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20 heures, 21 heures. Infanterie Richard L'heure du. Bonsoir, c'est Jean Alphonse Richard, très heureux d'être avec vous ce soir dans L'heure du crime, où nous poursuivons notre série spéciale consacrée cette semaine au Grand rapt, ces enlèvements spectaculaires qui ont marqué l'histoire du crime. Des histoires célèbres dont s'est souvent emparé le cinéma, tant ces scénarios font appel à une imagination sans limites, tant ces enquêtes sont difficiles, périlleuses et, jusqu'à la dernière seconde, empreinte d'une immense tension ce soir dans l'heure du crime.

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Épisode numéro 2 des grands rapts, avec sûrement l'un des plus célèbres l'enlèvement du baron Edouard Jean Empain, grand patron français et héritier d'une prestigieuse lignée industrielle, play boy discret et même secret qui, en ce mois de janvier 1978, va être enlevé par des hommes armés, puis retenu en otage pendant soixante trois jours. Pas un remords, pas un record, pardon, mais l'un des rapts crapuleux les plus longs. L'affaire Empain, c'est bien évidemment une histoire qui a marqué les imaginations.

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La scène où cet homme de 41 ans a le petit doigt sectionné en quelques secondes par ses ravisseurs. Petits doigts adressés à la famille pour signifier qu'on ne plaisante pas, qu'il n'y a pas d'autre choix que payer, sinon l'otage sera exécuté. Longtemps, le scénario précis de ce rapt très médiatique n'a pas été connu avec précision. Au fil du temps, grâce aux confidences policières, puis celles du baron Empain lui même et celles de ses geôliers, on peut ce soir reconstituer les 63 jours de son enlèvement.

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L'enquête, la détention jusqu'au dénouement qui sera finalement loin, très loin d'être une pleine libération pour le grand capitaine d'industrie. Il vivra jusqu'à la fin de ses jours. Il s'est éteint en juin 2018, à l'âge de 80 ans. Il vivra, hanté par les fantômes de cette histoire lointaine, mais jamais éteinte. Pour mieux comprendre les rouages de cette histoire, je reçois ce soir l'avocat du baron Empain, maître Jean-Yves Dupeux, qui nous fait l'honneur d'être dans le studio de l'heure du crime.

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Grand plaisir de vous recevoir maître ce soir dans l'heure du crime. En quelques mots, maître Dupeux, pourquoi l'histoire du baron Empain? Pourquoi ce rapt est il encore aujourd'hui emblématique?

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Pour une raison qui est assez claire, c'est qu'il s'agit d'un personnage qui était hors du commun. C'était, comme vous l'avez dit, un très grand industriel et en même temps un homme qui avait une personnalité très discrète, réservée. C'était un homme qui n'était pas du tout un mondain, contrairement à ce qu'il était obligé quotidiennement de faire. Et puis, ce rapt a été terrible puisque il a été d'une violence incroyable. Il disait Je crois qu'il avait raison, que c'était un gang organisé de manière quasi militaire, qu'il avait, qu'il avait ravi.

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Et puis, tout de suite, tout de suite, cet acte de barbarie qui a consisté à vif à lui couper la dernière phalange du petit de l'annuaire Gosh. Si je me souviens bien que c'est pour ça que j'ai été son avocat, j'ai été beaucoup plus jeune que lui, mais moi, je ne pourrai jamais oublier cette affaire, ce qu'il a été, ce qui a été la suite de son enlèvement et tout ça, on en parlera tout. On va en parler, bien sûr, parce qu'on va vous retrouver maître du jeu à la fin de l'émission.

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Et puis, on va raconter tout d'abord ce rapt spectaculaire, celui d'un héritier célèbre l'enfer Empain. C'est tout de suite sur RTL.

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Ce lundi 23 janvier 1978, le baron Edouard Jean Empain quitte, comme à son habitude, à 10 heures 20 précises, son vaste appartement du numéro 33 de l'avenue Foch. Il vit ici avec son épouse, la baronne Silvana, et leurs trois enfants, Patricia, Christine et Jean-François. Le baron sort de l'immeuble moderne de l'avenue Foch. Il s'engouffre aussitôt à l'arrière de la Peugeot 604, puis déplie les journaux du jour. Son fidèle chauffeur, Jean Denis, peut démarrer.

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Edouard Jean Empain se rend à son bureau de président directeur général au numéro 42 de la rue d'Anjou. C'est d'ici qu'il dirige en page n'aidera à un groupe familial puissant dont il a le contrôle depuis maintenant neuf ans. L'industriel, 41 ans, est l'un des plus puissants hommes d'affaires européens. Il est redouté en affaires et écouté en politique. C'est aussi l'un des financiers les plus riches du moment, même si ce play boy cultive généralement une extrême discrétion. Son visage est quasiment inconnu du grand public.

