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De 20 heures à 21 heures. Jean Richard. C'est l'heure du. Bonsoir, très heureux de vous retrouver dans l'heure du crime. Un grand merci pour votre fidélité à ce rendez vous un peu spécial. C'est vrai cette semaine puisque chaque soir, nous revenons sur un grand rapt qui a marqué l'histoire criminelle lundi. Nous avons parlé de l'enlèvement plein de suspense de la petite mélodie en Espagne, hier. Nous sommes revenus sur la longue et cruelle détention du baron Empain.

[00:00:29]

Et ce soir, je vais vous raconter un autre rapt emblématique, celui de la petite Joséphine Dard, la fille cadette de l'écrivain Frédéric Dard, romancier à succès et père de San Antonio. Joséphine Dard avait 12 ans et demi en cette année 1983, quand elle a été enlevée dans la maison familiale en Suisse, non loin de Genève. Ce rapt ne va durer au total que 50 heures, mais 50 heures qui resteront à jamais une éternité pour Joséphine et pour ses parents.

[00:01:03]

Frédéric Dard, aujourd'hui disparu, qui négociera lui même avec le ravisseur, sortira profondément affecté et choqué de cette histoire. Histoire extraordinaire, tant par le scénario de l'enlèvement unique. Etonnant, vous allez l'entendre parler que par les hasards de l'enquête, mais aussi par les personnalités des protagonistes. Un écrivain célèbre et un ravisseur insoupçonnable avec Joséphine Dard et les deux millions de francs suisses demandés pour la libérer, l'équivalent à peu près de 2 millions d'euros. Cet homme avait empoché une fortune avant qu'un tout petit détail, un détail grotesque, ne finisse par le trahir.

[00:01:43]

Trente sept ans après les faits, cette affaire excite toujours les imaginations. Pour en parler et en décortiquer les mécanismes, je reçois ce soir un très grand avocat célébrités du barreau de Genève et même au delà. Maître Marc Bonnant, ancien bâtonnier et l'avocat de la famille Dard, maître Bonan. Je sais que vous êtes déjà en ligne avec l'heure du crime depuis Genève. Un mot déjà. Peut on dire que cet enlèvement a changé la vie de toute une famille?

[00:02:11]

Celle, bien sûr, de l'écrivain Frédéric Dard?

[00:02:15]

Oui, sûrement. Ensuite, on parle sans aucun doute de Joséphine, qui est une femme épanouie qui a surmonté le traumatisme originel. Mais pour parler de Frédéric. Je change souvent de texte merveilleux qu'il a écrit après sa mort Joséphine la Minto à Joséphine, dont je vous dis de mémoire quelques verres seulement Oh mon bonheur, ma blessure indicible en moi, des mots, des sourires et des jeux. Pour ma part, je souhaitais que ce poème Plus de filles après la mort et encore que les blessures, jamais sa blessure.

[00:02:59]

Et parce qu'il a vécu naturellement la peur qu'elle meure, mais qu'il a vécu la peur plus lourde encore, qu'elle ne se remette pas de traumatisme de 50 heures. Mais il porte bien au delà de ses cinquante heures de tragédie et de rigueur dont j'ai été très proche. Ne faut pas oublier François, qui était un homme et une femme exceptionnelle qui n'était pas simplement la forme d'un grand homme. Elle était tour à tour homme de pro, homme de l'ombre, portée de protecteur.

[00:03:34]

Mais il me disait souvent uniquement qu'il était là, était la gardienne de l'unité. Elle aussi a vécu ce drame terrible et elle aussi concouru par l'amour, l'amour, la dévotion, l'amour que l'on porte parfois à son enfant B. Il me disait souvent que l'amour qu'un père porte, Sophie, l'ECAL heureux, est le plus bel amour du monde. Il n'est pas corrompu par le désir pour encore la blessure de la famille Dard.

[00:04:11]

Vous restez bien sûr avec nous. Maître Bonan, on vous retrouve beaucoup plus longuement en fin d'émission. Les grands ratent l'affaire Joséphine Dard. C'est tout de suite dans L'heure du crime. Ce 23 mars 1983, autour de deux heures du matin, tout le monde dort dans la maison de la famille d'Ares, à Vandoeuvre, une banlieue cossue de Genève. L'écrivain français Frédéric Dard s'est installé en Suisse il y a maintenant quinze ans. Il a possédé une ferme à Bonne-Fontaine, dans le canton de Fribourg, puis un chalet dans la station de ski huppée de, constate le chalet San Antonio, la maison de Vandoeuvre et chemin du Paradis et s'appelle le Paradou.

[00:04:55]

Le père de San Antonio a fini par prendre ses habitudes en Suisse. Il dit souvent La France, c'est ma mère. La Suisse, c'est ma femme. Vandoeuvre est un coin de verdure tranquille où il ne se passe jamais rien. Peu de voitures sur ses allées impeccablement bitumées. Pas un bruit, sauf la nuit précédente. Un chien à aboyer sans discontinuer pendant des heures. Et Frédéric Dard n'a pas pu fermer l'oeil. Du coup, ce 23 mars au soir, il a pris des somnifères pour rattraper le sommeil perdu.

