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[00:00:05]

Mercredi 2 décembre. Aujourd'hui, je m'interroge. Y aura t il du ski à Noël? La question est en train de virer à la polémique européenne. La France ferme ses télésièges, mais pas l'Autriche ni la Suisse. Et voilà que le gouvernement veut mettre en place des contrôles aux frontières pour attraper ceux qui espèrent aller ski en douce chez nos voisins. Je vous emmène aussi en maraude avec le Samu social, qui va à la rencontre des sans abri de plus en plus nombreux dans nos rues à cause de la crise sanitaire.

[00:00:38]

Les moyens déployés sont ils suffisants? J'ai posé la question à la ministre du Logement. Et puis, je vais vous faire écouter le cri de la langouste, le bruit des animaux qui peuplent les mers. C'est le sujet d'étude des éco acousticien. Il écoute les océans pour mieux les protéger. Bienvenue!

[00:00:57]

Je suis salivation et c'est parti pour le quart d'heure.

[00:01:04]

L'action péket Vatan chaque année, nous avons 20mn tourmentait, s'était posé en défenseur le Quantel battant le planté du bâton, une pratique bien agréable qui permet de se détendre au coeur de l'hiver, mais qui ne concerne qu'une minorité de Français.

[00:01:24]

À peine dix pour cent de la population part régulièrement aux sports d'hiver. Et pourtant, voilà que ça devient un sujet national et même un motif d'embrouilles avec nos voisins. La France veut à tout prix éviter la cohue dans les restaurants d'altitude et la recrudescence des contaminations, notamment dans la région Rhône-Alpes, déjà très touchée. Les remontées mécaniques devraient donc rester fermées à Noël dans les stations françaises. Mais en Autriche, les pistes seront ouvertes. En Suisse aussi, sans doute.

[00:01:55]

Et c'est de la concurrence déloyale. 17 commerçants de Megève.

[00:01:58]

Si toutes les stations de toute l'Europe avaient été fermées, ce qui avait l'air d'être le cas. Bon, allez, on fait tout le monde à l'effort, mais là, non. Là où une concurrence déloyale déraille. Les gens vont aller vers les autres pays qu'ils sont ouverts. Donc nous, on fait des dindons de la farce, là.

[00:02:13]

Jean Castex, le premier ministre, a donc proposé une solution empêcher les vacanciers français d'aller skier de l'autre côté de la frontière va instaurer des préfets des départements limitrophes.

[00:02:24]

Ce qu'on appelle une quarantaine va dire qu'on fera des contrôles aléatoires à la frontière avec Jacques et que le préfet pourra ordonner la mise en suis français. Je veux aller skier en Suisse. Voilà tombe sur un contrôle. Il m'arrive quoi? Eh bien, il vous arrive que vous serez placé et que vous subirez les tests à un isolement de 7 jours. La conclusion? Je dirais oui. Je sais que je ne vais pas Suisse.

[00:02:48]

Un contrôle des skieurs à la frontière? Jean-Pierre Mas, le président des entreprises du voyage, s'en étrangle presque.

[00:02:55]

Comment va t on faire? On va vérifier qu'il est des skis sur le toit de sa voiture, qu'il ait des chaussures de ski dans le coffre pour le verbaliser. Parce que s'il va travailler en Suisse ou s'il va se promener en Suisse, il est tout à fait le droit. La Suisse est ouverte. l'Autriche, l'Espagne et l'Andorre sont couverts. On peut circuler librement. Les frontières ne sont pas fermées. On va aller voir dans le coffre de la voiture s'il y a des chaussures de ski.

[00:03:16]

C'est ridicule.

[00:03:18]

J'ai l'impression que l'on vit à Absurdie et l'opposition politique enfonce le clou. Comme Julien Aubert, député Les Républicains, je pense qu'on est dans une situation complètement incongrue.

[00:03:26]

Pendant un mois, on a assigné les Français à domicile tout en leur permettant de circuler en Europe. Et maintenant, on va fermer les frontières. On leur proposons de circuler en dehors de leur habitation. C'est complètement illogique au plan sanitaire. C'est stupide. Au plan des libertés, c'est liberticide. A un moment donné, il faut se poser la question de savoir pourquoi on maintient fermer nos stations de ski. On ferait mieux si vous voulez les ouvrir en encadrant par des protocoles précis, ouvrir les stations de ski.