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La Peugeot 604 descend à faible allure contre allée de l'avenue Foch, Jean-Denis, le chauffeur, ne veut pas aller très vite. Devant lui, un homme juché sur un cyclomoteur fait des embardées, zigzague un occupant toute la chaussée, puis finit par s'écrouler. La voiture du PDG Pyle brutalement. Aussitôt, trois hommes masqués et armés de pistolets mitrailleurs bondissent d'une camionnette bleue, une estafette Renault volée à une entreprise de plomberie. L'un des hommes cagoulés agrippe le chauffeur, lui donne des coups, le jette à terre et le pousse dans la camionnette.

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L'employé de maison du baron sera abandonné sur le trottoir, pas très loin, place Dauphine, dans sa voiture. Edouard Jean Pinde n'a pas eu le temps de faire le moindre geste. L'un des agresseurs lui a aussitôt bandé les yeux et la bouche avec du sparadraps. On lui a glissé une cagoule sur la tête. Ses poignets et ses chevilles ont été menottées en un tour de clé. Trois hommes à bord de la 604. L'un d'eux empoigne brutalement le baron par le cou, le pousse entre les sièges sur le plancher de la voiture en panne, entend alors cet avertissement.

[00:06:12]

Si tu ne fais pas tous comptes, dit on, Bute. Commence alors pour ce précieux otage, une vie aux yeux bandés qui va durer 63 jours. Le premier arrêt est rapide, en comprend qu'il est dans un parking souterrain, celui de la porte Champerret. On change de voiture un cette fois, on le pousse dans le coffre. La voiture roule sur le périphérique parisien, s'arrête à nouveau dans un parking. On va faire dormir, dit un des hommes à l'industriel.

[00:06:42]

Une piqûre dans le bras. Le baron est groggy, somnole, mais ne dort pas. Il entend les grésillements de la radio des ravisseurs, un scanner branché sur la fréquence des policiers où, effectivement, il entend son nom. La traque est lancée. Les barrages de police se mettent en place dans et autour Paris en début d'après midi. La nouvelle du rapt est confirmée.

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RTL 15h37 Paris Le baron Edouard Empain a été enlevé avenue Foch devant son domicile, à 11 heures ce matin.

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Les journalistes se massent alors devant le 33, avenue Foch. Premier récit et première interrogation on a vu au moins trois hommes sur le trottoir de la rue Foch.

[00:07:24]

Ceux de la 604, bien sûr, et le cyclomotoriste qui a menacé un des rares témoins de ce rapt à l'italienne. Car l'enlèvement du baron Empain est passée presque inaperçue. C'est ce témoin, un ouvrier électricien, qui a donné l'alerte dans un café voisin.

[00:07:37]

Un rapt à l'italienne. Le terme est dans toutes les bouches et dans tous les journaux, terme qui renvoie à une industrie du rapt qui prospère en Italie et qui est à la mode. On ne compte plus les enlèvements de patrons, célèbres ou non, mais dont les familles sont suffisamment riches pour verser des rançons. Tout le monde a en mémoire l'enlèvement, en avril 1977, quelques mois donc avant Empain, du directeur général de Fiat France et éminence grise du groupe automobile Louki Inno, Revelli Baumont.

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Quatre vingt neuf jours de captivité, une rançon et un cas de figure prémonitoire. Un grand patron brisé.

[00:08:16]

Les policiers du 36, quai des Orfèvres, selon le terme consacré, n'excluent aucune piste. Celle d'une vengeance professionnelle pour faire disparaître un patron puissant et ambitieux, celle de la vie privée de l'intéressé, sur laquelle les enquêteurs vont beaucoup se pencher. Ils découvriront au fil de leurs investigations l'autre face d'Edouard. J'emprunte celle d'un homme qui aurait des dettes de jeu, une garçonnière, des maîtresses. Autant de mystères qui auraient pu provoquer cet enlèvement. Une espèce de règlement de comptes, en quelque sorte la piste politique.

[00:08:49]

En ces années où l'extrême gauche terroriste bouillonne, alors que le patron des patrons allemands, Hanns Martin Schleyer, a été enlevé et assassiné par la Fraction armée rouge, cette piste n'est pas écartée. Personne ne sait que le baron Empain est après quelques heures passées dans le coffre d'une voiture. Arrivé à destination, son premier lieu de détention, Empain n'a évidemment aucune idée de l'endroit dans lequel il se trouve. Il est comme assommé, courbatures et désorienté. Il sait qu'une autre voiture a ouvert la route pour arriver à bon port et éviter toute mauvaise surprise.

[00:09:25]

Il a entendu les conversations des ravisseurs. Il sait aussi qu'ils sont entrés dans une forêt. Il a respiré l'odeur des bois, une maison, quelques marches à descendre une cave. On le fait s'allonger, les yeux bandés, menotté, une laisse autour du cou, sur un matelas pneumatique, sous une toile de tente humide. Le baron Empain n'a pas le temps de sa soupire un homme arrive, éclaire de sa lampe torche une feuille manuscrite qu'il tend au PDG du groupe Empain Schneider pour qu'il la lise.

[00:09:59]

Tout ce qu'il voulait savoir ou presque est indiqué sur ce morceau de papier peint ne sera libéré que contre une rançon de 90 millions de francs, payable en francs français, en deutschemark ou en francs suisses.

