Happy Scribe
[00:00:00]

Vous êtes sur RTL. Au Mumtaz de la pharmacie Wyatt Geneste, nous sommes mille personnes qui, disons que nous n'aimons plus ce monde, prenait nos vies. Nous nous allongeant. Nous sommes fatigués. Nous n'avons pas commis de suicide. Nous avons commis un suicide révolutionnaire. Bonsoir.

[00:00:33]

Cette voix que vous venez d'entendre. Ces mots sont les derniers du pasteur Jim Jones. Il les avait enregistré juste avant de mourir, le 18 novembre 1978, laissant derrière lui un monceau de cadavres dans la jungle du Guyana, un petit Etat d'Amérique du Sud 910 hommes, femmes, enfants, vieillards et nouveau nés. Des Américains empoisonnés avec une mixture fatale, un mélange de soda à l'orange et de cyanure. Un suicide collectif qui cachait en fait un meurtre de masse.

[00:01:06]

C'est cette histoire terrifiante, celle du temple du peuple, une secte puissante et influente, que nous allons vous raconter ce soir dans L'heure du crime. Car quarante ans après les faits, cette tuerie suscite toujours les mêmes interrogations. Comment un seul homme, James Jones, a t il pu mener à bien une telle entreprise? Pourquoi les Etats-Unis ont laissé faire ce révérend illuminé qui les défiait? Comment avaient ils réussi à mettre sous influence un millier de disciples qui avaient tout abandonné pour le suivre et le vénérer, alors que le temple du peuple, à l'origine une communauté fraternelle et idéaliste, s'était changé en une prison?

[00:01:43]

Kashan Abus sexuels, punitions et humiliations. Le massacre collectif de Johnstown, cette ville dans la jungle qui portait le nom de son gourou, reste aujourd'hui encore le plus diabolique des mystères. Nous allons avec nos invités explorer ce soir cette manipulation mentale qui, dans l'histoire des sectes, même les mieux structurés, reste inégalée et défie l'imagination.

[00:02:09]

Le massacre de Jonestown, un suicide collectif sur commande? L'enquête ce soir de l'heure du crime sur RTL. On se retrouve tout de suite mardi soir, jusqu'à 21 heures. Cyril. Je suis resté. DICRIM ce soir dans l'heure du crime. Retour sur le massacre de Jonestown à l'automne 78 au Guyana. Plus de neuf cents Américains qui se sont donné la mort dans une communauté agricole. Le monde va alors découvrir une histoire terrifiante la mainmise d'un gourou, Jim Jones.

[00:02:47]

Mais pour l'instant, devant cette scène de crime inouï, c'est la stupéfaction qui va l'emporter. Le 19 novembre 1978, à 3 heures 29 du matin, le service de veille de la Maison Blanche reçoit un premier télégramme de la CIA. l'Agence de renseignement fait état d'un suicide de masse à Johnstown. Puis quelques précisions. Des centaines de citoyens américains morts à Jonestown, Johnstown ne figurent sur aucune carte, mais la CIA et les autorités américaines connaissent parfaitement ce lieu, une cité érigée sur 11.000 hectares dans la jungle du Guyana, un petit pays d'Amérique du Sud aux confins du Venezuela et du Brésil.

[00:03:30]

Une équipe de 120 militaires guyanais est aussitôt dépêchée sur place et, aux premières heures du matin, découvre une vision d'apocalypse sur le domaine de Johnstown, où une pancarte en bois souhaite la bienvenue et le bonheur aux visiteurs.

[00:03:46]

Les militaires tombent sur des centaines de corps. Tous sont normalement vêtus. Serrés les uns contre les autres, ils semblent avoir été ordonnés ainsi ou s'être volontairement positionnés de cette façon face contre terre. Certains couples se donnent la main des femmes, des hommes de tout âge, des adolescents et des nouveau nés sur les 910 victimes recensées. Le chiffre n'a jamais été arrêté avec précision. Sur ce total, on dénombre trois cent quatre enfants. Aucun bruit dans ce paysage de cauchemar où la vie s'est arrêtée la veille.

[00:04:18]

Les victimes ne portent pas de traces de coups d'armes blanches ou d'armes à feu. Quand les premiers légistes arrivent sur place, ils notent toujours les mêmes stigmates sur les cadavres une coloration bleu autour de la mâchoire et parfois des traces de piqûres, notamment sur les tout petits. Les quelques autopsies qui vont suivre vont vite élucider les causes de ces morts brutales l'ingestion ou l'injection d'une potion fatale. Un mélange de soda à l'orange et de cyanure. La dose de poisson est si élevé que la mort est survenue entre 3 et 5 minutes sur le site de la tuerie.

[00:04:54]

On découvre des bassines encore à demi remplies de ce mélange. Les fidèles de Johnstown ont apparemment défilé devant ces récipients, puis sont allés s'allonger pour rendre leur dernier souffle. Une macabre mécanique. Des seringues sont également retrouvées sur les lieux. Elles ont servi à tuer, sans doute ceux qui ne voulaient pas boire le poison ou ceux qui ne pouvaient pas comme les nouveaux nés. Un seul homme repose, lui, sur le dos, les yeux vers le ciel.

[00:05:22]

Le seul mort d'une balle dans la tête, c'est Jim Johns, le gourou de John Star. Bonsoir Anne-Claire Daniel.

[00:05:29]

Bonsoir, vous êtes journaliste indépendante et vous avez réalisé le documentaire l'Amérique des gourous, qui avait été diffusé sur France 2. C'est bien ça? Cela fait ce 19 novembre 78. Vous avez vu et revu ces images. Vous les avez en tête? C'est un véritable chaos. C'est une tuerie de masse, un meurtre de masse mordeur, comme disent les Américains. C'est bien ça? Exactement.

