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Mardi 1er décembre. Aujourd'hui, je regarde les politiques se lancer sur Tok. Le réseau social est devenu le nouveau terrain de jeu des élus qui tentent de parler aux jeunes avec plus ou moins de réussite. Car il n'est pas si facile de maîtriser les codes d'éthique de cœur. Je plonge aussi dans les quarantièmes rugissants. Une impressionnante opération de sauvetage a eu lieu cette nuit sur le parcours du Vendée Globe et l'histoire de la course, d'ailleurs, est aussi une histoire de solidarité en mer.

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Et puis, comment lutter contre le réchauffement climatique? La lobbyiste Lucie Pinson, lauréate du prestigieux prix Goldman, me raconte sa méthode, elle qui tente de convaincre les grandes entreprises financières d'être plus vertueux. Bienvenue! Je suis Céline Natio. Et c'est parti pour le Kinder. C'est l'histoire qui m'a saisie ce matin au réveil comme vous, peut être l'histoire d'un marin en perdition au sud du cap de Bonne-Espérance, contraint d'abandonner son bateau coupé en deux par la tempête et qui attend à bord d'un radeau de survie, dans l'obscurité et le tumulte d'une mer déchaînée.

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L'arrivée de secours providentielle, vous vous voyez, les voyais, les films sur les naufrages. C'était pareil en pire. En quatre secondes, en quatre secondes, le bateau a planté l'étrave et s'est replié à 90. J'ai mis la tête dans le cockpit. Il y a une vague. J'ai envoyé un texto. La vague après a tout fait chanter l'électronique et tout. C'est un truc de barjot.

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C'est lui, le marin en perdition. Kevin Escoffier, 40 ans, navigateur très expérimenté, qui participait à son premier Vendée Globe. Dès que l'alerte a été donnée, quatre de ses concurrents sont partis à sa recherche. Et c'est Jean Le Cam qui l'a trouvé.

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A un moment, j'étais debout sur le pont. Je vois un flash, un flash, c'est pas un flash. En face, il y a la lumière qui apparaît dans les vagues. Vas, régions, plasturgistes, putain, c'est bon, c'est bon. Là, tu passes du désespoir au truc de dingue.

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Un truc de dingue. C'est vrai, rien qu'à l'entendre, on a l'impression de les voir, les creux de cinq mètres qui font danser le radeau. Et l'opération de sauvetage, d'ailleurs, n'a pas été simple. Cette fois, c'est Kevin Escoffier qui raconte qu'il avait du mal à manoeuvrer son bateau parce qu'il y avait beaucoup de mer et beaucoup de vent.

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Dans ces conditions là, on ne pouvait pas être récupéré. Du coup, Jean est parti ajuster la toile. Moi, je suis resté dans le radeau à me faire brasser toute la nuit et au petit matin, Jemma m'a retrouvé à nouveau et on a fait une manoeuvre. J'en ai fait une manoeuvre et moi également. On a réussi à. On a réussi à me récupérer. Je suis resté dans les bras l'un de l'autre. Moi, j'étais content d'être à bord parce que je peux vous assurer que la nuit en radeau, je le conseille à personne.

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J'étais aussi désolé d'embêter Jean pendant sa course. Ça m'embête pas du tout. C'est la dernière fois, c'était l'inverse.

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C'est ça aussi qui m'a marqué dans cette histoire de sauvetage. Ce n'est pas une première. Un navigateur qui sauve un autre, c'est même devenu quasiment une tradition. En 2009, c'était Jean Le Cam, cette fois, qui était en perdition, secouru par un autre concurrent, Vincent Riou et lui non plus ne s'était pas posé de questions.

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On est conditionné comme ça, on est fait comme ça. De toute façon, ça aurait été un autre concurrent du Vendée Globe. Ça aurait été n'importe quel navigateur. Ça fait partie du monde de la mer. Quand quelqu'un est en difficulté, on va l'aider pour qu'on fasse une course, qu'on fasse autre chose.

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Et si on remonte l'histoire du Vendée Globe, on trouve bien des histoires semblables. Yann Eliès, grièvement blessé par un accident à bord, secouru par Marc Guillemot en 2008. Raphaël Dinelli, chaviré au large des Kerguelen en 1996, à qui Goss avait porté assistance.

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Loïck Peyron sauvant Philippe Poupon dans l'océan Indien. C'était en 1989, lors du tout premier Vendée Globe. Comme si l'adversaire, c'était avant tout la mer et que la victoire, c'était avant tout être sûr que tout le monde rentrait à bon port.

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Pour une fois, les indicateurs sont plutôt dans le vert et c'est rare quand on parle du climat.

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l'Union européenne devrait atteindre, voire dépasser plusieurs des objectifs climatiques fixés pour 2020, selon un rapport rendu public hier.