[00:05:26]

Avec sa femme Françoise, le père de San Antonio dort à poings fermés, tout comme au premier étage. Sa fille cadette, Joséphine, 12 ans et demi. Personne n'entend donc les légers craquements et les bruits de pas qui proviennent du jardin. Dans la pénombre, on distingue une silhouette, celle d'un homme masqué. Il dépose délicatement une échelle contre la façade de la demeure.

[00:05:54]

Juste à hauteur d'une fenêtre, au premier étage, l'inconnu grimpe en silence les échelons. Arrivé en haut, il perce méticuleusement un trou dans le volet, parvient à actionner l'espagnol et à forcer ensuite sans difficulté la fenêtre d'un bond. Il est dans la chambre de princesse de Joséphine, le petit lit en fer où l'on a accroché des peluches et contre le mur du fond.

[00:06:23]

L'homme se rapproche. Joséphine est réveillée par le faisceau de la lampe torche qui balaie la chambre dans un demi sommeil. Elle croit que c'est son père qui vient lui souhaiter une bonne nuit. Mais c'est un inconnu qui se penche sur elle et lui pose un tampon de chloroforme sur la bouche. Aucun cri et pas le temps de se débattre. L'homme empoigne la petite fille à moitié groggy et tente maladroitement de lui faire des piqûres de somnifères. Mais il s'y prend mal.

[00:06:50]

Rate ses injections. Blesse les bras de la fillette. Il y a des gouttes de sang sur les draps rose, la couette blanche à petites fleurs et même sur un mur.

[00:07:02]

L'homme demande à Joséphine de s'habiller, la charge sur ses épaules et redescend l'échelle avec précaution. Une fois dans le jardin, il se dirige vers l'une des voitures de Frédéric Dard. Il n'y a pas de voleur dans ce coin paisible et les habitants laissent souvent les clés sur le tableau de bord. L'inconnu démarre et quitte la villa sans que personne n'entende quoi que ce soit. La fille de Frédéric Dard, Joséphine, 12 ans et demi, vient d'être enlevée.

[00:07:30]

Vers 7 heures du matin, Frédéric Daret le premier debout dans la maison. Il a l'habitude de préparer le petit déjeuner, puis d'aller réveiller sa fille. Voilà le souvenir qu'il garde de ce moment et qu'il confie à Jean Durieux.

[00:07:44]

Ce matin là, je prépare le thé et j'appelle Françoise. Et au bout d'un instant, elle me dit la petite tête en bas, j'ai dit non, on me dit parce qu'elle n'est pas dans sa chambre. Il va voir dans la salle de bain. Et puis il me dit elle n'est pas dans la salle de bain non plus. Brusquement, une espèce de perception de la chose. Mais une certitude quand combla enlevée comme ça, j'ai senti je vais, je me rue dans l'attente, dans l'escalier qui mène aux champs.

[00:08:13]

Et à ce moment, ma femme se met à crier tellement elle Median, mon Dieu! Son lit est plein de sang. Effectivement, son lit est plat. Il y a des tâches, des tâches blanchâtres qui font penser à du sperme sur des draps, bien entendu maya, mais sans grosses quantités. Et puis des éclaboussures de sang, des éclaboussures sanglantes. A ce moment là, ma femme me dit Y a un mot sur sa table de nuit à laver comme table de nuit, un coffre lui servait à mettre ses jouets.

[00:08:43]

Ce mot, rédigé à la machine à écrire est une demande de rançon d'un montant de 2 millions de francs suisses, une somme énorme que Frédéric Dard rassemblera coûte que coûte. Le mot stipules tu reverras ta fille seulement si tu ferme ta gueule. Rien dans la presse et pas de flics dans la combine. Tu prépares deux mille tickets de mille francs suisses usagés dans un délai d'une semaine. L'écrivain est prévenu, mais il est bien décidé à appeler le commissariat.

[00:09:12]

Son épouse l'en dissuade. Frédéric Dard n'appelle pas la police, mais Jean Dumur, un ami journaliste, directeur des programmes de la Télévision suisse romande, pour l'avertir du rapt ou lui demander conseil, tout en l'exhortant de ne pas dévoiler l'information. Dumur se charge lui même de prévenir les policiers. Il entre très discrètement dans la maison de Vandoeuvre où, heureusement, rien n'a été touché. L'échelle où les ravisseurs est toujours en place, le ménage n'a pas été fait dans la chambre de Joséphine.

[00:09:50]

Les policiers font des photos, relève des empreintes et posent les premières questions. Frédéric et Françoise Dard ne peuvent que répondre qu'ils ne comprennent pas. Ils n'ont jamais reçu de menaces et ne se connaissent pas d'ennemi. Il ignore pourquoi, si ce n'est pour l'argent, ils ont été visés. Impossible pour les parents de chasser de leur esprit ce décor de scènes de crime découvert dans la chambre de leur fille. Ces taches de sang, cette chemise de nuit roulé en boule sur le sol.

[00:10:19]

Autant de signes qui leur font craindre une agression, un viol ou même en meurtre avec ma femme.