[00:05:53]

Surtout que les autorités américaines n'arrivent que 72 heures après parce qu'elles mettent du temps à pénétrer dans cette jungle du Guyana. Et elles arrivent par les airs par avion avant d'atterrir sur une petite piste de latérite. Là où elles peuvent entrer, entre les palmiers, elle survole la zone de ce suicide collectif et c'est un champ de cadavres. C'est impressionnant. Comment? Comme on n'en voit pas souvent? Vous l'avez dit, il y a un tiers d'enfants, il y a plus de 900 victimes.

[00:06:21]

Et c'est très étrange parce qu'en même temps, on sent pas une violence. Il n'y a pas eu ça. Il n'y a pas eu de fusillade, etc. Et c'est presque par famille. Nous, dans le documentaire, on n'a pas mis les photos en couleur tellement elles étaient choquantes. On a tourné en noir et blanc tellement c'était fou. On voit ces petits enfants dans des positions encore de câlins dans les bras de leur maman, comme s'ils dormaient pratiquement, comme s'ils dormaient.

[00:06:41]

Il y a des adultes qui sont encore agrippé au trône en bois du gourou qui sont morts là bas.

[00:06:46]

Alors je parlais de cette fameuse potion qui a tué les disciples, ce poison mortel. Et on sait effectivement qu'ils sont morts comme cela, non seulement à cause des légistes, mais à cause de cet enregistrement qu'a laissé le gourou Jim Jones. C'est complet. On a entendu sa voix dans cette histoire. On a entendu quelques secondes. Sa voix est en fait ce Jim Jones. Ça faisait partie de l'embrigadement des adeptes. Il se filmait, s'enregistrer sans cesse et jusqu'au bout, jusqu'à la mort.

[00:07:15]

Il harang, il manipule. Toutes ses cassettes ont été retrouvées sur le site. Elles ont d'abord été saisies par le vieil et moi, j'ai pu aller les écouter parce qu'elles sont aujourd'hui archivées dans une bibliothèque universitaire à San Diego. Il y a cette fameuse Desta hype, la cassette de la mort en direct, du suicide en direct. Et là, c'est complètement fou. Vous l'avez un peu entendue au début de l'émission. On entend des cris, on entend des pleurs, on entend des chants.

[00:07:37]

Et il y a lui qui dit N'ayez pas peur. La Morisod Cerami, on meurt pour le socialisme, on meurt pour le socialisme.

[00:07:43]

Bonsoir Georges Fenech. Bonsoir.

[00:07:46]

Vous avez été le président de la Miviludes, la mission interministérielle qui lutte contre contre les sectes. Merci beaucoup d'avoir accepté ce soir. Dans l'heure du crime, on va évidemment parler longuement de Jim Jones. Mais en un mot, j'enchaînais. Quand est ce qu'on peut dire que Johnstown reste à ce jour le plus grand massacre sectaire?

[00:08:05]

Oui, c'est évidemment le drame absolu de 900 morts par empoisonnement collectif et assassinat. Il faut bien le dire. Cependant, il y a eu d'autres grands massacres, il faut s'en souvenir. Et d'ailleurs, qui aurait pu être terrible? Souvenez vous, c'était celui du métro de Tokyo avec la secte Goum. La secte Nahoum ou Showa Mapei. Boko Haram avait diffusé des baloney contenant du gaz sarin. Souvenez vous, il y avait eu 25 morts et quelque 5000 blessés quand même.

[00:08:45]

Mais les baloney n'étaient pas tous ouverts. Tout le monde aurait pu avoir de bonnes raisons. On aurait pu avoir plusieurs milliers de morts.

[00:08:53]

Le fait est que là, c'est vraiment la vision apocalyptique.

[00:08:57]

On peut le lire, on peut dire des choses comme ça, rallumant absolument. Et puis, on peut rappeler chez nous, évidemment, l'échec de l'Ordre du Temple solaire, qui avait fait sept morts dans le Vercors, le Vercors incarné par Incinérations. Et ces personnes qui étaient censées rejoindre tout à fait après les Russes. Et puis, il y a des grands massacres dont on ne parle jamais, mais qui ont existé. Et aussi parce que plus lointains. Je pense notamment à la secte Gállego, en Ouganda, qui avait tué à l'époque dans une église, avait fait plus de 700 morts.

[00:09:38]

Bien sûr, et on va revenir tout au long de cette émission, effectivement, sur ces dérives sectaires abominables. Le monde entier est effectivement abasourdi par ce spectacle de fin de monde. Pour le moment, l'affaire se résume à un suicide collectif des esprits faibles qui auraient été entraînés dans la mort par un pasteur fanatique. Les enquêtes qui vont suivre vont cependant donner d'autres explications à cette hécatombe mystique dans la jungle du Guyana. Johnstown, tant qu'une secte se change en machine à tuer.

[00:10:08]

L'enquête de L'heure du crime, ce soir sur RTL, a tout de suite. 21 21 vers une heure du crime, sur RTL. N'intervint l'heure du crime sur RTL. L'heure du crime avec ce soir le massacre de la secte Johnstown 1978, plus de neuf cents Américains tués après avoir absorbé du soda au cyanure. Les Etats-Unis découvrent alors le visage d'un homme, le pasteur James Jones.

[00:10:42]

James Jones, 46 ans, fait partie des victimes de la tuerie de Johnstown, cette cité idéale et agricole à qui il avait donné son nom. Le gourou de cette secte, qui jouait avec un marxisme dévoyé et des préceptes religieux revisités, est mort d'une balle dans la tête. L'arme, une carabine, a été retrouvée à quelques mètres de lui. On ne saura pas qui a pressé la détente, sans doute un de ces derniers adeptes qui s'est ensuite donné la mort.