[00:03:51]

Les intéressés ne demandent pas mieux. Malgré les aides annoncées par le gouvernement, les professionnels du tourisme de montagne continuent de réclamer la réouverture pour Noël. Rappelant que le secteur emploie 120.000 saisonniers. Ils feront à nouveau valoir leurs arguments la semaine prochaine lors d'un rendez vous à Matignon. Nous attendons. Des manifestations étaient encore organisées aujourd'hui à Bourg d'Oisans, en Isère, et à Bourg-Saint-Maurice, en Savoie.

[00:04:17]

Des centaines de personnes se sont rassemblées en brandissant des coeurs rouges brisés et en chantant Bella Ciao, le chant révolutionnaire au service des aficionados du télésiège. Ce n'est pas le moindre paradoxe de cette polémique hivernale.

[00:04:48]

C'est la Fondation Abbé Pierre qui a livré ce chiffre il y a quelques semaines il y a en France aujourd'hui 300 000 personnes sans domicile fixe, deux fois plus qu'en 2012. La plupart d'entre elles sont hébergées dans des centres, dont les lieux d'accueil pour demandeurs d'asile, où vivent dans des bidonville aux portes de nos villes. Mais il y a aussi ceux qui sont à la rue, vraiment à la rue. Ils seraient 15 000 à 20 000, peut être.

[00:05:16]

Leur nombre est difficile à mesurer avec précision. Qui sont ils? Quelles solutions leur est apportée en cette période si particulière? Le Samu social est souvent le dernier lien avec ces personnes sans abri.

[00:05:31]

Mardi, vers 21 heures, on a quitté Ivry pour aller déjà se rendre sur Paris. Je sais que le match à Montreuil, bonne radio. Bonjour Dahchour. Salut Céline lorsqu'on entend là, c'est une maraude du Samu social que tu as suivie pour le quart d'heure, raconte nous comment ça se passe déjà?

[00:06:05]

Tous les jours, toutes les nuits, sans exception. Toutes les maraudes partent d'Ivry dans le 94. C'est dans le Val de Marne et c'est là où est basé le siège du Samu social de Paris. Et ce soir là particulièrement, j'ai suivi une équipe qui marauder dans le 8ème arrondissement de Paris. Est ce qu'il faut savoir? C'est que dans chaque camion, il y a trois professionnels le chauffeur, bien sûr, une infirmière et une travailleuse sociale.

[00:06:28]

Ça veut dire que pendant toute la nuit, vous avez arpenté les rues du 8ème arrondissement. Exactement, chaque équipe part avec une tablette. C'est là où elle reçoit en fait tous les signalements dans la nuit. Alors, un signalement, c'est quoi? Ben ça va être toi, par exemple, Céline, qui va appeler le 115 parce qu'il y a un sans abri dans ta rue. Être le sans abri lui même qui va contacter le Samu pour avoir de l'aide ou alors espérer une nuit dans un centre d'hébergement?

[00:06:54]

Est ce que vous avez vu beaucoup de personnes sans abri au cours de cette maraude qui a duré quasiment toute la nuit?

[00:07:00]

Ben, on n'a pas vu tout le monde que c'est, mais ça ne veut pas dire non plus qu'il n'y a pas grand monde dans la rue. En fait, c'est compliqué de chiffrer le nombre exact de sans abri, surtout dans cette période là. En fait, en général, le soir, la plupart des sans abri dorment dans des gares, dans des métros et le Samu n'a pas accès à ces endroits là puisque le Samu intervient uniquement dans l'espace public et les sans abri que tu a rencontrés au cours de cette maraude.

[00:07:26]

Quels sont leurs parcours? Quelles sont leurs histoires?

[00:07:29]

On va avoir des sans abri qui sont à la rue depuis des années, bien connus par le Samu social avec leurs petites habitudes, etc. Et puis, on va voir les nouveaux sans abri. Là, c'est ce qui fait toute la différence en cette période de confinement. Et ce soir là, par exemple, on a rencontré une nouvelle sans abri, Stéphanie.

[00:07:47]

Sur le trottoir, il y avait un petit matelas, m'annonce d'assiettes dehors. Je suis descendu la rue et là, j'ai trouvé un petit recoin et je suis là depuis bientôt quinze jours.

[00:07:56]

Maintenant, elle a installé son petit matelas au pied d'un immeuble parisien très cossu. Elle l'a bien décoré. Il y a des grandes affiches, merci, écrit en grand. Ce qui est assez surprenant avec Stéphanie, c'est que c'est une infirmière. Elle a travaillé dix ans à l'hôpital public. Ensuite, elle a travaillé en maison de retraite et c'est là où la bascule s'est faite. Elle a fini par faire un burn out et tout s'est enchaîné pour elle. Stéphanie.