[00:10:14]

On a vu trois. Il s'agit donc bien d'un rapt crapuleux monté par des voyous. Le baron reprend un peu d'espoir. Il imagine que la rançon, même si elle est énorme, pourrait être versée et qu'il retrouvera très vite la liberté. Mais cette lueur d'optimisme s'évanouit quand il lit et relit la dernière phrase Nous allons couper un doigt pour l'envoyer aux tiens comme preuve que nous détenons. Le baron Empain va dans quelques minutes être mutilé. L'enquête de l'autre va changer du tout au tout.

[00:10:53]

Quelques heures après l'enlèvement, le baron Empain, les yeux bandés, est assis autour d'une table dans ce qui est sans doute la cave d'un pavillon isolé. Un ravisseur, empoigner sa main gauche, la poser et à écarter le petit doigt l'auriculaire des autres doigts en pain. A été averti qu'on allait lui sectionner cette phalange. On porte à sa bouche un mélange anesthésiant pour qu'il ne souffre pas. En deux minutes, une lame tranche le petit doigt. Empain ne ressent pas la douleur.

[00:11:28]

On lui panse la blessure et on le pousse entravé et menotté sous la tente. Le baron Empain s'écroule d'or de longues heures, croit avoir rêvé et se réveiller dans son lit, avenue Foch. Mais le commerce Smar est bien réel. Les yeux ouverts, il aperçoit une bouteille d'alcool à 90 degrés. Un geôlier lui demande de la verser sur la plaie. Il portera désormais à jamais cette blessure, souvenir indélébile de sa première soirée de détention. Il ne s'amusera que bien des années plus tard de cette mutilation lorsque nous le rencontrons dans sa maison du Vexin, où il s'était retiré.

[00:12:12]

Souvent, les gens regardent cette main gauche pour s'assurer que c'est bien moi. Quand ils voient qu'il n'y a pas de bois, dit on m'attend. Moi, je vois que c'est bien lui, c'est celui qui a été enlevé. Tout le monde sait que j'aime bien couper. C'est pas pour qu'on me reconnaisse dans la rue que je suis comme ça en moi. Surtout pas grave.

[00:12:28]

Finalement, ça ne sert pas à grand chose en ce petit doigt sur la menace. Le baron Empain a donc écrit une première lettre dans laquelle il donne les consignes pour payer la rançon de 90 millions de francs et précise que si l'argent n'est pas versé, on le retrouvera mort. La lettre est alors accompagnée du bout des doigts sanguinolentes de l'otage. Le tout déposé dans un lieu communiqué à la famille.

[00:13:00]

C'est difficile à raconter dans la case métallique d'une armoire de consignes automatiques dans une gare de Paris et dans un paquet enroulé dans du coton dans de la ouate, le bout d'un doigt à l'extrémité d'un auriculaire. C'est horrible et c'est ce que les ravisseurs d'Édouard Jean Empain appellent une preuve et une preuve qui ne signifierait pas grand chose, sinon peut être la détermination des ravisseurs, s'il n'y avait eu un autre envoie une lettre du baron Empain. Une écriture facilement reconnaissable pour ses proches et aussi ses papiers d'identité.

[00:13:33]

Dans une autre, dans une autre case d'armoire de consignes, dans une autre gare parisienne, la gare de Lyon. Cette fois, on peut imaginer que c'est pour forcer la décision, pour accélérer les tractations, pour faire peut être accepter l'énormité de la rançon que les ravisseurs ont fait preuve d'une telle cruauté. Nous vivons un singulier moment où l'on jongle avec une désinvolture sauvage, aussi bien avec les milliards, dans un monde où la vie pour beaucoup est difficile et avec la vie qui, pour certains, ne pèse plus lourd.

[00:14:06]

Avec ce macabre envoi, l'affaire prend une tout autre tournure. Le directeur de la brigade criminelle au quai des Orfèvres, le commissaire Pierre Ottavio, lui, redoute que l'affaire ne se termine de façon dramatique. D'expérience, il sait que des malfaiteurs aussi déterminés et organisés apparemment ils ont tout prévu ne libère pas leurs otages, même si les millions sont versés. Il faut donc gagner du temps, avoir un indice, une information pour s'approcher du groupe des ravisseurs. Mission d'autant plus compliquée qu'il y a des interlocuteurs dans tous les sens.

[00:14:41]

La direction Empain Schneider négocie discrètement dans son coin avec les malfrats. L'objectif est de faire baisser la demande de rançon. Au fil des jours et des semaines, la somme est ramenée à 30 millions de francs. La direction du groupe industriel, tout comme l'épouse de l'otage, la baronne Sylvana, sont prêts à payer, mais la police est contre et propose une remise de rançon factice, des billets dans des valises et l'interpellation du premier suspect est venue. La date du rendez vous a été fixé par les ravisseurs au 22 février dans la station de sports d'hiver de Megève, où le baron Mjöllnir ski.

[00:15:25]

La zone va être discrètement bouclée par des policiers déguisés en touristes et en moniteurs de ski.