[00:11:08]

Le révérend James Jones n'est pas un inconnu. Pendant des années, il s'est fait remarquer aux Etats-Unis par ses prêches et ses idées progressistes, à rassembler les Blancs et les Noirs. Ses idées révolutionnaires partager les richesses. À la fin de ses sermons, il fait même chanter l'hymne communiste l'Internationale à l'Assemblée James Jones.

[00:11:28]

Visage austère, peau très blanche, cheveux très brun, éternelles lunettes noires a fondé le temple du peuple et du plein évangile. C'est son nom. Alors, alors qu'il avait une vingtaine d'années, il va faire prospérer son Eglise là où il est né et où il a grandi, dans l'Indiana, à Indianapolis. Ses prêches séduisent de plus en plus d'adeptes. Le public n'est pas riche. Issus de milieux populaires, souvent de la communauté noire, mais n'hésite pas à faire des dons au pasteur, à lui confier économie, héritage.

[00:11:57]

À jouer aussi les rabatteurs pour que le temple du peuple prospère et soit de plus en plus puissants. On peut faire une confiance aveugle à ce pasteur qui, lors des offices, effectue des guérisons par la simple imposition des mains, parvient à faire marcher les paralytiques et à expulser les tumeurs cancéreuses. Un faiseur de miracles. Au mois d'octobre 1961, James Jones a eu une vision divine une bombe atomique va anéantir deux villes américaines, Chicago et Indianapolis. Le spectre d'une confrontation nucléaire est alors dans tous les esprits.

[00:12:30]

On est en pleine guerre froide. Le gourou va donc déménager en Californie, suivi par 140 fidèles. Le révérend Jones affirme être une réincarnation du Christ, mais aussi de Moïse et de Lénine. Il s'oppose à la guerre du Vietnam, séduit des adeptes de plus en plus jeunes. l'Église du révérend est respectée, très influente. Elle va faciliter l'élection du nouveau maire de San Francisco, qui offrira à James Johns la direction des services municipaux de la ville. Le pasteur est une personnalité qui compte.

[00:13:01]

Il va même entretenir une correspondance amicale avec Rosalind Carter, l'épouse du futur président des Etats-Unis. Celui là même qui sera au pouvoir quand surviendra l'annonce du massacre de Johnstown. Anne-Claire Danel, on se retrouve.

[00:13:15]

Vous êtes journaliste indépendante et vous connaissez bien les sectes pour avoir réalisé un documentaire télé là dessus. Derrière cette montée en puissance de ce fameux pasteur qui arrive à guérir tout le monde, on peut en reparler si vous voulez, mais on parle déjà d'abus sexuels. L'appât du gain de brutalité, ça commence déjà à se dessiner à Séville ose tout.

[00:13:33]

Il ose tout. C'est la main mise sur les corps, sur les esprits, sur les biens. Vous l'avez dit, pas mal d'entre gens de relations, non? Dès le début, il s'arrange avec la loi et il dérape sur le fisc. Il en est pas mal dans ses poches. La majorité des adeptes donne 25% de leur salaire. Et oui, la main mise sur les corps, c'est tout simplement. Il a le droit de désirer tout le monde.

[00:13:57]

Il empêche. Il coupe les familles en deux. On n'a pas le droit de dormir avec sa femme ou son mari. Et lui, il a accès à tous les corps, hommes ou femmes. Et puis, si on se plie pas à ces règles de base, il y a tout simplement des châtiments corporels. Et quand je dis l'hosto, osent tout. Vous parliez d'un miracle. Un mot sur ces guérisons?

[00:14:12]

Parce que j'ai vu, les images de votre reportage sont absolument spectaculaires.

[00:14:17]

Des images d'archives. C'était encore la propagande du temple du peuple à l'époque. On filme tout. Ils appellent une femme à la tribune. Il impose les mains, voilà, elle s'évanouit, etc. Et puis, on se retire avec cette femme dans la sacristie. Et puis on revient avec un linge imbibé de sang et tout le monde s'évanouit et tout le monde applaudit tout ça. Et c'est en fait, ils ont. Ils ont sorti de leur manche dans la sacristie des boyaux de poulet et tout le monde y croit.

[00:14:44]

Tout le monde gobe, tout le monde croit qu'on a extrait finalement Le mal ex-RPR, l'allumeur de ces personnes. Georges Fenech, vous êtes toujours avec nous en ligne dans l'heure du crime gagné. Vous êtes, vous connaissez parfaitement évidemment, les sectes et leur fonctionnement. Gagner en influence. Essayer de toucher les cercles du pouvoir, comme le fait à cette époque Jim Jones. Ça aussi, c'est la construction d'un gourou, d'une secte.

[00:15:09]

Bien sûr. D'abord, il présente un visage Umanis. Bien savoir. Au départ, il avait une notoriété aux Etats-Unis exceptionnelle. Il avait notamment créé des dispensaires, des restaurants sociaux, des ateliers, des maisons d'enfants de réinsertion pour les drogués, des délinquants. C'est pour cela d'ailleurs qu'il est invité un jour à la tribune présidentielle. Vous l'avez rappelé, l'épouse de Jimmy Carter? C'est vrai, mais il y avait aussi les maire de San Francisco, de Los Angeles qui venaient et qui étaient très assidus à ces offices religieux.

[00:15:48]

En fait, à son apogée, la communauté de Dreamgirls pouvait revendiquer 20.000 fidèles. On voit alors fonctionnement des sectes, toujours au départ, quelque chose plutôt active. C'est quelque chose d'humanitaire, voyez vous. C'est après que se révèle la véritable personnalité du gourou, qui est un gourou apocalyptique et qui va exercer une emprise mentale sur tous ses adeptes. Qui va, vous l'avez rappelé, maltraité quelquefois avec des châtiments, avec des punitions qui vont devenir des esclaves.