[00:10:26]

Tu ne peux pas t'expliquer l'horreur. Le côté est un mot qui me vient chaque fois l'indicible. Je ne sais pas si je n'ai pas regardé sans sensibilisation. Il faut, je crois, posséder, mais c'est indicible. Tu te dis c'est pas possible, tu vois un refus et il se passe un truc. Ma femme et moi, jamais. Nous parlons de foi, de religion. De chacun son jardin secret. Et là, on tombe à genoux. On dit Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, tu vois une espèce de déploration.

[00:10:54]

Mais il était dans la chambre, devant le lit de la petite doit devant son lit.

[00:11:01]

Commence alors une longue attente. Le téléphone sonne, mais il s'agit à chaque fois d'amis ou de parents qui ignorent tout du drame qui vient de se jouer. Frédéric et Françoise Dard n'évoquent jamais l'enlèvement. Il prétexte une urgence sous une occupation quelconque pour écourter au plus vite ces discussions. Il faut laisser libre la ligne téléphonique de la maison à tout moment. Celui qui a enlevé Joséphine peut appeler. Il va le faire dans quelques heures et une étrange discussion va alors s'engager.

[00:11:36]

Ce 23 mars 1983, après avoir passé une grande partie de la journée à répondre aux enquêteurs et à se laisser dévorer par l'inquiétude, Frédéric et Françoise Dard restent prostrée près du téléphone. L'écrivain s'est déjà occupé de la rançon demandée pour la libération de sa fille Joséphine 2 millions de francs suisses en coupures usagées. Frédéric Dard paiera quoi qu'il arrive. Il a de l'argent. Il vient de vendre son chalet de Gstaad. Il a pris contact avec son banquier, un ami qui s'est arrangé pour lui préparer en urgence une valise de billets dont chaque numéro a été relevé.

[00:12:18]

De son côté, la brigade criminelle genevoise et son chef Gustave Gremmo sont dans le flou. Les policiers passent en revue leurs fichiers de délinquants. Rien de probant. La seule affaire similaire connue date de six ans auparavant. Octobre 1977 l'enlèvement tout près d'ici de la petite Graziella Ortiz, fille d'un riche collectionneur d'art. Le rapt avait duré dix jours. Les parents avaient payé la rançon de 2 millions de dollars et la petite avait été relâchée. Après une longue journée d'attente, le téléphone recommence à sonner.

[00:12:58]

Il est 21 heures 45. Frédéric Dard décroche. Cette fois, c'est bien lui, le ravisseur qui parle. Une voix caricaturale qui va donner la marche à suivre. La conversation est enregistrée par la police. Elle s'engage entre l'écrivain miné par l'angoisse, et un homme qui paraît déterminé, mais fébrile. Il ne cesse de répéter qu'il veut l'argent.

[00:13:24]

Frédéric Dard fait tout pour le rassurer et engager le dialogue gnan gnan gnan, les bras de fer avec. Même si Frédéric Dard n'a pas obtenu l'assurance que Joséphine était encore vivante, ce premier contact rassurant, un lien est établi entre le ravisseur et la famille. L'écrivain a tout fait pour ne pas brusquer cet homme dont il n'oubliera jamais cette voix biscornu imitant un improbable accent du Sud.

[00:14:32]

Le ravisseur a téléphoné à Devambez et m'a dit oui, il avait makan un peu. J'étais noir, méridional, vous voyez quelque chose pognon et pognon, pognon à préparer. Alors j'ai dit j'ai déjeuné avec elle, mais j'ai dit oui. Empoignant avait quand même d'autres moyens de se procurer que celui qui était quand même vraiment pas chouette, réappropriée complètement sur les vieux clichés. Je vais dire quoi, Merbes? On n'est pas des bêtes, mais on est de bons hommes.

[00:15:10]

On discute à d'Amalfi et je vais l'acheter. On achète Makri, on a marché, mais on respecte tous les deux les prix. Et puis il m'a dit Bon, demain, je te rappelle demain soir. Alors, nouvelle Imany. J'ai appris à écrire ta lettre. Frédéric Dard ne sait pas alors si le ravisseur va tenir parole va donner un signe prouvant que Joséphine est toujours en vie. C'est pourtant ce qu'il va faire après avoir quitté la cabine téléphonique où il a passé son coup de fil.

[00:15:44]

Il prend en voiture la direction de la frontière française dans les semaines précédant le rapt. Le ravisseur a loué un studio ici pour trois mois au numéro 38 de la rue de Soleil, à Annemasse. C'est là qu'il retient en otage la fille de Frédéric Dard depuis presque 24 heures. Elle est bouclée à double tour dans une chambre. Joséphine Dard n'est pas en état d'appeler les secours. Elle est bourrée de calmants et de somnifères, comme assommée. Son ravisseur, un homme entre deux âges, est souvent dans l'appartement.

[00:16:18]

Curieusement, il se montre à visage découvert, mais il porte peut être une perruque et une fausse barbe. Quand il s'absente pour aller téléphoner, il fait alors savoir à son otage qu'elle ne doit pas chercher à s'enfuir ni à tenter de prévenir qui que ce soit. Des complices à lui sont dans la pièce à côté et surveillent ses moindres faits et gestes.