[00:15:32]

L'inspecteur Jean Eri, qui pratique les arts martiaux, se fera passer pour un collaborateur du PDG, un certain Monsieur Maso, à l'hôtel Le Chalet du Mont d'Arbois. Il est prévu qu'il reçoive un coup de fil d'un certain Félix le chat. Il demandera à parler à Jacques Dupont. Les heures vont défiler, mais le coup de fil tant espéré ne viendra pas. Les ravisseurs se sont fait douter que quelque chose ne tournait pas rond à Genève. Trop de skis isolés et de simples promeneurs dans les rues enneigées de la station de ski.

[00:16:07]

Le baron Empain, qui croupit dans sa cave dans des conditions épouvantables, est le premier informé de cette remise de rançon ratée. Un de ses geôliers lui dit ses comptes de flics. Ils ont cru qu'on allait plonger. L'équipe de malfaiteurs est furieuse. Entre eux, il croyait avoir touché au but. Leurs interlocuteurs au sein du groupe industriel leur avaient assuré que la police serait tenue loin de ces tractations et de ce rendez vous. Les ravisseurs sont furieux et exaspérés.

[00:16:37]

Il commence à en avoir marre de cette vie clandestine. Marre aussi de cette otage qui ne leur rapporte rien, sinon du temps perdu. Et le fait d'avoir toutes les polices de France et de Navarre à leurs trousses. Le baron Empain va continuer, comme le lui demandent ses gardiens, à écrire des lettres désespérées où il insulte ses collaborateurs. Il fait sciemment des fautes d'orthographe. Lui qui n'en commet quasiment jamais. Afin d'attirer l'attention de ses collaborateurs et de sa famille, pour montrer qu'il n'est pas dupe de la situation et qu'on le force à écrire à la réception de ses courriers, les proches d'Edouard Jean Empain auront une toute autre réaction.

[00:17:24]

Ils penseront que le PDG est tout simplement en train de devenir fou, qu'il est probablement traumatisé par sa mutilation, ce petit doigt coupé. Et qu'à ce rythme là, il ne tiendra pas longtemps le choc. La détention du baron Edouard Jean Empain va alors entrer dans sa phase la plus sombre et sa vie de tenir qu'à un fil. Un mois déjà que le baron Empain a été enlevé devant son domicile parisien. Le contact avec les ravisseurs n'a jamais été rompu et les policiers de la CRIM, la brigade criminelle du commissaire Pierre Ottavio Ly, se sont peu à peu rapprochés d'eux.

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Mais désormais, ses geôliers se taisent. La remise de rançon ratée à Megève, sous haute surveillance policière, les a rendus méfiants. Pour davantage de sécurité et parce que la cabs qu'il occupe avec le baron est bien trop humide, sale et inconfortable. Tout le monde change de planque. C'est la première fois depuis le début de sa détention que Edouard Jean se retrouve debout et marche quelques pas cagoulés. Menotté, il titube et glisse en posant ses pas dans la neige fraîche pour aller ensuite se recroqueviller dans le coffre d'une voiture.

[00:18:44]

Une demi heure plus tard, il a le sentiment d'être arrivé dans une cour de ferme. En quelques secondes, il va connaître pour la première fois la terreur. On le pousse dans une caisse en bois dont on rabat le couvercle. Des années plus tard, il nous racontera son effroi.

[00:19:03]

Pour passer du premier lieu de détention au deuxième, on m'a mis dans une caisse, une caisse qu'on a cloutées. Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte. C'est comment on peut se sentir quand on vous met dans une caisse Kouté et que cette caisse est soulevée par une grue. Est ce qu'on va la jeter dans la Seine? Est ce qu'on va jeter dans une décharge publique quelques secondes, quelques minutes? C'est très court. La grue dépose finalement l'otage dans une espèce de grenier à foin.

[00:19:29]

Le baron Empain est toujours menotté. Il a toujours autour du cou un collier de chien relié à une chaîne métallique. Mais le lieu est plus accueillant que la précédente cave. Il fait chaud, la nourriture est meilleure et il a droit aux journaux qu'on lui apporte. Il y a un mois, il était encore l'un des hommes les plus puissants de l'industrie européenne. Un grand patron respecté qui faisait la pluie et le beau temps à la tête de son empire Empain, Schneider.

[00:19:56]

Mais aujourd'hui, en lisant La Presse, il constate avec effarement que son cas ne fait plus que quelques lignes en bas de page. Quelque entrefilet. Empain aura alors le sentiment qu'on ne le recherche plus et qu'il est condamné soit à croupir encore pendant des mois dans ce grenier, soit pris directement à être exécuté. Malgré les apparences, les enquêteurs travaillent d'arrache pied sur le dossier. Cette semaine, après leur rapt, les ravisseurs, enfin, renoue le contact avec l'entourage du baron Empain.

[00:20:29]

C'est l'un de ses proches collaborateurs, René Engen. Il a pris les rênes du groupe PSA du patron qui va jouer les intermédiaires. Une fois encore, une lettre du Baron écrite sous la dictée fixent les consignes pour la remise de la rançon. Avec cet avertissement. Cette fois, c'est la vie ou la mort. Si vous appelez la police, Engen avertit toutefois la brigade criminelle. L'opération policière qui suit est spectaculaire. Un rendez vous téléphonique est fixé le jeudi 23 mars à l'intérieur du restaurant Le Fouquet's, sur les Champs Elysées.

