pas dans son service. Je ne veux pas du tout. Au total, 70 témoins défilent à la barre, dont beaucoup de ses collègues qui enfoncent le clou. Aucun. Vous entendez? Aucun ne la défend.

[00:28:43]

Le cinquième jour, le Thanassis est de retour dans le débat avec le témoignage de la psychologue Marie de Hennezel, connue pour ses positions en faveur du droit à mourir dans la dignité. Elle a rencontré Christine Malèvre une heure, mais elle a une opinion. Un est absolument pas un monstre ou. Ou un serial killer? Je dirais que c'est une idéaliste déboussolée. Il s'est fixé une mission imaginaire. Mais vous condamnez ces actes? Mme. Oui, oui, je ne peux pas les cautionner.

[00:29:18]

Mais on ne peut pas les juger sans les restituer dans un cadre sociétal. Viennent ensuite les experts psychiatres. Un premier expert, je dirais qu'elle projette sur les autres. Ses propres souffrances et un deuxième expert psychiatre. Elle a l'impression que les autres soignants n'ont pas la même responsabilité qu'elle. Elle a l'impression que le système s'en fout. Elle se dit dévouée corps et âme. D'où l'idée d'aider les malades à moins souffrir.

[00:29:57]

On approche de la fin. L'avocat général se lève pour son réquisitoire. A l'issue de deux semaines d'audience. Je dois reconnaître que je ne sais pas qui est Christine Malèvre. Je ne suis pas parvenu à cerner sa personnalité. Est elle une pauvre fille dépassée par la situation ou est elle une tueuse méthodique? Je ne le sais pas, mais je sais qu'elle a donné la mort et en conséquence, je vous demande de la condamner à une peine qui ne saurait être inférieure à 10 années de réclusion criminelle.

[00:30:39]

Disent les familles sont stupéfaits. Elles s'attendaient à plus de soutien de l'avocat général. Va t elle être acquittée après la plaidoirie de son avocat, maître l'Iman, qui plaide l'innocence d'un bout à l'autre? Le suspense est total. Le délibéré dure quatre heures et à l'issue, elle est reconnue coupable de six des sept assassinats. Vous êtes condamné, Mme Malèvre, à dix années de réclusion criminelle et à une interdiction à vie d'exercer le métier d'infirmière. Je vous remercie.

[00:31:15]

L'audience est levée. Dix ans, elle fait appel. Elle est rejugée en octobre 2003 par la cour d'assises de Paris et après sept heures et demie de délibéré, sa peine est alourdie. Mme Malèvre, vous êtes condamné à douze années de réclusion criminelle et à une interdiction à vie d'exercer votre métier d'infirmière.

[00:31:44]

Finalement, Christine Malèvre n'a passé que quatre années en prison. Elle est sortie en 2007. Depuis, elle s'est mariée et elle est devenue comptable.

[00:32:02]

A plusieurs reprises dans cette histoire, j'ai évoqué le juge Richard Pallain, qui est le juge d'instruction de cette affaire. Malèvre, il a accepté aujourd'hui de revenir plus de vingt ans après le début de son enquête sur les faits et son instruction. Est ce que monsieur Pallain s'est réveillé des souvenirs ou est ce que vous vous souvenez de toute cette histoire? Parce que ce n'est pas banal dans la vie d'un magistrat instructeur comme enseignant?

[00:32:26]

Vous avez réveillé des souvenirs parce que, comme vous le dites si bien.

[00:32:29]

L'eau a coulé sous les ponts et ça fait maintenant vingt ans qu'il y a un certain nombre de choses que je ne vais pas garder en mémoire et d'autres encore qui sont assez assez claires dans ma tête alors que je voudrais en venir à ce moment particulier, qui est le moment où le débat sur l'euthanasie démarre à la télévision, à la radio, dans les journaux. Il y a d'abord la prise de position de Bernard Kouchner. Ensuite vient l'émission La marche du siècle de Jean-Marie Cavada voulant regarder cette émission.

[00:32:57]

Non, je regarde pas, je regarde et je partage. Ce principe, c'est que c'est quasi un principe, que ce n'est pas que ça ne m'intéressait pas, mais je trouvais que ça polluait ma réflexion. Et puis, mon travail de juge d'instruction, c'est avant tout de bâtir un dossier et de rechercher des preuves. C'est un travail long, minutieux. Ça ne se résume pas à des échanges d'arguments entre les pro et les contre le canal Vie. Donc, ce n'est pas mon débat et je n'ai pas envie d'y participer.

