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Les couilles sur la table. 60ème épisode Nourrir son homme. Dans cet épisode que je vous propose en deux parties, on va discuter de tous les liens qu'on peut faire entre masculinité et nourriture. Pourquoi, quand on entend cuisinier, on pense à un chef étoilé alors que quand on dit cuisinière, on pense plutôt à la dame de la cantine, réputée particulièrement misogyne et violent. Le milieu de la restauration a t il connu son moment moutou? Le fait d'être élevé comme un garçon crée t il une relation différente à la nourriture?

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Pour y répondre, ma première invitée, c'est Nora Boisjoly, qui est entre autres journaliste culinaire et auteur du livre Féminisme, publié en 2018 aux Éditions de Nourritures, fut un essai savoureux dans lequel elle décortique les rapports entre sexisme et cuisine, nourriture et domination masculine. C'est une lecture que je conseille à tout le monde parce que c'est drôle. C'est bien. C'est court et c'est dense. Et ça vous fait à jamais changer votre regard sur votre assiette? Il faut que je précise que j'avais lu et aimé ce livre avant que Nora ne devienne l'une de mes amis les plus proches et que, par ailleurs, elle collabore régulièrement avec Bing Audio.

[00:01:13]

Voilà pour les présentations.

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On démarre avec un extrait d'une émission qui va peut être vous faire grincer des dents.

[00:01:23]

On est en 1975 sur une chaîne de télévision publique et voici ce que déclare un grand critique gastronomique interviewé par Bernard Pivot.

[00:01:32]

Les femmes, meilleure cuisinière que les hommes, les femmes ne font pas la cuisine, elles font de la cuisine, elles font, elles ne font pas la cuisine. La meilleure preuve, c'est qu'il n'y a jamais eu de grands chefs qui étaient femmes. Sont les femmes. Il n'y a jamais eu un grand auteur gourmand qui était une femme. Cela s'explique de différentes manières. D'une part, parce que faire être un grand chef, c'est beaucoup de travail. C'est très dur, c'est très difficile et je sais bien que maintenant, les cuisines sont climatisées, gaz et électricité.

[00:02:00]

C'est quand même beaucoup moins dur autrefois, mais c'est quand même un boulot extrêmement dur en général, parce que les femmes ont du talent en cuisine? Certainement pas. Certainement pas. Voyons enfin sa soirée. On devrait avoir inventé un plat où vous verrez un Bocuse. Pas vous verrez quelque chose comme ça. Ce n'est pas un groupe particulier féminin, justement. La meilleure preuve du chef n'a pas de féminin. Vous avez dit cheftaines? Je recherche la légèreté d'une étoile d'or.

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Auriez vous une meilleure? J'ai vu cet extrait dans un grand classique des documentaires féministe qui s'appelle Muzo et Mazeau, réalisé par le collectif Les Insoumis à la même époque. Et elle se moque du bonhomme en faisant remarquer qu'en fait, les femmes font de la cuisine gratuite et les hommes de la cuisine rentable, alors que c'est toujours vrai aujourd'hui en France. Les cuisines professionnelles des restaurants sont elles toujours majoritairement masculines? C'est ce que je commence par demander à Nora Boisguy.

[00:03:07]

Quand on regarde les cuisines professionnelles des restaurants, alors les chiffres sont un peu anciens. Maintenant, il faudrait vraiment refaire un topo sur les chiffres plus actuels. Il y a quelques années, on constatait que 94% des chefs de cuisine de restaurants en France étaient des hommes. C'est les hommes qui, en plus souvent, vont te dire à moi c'est ma grand mère qui m'a donné envie de faire la cuisine. J'ai regardé dans sa cuisine à faire des raviolis que des hommes qui ont une anecdote qui liée à une femme de leur entourage, une maman, une soeur, une tante qui leur a donné cette vocation.

[00:03:38]

En revanche, quand on voit Pierre Bourdieu le décrit très bien dans La domination masculine, je vais dire sa phrase parce que je ne vois même pas comment la formule autrement, tellement elle tombe. Elle tombe tout juste. Il dit que les mêmes tâches peuvent être nobles et difficiles quand elles sont réalisées par des hommes ou insignifiantes et imperceptibles, faciles et futiles quand elles sont accomplies par des femmes.