[00:21:08]

Un collaborateur du groupe En Empain nêtre. Il s'agit en fait à nouveau de l'inspecteur m'a dit Erie doit recevoir un coup de fil d'une certaine Charlotte Cordé. La feuille de route est donnée pour la remise de rançon. Et c'est un authentique jeu de piste.

[00:21:24]

Le faux collaborateur d'Ampsin, mais vrais policiers, se rend Porte d'Auteuil. Nouveau coup de fil, récupère un message au fond d'une poubelle ville en banlieue, à Antonie, où il doit prendre le volant d'une autre voiture qui l'attendait dans un parking. Dans la boîte à gants, un autre lieu de rendez vous un café de la Porte d'Auteuil, puis l'hôtel Hilton à Orly. Après six heures de route, les ravisseurs font savoir que la remise de rançon aura lieu le lendemain.

[00:21:50]

Le vendredi 24 mars, en fin d'après midi, le jeu de piste recommence pour s'achever une bonne heure plus tard sur l'autoroute du Sud, à hauteur de la borne d'appel d'urgence B 163. L'inspecteur M'a Erie immobilise son véhicule contenant la valise remplie de faux billets et sort de la voiture. A ce moment là, deux hommes armés cachés en contrebas de la glissière bondissent. L'inspecteur ne peut rien faire. La voiture contenant la rançon démarre en trombe, s'arrête 200 mètres plus loin, à hauteur d'un mur antibruit ou une trappe a été aménagée.

[00:22:30]

Mais les gangsters n'iront pas plus loin. Une équipe de policiers les a suivis et tente de les courser. Échanges de coups de feu sur l'autoroute. Un malfaiteur, Alain du Château, un pro du braquage de banque, est tué. Le deuxième. Alain Cayol, lui aussi connu de la justice, est gravement blessé. Aussitôt transporté à l'Hôtel-Dieu. Dans la troisième planque du baron Empain, il a de nouveau changé de lieux de détention pour se retrouver dans un pavillon de banlieue.

[00:23:00]

C'est la consternation alors que la veille, les ravisseurs lui avaient dit que la rançon, ramenée à 40 millions, était en train d'être versée. Ce matin là, un de ses gardiens lui balance le journal du jour. Un gros titre barre la une de France-Soir. Un des ravisseurs du baron Empain tué sur l'autoroute à la hauteur de l'Elysée, Rose Empain, est désemparé. Il sait à ce moment là que la rançon ne sera jamais payée, que sa vie ne vaut plus rien et que l'histoire touche sans doute à sa fin.

[00:23:37]

Un geôlier vient à sa rencontre, il lui dit Tu as lu ce qui s'est passé, tu as compris où, en années, il n'y a plus que deux solutions on te tue ou on te libère. L'homme ajoute que toute l'équipe de ravisseurs va se réunir, discuter, puis votera ensuite la vie ou la mort pour le baron. Même si, au Quai des Orfèvres, le commissaire Ottavio Li ignore tout de ce vote lugubre, il sait que Edouard Jean Empain est en grand danger.

[00:24:08]

Peut être d'ailleurs est il déjà mort. La famille, la baronne Sylvana, les dirigeants de Schneider doivent se préparer à une issue fatale. Les ravisseurs n'ont désormais plus rien à perdre. Le patron de la CRIM n'a plus qu'une carte dans son jeu. Il va donc abattre son va tout seul, moyen pour que l'otage ne soit pas exécuté. Pour le patron de la brigade criminelle, Pierre Ottavio lit le seul moyen d'obtenir la libération d'Ampsin alors que la partie est perdue pour les ravisseurs.

[00:24:42]

Le seul moyen, c'est de faire pression sur l'un des hommes du gang arrêté 48 heures auparavant et de le faire parler. Alain Cayol a été blessé lors de la remise de rançon qui a fini en fusillade sur l'autoroute du Sud. Mais les médecins l'ont rapidement remis sur pied.

[00:25:01]

Le commissaire Ottavio Lee persuade Cayol que la partie est perdue aujourd'hui pour tout le monde. La mort du baron Empain ne ferait qu'aggraver l'affaire et faire des ravisseurs des meurtriers qui seraient toute leur vie. Activement recherché, Cayol va alors demander aux policiers la permission de se servir de son téléphone.

[00:25:26]

Le crime de Cayol est d'un coup de fil qu'il m'a demandé à passer alors qu'il se trouvait dans le bureau et qu'il m'a dit Écoutez moi, parfaitement compris la situation. Je sais parfaitement que mes complices ne pourront jamais avoir un centime de rançon, que tout cela va se. Poursuivre par les carnages. Si vous permettez, je crois pouvoir obtenir la libération du baron. Détrônés 5 pour. Le numéro de téléphone que je vais faire, j'ai pris contact immédiatement avec le parquet et le juge d'instruction, mais il a été convenu très rapidement que nous ne pouvions pas accéder à cette demande qui ne pouvait porter préjudice à un rien à la suite de l'enquête, puisque aussi bien des complices étaient largement prévenus que Kayode était arrêté.