[00:33:27]

N'ai pas. Je n'ai pas envie de savoir ce qui se dit. Ce qui compte pour moi, c'est ce qui se dit dans mon cabinet d'instruction avec Christine Malèvre, assistée par son avocat.

[00:33:37]

Au vu des éléments que j'ai déjà dans le dossier, Kouchner vous énerve à ce moment là? Il n'est pas responsable et il est Denso.

[00:33:48]

Si c'est un débat sur le cannabis, il est dans son rôle. Moi, ce que je vais découvrir au fur et à mesure, c'est qu'on est peut être très loin de le nazi et que ça n'a peut être aucun rapport avec le cannabis. La société française, manifestement, à cette période, est prête à avoir ce débat. Ce dossier déclenche ce débat, mais moi, je n'ai pas à y participer. Je ne fais pas mon rôle. Je n'ai rien à apporter.

[00:34:14]

Et le Livre blanc, ça le livre. C'est un cas quasi unique parce que lorsqu'on est mis en examen pour assassinat, il est absolument impensable en France qu'un éditeur accepte de publier un livre.

[00:34:26]

Mais là où il n'y est pas allé non plus, je vois qu'il y a à ce moment là. Moi, j'ai déjà entendu Christine Malèvre à plusieurs reprises. Je crois avoir lu. Je me souviens à peu près que nous avions effectué. J'ai effectué 8 interrogatoires. Si je me souviens bien, c'est une trentaine d'heures d'interrogatoires et on a eu le temps de s'expliquer. Si vous voulez donc le lire, c'est forcément un plaidoyer pro domo. Mais ce plaidoyer pro domo ne m'intéresse pas.

[00:34:54]

Je vais le mettre. On va le mettre en relation et en rapport avec ce que moi j'ai dans mon dossier. Vous, je vous le dis, je suis toujours à la recherche de preuves depuis le début. Que ce soit des preuves d'estime moniale ou des preuves objectives dont vous avez parlé tout à l'heure, ce sera la reconstitution. C'est difficile quand même, j'imagine.

[00:35:13]

Quand on débat comme ça s'empare de la société, s'empare des médias. On imagine que ça serait aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, de rester froids.

[00:35:22]

Je ne vous dirai pas la télévision, j'écoute pas la radio, je ne lis pas La Presse. De fait, je ne participe pas aux débats et d'ailleurs, si j'y participais, je ne serais pas en capacité, en mesure d'instruire un dossier et que l'objectivité, l'impartialité qui s'impose. Moi, je ne suis pas centrée sur un débat de société. Je suis centré sur la situation personnelle, juridique, pénale de Christine Malèvre. J'ai en face de moi une personne et cette personne.

[00:35:51]

Il faut que je détermine si les faits qui lui sont imputés ou reprochés sont établis ou ne sont pas établis. C'est tout mon travail d'enquête.

[00:35:59]

Dès la mise en examen, vous partez néanmoins avant que vous ne connaissiez véritablement l'enchaînement des faits. Vous partez sur meurtre avec préméditation. A partir de quand? Est ce que votre conviction est claire que cette femme a fait beaucoup plus que pousser une petite dose au bout de sa seringue? Parce qu'un patient lui disait Je veux mourir, je veux mourir.

[00:36:24]

Le cheminement, pardonnez moi est un peu plus complexe. Le dossier est ouvert à mon cabinet un jour de permanence. Comme tant d'autres, je sais seulement parce que le procureur me l'a dit que ce jour là, on va ouvrir une information judiciaire à mon cabinet. Pour Analysys, le THANASSIS, ça n'existe pas en droit français, c'est meurtre ou assassinat. Mais à partir du moment où on parle de cannabis, c'est le courrier qui avait été adressé par le directeur de l'hôpital et qu'on qualifie de meurtre, c'est à dire qu'on retient la qualification la moins la moins grave, des faux dire la plus douce.

[00:37:01]

Et donc. Au départ, quand je reçois Christine Malèvre, qui d'ailleurs va dire très peu de choses lors de son interrogatoire de première comparution où elle est assistée par ses avocats et je l'interroge pas, j'interroge pas pour deux raisons. La première, c'est qu'elle me dit elle peut se dire par ses avocats avant qu'elle ne répondra pas à mes questions. N'était elle pas simplement faire quelques déclarations ou appels spontanés dans notre jargon? Et puis, dans un deuxième temps, je prends en considération le fait que je sais qu'elle a fait une tentative de suicide, qu'elle est hospitalisée en hôpital psychiatrique depuis deux mois.