[00:16:21]

Il va accaparer tous leurs biens. C'est ça le retrait et il va s'enrichir sur leur dos. Et il aura une main d'œuvre gratuite d'ailleurs pour fabriquer toutes sortes de produits agricoles.

[00:16:33]

Et Georges Fenech?

[00:16:35]

Ce cercle d'influence qui s'élargit, ça explique aussi peut être son impunité dont il a joui pendant quand même quelques années, notamment quand il part dans Guyana avec l'aide de son ami Fidel Castro. Pour le savoir, qui lui permet d'acquérir onze mille hectares de terrain, cet endroit perdu dans la jungle. Et puis les Américains quand même, et notamment les familles inquiètes du devenir de leurs parents. Jusqu'au jour où le député, peut être allez vous le raconter.

[00:17:08]

On va, on va y venir, Georges Fenech. On va y revenir dans le chapitre suivant. On verra qu'effectivement, il y a beaucoup de choses qui vont se passer, notamment. L'administration américaine et les pouvoirs publics américains. Juste un tout petit mot, Anne-Claire Danel. Étonnant qu'on le laisse faire quand de cette manière. Jim Jones fait ce qu'il veut.

[00:17:27]

En fait, il surf sur le premier amendement de la Constitution américaine. Qui dit liberté de culte, la liberté de culte. Aux États-Unis, c'est sacré. Et dès qu'on est une association cultuelle, on a le droit d'exister et même on est exonéré d'impôt. En fait, ils s'engouffrent dans cette faille et il va en profiter.

[00:17:44]

Cette impunité ne va pas être éternelle pour le temple du peuple de James Jones. S'il va avoir des ennuis avec le fisc, des défections, des scandales étouffés, la curiosité de certains journalistes autour de cette Église tout à fait légale, église qui peut mobiliser plus de 2 000 fidèles sur un simple claquement de doigts, celui de son charismatique gourou, le pasteur John Johnstown, tant qu'une secte tue sur ordonnance l'enquête de l'heure du crime. C'est ce soir sur RTL tout de suite.

[00:18:16]

Jean Alphonse Richard sur RTL et du crime. 21 heures et l'heure du crime.

[00:18:30]

Retour ce soir dans l'heure du crime sur un crime de masse plus de neuf cents Américains empoisonnés en 78 dans la communauté du Temple du peuple, une secte installée dans la jungle au Guyana, en Amérique du Sud, en ce début des années 70.

[00:18:46]

Le révérend James Jones sait que son temple du peuple, installé entre San Francisco et Los Angeles, ne va pas échapper aux accusations du fisc américain. Il pourrait perdre du jour au lendemain cette manne de dons qui l'a rendu riche et jusque là intouchable. Une bonne partie de l'argent des fidèles et de l'Eglise dort à l'étranger. Dès l'année 73, le révérend Jones songe à un plan de sauvetage, un exil quitter les Etats-Unis. Il finit par jeter son dévolu sur le Guyana, petit pays socialiste d'Amérique du Sud où la corruption règne en maître.

[00:19:17]

Moyennant quelques centaines de dollars en pots de vin, le Guyana va lui offrir l'impunité et 11 000 hectares de jungle où il pourra agir à sa guise.

[00:19:28]

Dès l'année, 76 de la communauté agricole de Jamestown compte environ 400 personnes. Pour arriver à ce paradis libertaire que les journaux présentent comme une espèce de kibboutz, un lieu d'échanges partagés, de travail et d'amitié, pour être reçu au sein du temple du peuple, il faut adresser son dossier médical. Les handicapés, les malades physiques ou mentaux sont systématiquement exclus. Les jeunes hommes et jeunes femmes sont accueillis en priorité, tout comme les adolescents dont les parents ont souvent signé sans réfléchir des décharges de responsabilité.

[00:20:01]

Au fil des mois, un millier de personnes, des Américains en grande partie des Noirs, va faire le voyage jusqu'au Guyana. Une communauté hors du temps et hors des lois où la vie sera forcément meilleure. Je m'arrête un instant avec vous. Anne-Claire Danel dans ce récit, auteur du documentaire, je le rappelle l'Amérique des gourous. Dites nous à quoi ressemble Johnstown? Apparemment, c'est une cité radieuse, comme on pourrait dire.

[00:20:27]

Alors c'est une cité radieuse. On est au milieu, toujours des palmiers, en pleine jungle. Il y a beaucoup de cabanes en bois et tout ça a été construit à la main par ses adeptes dont ils sont. Ils sont extrêmement fiers de ce qu'ils ont pu faire. Ils ont construit des routes, ils ont transformé la jungle en champs, ils élèvent des animaux, ils font pousser des bananes, etc. Ils ont construit leur propre maison. Il y a un dispensaire, une école et même un terrain de basket.

[00:20:53]

Au centre de cette communauté, il y a un grand carbet en bois. C'est grand gare où tout le monde se rassemble. C'est une vie communautaire. On mange ensemble, on chante ensemble. Il y a une chorale où on chante des negro spirituals. C'est un petit paradis.

[00:21:06]

Ça ressemble aux camps de vacances et ce paradis va devenir l'enfer. Ça va devenir un camp disciplinaire. Ils vont commencer à comprendre le jour où on leur confisque leur passeport et en fait, on prend leur vie.

[00:21:18]

Ce décor utopique va effectivement rapidement se déchirer. La vie de John Stanley est une vie sous emprise, sous surveillance, dictée par les consignes du tout puissant et omniprésent gourou Jim Jones. Dès l'arrivée au temple du peuple, le passeport est confisqué. Le travail sur les parcelles de terre ou pour la construction des habitations est harassant 12 à 14 heures par jour, six jours par semaine. Johnstown s'est doté d'une milice armée qui dissuade toute départ. La jungle avoisinante constitue à cet effet la meilleure des barrières.