[00:26:17]

Et c'est ce qu'il a dit exactement. Il a dit à ceux ci Licia, là, c'est foutu. Vous n'aurez pas un centime de rançon. Vous avez parlé de Carnarvon, le carnage. Libérez le baron. Ce coup de fil pèse lourd dans la décision qui va suivre. Quelques heures plus tard, les ravisseurs préviennent Édouard Jan Antin de leur décision. Ceux qui n'ont eu que des rôles de guetteur ou de coursier ont voté la mort. Mais les geôliers qui ont partagé les jours et les nuits de l'otage ne se sont pas résolus à l'exécuter.

[00:26:53]

L'un d'eux lui confie de l'autre côté de la tente, c'est facile de tuer quelqu'un que l'on ne connaît pas, mais on ne tue pas quelqu'un avec qui on a vécu pendant deux mois. Le baron Empain accepte la toute dernière requête des ravisseurs. Il signe trois reconnaissance de dette 45 millions de francs chacune pour les ravisseurs et lui laisseront du temps pour payer. Mais s'il ne tient pas sa parole, ils tueront au hasard une personne dans la rue et laisseront sur elle la reconnaissance de dette.

[00:27:28]

Ce marché sordide n'aura pas de suite. Le dimanche 25 mars 1978, après soixante trois jours de détention, le baron Empain est libéré. Il est habillé d'un survêtement. Il porte une cagoule. Deux de ses gardiens le déposent dans un coin désert de banlieue. On lui glisse dans la main un billet de 10 francs. Quand la voiture s'éloigne, Édouard Jean Empain ôte sa cagoule et commence à marcher dans ce quartier inconnu jusqu'à ce qu'il aperçoive une bouche de métro sur laquelle est marqué Porte d'Ivry.

[00:28:06]

Barbu, hirsute et épuisé, le baron descend à la station Opéra. Téléphone à sa femme. C'est un homme qui décroche. Je voudrais parler à Sylvana, s'il vous plaît, de la part de qui? Interroge l'homme, qui est un policier de la part de son mari.

[00:28:27]

Toute sa vie, le baron Empain demeure marqué par cette épreuve. Voilà ce qu'il nous disait en 2008.

[00:28:34]

Pour moi, c'était soixante trois fois 24 heures parce qu'il n'y avait pas de nuit. Il n'y avait pas deux jours. Je n'ai pas vu la lumière du jour pendant toute cette période. Nos ravisseurs ont tout fait pour me faire perdre la notion du temps. Je n'avais pas de repères du tout. J'essayais toujours de gagner un jour de plus parce que tant que je gagnais un jour de plus, il y avait un espoir. En plus, j'étais très conscient que c'était une situation dont je n'avais que très peu de chances de sortir.

[00:28:57]

Est ce que c'est la première fois que vous connaissez la peur?

[00:28:59]

Oui, pas peur d'avoir peur de souffrir, avait fait promettre à mes ravisseurs que s'ils devaient me supprimer, ils le feraient proprement. Semble découpé en morceaux. Et pourtant, ils avaient quand même commencé, découpé en morceaux dont c'était la vie ou la mort.

[00:29:14]

En cette fin mars 1978, les réjouissances de la libération ne durent pas. Le baron Empain s'aperçoit qu'en deux mois de détention, sa vie a totalement basculé. Il ne sera plus jamais le même aux yeux de sa famille et de ses collaborateurs.

[00:29:29]

Il a le sentiment d'avoir été sali, attribue à la police le fait d'avoir fouillé dans les tiroirs, comme il dit avoir colporté sur son compte rumeurs et suppositions des dettes de jeu, des aventures extraconjugales, une double vie privée dissolue. Empain divorcera de son épouse et abandonnera la tête du groupe Empain Schneider. Je ne peux plus faire confiance à personne parce que je n'ai jamais réussi à savoir ce qui s'était passé pendant ma séquestration.

[00:30:01]

Il ajoutera que seul son labrador, Love, était heureux de le revoir. Quatre ans après leur rapt se tient le procès de l'affaire Empain. Le baron découvre pour la première fois le visage et la silhouette de ses ravisseurs. Six hommes et deux femmes. Il ne les accable pas. Les condamnations s'échelonneront entre deux ans et 21 ans de prison. Des ravisseurs qui expliqueront avoir choisi le baron Empain un peu au hasard. Il hésitait entre Liliane Bettencourt, Claude François ou Marcel Dassault avant de lire un article du Canard enchaîné sur le grand patron Edouard Jean Empain.

[00:30:42]

Comme quoi avoir son nom dans le journal peut parfois changer toute une vie. L'heure du crime, où l'on revient donc ce soir sur le rapport du baron Empain, en 1978, avec notre invité, maître Jean-Yves Dupeux, avocat et ancien défenseur du baron Empain, maître du rapt. Affaire emblématique. Vous l'avez rappelé en préambule de cette émission, vous avez défendu le baron Empain au procès de ses ravisseurs avec votre confrère. C'était maître prévôts ou Bernard Prévost. On était là quatre ans après le rapt.