[00:16:42]

Il me faisait des piqûres, il m'a piqué les bras, les mains, les chevilles partout, mais il n'était pas médecin et ne savait pas s'y prendre. Il essayait de me nourrir, mais je ne pouvais pas manger. J'étais vraiment très mal, racontera des années plus tard Joséphine. La petite fille est tellement couverte d'ecchymoses qu'elle est incapable d'écrire la lettre promise à son père. Le ravisseur ne parle pas des piqûres, mais propose alors à Frédéric Dard de poser à sa fille une question secrète.

[00:17:12]

Il enregistrera la réponse de Joséphine et la lui fera écouter au téléphone. Au matin du 24 mars, une nouvelle journée d'attente et d'angoisse commence pour les parents de la petite Joséphine Dard. Une nouvelle journée à se morfondre dans la villa Le Paradou, où est resté un policier. À attendre, donc, la fameuse preuve de vie. La promesse de la voix de leur fille. Dans la soirée, peu après 20 heures, le téléphone résonne dans le salon.

[00:17:45]

L'homme à l'accent méditerranéen est au bout du fil. Il est pressé. Je te passe ta fille, dit il. Il fait alors écouter aux parents de Joséphine le court enregistrement de leur fille, qui répond à la question que lui avait fait passer son père. Qu'est ce qui était écrit sur ta trousse d'écolière laissée dans ta chambre? Avec cette réponse, la famille et la police savent que Joséphine est vivante avant de raccrocher. Le ravisseur a promis qu'il allait très vite se manifester.

[00:18:19]

L'homme est pressé de toucher son argent et sans peut être que cette affaire commence à le dépasser dans quelques heures. Il va livrer une marche à suivre. Même un romancier, en l'occurrence le père de San Antonio, n'aurait jamais imaginé.

[00:18:36]

Deuxième nuit sans sommeil pour Frédéric Dard et son épouse Françoise ils ont refusé les tranquillisants et les somnifères proposés par le médecin de la famille. Il leur faut attendre le fameux coup de fil annoncé par le ravisseur de leur fille, ce signal qui, contre le versement d'une valise de billets, va peut être leur permettre de retrouver Joséphine. Il est 3 heures du matin, ce 25 mars, quand le téléphone sonne. Frédéric Dard décroche aussitôt. Le ravisseur lui demande de placer les deux millions de francs suisses dans un grand sac plastique et de se rendre tout de suite dans une cabine téléphonique à Rustin, une commune toute proche.

[00:19:26]

Les policiers restés dans la maison proposent alors à l'écrivain de l'accompagner ou de porter sur lui un émetteur radio. Mais il refuse. Trop risqué? Frédéric Dard veut être seul. Les policiers n'auront d'autre choix que d'obéir et de discrètement casser un feu arrière de la voiture de Frédéric Dard pour tenter de le suivre et le repérer au loin dans la nuit.

[00:19:55]

Rue St. Frédéric Dard. Trouve une note dans la cabine téléphonique. C'est la marche à suivre. Il doit se diriger à pied vers le petit barrage de Verbois, sur la rive droite du Rhône. Le père de Joséphine marche alors au milieu des roseaux. Dans la nuit noire, CEPA s'enfonce dans la boue, un marécage où il a parfois de la boue jusqu'aux chevilles. Il lui est demandé de marcher, encore marcher jusqu'à une voiture garée au pied d'une petite falaise.

[00:20:28]

Il ne peut pas l'arrêter. Les phares sont allumés. Frédéric Dard est tout seul et soudain pris par une bouffée d'angoisse, comme il le racontera plus tard à Jean Durieux.

[00:20:39]

Il avance à la lumière des phares et à ce moment là, j'ai une espèce de certitude descend. Je ne peux pas t'expliquer. J'avais pas peur. Ce n'était pas du tout de la peur, mais c'était une espèce de prise de conscience. Il m'a dit Simon, venir jusqu'ici comme ça dans cet endroit, il y avait quand même d'autres moyens. Poignant, ça, tu vois? Et je me dis il va me refroidir et tu sais ce que j'ai pensé.

[00:21:04]

Je te donne ma part. On triche pas. On ne peut pas dire des choses pareilles, si ce n'est pas vrai. D'abord, j'ai pour habitude de dire la vérité si c'était plus simple. Mais ça, je me suis dit si mon but, c'est qu'ils ont buté ma fille. Mais j'y vais, je m'en fous. Amélie parle avec vous et moi même. Personne ne va tirer sur Frédéric Dard. La voiture aux feux allumés est vide de tout occupant.

[00:21:27]

Le père de Joséphine doit continuer de suivre à la lettre le plan du ravisseur. Cette fois, il lui est demandé d'accrocher le sac de billets de banque à une espèce de mousqueton, lui même arrimé à une portière de la voiture. Le tout est suspendu à une longue corde. Un système de rappel.

[00:21:46]

Comme en alpinisme, l'écrivain accroche donc le sac et la corde se tend aussitôt. Le sac commence à descendre vers le Rhône, puis disparaît dans l'obscurité.