[00:04:00]

Il nous rappelle qu'il y a une différence dans notre esprit entre cuisiniers et cuisinières et cuisiniers. C'est la cuisine restaurant La cuisinière, c'est celle qui est chez elle et qui fait à manger pour la famille. Et de la même manière, on peut retrouver cette différence à une économie avec couturiers et couturières puisque les couturiers, on pense au grand couturier français Yves Saint Laurent, Christian Dior et la couturière à qui on a donné un pantalon pour faire un ourlet parce qu'il est trop long.

[00:04:21]

En fait, il suffit que les hommes s'emparent d'une activité réputée féminine pour que, tout à coup, elle devienne valorisée et valorisante pour la personne qui exécute.

[00:04:32]

Toi, tu, tu travailles depuis longtemps sur les milieux de la restauration. Tu vas beaucoup au restaurant, tu fréquente ce milieu là, on fait de la restauration des chefs. Il y a des gens qui te parle et tout ce que tu dirais que le milieu de la gastronomie aujourd'hui en France, il est toujours dominé par des Allemands?

[00:04:50]

Oui, bien sûr, il est dominé par des hommes depuis longtemps puisque là, ils sont toujours pas morts. En fait, ils sont vieux ou pas, si vieux que ça, mais ils sont très organisés, comme dans énormément de domaines d'ailleurs, et nombre de secteurs. Les hommes sont plus organisés en réseaux que les femmes et surtout, on voit que les si on parle de violence en cuisine parce qu'on en parle de plus en plus, il y a une omerta incroyable qui règne dans ce milieu.

[00:05:16]

Personne, tout le monde a peur de parler. Mais comme dans plein de nuit. Mais aujourd'hui, des témoignages de jeunes femmes, on se dit oui. Les jeunes filles sont plus comme ça. Les stéréotypes, c'est archaïque. Aujourd'hui, on est beaucoup moins sexiste qu'avant. Les garçons sont moins misogynes, etc. Non, c'est faux. Moi, j'ai des témoignages de jeunes femmes, de jeunes filles qui sont dans des écoles de restauration, qui sont prestigieuses, qui sont réputées et qui me racontent les remarques farcies de la part de camarades comme de professeurs hommes.

[00:05:50]

Dans les cuisines, c'est la même chose. En fait, on entend des choses incroyables. Le compte, je dis non, chef. Le compte Instagram de Camille mon carnet, qui recense à elle. Elle publie des témoignages de gens qui travaillent dans la restauration. Il n'y a qu'à lire ce qui est publié. C'est terrifiant, c'est lassant. C'est des agressions sexuelles, d'agressions physiques, du harcèlement moral, des violences. Ça ne change pas, en fait, ce qu'il faudrait, ce qu'il faudrait ajouter à la formation de ces élèves, ce sont des cours justement d'anti sexisme.

[00:06:23]

Des choses, faire de la pédagogie là dessus, ça ne change absolument pas. Il y a des violences dans toutes les cuisines de France. Un pote cuisinier m'a dit Si tu ne veux plus manger dans les restaurants où il y a des violences en cuisine, tu n'iras plus au restaurant. La réalité est là et ce sont effectivement les femmes, en premier lieu, qui en font les frais. En fait, on le voit très bien. Il suffit que deux mecs qui soient aux postes à responsabilités pour que personne n'ose les contredire ou leur faire remarquer que ce qu'ils viennent de faire est inacceptable, que ce comportement est un comportement misogyne, sexiste et violent.

[00:06:55]

Et tout le monde a peur. Il y a une peur qui règne dans ce milieu qui est la peur d'être grillé. C'est ce qui revient, blacklistée. Plus jamais retrouvé de travail.

[00:07:04]

Est ce qu'il y a eu un Mitsou dans le milieu de la gastronomie? Est ce que cette domination masculine commence à être contestée?