[00:21:48]

La dénonciation y est encouragée, les enfants manipulés. La méfiance est de mise au sein même des familles, où les gestes d'amour et de rapprochements intimes sont officiellement bannis. Au fil des mois, le révérend Jones ne cesse d'être gagné par le délire de la paranoïa et de la persécution. Il redoute une attaque de la CIA. Il réveille ses adeptes en pleine nuit à coups de hauts parleurs pour les convoquer pour un simulacre de suicide collectif. Il s'agit de tester leur confiance.

[00:22:14]

Il les invite à boire un verre dont personne ne sait s'il contient vraiment du poison. Jusque là, personne ne succombe. Jusqu'au jour où ce soda à l'orange contiendra vraiment du cyanure. Georges Fenech, vous êtes l'ancien président de la Miviludes qui luttait et qui lutte contre les sectes. Vous connaissez parfaitement cette thématique. Il y a là, dans la progression de John au Guyana, loin de tout. Toutes les étapes d'une emprise, finalement. Oui, parce que Claire Danel a parfaitement décrit cette première étape, qui est une étape plutôt, je dirais, accueillante, sécurisante.

[00:22:58]

On est finalement confiant dans celui qui vous guide, qui aspire à une vie meilleure, qui échappera évidemment à l'apocalypse. C'est toujours la vision d'Apocalypse qui est transversale dans toutes ces grandes sectes. C'est une première période que je qualifierais, moi, de séduction. On séduit, on séduit par son charisme parce que on suscite un espoir d'une vie meilleure. Est la première période, mais ensuite. Ensuite, le gourou sait parfaitement passer à la deuxième étape du direct, qui est celle de la rupture et de rupture avec la famille, rupture avec son environnement habituel.

[00:23:39]

Ils sont totalement. Ils deviennent totalement dépendants. Dépersonnaliser sont totalement sous l'emprise mentale. Qui en aura vraiment des adeptes totalement soumis.

[00:23:53]

C'est une entreprise de possession. Anne-Claire Donen. Un mot sur cette paranoïa qui semble habiter d'une chose. Mais ça, ce n'est pas nouveau. Ça fait un moment déjà que il a des soucis avec ça.

[00:24:06]

Il cultive, alors il maintient pour lui et pour lui même. Mais il maintient ses adeptes dans une peur constante qui est la sienne. Lui, il prenait beaucoup de médicaments. On n'en est pas toujours très nette dans sa tête. On sent que ça roule pas toujours comme il faut. Et c'est vrai qu'il il redoute quasiment chaque nuit des attaques de la CIA, des attaques de milices. A force, les adeptes dorment tout habillés ou ne dorment plus. Il les réveille en pleine nuit, les adeptes, mais aussi les enfants pour ces entraînements.

[00:24:39]

Et tout le monde est effectivement testé sur son adhésion à la cause et à à boire ce poison, cette boisson avec ou sans poison? Georges Fenech, on va évidemment y revenir. Mais comment est ce possible que finalement, les adeptes ne se réveillent pas, ne se révoltent pas? Ça, c'est une vraie question dans ces sectes massives.

[00:24:58]

C'est le charisme d'un gourou. Le phénomène de groupe aussi. La crainte qu'il implique qu'il peut respirer. On vous l'avait dit. Et puis, il y a une forme d'adhésion totale. En fait, en dehors de la secte, il n'y a plus de salut. On le voit bien dans les grandes chaînes internationales. C'est toujours le monde qui survivra, à laquelle il se persuade. C'est un phénomène tout à fait étonnant. Psychologiquement, les psychiatres se sont penchés sur ces questions là.

[00:25:32]

D'ailleurs, la loi française, retient on, a une loi qui est exceptionnelle, qui est la seule, je crois, dans le monde sur l'emprise mentale, la sujétion psychologique. C'est ça l'abus frauduleux de l'état de faiblesse des gens qui sont totalement dépendants de cet individu qui peut les amener à la troisième étape. Je n'ai pas évoqué encore tout à l'heure après celle de la séduction, de la rupture. Vient l'étape du passage à l'acte, du passage à l'acte.

[00:25:59]

Oui, mais ça, on va aller voir que le passage à l'acte dans cette affaire, il est absolument spectaculaire. Anne-Claire Daniel. Un mot quand même sur cette manière aussi de tenir les gens. Il y a ce travail permanent, ces pressions, vous le disiez, LaBute, les mettre dans un état de faiblesse.

[00:26:14]

Ça, c'est un mécanisme qu'on retrouve dans beaucoup de sectes et beaucoup de mécanismes d'emprise. Il travaille beaucoup, donc ils sont très fatigués. On les affame et le cerveau ne fonctionne plus, tout simplement. On déconnecte parce qu'on est dans un espèce de survie. Donc, même le métabolisme ne permet pas au cerveau de prendre de la distance et on est dans un état de faiblesse qui fait que l'emprise est très simple. C'est un peuple de zombie, finalement. Un peu, un peu.

[00:26:38]

Mais on dira aussi qu'il y avait des mauvais traitements, qu'il y avait un hôpital sur place, etc. Qu'il y a eu des changements.

[00:26:43]

Il y a tout un contexte. C'est cette harangue. Le fait qu'il s'enregistre en continu, c'est un peu comme dans un état totalitaire. Toute la journée, dans les haut parleurs à Johnston, on entend le gourou qui nous parle. Le soir, on fait des projections de films d'horreur. On est toujours dans cette espèce de bulle oppressante. Le révérend paranoiaque va se sentir de plus en plus. Depuis longtemps déjà, il a prévu que le temple du peuple serait voué à une brutale extinction.