[00:22:01]

En contrebas, un homme, le ravisseur en tenue de plongée et à moitié immergé dans les eaux du fleuve, récupère la rançon. Frédéric Dard doit maintenant retourner chez lui et espérer que l'homme qui a enlevé Joséphine tienne parole. A 5 heures du matin, l'homme téléphone. L'adresse où se trouve la petite fille, dit il, a été déposée dans la fameuse cabine téléphonique de rue St. Frédéric Dard y retourne, accompagné cette fois des policiers de la brigade criminelle et de leur patron, le commissaire Gustave Gremmo.

[00:22:34]

Il est indiqué que Joséphine Dard est dans une vieille caravane qui sert d'abri de jardin. Au bout d'un chemin isolé, non loin de Genève, l'écrivain et les policiers se précipitent sur place. Mais quand ils poussent la porte de la caravane, celle ci est vide. Personne. Pas de Joséphine sur les banquettes de tissu bleu. Frédéric Dard est effondré, totalement désemparé, anéanti par ses nuits sans sommeil et ce décor vide. Françoise d'Ares, prévenue au téléphone, craque.

[00:23:12]

Les parents de Joséphine ignorent alors que celle ci a bien été transportée dans la caravane, juste après la remise de rançon. Son ravisseur l'a placé dans une camionnette, l'a droguée pour qu'elle se tienne tranquille.

[00:23:26]

Mais une nouvelle fois, les somnifères ont été mal dosés. Quand Joséphine s'est réveillée avant l'arrivée de son père et de la police, elle s'est retrouvée complètement désorientée. Elle met alors un coup de pied dans la porte de la caravane, puis s'enfuit. Elle se dirige au hasard, tout droit vers un petit bois, titube, tombe dans la boue à plusieurs reprises tant elle est faible et chancelante après une longue marche. Elle se retrouve sur une route de campagne.

[00:23:56]

Elle continue à marcher. Quand, enfin, une voiture arrive, Joséphine arrête le conducteur et lui dit J'ai été kidnappée. Je suis la fille de Frédéric Dard.

[00:24:10]

L'automobiliste ne comprend rien du tout à cette histoire de rapt. Aucun journal, aucune télé, aucune radio n'a pour l'instant évoqué l'enlèvement. Il pense que cet enfant est drogué. Il la dépose dans un café de la banlieue genevoise. La patronne appelle elle même le commissariat. Quand les policiers débarquent, ils découvrent une petite fille couverte de bleus et d'ecchymoses causées par les piqûres successives. Elle est épuisée et ne tient plus sur ses jambes. Les retrouvailles de Joséphine et de ses parents auront lieu tout d'abord à l'hôpital, puis tout le monde pourra enfin rentrer à la maison.

[00:24:51]

Quelques jours plus tard, l'envoyé spécial de RTL, Robert d'Arran, recueille en exclusivité le tout premier récit de la petite Joséphine Dard.

[00:25:01]

Je dormais. Je croyais que c'était papa qui venait dans ma chambre. Quand je lui dis papa et mamie coto avec du chloroforme, je me suis endormie après ma fille Epicure le réveiller.

[00:25:15]

On nous a parlé pendant plusieurs jours. Vous êtes resté avec lui. Il m'a parlé. Vous avez reconnu sa voix. C'est bien celle du message par téléphone. Oui, mais qu'est ce qui vous disait quand vous parliez des peurs? On parle un peu de tout et vous a dit qu'il avait demandé de l'argent à votre père. Ne parlez pas de ça et vous allez pourquoi vous avez enlevé et vous lui poser des questions?

[00:25:37]

Vous lui demandez mais vous n'allez pas me répondre, vu son visage où il était toujours masqué.

[00:25:43]

J'ai vu son visage chauve, pointu. Il est venu ici. Il ressemble à quoi, ce garçon?

[00:25:48]

Il est grand, maigre. Il a les cheveux noirs barbus avec une moustache. Il a les cheveux très garnis et il est toujours tout seul. Mais il a un collègue qui n'est pas venu. Parce que puisqu'il avait peur.

[00:26:03]

Content de revoir ses parents.

[00:26:07]

C'est cette silhouette que recherchent désormais les policiers de la brigade criminelle. Le ravisseur a parfaitement orchestré son coup et il demeure introuvable. Il est en possession des deux millions de francs suisses et n'a laissé aucun indice, aucune trace. Un tout petit détail va pourtant trahir le faire tomber et révéler un étrange personnage.

[00:26:33]

Joséphine Dard, 12 ans et demi, a donné tous les détails possibles aux enquêteurs sur sa détention et surtout sur son ravisseur. Elle a même aidé les policiers à tracer un portrait robot aussi ressemblant que possible. Un homme mince, barbu et chevelu, un homme qui est toujours dans la nature. Joséphine se déplace avec un garde du corps pour se changer les idées. Toute la famille a décidé de prendre prochainement quelques jours de vacances en Espagne. Tenue secrète, l'affaire de l'enlèvement a aussitôt fait la une des journaux suisses et français.