[00:07:12]

Le meats de la restauration n'est pas encore advenu parce que la gastronomie, c'est le pré carré français. C'est important. Il ne faut pas y toucher. Mais comme le cinéma, comme tous les milieux prestigieux, le Festival de Cannes Banou à la gastronomie. Il y a le Michelin. On ne peut pas aujourd'hui. On ne peut pas, si on peut. Mais c'est compliqué de se dire je vais être la personne qui va faire tomber untel, donc ça n'est pas.

[00:07:38]

Omerta. Les gens ont peur de parler. Est ce que les gens ont peur de ne pas trouver de travail et encore une fois, comme dans tous les milieux? Les femmes ont peur d'être les choses, d'être la relou. Et vu que c'est un milieu où il y a un turn over extrêmement important. Il y a très peu de gens qui deviennent seniors. C'est beaucoup de juniors, beaucoup de gens qui d'entrer dans les établissements parce que c'est un métier très compliqué.

[00:07:59]

C'est des métiers où on vit d'autres choses. Si tu veux fonder une famille, par exemple, tu bouges un peu. Les horaires sont très contraignants, très contraignants, des métiers très difficiles et extrêmement mal payés. Il y a énormément de turn over. Du coup, tu te dis que tout le monde se connaît. Si je, si je fais chier entre guillemets, si je fais des remarques à celui qui me balance des commentaires sexistes mon cul à longueur de journée, je trouverais plus jamais de travail.

[00:08:22]

Cette omerta est là aussi pour ça. T'as peur de te retrouver au chômage et d'être grillé. Il y a plein de gens qui ont parlé et qui ont parlé en disant de toute façon, je vais changer de voie. Donc je peux m'exprimer parce que ça m'a dégouté. Plein de jeunes qui ressortent dégoûtés au bout d'un an seulement, au bout de six mois de stage, à qui on dit?

[00:08:41]

Des aînés à qui on tient des propos abominables en disant Habituez toi, ça sera comme ça toute ta carrière, t'es une femme. Ou bien t'es homo?

[00:08:49]

Ou bien est ce que tu penses qu'il y a une spécificité à la misogynie dans le milieu de la cuisinons?

[00:08:56]

Encore une fois, pour moi, c'est la promiscuité qui tue, la promiscuité et c'est aussi les horaires. C'est à dire que quand tu finis tous les jours à passer minuit, moment où tu sors beaucoup avec tes collègues aussi, il y a beaucoup d'alcool dans ce milieu et c'est des gens très jeunes. Donc ça fait beaucoup de facteurs, entre guillemets. Dérapage jusqu'à l'agression qui, rappelons le, n'est pas un dérapage. Donc, la promiscuité, les horaires décalés, les beuveries à la drogue passions la jeunesse des gens, ça fait un coquetel explosif, surtout pour des jeunes qui commencent à travailler à 15 ans.

[00:09:37]

Parce que c'est ça qu'il faut dire. Contrairement à beaucoup de milieux, les premiers stages et l'alternance Tula commencent à 15 16 ans, donc à des enfants. On est un enfant. À 15 ans, t'as des enfants qui débarquent dans des restos, dans des cuisines et qui vont prendre des mauvais réflexe, mais qui les ont déjà eu. C'est mauvais réflexe à l'école jusqu'à l'école. Déjà, des professeurs qui leur font des remarques sexistes ou bien qui leur apprennent que oui, une femme en cuisine, tu la traite comme tu envie de la traiter.

[00:10:04]

Ou bien dire à des femmes, à des jeunes filles, à tout moment, aucune. On aura toute ta carrière, donc si tu n'étais pas, si t'as pas la peau assez dure pour eux pour prendre sur les épaules toute agression, tu vas subira autre chose. Donc, c'est un milieu spécifique.

[00:10:19]

Et aussi parce qu'à cette pression du vernis, du joli vernis, de la gastronomie française, tu ne veux pas être celui ou celle qui va briser ce truc là.

[00:10:30]

Quand tu côté journaliste, c'est que c'est quand même assez différent en termes de travail, d'âge, de hiérarchie aussi.