[00:37:36]

Et il est hors de question. Si vous voulez d'ailleurs, y'a pas de raison que les choses se passent ainsi. Il est hors de question que notre entrevue ne soit pas autrement marquée que par le sceau de la courtoisie. Donc, il y a dès le départ et parce que c'est peut être une affaire de nazi. Parce que le dossier au départ, même s'il est extrêmement bien fait par les enquêteurs du SRPJ de Versailles qui sont la crème des enquêteurs, s'il est très bien fait, il est quand même pas complet.

[00:38:03]

Or, c'est qu'on ouvre une information judiciaire. Donc je sais parfaitement qu'il y a un travail important qui m'attend et pourrait être très clair. Je ne suis pas mal disposé à l'encontre de Christine Malèvre et je me dis même qu'elle a peut être raison contre tout le monde.

[00:38:20]

Donc, vous ne fermait aucune porte au début de votre enquête? Vous même, vous vous dites que j'entends là si vous avez une oreille et un peu ouvert sur cette question en Asie.

[00:38:28]

Non seulement ne ferme aucune porte, mais j'ai envie de dire j'ai ouvert toute. C'est à dire que avant de concevoir mon dossier et d'avancer, au fur et à mesure que j'entends de Christine Malèvre qu'elle me donne ses argumentations, sa vision de ce qui est des actes qu'elle a pu commettre. D'abord, qu'elle me dise ce qu'elle a fait parce que je vous rappelle qu'en première comparution, quand je l'entends pour la première fois de façon très, très succinte, elle reconnaît très peu de choses et que les vingt ou trente cas qu'elle avait pu citer la loose comme ceux là devant le SRPJ de Versailles, on n'en parlera plus jamais.

[00:39:05]

Donc, il va falloir qu'à rebours, je reconstitue un dossier et il suffit pas de dire il faut prouver et prouver qu'il était nazi, alors que la scène se passe par définition sans témoins et que la personne qui a été euthanasié. Évidemment, n'est pas là pour nous dire ce qui s'est passé. Et bien ça nécessite des recherches à la fois techniques sur le plan médical, sur le plan des personnalités. Et cuire, entendre, entendre toutes les personnes qui ont travaillé aux côtés de Christine Malèvre et qui, par bribes, ont surpris des éléments qui leur paraissait incongru ou incompatible avec un exercice normal de la profession d'infirmier Richard Palin.

[00:39:46]

Vous avez été le juge d'instruction qui a mené cette enquête. Ce point là était essentiel. Vous avez réussi à démontrer dans votre bureau, en sa présence en présence de ses avocats, qu'il n'est pas possible de déraper quand on fait une injection de morphine. Parce que c'est ça la vérité si on veut vraiment injecter toute une grosse seringue de morphine à quelqu'un. Il faut vraiment le vouloir appuyé depuis longtemps.

[00:40:10]

C'est ça pour être très clair. J'avais dit à Christine Malèvre à l'origine, quand je l'ai vu notifier sa mise en examen pour homicide volontaire pour meurtre. Je lui avais dit et après, quand je l'avais entendue écouter Mademoiselle, je veux bien vous croire. Je veux bien entendre ce que vous me dites quand vous décrivez un service qui dysfonctionne, un mouroir. Les raisons pour lesquelles vous avez été amenée à agir. Mais si un jour je vous prend en défaut, alors vous perdrez cette confiance et le dossier prendra une autre tournure.

[00:40:45]

Et en fait, il n'y avait pas d'élément objectif dans le dossier. Il n'y avait que des témoignages de collègues qui avaient surpris des gestes inappropriés. Il y avait ses propres réponses et quelques éléments médicaux, mais on avait très peu de choses. J'attendais un moment ou un autre pour faire la. Pardonnons la Parvus. J'attendais quelque chose qui soit objectivement indiscutable et elle avait décrit le malaise avec des décrit à l'occasion de ses interrogatoires, une certaine circonstance où elle avait été amenée à augmenter légèrement la dose de morphine d'un patient.