[00:27:12]

Les reportages télé et radio tournent en boucle. La police a également fait publier un avis de recherche avec le portrait robot de l'individu, sans beaucoup d'espoir. Cet homme était sans doute grimé, comme toujours dans ce genre d'affaire. Les témoignages affluent par centaines, bien souvent farfelus, mais il faut absolument tout vérifier.

[00:27:35]

Parmi eux, parmi ces témoignages, il y a le récit de ce jeune homme le 24 mars au soir, vers 22 heures. Il se trouvait avec sa petite amie dans sa voiture en train de flirter.

[00:27:48]

Le couple d'amoureux a alors vu sortir d'une cabine téléphonique un homme portant un masque de François Mitterrand. Intrigué par cette dégaine pour le moins inhabituel, ils ont relevé le numéro d'immatriculation de sa voiture, un combi Volkswagen.

[00:28:09]

Les policiers vérifient le combi en question Camping Cars appartient à un Genevois de 46 ans, père de famille, qui, depuis une dizaine d'années, travaille comme caméraman pour la télé suisse. Un pigiste qui participe donc au tournage de documentaires et de feuilletons. Les enquêteurs s'aperçoivent alors que cet homme a fait partie, il y a quelques mois, de l'équipe venue tourner un film chez Frédéric Dard.

[00:28:38]

Les caméramen avaient passé deux jours dans la villa. Suffisant pour reconnaître les lieux et y rencontrer Joséphine. Le 31 mars au matin, les policiers se présentent donc chez le caméraman, une jolie maison à Vincy, sur la Côte vaudoise. Mais l'homme n'est pas là. Il a quitté la demeure juste avant l'arrivée de la police, qui le retrouve un peu plus loin dans le port de Rolle, où l'individu possède un petit voilier. Il est interpellé, ne cherche pas à résister aux enquêteurs et au bout de quelques minutes.

[00:29:12]

Très naturellement, avoue qu'il est bien l'auteur du rapt de Joséphine Dard. La nouvelle de l'arrestation, 8 jours après le rapt, se répand comme une traînée de poudre. Le ravisseur a un visage et une identité.

[00:29:28]

Il s'appelle Edouard Beauchêne. C'est un Suisse allemand de 46 ans, marié et père de trois enfants, caméraman depuis dix ans à la télévision genevoise. Pour les besoins d'un feuilleton, il avait tourné dans la villa de l'écrivain l'accent et la claudication décrite par la fillette. L'accent est la claudication ne sont que des artifices de mise en scène que Bois de chêne a incorporé dans le scénario de son rapt. Il est en effet imitateur à ses heures.

[00:29:52]

Le juge genevois Jean-Pierre Tremblay tient rapidement une conférence de presse.

[00:29:58]

Je suis aujourd'hui à même de vous informer que l'auteur de cet enlèvement a été arrêté et que la rançon a été intégralement récupérée. Par contre, l'enquête se poursuit pour déterminer si d'autres personnes ont ou non participé à cette affaire.

[00:30:16]

L'argent a été retrouvé dans le camping car Volkswagen, caché sous une petite armoire à vaisselle chez le caméraman. Les enquêteurs ont également mis la main sur la Chine miaule, qui a permis de faire un trou dans le volet et entrer dans la chambre de Joséphine. Sur la corde utilisée pour faire coulisser le sac de billets ou encore sur le fameux masque de François Mitterrand. Mais les surprises ne s'arrêtent pas là. Dans le grenier du ravisseur, la police tombe sur une caverne aux trésors des bijoux, de la vaisselle précieuse, de l'argenterie, des livres rares dans le jardin.

[00:30:54]

Les enquêteurs déterrent aussi des lingots d'argent. C'est la double vie d'un homme qui est dévoilé caméraman le jour qui, au cours des tournages, repère les belles demeures, pilleur de châteaux la nuit, bois de chêne que l'on connaît plus souvent sous le pseudonyme de Aloïse de Cholet. Et donc l'homme qui, depuis un peu plus d'une dizaine d'années, écume les villas du canton de Genève. Il revend ses trouvailles à des antiquaires à Paris. De l'argent destiné à procurer tout le confort à sa famille, lui qui ne peut compter que sur ses maigres cachets de caméraman occasionnel.

[00:31:33]

Après avoir participé à un tournage dans la maison de Frédéric Dard, avoir aperçu la chambre de Joséphine, il aurait eu l'idée du rapt plus lucratif qu'une vitrine fracturée dans une demeure de main de maître. Très minutieux pour organiser ces cambriolages, l'étonnant Aloïse de Cholet aurait monté cette opération avec encore plus de soin. Repérage des lieux, mais aussi toujours plus spectaculaire. Une rencontre organisée avec le collectionneur Georges Ortiz, dont la fille souvenez vous avait été enlevée en 1977, est libérée contre une rançon sous prétexte de la préparation d'une émission sur l'art.

[00:32:13]

Il l'aurait fait longuement parlé, les Georges Ortiz, de l'enlèvement de sa fille. Histoire de connaître les dessous d'un rapt et de savoir comment ce genre d'affaire pouvait se dérouler. Plus d'un an après l'enlèvement, au mois de septembre 1984, Edouard Baudson, alias Aloïse de Cholet, comparaît devant le tribunal de Genève. Joséphine Dard est absente par la force de retrouver l'homme qui lui a fait endurer un tel cauchemar pour que son témoignage soit enregistré. Elle a vu Regalia régulièrement les jeudis.