[00:10:38]

Il y a une hiérarchie qui est très, très importante encore dans la cuisine. Le chef, c'est le boss. Il y a un boss, c'est lui. Tu dis amen au chef. Tu réponds Oui, chef, ça, t'as plein milieu. Ce n'est pas le cas dans l'armée, c'est le cas, mais ce n'est pas pour rien. C'est parce que la hiérarchie de la cuisine est une hierarchie militaire.

[00:10:57]

Est ce que ça a toujours été aussi misogyne, si sexiste? Est ce qu'il y a toujours eu une domination des hommes sur ce milieu de la gastronomie? Historiquement, historiquement, il y a toujours eu un l'entretoit masculin.

[00:11:08]

Ce sont les hommes qui ont créé la gastronomie, pas la cuisine. C'est différent, mais la gastronomie, la technicité de la cuisine qui ont codifié la cuisine, qui ont intellectualiser la cuisine. Donc, on pense au critique gastronomique. Après, on rationalisées. Je pense à Auguste Escoffier, qui a inventé la brigade de cuisine qui s'appelle donc une brigade en termes militaires, qui rappelle donc la hiérarchie, qui est encore et encore celle ci aujourd'hui. Dire qu'on n'a pas changé hiérarchie est beaucoup chef aujourd'hui.

[00:11:36]

Beaucoup de plus ou moins jeunes chefs disent qu'il faudrait changer aussi le statut du chef de cuisine qui n'a pas à être le Roi-Soleil. Quoi! Dans l'Hexagone, la haute gastronomie, ça a été une cuisine de cour qui a été inventée par des types qui, en fait pour beaucoup, faisaient la cuisine pour les armées.

[00:11:55]

C'était Dongguan, puisque l'armée interdisait les femmes. Donc, on était déjà dans un monde de l'entre soi masculin. Les hommes étaient payés pour faire la cuisine à des gens très influents économiquement et politiquement. Les classes moins aisées laissaient aux femmes le soin de faire la cuisine pour elles, des servantes, des mères ou des époux dans les cuisines bourgeoises. C'étaient des servantes qui faisaient la cuisine des hommes. C'est trop cher d'avoir des hommes, des gens, et donc ça a toujours été des hommes qui ont eu ce pouvoir politique lié à la cuisine et qui aussi pouvaient voyager.

[00:12:26]

Par exemple, plus facilement qu'une femme et qui pouvaient apprendre. Donc, la professionnalisation de la cuisine a été interdite aux femmes pendant très longtemps. On a des espèces de guildes qui ont. Aux femmes de pouvoir faire des apprentissages dans des restaurants. Alors qu'on apprenait aux femmes à faire la cuisine et la couture à l'école, les cours d'économie domestique étaient dispensés aux femmes pendant que les hommes avaient des cours de travaux manuels, de SharePoint, de menuiserie plein de choses, de mécanique, etc.

[00:12:58]

Les femmes, elles, devaient apprendre à tenir un foyer, mais dans un but uniquement privé. Les hommes, eux, avaient le droit d'aller passer des diplômes, donc de devenir pro, donc d'être payés pour. Et on en revient justement à ce qu'on disait au début de l'épisode sur être rémunéré pour ce travail qui est un travail de reproduction sociale qu'un travail encore dans le domaine duquel du soin, où les femmes sont en plus grand nombre dans ce secteur là.

[00:13:25]

Mais effectivement, on a privé les femmes de la possibilité de devenir professeur, alors elles n'ont pas toutes. A On ne leur a pas dit Ah, c'est bon, c'est interdit. Je ne fais rien. La preuve avec les mères lyonnaises, c'est donc Eugénie Brazier, la plus connue, qui sont les premières restauratrice à ouvrir des restaurants et à être rémunéré pour avoir des étoiles Michelin, pour former des gars comme Bocuse qui, elles, en fait, sont des femmes qui étaient cuisinière dans des familles bourgeoises.

[00:13:54]

Et puis, des criseéconomique sont passés par là. Les guerres sont passées par là. A nous se séparer de ces cuisinières pour faire des économies. Donc, elles sont enœuvre des restaurants avec l'argent qu'elles avaient reçu de leur emploi dans des familles aisées.