[00:27:15]

Il a sans doute tout prévu, tout planifié. Une visite officielle dans l'enceinte même de la communauté de Johnstown va être le déclencheur d'un massacre prémédité. JOHNSTOWN Un gourou qui semer la mort? C'est ce soir l'enquête de l'heure du crime. On se retrouve tout de suite sur RTL, décrit Jean Richard jusqu'à 21 heures sur RTL. L'heure du crime, présentée par Jon Fosse Richard CFTR du crime consacrée ce soir au massacre de Jamestown Guyana, 1978 plus de 900 Américains morts empoisonnés au cyanure, victimes de leur gourou, le fondateur du temple d'upload James Jones, prédicateur enfermé dans ses délires paranoïaques, qu'il va déclencher l'une des pires tueries de l'histoire.

[00:28:05]

Le révérend Jones a beau s'être exilé loin des Etats-Unis, au Guyana, les autorités américaines s'intéressent à lui. Des anciens adeptes de la secte rentrés au pays commencent à faire des intrigantes et inquiétantes confidences. Le procureur de San Francisco déclenche une enquête sur le fonctionnement du temple du peuple. Le Congrès américain est également contacté par des ex disciples. Une femme, Deborah, Lettones, raconte les simulacres de suicide. Des lettres de famille sont remises aux parlementaires, des proches inquiets de ne pas avoir de nouvelles.

[00:28:36]

Les seules nouvelles qu'elles reçoivent sont des demandes d'argent, des virements effectués sur des comptes bancaires gérés par le temple du peuple. Tim Stone, qui était un proche de James Jones, a pu quitter le temple du peuple avec sa femme. Il raconte que le gourou l'avait contraint à abandonner la paternité de son fils et à lui donner son enfant qu'il veut désormais retrouver. Ce fils mourra dans le massacre.

[00:29:02]

Un sénateur démocrate du Congrès, Leo Auriane, décide alors de se rendre au Guyana. Il n'est pas le bienvenu. Il reçoit une lettre signée par 800 adeptes lui demandant de ne pas venir. Le Temple estime que les autorités américaines sont en train d'organiser une mise en scène afin de nuire à la communauté. Le sénateur rayonnées insiste. Le 18 novembre au matin, il arrive enfin à Johnston, entouré d'une délégation de journalistes d'avocats. La visite tourne vite à l'opération de propagande.

[00:29:32]

Les adeptes se présentent sous leur meilleur jour, vêtus de propre décontracté. Pas un mot de travers contre le temple et son révérend Jim Jones est omniprésent. La délégation est toutefois approchée par des disciples qui, discrètement, font part de leur désir de rentrer. Le parlementaire en informe aussitôt le gourou Jim Jones fait bonne figure, assure que tout le monde est libre de partir de Johnstown. Le sénateur Rienne quitte la communauté en fin d'après midi avec la délégation et seize adeptes qui ont décidé de rentrer.

[00:30:06]

Il roule quelques kilomètres jusqu'au petit aérodrome de Port Quail Toomas. Ils n'iront pas plus loin, au pied des avions. Une fusillade éclate. Des hommes de la milice de Jim Jones tirent trois journalistes et le sénateur rayonne, sont tués. La nouvelle ne va pas tarder à arriver à Washington. Le pasteur sait qu'il n'échappera plus désormais aux autorités américaines. Il appelle donc à venger le temple. Tout le monde doit mourir plutôt que de tomber dans les mains de l'ennemi américain.

[00:30:35]

Dans un grand chaudron, cette fois, du cyanure mélangé au soda à l'orange. Anne-Claire Danel, est ce que c'est ce voyage qui déclenche le voyage du parlementaire rione qui déclenche le massacre? Alors que tout semblait déjà en place pour, si je puis dire, la solution finale?

[00:30:54]

En fait, il brise le pacte. Lespèce de couvercle de silence qu'avait mis sur la communauté Jones. Le fait que des intrus arrivent comme ça de l'extérieur. Pour la première fois, il y a quelqu'un qui ose glisser un petit papier à un journaliste. C'est comme ça que ça s'est passé le lendemain, après une journée de simulacre de bonheur. Le meilleur des mondes possibles? Un bon dîner, des beaux habits, un spectacle des champs. Il y a ce petit papier.

[00:31:20]

Il y a une note remise à un journaliste. Et là, il y a un journaliste qui met les pieds dans le plat, qui va voir d'indium, qui lui dit Des gens veulent rentrer, des gens valeureux ici et là, il va pas supporter. Et là, il ne va pas supporter parce que pour la première fois, il n'a plus la main. Il est plus tout puissant. Et assez vite, son cercle rapproché va organiser une embuscade.

[00:31:41]

Il y a des images, ça, c'est hallucinant. Les journalistes, le caméraman notamment. Il y avait des gens N.17 de la chaîne américaine d'ici, un caméraman qui va filmer jusqu'à mourir, jusqu'à être lui même atteint par une balle. Cette embuscade et on voit un camion qui s'approche de l'avion alors que le sénateur et ses sbires et quelques adeptes qui veulent partir s'apprêtent à monter dans l'avion. On leur tire dessus et à partir de ce moment là, d'Indium va dire à l'ensemble de la communauté.

[00:32:08]

On est tous coupables de la mort de ces gens. Les États-Unis vont nous tomber dessus. L'attaque de la CIA est proche. On va commettre notre suicide révolutionnaire. On va boire le cyanure, on va boire le cyanure. Georges Fenech, vous êtes en ligne avec nous dans l'heure du crime. Est ce que c'est cela qu'on appelle une secte apocalyptique?

[00:32:28]

Oui, c'est apocalyptique. A l'évidence, comme d'autres d'ailleurs aux Etats-Unis, il y en a eu si la secte de Waco. Mais il y a eu 82 morts aussi. Cette notion d'apocalypse qui réussit à imprégner les tablettes et l'apocalypse retrouvées dans toutes les grandes plaies qui nous viennent des Etats-Unis et d'ailleurs. Pour les Témoins de Jéhovah qui l'ont prédit, y compris là précisément, et la seule manière d'échapper à l'apocalypse, c'est. De rester dans le groupe uni qui détient la vérité et qui échappera à l'apocalypse.