[00:32:47]

Le juge d'instruction à l'audience, c'est son père, Frédéric Dard, qui est venu déposer pour elle.

[00:32:53]

L'avocate de l'accusé m'a demandé si j'ai pardonné. J'ai répondu qu'il n'avait pas qualité pour pardonner une chose qui ne me concernait pas, seul insensé, qui concernait avant tout ma fille. Le reste de ma famille, ma femme, ma famille. Mais en ce qui me concernait, j'étais sans haine. Et c'est vrai, ce n'est pas une aide dans un instant. A partir du moment où Certeau hématies, je n'ai pas senti de véritable haine. J'ai eu des moments, des sursauts et je veux dire pendant l'instruction que j'ai dû suivre puisque le droit genevois, mais l obligation.

[00:33:27]

J'ai suivi l'instruction toutes les semaines. J'ai eu fréquemment des sursauts devant les déclarations et le comportement de l'inculpé, mais ça n'est pas plus loin. Je vais dire je n'avais pas pensé à Mysie. En aucun cas à quoi. C'était plutôt un sentiment de rejet et de mépris.

[00:33:48]

Le ravisseur sera lourdement condamné. 18 ans de prison ferme. Prisonnier exemplaire du pénitencier de Lenz Mourgues, où il suivra des cours de relieur d'art, il sortira un an avant sa possible libération. Avec obligation, bien sûr, de ne jamais entrer en contact avec la famille de l'écrivain Frédéric Dard. Joséphine Dard mettra des années à se remettre de cette histoire qui aura longtemps brisé son existence de jeune femme. Et on se retrouve donc dans cette heure du crime spécial.

[00:34:18]

Grand rapt cette semaine avec notre invité, maître Marc Bonnant, qui est avec moi en ligne depuis son bureau à Genève. On ne compte plus mettre bonan les affaires retentissantes pour lesquelles vous avez plaidé. Et justement, vous avez défendu la famille Dard. Maître Bonan Première question qui est donc cet accusé qui se présente en septembre 1984 devant la cour d'assises de Genève?

[00:34:41]

Un homme très particulier et très intelligent, méthodique. Vous avez raconté comment il a préparé l'enlèvement et parmi les choses qu'il a faites. Il a effectivement été interviewé. Georges Ortiz a voulu que l'avocat et dont la fille avait été enlevée. Puis, en l'interrogeant, il suffit de comprendre comment réagir. Comment des parents ont réagi et qu'il faut les éviter. Mais il n'a pas fait dans la préparation. Il se trouve que c'est plutôt une bonne famille patricienne qu'il avait accusé en raison de son nom au plus grand talent, sorte de gens dans le milieu.

[00:35:33]

On dirait Fricker toujours aujourd'hui, et il visitais pas simplement pour les cambrioler, mais aussi pour repérer les parents. Et il prenait des notes en déduisant du village de tel ou tel parent que probablement par Heather ou par goût des principes. Faudrait ou il ne céderait pas. Il y avait toutes sortes de notes la plus écologique possible des gens qu'il rencontrait, notamment. Il disait de moi les lèvres minces, les lèvres protestantes et donnent à croire qu'il s'arc boute sur les principes plutôt que mesure.

[00:36:09]

Puis, un jour où, tout à l'heure, il fait un reportage près de Rieder. Et pendant ce reportage, Joséphine passe dans le couloir et Frédéric Dard émeut en disant Voici mon soleil de minuit. Et Bautzen note que son rapport père semble avoir fille avec sa fille. Tremblement le père au passage de son enfant avec lui. Assurément immédiatement. C'est incroyable que méticulosité dans la préparation.

[00:36:47]

C'est extraordinaire ce que vous racontez parce que psychologie et morpho psychologie. On a parlé au procès d'un deal de fragilité psychologique. Ça, vous n'êtes pas d'accord du tout avec cette version là.

[00:36:59]

Ecoutez en tout cas ensuite d'autres en France aussi. Pour le moment, depuis, des psychiatres qui, après avoir vu d'autres personnages, ont des opinions décisives sur son âme. Là où Dieu lui même est un peu perdu, et donc effectivement, c'est aussi pour dire qu'il avait des fragilités psychologiques. A vrai dire, on déduit les fragilités psychologiques du crime. On parle de l'idée que si quelqu'un n'a pas. Eut bien du mal ou à un certain moment, cette conscience là, ce moment de basculement dénote une fragilité psychologique.

[00:37:33]

Mais moi, je ne trouvais pas du tout trouvais que les dépositions que Bruxelles faisait étaient parfaitement articulées, écrit je rappelle la méthode de la méticulosité avec laquelle il a préparé tardivement et tout à fait inouï.

[00:37:49]

C'est quasiment machiavélique, décalé. Frédéric Dard va aller au procès. Il sera présent. Il va témoigner. Quelle est son attitude à ce moment là? Frédéric Dard renvoyant finalement le ravisseur de sa fille.