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Quel était alors le sentiment de Edouard Jean Empain lors de ces audiences? Il était extrêmement calme, extrêmement serein. Il avait un homme qui n'avait qu'il ne connaissait pas la haine. Et pourtant, il aurait été légitime à avoir une certaine haine à l'égard de ses ravisseurs. Je le vois encore. Il est regardé quelquefois, fuyait son regard. On sentait qu'il leur en avait beaucoup imposé. L'un d'entre eux, quand il est sorti de prison, a dit Avec Empain, c'était le syndrome de Stockholm à l'envers.

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La haine. Mais il a comment dire. Ce procès, je crois, lui a beaucoup apporté parce que il a beaucoup écouté. Il y avait beaucoup de témoins, il y avait beaucoup d'experts. Et puis il a fait une intervention. Le, le dernier jour des débats, avant le réquisitoire et les plaidoiries. Il a fait une intervention qui a duré plus de deux heures, où il a été un personnage exceptionnel qu'on a, qu'on a retrouvé dans l'émotion, dans la lauthenticité.

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Il a raconté tout ce qu'il avait vécu avec 100/100, comment dire sans dramatiser, ce qui était quand même un évènement tout à fait dramatique. Mais il l'a raconté de manière simple, presque crue, et je pense que ce jour là, il a fait sur lui même un travail, un travail reconstructive, un travail, comme diraient les psychanalystes. Il reste. Moi, je voudrais qu'on revienne. Vous avez évoqué le syndrome de Stockholm, là, en deux mots.

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C'est ce sentiment finalement d'affection dans tous les cas de compassion qu'ont la victime à la victime pour son ravisseur. C'était un petit peu à l'envers, mais aussi avec les sentiments. Il avait tue, il l'avait tue lorsqu'il était lorsqu'il était séquestré. Au tout début, il s'en explique d'ailleurs au tout début. Il les déteste. Enfin, ce sont ceux qui l'ont enlevé. Des monstres qui sont des monstres.

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Et puis, peu à peu, il a d'ailleurs à ce moment là qu'on a parlé du syndrome de Stockholm. C'était un mot, une expression qu'on ne connaissait pas peu à peu. Et les méchants sont à l'extérieur parce que ce sont ceux qui ne veulent pas payer la rançon qui ne répondent pas aux ravisseurs comme ils devraient le faire. Et lui ressent que les ravisseurs sont ceux qui le protège, qu'ils maintiennent en vie dans des conditions certes extrêmement inconfortables. Mais c'est quelque chose qui, paraît il, se retrouve dans beaucoup de rapts et à fait où les gens, effectivement, sont prisonniers de ce système et remercient finalement leurs geôliers.

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C'est assez classique en matière de rapt, maître. Vous l'avez très, très bien connu, le baron Empain. Est ce que réellement, lors de cette détention, sa vie était en danger? Est ce qu'on a voulu le tuer en Bordelais?

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Ç'aurait été possible. Tout aurait été possible. Vous savez, lorsque, lorsque la remise de rançon, déjà à Megève, a échoué? Je me souviens, j'étais à l'époque dans un cabinet d'avocats qui s'occupait du baron Empain et de la famille. C'était une crainte terrible qu'on avait. Mais de ce qu'il en a dit, lui, il a eu aussi cette crainte, comme il a eu aussi la peur au moment où il a appris la fusillade de l'autoroute du Sud dans les derniers jours.

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Là, il s'est vu vraiment. Il s'est vu vraiment mort. J'avais même demandé à mes ravisseurs de me liquider proprement dit, ne pas me couper en deux, me couper en morceaux et oui, incontestablement, ils auraient pu.

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Les ravisseurs étaient quand même des gens sans scrupules, avec peu d'humanité pour beaucoup, et ils auraient très bien pu le liquider, comme comme cela avait été le cas pour plusieurs ou le entre SmartThings Schleyer. A quelques semaines avant en Allemagne, retrouvé mort à Mulhouse, le patron des patrons allemands. En politique, oui, c'était un rapt politique, mais il y avait eu plus très bien. Je situe plus très bien Hollande dans le temps, mais il y a eu l'affaire Aldo Moro Moro, qui a été retrouvé mort là aussi.

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Rapt politique? Moi, ce qui m'a beaucoup frappé dans cette affaire, c'est que les grands patrons d'industrie et puis le 23 janvier, il est enlevé, il disparaît et la police n'a aucun indice.

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Le seul indice qu'elle est, c'est le baron Empain. Et donc, on va tourner autour de ce qu'il est, de sa vie privée, de ses passions, de toutes ses faiblesses, de tous ses défauts. Et on va voir que c'est un homme qui est addict aux Jeux. Il faut bien le dire au poker, au poker, mais surtout au casino. C'est là qu'il a, l'été précédent, contracté des dettes de jeu qui sont des dettes très importantes.