[00:33:11]

Malheureusement, l'apocalypse s'est transformée en un drame absolu et on peut noter quand même que les Américains, malgré tout non pas n'ont pas tiré les conséquences de ce drame absolu et la législation encore appelée Anker d'Amel. Et que dire? La liberté de conscience, la liberté de religion comme liberté absolue, finalement, a permis ce genre de drame. On en a tiré les conséquences par la suite et vous commenterait même un peu plus tard.

[00:33:41]

Effectivement, cette législation qui est importante et qui n'a pas vraiment évolué. Anne-Claire Danel après ce massacre, pendant ce massacre, il va y avoir des survivants, des gens qui auront réussi à fuir ou à se cacher, une poignée de survivants.

[00:33:54]

Il y a ceux qui, à ce moment là, ne sont pas dans la jungle, mais à Stand, qui est la capitale du Guyana, parce qu'ils avaient des bureaux un peu avec l'organisation de la secte. Donc, eux y échappent. Même si par Radio d'Indium demande à tout le monde de boire le poison et de revenir ou de boire le poison. Même aux Etats-Unis, il appelle ses adeptes en Californie à se tuer. Bon, là, il y en a quand même moins qui suivent.

[00:34:16]

Mais plus incroyable encore. Il y a moi. J'ai rencontré à l'époque, c'est une toute jeune femme. Elle s'appelle Leslie. Elle habite maintenant dans l'Arizona, à Phoenix. Leslie, elle sent quelque chose. Elle est toute jeune maman. Elle a un fils qui a 3 ans, Jacques-Marie. Et elle, elle va partir quelques heures avant la fusillade avec une poignée d'adeptes. Ils sont 10/12, ils partent dans la jungle, ils fuient, ils disent aux autres, on part en pique nique.

[00:34:39]

Ça semble surréaliste. Et elle part de là où elle est. Elle l'entend. La fusillade, si elle part comme ça avec son avec son fils de 3 ans qui marche à peine, et six membres de sa famille vont mourir, dont son mari Joe, qui est complètement sous emprise, à qui elle n'a même pas pu dire au revoir. Sa mère, sa sœur, ses nièces, tout, tout un groupe de sa famille décède. Des survivants qui vont pouvoir décrire l'horreur endurée à Jonestown, mais qui ne vont pouvoir parler parfois que des années après.

[00:35:11]

Comme si la malédiction du temple du peuple allait les poursuivre.

[00:35:16]

La secte de Johnstown, un massacre au cyanure, c'est l'heure du crime. Ce soir a tout de suite sur RTL. L'heure du crime rejoint Richard Raster, Jean Expense, Richard jusqu'à 21 heures sur RTL.

[00:35:32]

Retour ce soir dans l'heure du crime sur la tuerie de Johnstown. Suicide collectif qui cache un massacre organisé par le gourou Jim Jones. Les Etats-Unis sont frappés de stupeur. Des enquêtes vont être ouvertes, mais elles resteront étonnamment timides dans les jours qui suivent le massacre. Les 910 cadavres américains restent longtemps sur place, certains dans un état de putréfaction avancé. Malgré l'ampleur du désastre, il ne va y avoir en tout et pour tout que sept autopsies, dont celle du révérend John.

[00:36:02]

Les résultats de ces analyses ne parviendront jamais en totalité aux autorités américaines. Perdues par la bureaucratie du Guyana. Le petit pays qui veut absolument se dédouaner de toute responsabilité réunit un tribunal afin d'identifier les coupables. Selon un médecin légiste qui a examiné les cadavres, 700 aurait pris le poison contre leur gré, sous la contrainte ou par injection. Des témoignages indiquent la présence de gardes armés empoignant des adeptes ainsi qu'un cortège d'infirmières employées pour les piqûres. Seules 200 personnes se seraient véritablement suicidés.

[00:36:39]

James Jones en personne, avant de distribuer de gré ou de force le poison, avait averti les adeptes que la destruction du camp par la CIA était inévitable. Il avait envisagé une fuite vers l'Union soviétique, mais celle ci était impossible. Il ne restait donc qu'une solution accomplir un suicide révolutionnaire. La justice américaine ne se lance pas dans de longues investigations. La CIA s'exonère même de toute enquête. Seul le FBI va procéder à des recherches et des vérifications. Les comptes en banque de la secte du temple du peuple sont bien fournis.

[00:37:14]

Pas moins de dix millions de dollars placés dans des établissements au Guyana, Panama, Suisse, Luxembourg et dans les îles Vierges. Le détournement des dons des adeptes, un véritable trésor de guerre, l'un des plus importants qu'une secte, n'ait jamais constitué des anciens responsables du temple du peuple. Ce roman interrogeaient. Mais pour la plupart laissés libres. Seuls l'un des tireurs de l'aéroport ou le sénateur Leo Riken avaient trouvé la mort sera retrouvée poursuivie. Larry Lite-On, c'est son nom, sera acquitté lors du premier procès.

[00:37:46]

Condamné à perpétuité lors du second, il sortira de prison en 2002, après dix huit ans d'incarcération. Considéré comme un homme ayant subi un lavage de cerveau et qui serait resté sous l'emprise du révérend Jones. Georges Fenech, vous êtes en ligne avec nous dans l'heure du crime. Que pensez une petite question? Cavin Que pensez de ce manque d'entrain des autorités pour enquêter dans cette histoire où, tout de même un parlementaire, on le rappelle, a été tué par parlé par les gens de Dean Jones?