[00:38:02]

Ecoutez, je crois qu'il le disait tout à l'heure. Il n'avait pas de haine. C'est d'ailleurs tout à fait étonnant compte tenu de la lame superbe qui était celle de Frédéric. Mais il n'avait pas de haine. Quand il a déposé, il a dit naturellement sa peur, son chagrin, sa peur que sa fille fut morte. La peur exprimée tout à l'heure d'être lui aussi la cible que l'on tire sur lui. Mais il ne souhaitait pas réclamer une peine.

[00:38:33]

Au point que lorsque le verdict de 18 ans est tombé, ce verdict loue une lourde peine lourde. Poids lourd? Oui, mais c'était une lourde peine. Pas simplement à cause de l'enfant qui rappelle que celui qui les Graciela Dix a été condamné à 10, l'autre à 15 ans d'une une lourde peine parce qu'il y avait, au delà de Landévant, dix ans de cambriolage et de crimes, bien sûr. Et donc, voilà, il n'a pas exprimé sa haine.

[00:39:00]

Il ne l'a pas souhaité. J'ai bien sûr requis aux côtés du procureur général, mais quand le verdict est tombé, il a même trouvé que c'était lourd. Et puis quand, quelques années plus tard, Bruxelles a demandé sa grâce et que j'ai été interpellé. dEntente, Joséphine et les parents de Joséphine, nous nous sommes pas opposés à ce qu'il fut libéré. Donc, il n'était pas dans cette idée qu'il fallait qu'il expie et qui est à la mesure de son crime.

[00:39:27]

La mesure de la douleur qu'il avait provoqué, il n'y avait pas de vengeance de sa part dont vous parlez. Parlez nous mettre au beau nom de Joséphine Dard. Elle a été très longtemps traumatisée par cette affaire, au point qu'elle n'arrivait pas à exprimer quoi que ce soit. Elle ne voulait pas en parler. Qu'est ce qu'elle est, ce qu'elle vous a dit? Ou tout au long des ans?

[00:39:45]

Effectivement, longtemps, elle était dans le refoulement classique, mais il y avait aussi chez elle le scrupule. Nous en avons parlé quelques années après le scrupule de ne pas faire de la peine à ses parents. Parce que, voyez vous, la compassion était un écho, une symétrie. Les parents ne voulaient pas aborder le sujet pour ne pas raviver des blessures ou des souvenirs. Joséphine ne voulait pas raviver la peur, la blessure. Ce que Frédéric appelle sa blessure indicible vécue par ses parents.

[00:40:18]

Donc cela, plus les mécanismes psychologiques nécessaires du refoulement font cacher cette aventure. Ce drame a la profondeur deux fois pour tenter l'oubli fait longtemps. Joséphine n'en a pas parlé. Ensuite, elle en a parlé. On en a parlé avec une totale liberté. Et il y a quelques années, elle a écrit un livre que je recommande à tout le monde, à mon père. Frédéric Dard San Antonio, qui est un livre absolument superbe, des contributions diverses, mais absolument superbe.

[00:40:52]

C'est un livre qui est une histoire d'amour. Je vous le disais tout à l'heure, c'est une chose très frappante. Entre Frédéric et son soleil de minuit sont présents des dieux, comme il le disait. C'est une histoire d'amour unique en intensité. Et encore aujourd'hui, il n'y a pas de jours sans que Joséphine l'évoque silencieusement ou par un type de prière, son père, l'évocation de son père et sa réelle présence au fond.

[00:41:19]

La mémoire serait l'immortalité des mortels, donc Joséphine va bien mieux et c'est une très bonne chose. Est ce qu'on peut dire, maître Bonan, que Frédéric Dard, puis son épouse Françoise ont vécu vraiment jusqu'au bout avec cette terrible affaire qui a dû les traumatiser? On sentait Frédéric t'avouer.

[00:41:38]

C'est tout à fait certain. Ils ont été vibrants de cette douleur, de l'intensité, de cette douleur et surtout de la peur que Joséphine s'épanouisse. Pas que Joséphine porte ce fardeau, que son fardeau, qu'il qu'il. Or, grâce à l'amour merveilleux de ses parents, mais aussi parce que la nature, le hasard ou les dieux ne savaient pas si les dieux s'occupent de ce que nous sommes, mais ont fait que c'est elle qui a réussi à surmonter ces souvenirs tristes, a été aimée à aimer en retour.

[00:42:17]

Et les mères? Et aujourd'hui, je crois qu'elle est une femme sereine. Mais encore et toujours vibrante de proba. De cette affaire, l'homme d'affaires a assuré mercredi que son père Merci Marc Bonnant d'avoir été au téléphone lors du crime pour évoquer l'affaire Joséphine Dard. Excellente soirée à vous. Je salue l'équipe de l'émission Justine Vignau, Amandine Lemaire, Sébastien rangeront à la réalisation ce soir. On se retrouve avec un plaisir intact demain 20 heures, pour un autre grand rapt étrange et captivant, celui de la fille du magnat de la presse Patty Hearst.

[00:42:51]

A demain. Très belle soirée sur RTL.