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Les émissions de gaz à effet de serre, notamment, devraient être en baisse de 20 pour cent par rapport à 1990, grâce à la crise sanitaire qui a ralenti les activités. Mais ce succès pourrait n'être que provisoire, selon le rapport européen. Si l'économie redémarre.

[00:04:56]

Les gaz à effet de serre aussi pourraient redémarrer.

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Alors, comment faire pour renverser la tendance de façon durable?

[00:05:04]

Il y a ceux qui manifestent. Il y a ceux qui font des pétitions, comme le réalisateur militant Cyril Dion, qui veut pousser Emmanuel Macron à respecter les engagements pris auprès de la Convention citoyenne sur le climat. Et puis, il y a ceux qui luttent de l'intérieur, comme la lobbyiste Lucie Pinson, qui vient de recevoir le prix Goldman pour l'environnement.

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Ce n'est que la troisième Française à être distinguée par la prestigieuse récompense en matière de lutte climatique depuis sept ans.

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Lucie Pensons pousse les banques et les compagnies d'assurances à ne plus investir dans la filière charbon.

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Pour elle, la lutte semen, dont les bureaux chiffre contre chiffre alors que les acteurs financiers parlent généralement en termes de profitabilité, de rentabilité, voilà les chiffres qui parlent. Nous allons amener des chiffres, mais les chiffres n'ont pas une réalité économique et financière, mais bien les chiffres d'hommes et de femmes qui sont impactés par les projets développés, que ce soit en raison de la pollution de l'air et des morts prématurées qui peuvent être engendrées. Ou alors les chiffres également en termes de personnes déplacées par des grands projets, d'infrastructures qui ont été imposées à ces populations, etc.

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Est ce que vous jouez aussi le jeu de la comparaison?

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Est ce que vous dites untel l'a fait? Si vous vous le faites pas, ça peut être préjudiciable à votre image.

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Alors bien entendu, on fait le premier. C'est plutôt de la dénonciation, dénonce le greenwashing. On fait du naming same et on met également les acteurs en concurrence. Et leur capacité à attirer des clients demain ou à attirer les meilleurs talents va aussi dépendre de leur action en matière climatique. Et donc, montrer que certains établissements sont mieux faisons que d'autres permet en effet de pousser les retardataires à rattraper le leader et à s'aligner sur les meilleures pratiques de la place.

[00:07:06]

Et ça marche. Elle a déjà convaincu des dizaines d'acteurs financiers de ne plus investir dans les nouveaux projets de mines ou de centrales à charbon.

[00:07:14]

Lorsque AXA décide d'exclure certaines entreprises parce que elles prévoient de nouvelles centrales à charbon, eh bien c'est bien cette logique là qui s'inverse. AXA, à ce moment là, n'est plus en train de se préoccuper de l'impact du dérèglement climatique sur sa rentabilité financière, mais bien en train de se préoccuper de l'impact de ses investissements sur le climat. Donc, ça a été vraiment une victoire majeure qui a été suivie après cette mesure là par Crédit Agricole, par La Banque Postale Asset Management et qui est aujourd'hui suivie par plus de 16 acteurs financiers et groupes financiers de taille importante de la place financière de Paris.

[00:07:52]

Voilà les trois étapes. On arrête les projets, puis on arrête les entreprises qui se développent dans le secteur du charbon. Et puis, on vise une sortie totale du secteur un peu plus tard. Ça, c'est vraiment trois étapes majeures qui ont permis aussi de. Comme je le disais, de changer le logiciel de pensée des acteurs financiers. En tout cas, en matière de charbon, puisque tout reste à faire, c'est le pétrole et le gaz.

[00:08:16]

Et l'adversaire de ces nouvelles batailles s'appelle Total. Avec ses projets d'oléoducs en Afrique ou d'usine à gaz en Arctique, que Lucie Pinson espère bien combattre. Chiffres à l'appui, dans les bureaux des grandes entreprises financières.

[00:08:37]

Comment parler aux jeunes quand on fait de la politique? Cette question, je suis sûr qu'on se la pose depuis l'invention de la démocratie il y a quelques décennies, quand on était élu, disons, d'un certain âge et qu'on voulait s'adresser aux moins de 25 ans. Il fallait aller à la télé, montrer qu'on était très au fait des nouvelles expressions des jeunes comme François Mitterrand en 1985.

[00:09:01]

Vous savez ce que ça cachait, Grand Chelem quand j'étais enfant. Des gens ont inversé l'ordre des syllabes. Le mot traîneau, ça donne. Qu'est ce que ça veut dire? Branché, bien entendu. Je veux pas faire. Rémalard l'informait. C'est déjà un peu dépassé. Il y a plusieurs tablettes.