[00:41:19]

Et puis, la seringue était partie. On appelle techniquement au bolus, c'est à dire que l'intégralité du contenu de la seringue était s'était échappé dans la Tibur et ça avait provoqué puisque c'était de la morphine. Une overdose, une overdose ou simplement par un arrêt cardiaque. Et donc, c'était, comme elle l'avait décrit, la scène. J'avais décidé seul objectif que je pouvais essayer de reconstituer. J'avais décidé Constitución dans mon bureau, donc on avait fait venir. J'avais fait venir un certain nombre de personnes techniciens, techniciennes.

[00:41:52]

Christine Malèvre, ses avocats. Et puis tout le matériel pour ça. Sauf que ça paraissait quasi évident. Et vous l'avez très bien rappelé tout à l'heure dans votre présentation. Les liquides sont incompressibles. La seringue contient un certain nombre de millilitres de produit, mais le charme de la seringue trop da5. Il est très étroit, très étroit, donc vous pouvez vous asseoir dessus. Même si vous peser le poids d'un éléphant. Si vous voulez, ça ne peut pas partir en bonus.

[00:42:21]

Donc, il faut appuyer fortement, longuement pour pouvoir augmenter, même légèrement, même légèrement, le débit de seringue. Et là, si vous voulez, c'était la preuve que sur ce point, en tout cas, il m'a émoustillés à partir du moment où elle avait menti sur ce point. L'ensemble de sa défense, de sa stratégie, n'était plus recevable de la même façon parce qu'elle pouvait avoir menti. C'était le cas, je pense, sur d'autres sujets.

[00:42:46]

C'est ce fameux moment où vous la prenez en défaut et vous ne croyez plus du tout.

[00:42:51]

Sa parole est remise en doute et tout ce qu'elle a pu me dire antérieurement, que ce soit sur le fonctionnement du service, sur l'art, sur ses relations avec les patients, sur un certain nombre d'éléments techniques, tout ça, tout d'un coup, est frappée du sceau de la suspicion. Alors, qu'est ce que je fais? Et c'est très symbolique. Pour marquer le coup, je l'ai incarcère le soir même, c'est à dire que je lui signifie que le dossier a changé de physionomie.

[00:43:17]

Il a basculé en quelque sorte, avec d'autres éléments qui vont faire basculer le dossier, mais il a basculé. Nous ne sommes plus dans un dossier dont on pouvait considérer que c'était un dossier de Thanassis qui pouvait permettre de lancer un grand débat national sur le thanassis. Nous sommes dans un dossier criminel, c'est à dire une jeune infirmière qui, pour des raisons qui lui appartiennent et qui sont à mon sens et ce que disent les expertises de nature psychologique, s'est laissée aller à une dérive qui est pénalement répréhensible.

[00:43:46]

Je connais peut être une petite erreur stratégique puisque je lui notifie pas ce jour là une qualification d'assassinat, d'assassinat. C'est la préméditation. Mais si vous voulez, et tout le monde l'entend. Une qualification de meurtre, c'est une chose. Une qualification d'assassinat, c'est pire, a une autre connotation, c'est autre chose.

[00:44:06]

Au procès, l'avocat général dit quelque chose que j'ai rarement entendu dans la bouche d'un avocat général au bout de deux semaines de procès. Je dois reconnaître que je ne sais pas qui est cette femme. Je ne suis pas parvenu à cerner sa personnalité. Est ce que vous diriez ça vous aussi? C'est à dire? Moi, j'ai lu les expertises psychiatriques et médico psychologiques et le dossier. Le deuxième point de basculement qui d'ailleurs, je crois, intervient avant la reconstitution.

[00:44:36]

Ce sont les expertises médico psychologiques et psychiatriques et elles donnent la clé. A mon sens, elle donne la clé. Moi, je suis pas expert psychiatre. Je me permettrais pas d'intervenir sur ce point ou d'avoir le moindre jugement. Mais les experts nous disent quoi? Ce que j'ai retenu en substance? Une jeune femme qui est en grande souffrance personnelle, qui ne supporte pas la souffrance des autres et qui est la souffrance réelle ou supposée des patients. Pour éteindre sa propre souffrance.

[00:45:05]

Voilà ce que j'ai retenu puisque vous savez rappeler les termes des expertises psychiatriques tout à l'heure. Donc, à mon sens, c'est la clé, c'est la clé. C'est le ressort psychologique qui fait de Christine Malèvre, non pas comme certains ont voulu l'appeler la Madone ou la représentante ou la porte parole de l'État nazi, mais simplement une jeune fille qui est en grande perdition. Alors, je voudrais dire à ce sujet quelque chose qui, à mon sens, n'a pas été suffisamment dit au procès.