[00:08:21]

En tout cas, c'est un plaisir de voir contre. Elle passera. S'il y a du bon, il y a du monde pour en parler. Ce n'est pas moi, mais je vais vous faire avoir. Est ce qu'il y a beaucoup de cas comme celui ci de détresse psychologique dans la rue? Il y a de plus en plus de personnes en détresse psychiatrique, même dans la rue, et c'est ce qui rend le travail plus compliqué pour les équipes du Samu social, puisque le suivi est clairement impossible.

[00:08:48]

Chaque soir, il couvre un secteur différent. Les équipes ne sont pas les mêmes. D'un soir à l'autre, on va pas rencontrer les mêmes personnes, ce qui empêche de faire un suivi durable dans le temps.

[00:08:58]

On est en train de vernal, les températures chutent, Ianoukovitch aussi. Et aujourd'hui, on n'a aucune réponse à apporter aux gens qui sont en rue et qui demandent des mises à l'abri. Donc, il faudrait déplacer les dispositifs hivernaux, ouvre en tout cas nous ennuie, ont pu essayer d'orienter des gens.

[00:09:15]

Est ce que les équipes du Samu social ont vu dans la rue, en effet, de la crise sanitaire? Clairement, il y a plus de monde.

[00:09:22]

Déjà, ne serait ce qu'avec ces nouveaux sans abri, comme on l'a vu avec Stéphanie et le Samu, n'arrivent pas à répondre à tous ces besoins. Et les chiffres du 115 le montrent les demandes non satisfaites avoisinent les 80 à 90. Et les associations estiment qu'elles n'ont pas les mêmes moyens. Comme au premier confinement, par exemple. Il n'y a pas de gymnase ouvert, il n'y a pas d'hôtel à réquisitionner et ajouté à tout. C'est le Samu social attend encore l'ouverture des places hivernales qui était prévue en novembre.

[00:09:53]

Normalement, quand même, tous les hivers, il y a un budget pour l'hiver. Mais on attend qu'il y ait des morts pour voir les places. Il y a de moins en moins de places, moins de moyens, disent les associations.

[00:10:22]

Et au gouvernement, on en dit quoi? J'ai posé la question à Emmanuel Wagon, ministre délégué au Logement. Y a t il moins de mobilisation qu'au premier confinement?

[00:10:33]

Ce n'est pas vrai. C'est à dire? Il y a une très forte mobilisation. On a ouvert des places massivement pendant le premier confinement qu'on n'a pas refermé, et on ouvre de nouvelles places. Maintenant, donc, la mobilisation a mis, comme à chaque fois, quelques jours, quelques semaines à se déclencher vraiment plus vite au deuxième confinement qu'au premier. Mais elle est forte.

[00:10:52]

Concrètement, ça veut dire combien de places d'hébergement? Aujourd'hui, en France, on a ouvert plus de 14 000 places depuis le début du deuxième confinement et en tout, on est à 180 000 places d'hébergement aujourd'hui. C'est vraiment un très gros effort. On était à 135 000 fin 2016 début 2017 en ordre de grandeur, et on était à 150 000 dans le confinement.

[00:11:17]

Alors vous nous dites qu'il y a un effort massif qui est fait de la part de l'État. Comment vous expliquez que les associations aient le sentiment, bien qu'il y ait toujours du monde dans la rue, qu'on trouve pas toujours de solution le soir pour les personnes qu'on rencontre en maraude, par exemple?

[00:11:31]

Alors les deux sont pas contradictoires. Il reste des personnes à la rue. D'abord parce que la demande est forte et on est parti d'une situation dans laquelle le nombre de demandes non satisfaites était très important. Et ensuite, parce qu'on a aussi des personnes qui étaient hébergés chez des tiers mal hébergés, qui basculent à la rue.

[00:11:51]

Et donc, on a souvent des personnes nouvelles qui arrivent dans le système. Du coup, on a les deux phénomènes à la fois plus de places que jamais et encore des personnes à la rue. Et mon objectif, c'est vraiment que le nombre de demandes non satisfaites baisse très fortement. On se rapproche de zéro.

[00:12:08]

Est ce que vous envisagez de prolonger la trêve hivernale en raison de la crise économique, comme le demandent certaines associations?

[00:12:13]

Sur la trêve hivernale, elle a été prolongée cette année, exceptionnellement parce que la fin de la trêve tombait pendant le confinement et donc elle a été prolongée après la fin du confinement jusqu'au 2 juillet. Et moi, je serai très pragmatique. J'ai du mal à répondre actuellement, tant je ne sais pas dans quelles conditions sanitaires on sera fin mars. J'espère bien que les conditions sanitaires seront meilleures et on s'y emploie tous. Mais du coup, c'est une décision qu'on prendra au vu de la situation sanitaire.