[00:38:16]

On ne peut que rester extrêmement dubitatif sur le manque de volonté des autorités américaines, d'une part, de faire toute la lumière sur cette affaire. Mais encore une fois, cela a été dit tout à l'heure les Américains sont tellement attachés à leur liberté de religion. Les Etats-Unis se sont construits sur des vagues d'immigration religieuses dans toutes les grandes villes des États-Unis et enquête où aller jusqu'au bout de cette emprise mentale, de cette organisation à caractère sectaire et remettre en cause beaucoup d'institutions aux Etats-Unis pourrait citer, même si ça n'a rien de comparable.

[00:38:56]

Les mormons, par exemple, qui ont aussi un mode de vie particulier, ont d'ailleurs un bourbon a été candidat à la présidence de la République. Voilà la multitude qui se bat contre. Ce phénomène a toujours été critiqué, quelquefois violemment, par les Etats-Unis, parce que les Etats-Unis considèrent que la France porte atteinte à la liberté de religion, à la liberté de culte.

[00:39:21]

Effectivement. Georges Fenech. Il y a aussi la question centrale dans ce genre d'organisations sectaires, c'est l'argent, le nerf de la guerre, comme on pourrait dire pour reprendre un cliché. Mais là, le temple du peuple a beaucoup d'argent. Oui, c'est rien encore par rapport à de trop grandes chaînes internationales. Vous voyez ce que je veux dire? Si vous prenez les fortunes amassées par l'Eglise de scientologie, considérée en France comme une secte, mais pas aux Etats-Unis, on le rappelle complètement.

[00:39:53]

Si vous prenez au Japon l'autre secte dont le nom m'échappe, la plus connue, je ne peux pas vous aider.

[00:40:01]

Je ne parle pas japonais, j'aurais fait ma gueule, mais vous la connaissez. Le nom m'échappe. L'aspect boule. Un mot, bien sûr. Oui, bien sûr. Des milliards des industries, des magazines, des télévisions, C-B, de l'immobilier, c'est vraiment une richesse, une puissance. Les grandes internationales. On ne comprend pas vraiment un pouvoir qu'ils exercent sur leurs banques. Et là, effectivement, Jim Jones avait compris qu'il fallait prendre l'argent, le placer, etc.

[00:40:32]

Le faire prospérer, c'est une évidence. Anne-Claire Danel. Que reste t il aujourd'hui de ce paysage d'apocalypse au Guyana, au Guyana, en Amérique du Sud, il reste pas grand chose.

[00:40:47]

La nature a complètement repris ses droits. Il reste une stèle, mais c'est ces habitations assez éphémères n'existent, n'existent plus du tout. Il ne reste aujourd'hui que la voie d'une poignée de survivants, quelques survivants que j'ai pu rencontrer pour certains, qui, évidemment, ont eu des vies assez chaotiques. Lesly, dont je vous parlais tout à l'heure. Aujourd'hui, elle est à nouveau dans une vie plus stable. Elle a un travail. Son patron ne sait même pas qu'elle a été un membre de Dienstag.

[00:41:17]

En revanche, lorsqu'elle dit souvent son fils Jacques, qui avait 3 ans à l'époque, il en a 43. Il a passé quasiment la moitié de sa vie en prison. C'est peut être un raccourci que de faire le lien, mais parce il a appris la violence en ce temps là, il a appris la violence. Il n'est pas le seul. Sûrement parce qu'il y a plein d'histoires tragiques parmi les deux gens qui en sont sortis, l.

[00:41:39]

L. Elle est transpercée quelque part à Lesly parce qu'elle a sauvé son fils. S'il a, grâce à elle, échappé à la mort. Mais en même temps, dans ses trois premières années, il a appris les armes, la violence, les réveils en pleine nuit. On lui a un peu comme un enfant djiadistes qui pourrait être sevré aujourd'hui.

[00:42:00]

Il est marqué, embrigadée et elle a voulu le libérer de l'emprise de John. Mais aujourd'hui, elle est derrière les barreaux. Il n'est pas libre. Georges Fenech.

[00:42:08]

En quoi Johnstown reste aujourd'hui une histoire extraordinaire? En quelques mots, en quoi cette étape importante dans l'histoire des sectes?

[00:42:19]

D'abord, le bilan pour le rappeler 923 victimes, dont 273 enfants. Un bilan effrayant dans les annales tueuses apocalyptique restaurera effectivement un événement tragique majeur aux Etats-Unis que le monde entier, en ce sens que son bilan terrible. Et puis, en même temps, cette impuissance, l'impuissance des autorités pour y mettre un terme, pour empêcher ce matin tirer toutes les conséquences et conséquences effectivement, qui n'ont pas été totalement tirées.

[00:42:59]

On le comprend bien, Anne-Claire Danel. Un mot sur le cimetière en Californie.

[00:43:05]

C'est l'ultime, l'ultime pied de nez. C'est un peu léger de le dire comme ça, mais c'est que toutes ces victimes sont enfin, pour la plupart, enterrées dans une fosse commune à Auckland. On est face à San Francisco. C'est une petite colline. C'est un lieu assez beau comme peuvent l'être les cimetières américains. Ouvert. Il y a une une stèle très sobre. Il y a tous les noms des victimes et il y a le nom de James Warren Jones.

[00:43:30]

Le bourreau est enterré avec ses adeptes jusqu'au bout, jusqu'à la mort.

[00:43:33]

Ils sont ensemble, les victimes et leurs bourreaux, ensemble dans la mort. Merci Anne-Claire Danel et Georges Fenech d'avoir été les invités ce soir de l'heure du crime consacrée au massacre de Jonestown. Quand une secte tue. Merci. L'équipe de l'émission Justine Vignau, Marie Bosshard à la préparation. Marc, vissez à la réalisation. Un grand merci à vous toutes et tous d'avoir partagé cette heure du crime.