[00:45:32]

Même trop. On m'a cité la cour d'assises. La question n'a pas été abordée et je le regrette. Le service dans lequel travaillait Christine Malev était loin d'être un mouroir. Ce n'était pas un service de fin de vie. C'était un service dans lequel des gens guérissait, étaient en rémission, qui sortaient de ce service. Les gens ne mouraient pas tous, sauf une inexactitude. En revanche, un service extrêmement difficile, extrêmement difficile. Et j'avais entendu de très nombreux Finlandais, l'ensemble des aides soignants et des infirmiers et infirmières qui étaient là.

[00:46:06]

Et c'était très souvent la plupart de jeunes personnes, de jeunes filles. Et je me disais quand même que confier à ces jeunes personnes des services des responsabilités aussi lourdes. Effectivement, il y avait un nombre de décès qui était important. Soit il atteignait 97 83. La mort était quand même omniprésente et je trouvais que c'était une tâche extraordinairement lourde pour deux jeunes femmes qui avaient pour la plupart moins de 30 ans de moins de 30 ans quand le verdict tombe aux dix ans.

[00:46:35]

Le premier verdict douze ans. Verdict d'appel. D'abord, vous nous informer. On vous tient au courant. Tout ce qu'il en était, le magistrat instructeur ne sont pas tenus au courant de la suite. Sincèrement, ça vous paraît couler?

[00:46:47]

Alors oui, je prends ça. Ce n'était pas très difficile, sauf quand je vous dis que c'est la radio qui distribue la radio sur les actes qui m'intéressent, non? Mais enfin, quand même, je me tiens un petit peu informé de l'état de l'état du monde. Après, si vous voulez, moi, je suis pas intéressé au quantum de la peine. Le travail du juge d'instruction, en tout cas, c'est comme ça que je le conçois, c'est de d'instruire un dossier qui concerne en l'occurrence une personne particulière, d'essayer de recueillir des éléments d'information.

[00:47:17]

Et puis, ces éléments d'information. l'Eglise transmet ses communiqués à une juridiction de jugement qui va dire si ça correspondant n'est pas là.

[00:47:26]

Enfin, quand vous entendez 10/12, vous vous dites tiens, c'est juste un rôle devant assassina 10/12. C'est un Serrat. La qualification d'assassinat suggère qu'on commence à s'approcher de la perpètrent.

[00:47:37]

Oui, mais c'était quand même très symbolique. La qualification d'assassinat, ça ne changeait pas le fond du problème. Maintenant, ça a changé. Pas la difficulté de l'exercice du métier. Ça change pas la personnalité de Christine Malèvre. Il y avait beaucoup à dire sur la personnalité de Christine Malèvre. Moi, je crois qu'une des erreurs en termes de stratégie de défense de Christine Malèvre, c'est d'avoir changé d'avocat et d'avoir rejoint le club des associations de l'association ou le club de ceux qui pensaient que c'était un dossier de Thanassis.

[00:48:08]

Je pense que ce dossier méritait qu'on se consacre à Christine Malèvre. C'était son dossier. Elle n'était pas un dossier emblématique de Thanassis et je pense qu'il ne fallait pas. C'était une erreur d'élargir le débat. Je me suis bonningues une dernière question pour vous?

[00:48:21]

J'ai noté qu'aujourd'hui, vous êtes devenu parquetiers, c'est à dire que vous êtes du côté du procureur. Vous avez changé tout courant, ça non plus. C'est plus intéressant.

[00:48:30]

Juge d'instruction, il y a un âge pour tout. Il faut être raisonnable. Mais si vous voulez, c'est assez assez fréquent dans la magistrature. Et puis, on peut très bien exercer le métier de parquetiers avec le même état d'esprit, la dépendance d'esprit que quand on est juge d'instruction, c'est à dire chercher la vérité sans s'accrocher à des idées toutes faites ou à des postures.

[00:48:57]

Merci beaucoup de m'avoir accordé ce petit moment tant d'années après. Sur cette affaire, Christine Malèvre. Des centaines d'histoires disponibles sur vos plateformes d'écoute et sur Europe1.fr.