[00:12:39]

Merci beaucoup. Le wagon d'avoir accepté de nous répondre aujourd'hui dans le quart d'heure.

[00:12:47]

Et si je vous mets maintenant dans les profondeurs de l'océan, c'est peut être à cause du Grand Bleu.

[00:12:55]

Mais moi, quand je pense au monde sous marin, j'imagine un monde de quiétude, un univers ouaté, loin du tumulte, un monde du silence, comme le titre du film du commandant Cousteau. Alors, imaginez ma surprise la première fois que j'ai entendu cette espèce de couinements, c'est le cri de la langouste. Vous saviez vous que la langouste faisait des vocalises? Eh bien, figurez vous que ce n'est pas la seule. C'est le chant du béluga. Oui, je sais, c'est bizarre et je pourrais vous en faire.

[00:13:39]

Écoutez bien d'autres le claquement du dauphin, le petit monde, l'anguille ou encore les bruits de bouche de l'oursin. Parce que oui, ça fait du bruit. Un ours.

[00:13:49]

Quand il mange l'oursin, il a une espèce de bouche qu'on appelle une lanterne et qu'on y croque qu'on y broutent. Il ferme cette lanterne. Et ça va résonner à l'intérieur du squelette. Et ça va faire l'Inc'Rock. Celle qui écoute ainsi le croque croque des oursins, c'est Gordillo Gayot. Elle est Tescou acousticiens. l'Institut de recherche courru. Son travail, c'est de plonger des micros dans la mer, tout particulièrement la mer Méditerranée, pour écouter le paysage sonore aquatique, les poissons, les mammifères marins qui communiquent entre eux.

[00:14:25]

Très souvent, les sons volontaires des sons qui sont émis pour une fonction particulière, soit pour chasser, soit pour défendre le territoire, pour attirer les femelles. Chaque espèce a ses propres sons et tant qu'on peut reconnaître les espèces à traverser son. Ce qui m'attire énormément, c'est vraiment cette diversité. Moi, ce qui m'a étonné, c'est que ces sons, ils sont là tout le temps, puis nous informent et nous informent sur des comportements et nous informent sur ce qui se passe dans le rendement que, par exemple, avec la queue, elle va claquer un peu moins si la température est basse.

[00:15:01]

A travers tous ces sons, on peut. On peut vraiment décrire ce qui se passe dans l'environnement parce que c'était des donc un comportement, mais peut changer avec des perturbations ou avec des changements dans l'environnement. Ce qui m'étonne, ce qui me plaît dans ce travail, justement, c'est cette exploitation de cette diversité des sons, de cette multitude de sons. Pour l'étude, l'environnement et le lien entre l'environnement et la vie et les perturbations en question, elles sont d'origine humaine.

[00:15:29]

La plupart du temps, bien sûr, car l'homme lui aussi fait beaucoup de bruit.

[00:15:34]

Mais il y a des bruits très, très forts, comme par exemple la prospection pétrolière. Les sons, les militaires, c'est comme des explosions. En fait, c'est tellement fort que ça peut avoir des effets néfastes. Ça peut aller jusqu'à la mort ou en tout cas, des changements très importants dans la physiologie des animaux. Après, je dirais pour les zones côtières. Dominant, célébré des bateaux, le de la navigation et forcément, quand un bruit de navigation très fort hauturiers n'est plus pour les poissons profonds, les mammifères marins vont pouvoir s'entendre moins bien et entendre moins bien leurs propres fonds.

[00:16:13]

Donc ça peut forcément perturber la plongée. Ça peut perturber la physiologie. On sait que le bruit peut augmenter le stress, même chez les poissons. Quand il y a des poissons avec des bruits de bateaux, ils vont moins faire attention à leurs nids et ils vont être plus exposés à la prédation. Ils ont des augmentations de Stormont de stress.

[00:16:34]

Donc oui, on voit qui a qu'il peut y avoir des effets négatifs sur la vie des animaux.

[00:16:44]

Finalement, le bruit n'est pas anecdotique. C'est même un bon indicateur de la santé des profondeurs sous marines. D'ailleurs, la prochaine étape pour les éco acousticiens, c'est d'étudier sur le long terme l'évolution du paysage sonore pour tenter de mesurer l'effet du changement climatique sur nos océans. Allez, je vous laisse, je m'en vais écouter le bruit de la coquille Saint-Jacques qui se balade au fond des mers. Je vous dis à demain pour le quart d'heure.