[00:09:17]

Bon cablée. Je suis pas sûr que ce soit rentré dans le vocabulaire courant. Mais bon, passons aujourd'hui pour avoir l'air branché.

[00:09:24]

Les élus ne misent plus sur la télé, mais sur les réseaux sociaux quand ils donnent une interview en ligne.

[00:09:30]

C'est forcément une interview pour la jeunesse comme celle que donnera par exemple Emmanuel Macron jeudi prochain au média en ligne brut.

[00:09:38]

Il répondra pendant deux heures à des journalistes et à des internautes qui poseront leurs questions sur Snapchat. Seront évoqués, dit le communiqué. Les principales thématiques qui intéressent la jeunesse. L'objectif est clair et ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron tente de donner un petit coup de jeune à sa communication.

[00:09:58]

Au lieu d'avoir votre bac, ce message est pour vous. D'abord, pour vous dire bravo, félicitations. C'est le fruit de votre travail, de votre engagement. Alors maintenant, faites le, profitez en.

[00:10:11]

Le président de la République avait tombé la veste, histoire d'avoir l'air décontracté pour féliciter les nouveaux bacheliers. Cette vidéo, vue près de 12 millions de fois, a été publiée en juin dernier sur Tik Tok, devenue le nouveau Graal des politiques.

[00:10:27]

Madame Agnès Buzyn, c'est le SVGA, c'est lesecond. Ça veut dire que c'est cool.

[00:10:35]

Bon, ça n'a pas forcément porté chance à Agnès Buzyn, candidate malheureuse à la mairie de Paris. Mais si les politiques s'y collent, c'est parce que Tik Tok, c'est 11 millions d'utilisateurs actifs en France et que c'est désormais un vrai espace de débat public. Pas seulement une immense salle de danse, comme l'explique Laurence Allard, sociologue des usages numériques et maître de conférences à l'Université de Lille.

[00:11:00]

Au départ, c'était une application oilà qui permettait de réaliser des chorégraphies, des petites danses collectives à deux, par exemple avec sa meilleure amie. Et puis ensuite, voilà les contenus aussi. On grandit, on maturer. Donc, il y a à peu près voilà tout le monde qui est représenté. Toutes les causes antiracistes, anti homophobie, anti grosso, phobie. Donc, on rentre Partick Talk un peu pour s'amuser, etc. On découvre des contenus un peu plus sérieux.

[00:11:30]

Et puis, on va peut être finalement s'y intéresser. C'est un circuit de politisation, de conscientisation assez assez intéressant pour des jeunes.

[00:11:42]

Encore faut il maîtriser les codes de ce nouvel outil, car on n'est pas à l'abri d'un bad buzz. Marlène Schiappa en a fait les frais la semaine dernière. La ministre déléguée à la Citoyenneté vient de lancer en partenariat avec Tik Tok pour lutter contre les violences conjugales.

[00:11:58]

Et elle a voulu le faire savoir avec une petite vidéo.

[00:12:01]

Fallujah L'entrepreneur Alain Chabat avait sorti un Salut jeune entrepreneur.

[00:12:06]

C'était censé être du second degré, mais ça n'a pas vraiment marché, provoquant plus de railleries que de compliments. Reste que Tik Tok a un avantage certain pour les politiques qui parviennent à s'en saisir. Pas besoin de longs discours, il suffit d'une bonne idée.

[00:12:22]

Il y a une façon de s'exprimer sur Tic-Tac qui est assez viral puisqu'il y a cette boucle. Ça répète plusieurs fois un même slogan, par exemple. C'est assez dans la rhétorique. Ça peut être assez efficace pour diffuser assez rapidement des idées et petites phrases. En fait, c'est un petit peu le média de petites phrases répétitives, donc c'est le média de la boucle média, la réplication. Donc, au plan politique, il y a une grande efficacité qui qui peut être utilisable.

[00:12:50]

Et on l'a vu ces derniers mois aux Etats-Unis, où Tik Tok a été utilisé comme outil de communication par l'équipe de Bernie Sanders, par exemple, ou en Italie, avec les dizaines de vidéos publiées par Matteo Salvini, qui dirige la ligue. Le parti d'extrême droite en France, TalkTalk, sera sans doute l'un des terrains de jeu de la prochaine campagne présidentielle. Et d'ailleurs, le premier candidat déclaré, Jean-Luc Mélenchon, s'en donne déjà à cœur joie avec ses parodies de chansons populaires taillées pour plaire aux Tik Tok.

[00:13:24]

Bien sûr, on ne parlait pas assez des écrivains de leur personnel. Marseille de jeudi à samedi, n'était pas la capitale. Marseille bébé à contre sens. Macron a contrechamps.

[00:13:44]

Ha ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha!

[00:13:51]

Que vous soyez à Marseille, à la capitale ou ailleurs, je vous dis à demain pour le quart d'heure.