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On sait et on sait qu'il a une vie sentimentale qui est assez chargée et une très belle femme, très, très bel homme. Il a des maîtresses, même s'il a beaucoup d'affection et d'amour pour la baronne Silvana, qui qui l'aime beaucoup et j'en ai été personnellement le témoin, même même au delà après leur divorce.

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Mais on va polariser l'attention de la police, mais à cause de la porosité également de la presse. Et là, on va comprendre ce que c'est que l'atteinte à la vie privée. Évidemment, il va y avoir un tout autre portrait du baron Empain qui va se dessiner à ce moment là. J'ai envie de dire que finalement, il a eu trois vies. Il y a celle d'avant. Il y a celle du rapt. Et puis, il y a peut être la plus importante, c'est celle d'après.

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Parce que là, il a tout perdu. Qu'en est il quand il est libéré?

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Oui, et ça, c'est j'allais dire. C'est ce qu'il y a de plus. Ce qui m'a le plus frappé et presque le plus passionné dans le dans cette affaire là, c'est que il est tout ce qui s'est dit sur lui, tout ce qu'il s'est su sur lui, fait que lorsqu'il sort, il ne peut plus du tout avoir la même vie, ni la même vie familiale, ni la même vie professionnelle. Et il tente bien un moment de reprendre les rênes du groupe Empain Schneider.

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Mais c'est fini. Parce que quand on est à la tête de 140.000 salariés qui sont pour beaucoup au SMIC, c'est difficile. Il faut bien reconnaître, c'est difficile que de dire qu'on a perdu 10 millions de francs au jeu au casino du lac Meech l'été précédent. Donc, il est allé employant un mot. Il est cramé, est cramé, démonétisé. Dire oui, il n'en peut plus. Il ne peut plus avoir cette activité là. Et puis, il est son couple à ce moment là, explore, chavirent.

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Ses enfants, ses enfants, surtout. Sa fille aînée, d'ailleurs, qui habite aux États-Unis à ce moment là, ne se détache pas de lui. Mais il n'a plus ni le ressort, ni je dirai le goût de reprendre la vie qu'il avait auparavant.

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Et il y a une forme à la fois de comment dire, de destruction de l'homme, mais en même temps de reconstruction en wado, puisque c'est comme ça qu'on l'appelait.

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C'était son surnom, c'était son surnom ado et tous ses amis l'appelaient Wado et j'ai partagé ce privilège un temps. Mais Wado était un homme qui n'était pas très à l'aise dans les dans les salons ou dans les conseils d'administration. C'était un homme qui aimait la chasse, qui aimait la nature. Il avait été champion de balle trap et au fond, c'est ce changement de vie. D'une certaine manière, lui lui a convenu.

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Alors, tout perdre et se reconstruire à l'issue d'un rap, c'est une Constanta qu'on a observé à mes parents cette émission et toutes les autres qu'on confiait cette semaine. Il y a toujours des gens qui perdent tout, y compris les victimes perdent tout. Après, à l'issue d'un rap, c'est vraiment quelque chose qui revient en permanence. On ne peut pas. Parler du baron Empain sans évoquer son petit doigt coupé, accéder assez, commencons qu'on revienne sur cette question qu'est ce qu'il vous disait, vous?

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On n'en parlait pas beaucoup parce que savaient que je savais qu'il n'aimait pas qu'on aborde ce sujet. Cela étant, moi, j'ai eu chaque fois que nous allions, par exemple, déjeuner au restaurant tous les deux, ou parce que chaque fois que nous allions au palais de justice ou que je voyais les gens qui immédiatement reconnaissaient le baron Empain parce qu'il était vraiment, il avait, il avait une gueule, mais immédiatement, il regardait son petit doigt. Et ça, c'était quelque chose qui lui déplaisait souverainement et très franchement à moi aussi.

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Est ce qu'aujourd'hui, vous parliez de sa famille? Ça a été compliqué à la sortie. Est ce qu'aujourd'hui, sa mémoire, si je puis dire, est réhabilitée au baron Empain?

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Oui, moi, j'aurais tendance à dire que oui, il a changé totalement. Il a épousé une autre femme, Jacqueline. Il a vécu à bouffait monde dans des conditions bien différentes, beaucoup plus modestes, mais ses enfants sont restés attachés à lui. Et puis, il a écrit ce livre. Il a écrit un livre qui est d'ailleurs un beau livre. Je lui aurais bien laissé les jours derniers, très bien écrits. Et puis il a fait. Il a fait d'autres choses, mais c'était plus le grand patron du groupe Empain.

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Merci infiniment, maître Jean-Yves Dupeux, d'avoir accepté l'invitation de L'heure du crime pour parler si bien du baron Empain. Merci. Merci à vous et tous pour votre fidélité et merci à l'équipe de l'émission. Justine Vigneaux, Amandine Lemaire et Sébastien empocheront à la réalisation de demain notre grand rapt d'un tout autre genre San Antonio Frédéric Dard L'enlèvement de sa fille Joséphine Admins. Excellente soirée sur RTL.