[00:14:06]

Encore aujourd'hui, si on regarde qui sont les chefs les plus prestigieux, ceux qui ont des étoiles Michelin, ceux qui reçoivent des récompenses et tout, il y a beaucoup plus d'hommes.

[00:14:16]

Mais c'est aussi un travail de défrichage qui n'est pas forcément fait par les enquêteurs et enquêtrices des guides Michelin du Guide Michelin, pour ne citer que lui ou les critiques gastronomiques. En fait, quand on regarde le nombre de chefs en France, il y en a quand même beaucoup. Elles sont là, il n'y en a pas quatre. Alors pourquoi y en a si peu dans les classements? Ça s'explique par plein de raisons. D'abord, un manque de curiosité, un entre soi masculin qu'on retrouve aussi dans les critiques culinaires, dans les critiques gastronomiques.

[00:14:48]

Une sous médiatisation, alors qu'il y a aussi plusieurs explications. Les femmes, les restauratrices ont des restaurants où il y a moins de couverts. Elles embauchent moins de gens, elles font moins de chiffre et donc elles ne peuvent pas quitter leur cuisine pour deux jours pour aller faire une conférence. Je ne sais où il y en a plein qui refusent ça uniquement d'un point de vue logistique et économique. Elles ne peuvent pas quitter leur cuisine. Évidemment, quand à 12 restaurants dans le monde et que t'es quasiment jamais dans la cuisine, comme c'est le cas pour beaucoup de chefs quand on ne connaît pas ce milieu, on ne le sait pas.

[00:15:22]

Mais il y a plein de chefs qui ne sont pas très présents en cuisine, qui écrivent beaucoup livres, qui sont beaucoup à la télé, qui font beaucoup de conférences rémunérées pour du cours rémunéré pour tout ça.

[00:15:31]

Ils ont beaucoup d'argent qu'ils peuvent déléguer plein de choses et qui ont des grosses brigades en cuisine. Donc, les femmes, ça est aussi un défaut de légitimité et qu'on retrouve souvent les femmes. On n'ose pas parler des choses qu'on connaît. On dit toujours qu'on n'est pas assez légitime. On sait que notre parole va être remise en question beaucoup plus facilement que celle d'un homme. Donc, il y a aussi cette sous médiatisation qui est le fait d'une socialisation des femmes.

[00:15:52]

Donc, sous un homme à prendre moins de place ou à sous estimer sa parole experte et des hommes à la surestimer, ou en tout cas, à accepter un peu tout et parler de plein de choses. Et du coup, ces femmes là, c'est un cercle vicieux puisque vu qu'on les voit pas, on ne va pas les inviter à des festivals. Ou bien moi, ce que j'ai entendu dans la programmation du festival, les gens qui me disaient bah oui, mais on essaie d'avoir des femmes, mais je te jure, je te jure, je te montre les.

[00:16:20]

Elles ont. Et là, je leur dis bah oui, mais est ce que vous leur demandé pourquoi elle refuse? Peut être essayer de les convaincre que leur parole est tout à fait légitime, que vous ne feriez pas à la table ronde? S'il n'y a pas de femmes, en fait, il y a aussi. Ça a accepté d'être la seule femme sur une table ronde avec cinq autres mecs. Ces problématiques aussi. Je pense que c'est aussi. C'est aussi aux femmes de dire non, je ne serai pas votre tokens féminin.

[00:16:44]

Je ne serai pas la femme de service, soit celle qui est là pour que vous puissiez dire ça ne peut pas être accusé de sexisme ou d'être biaisée. Je pense qu'il faut se poser des questions sur des questions d'ordre socio économique, aussi sur la raison pour laquelle les raisons pour lesquelles les femmes ne sont pas aussi des économies. Mais la faute est dans tous les camps et surtout dans le camp. A mon sens, des critiques qui ne font pas ce travail de défrichage.

[00:17:06]

Quand tu quand tu regardes le livre de Veran Gani Estérel pas Hyannis, sorti chez Nourriture FUE, qui est aussi mon éditeur et éditrice, qui s'appelle Chef. 500 femmes qui font la différence dans les cuisines de France il y en a 500 ont trouvé 500 femmes, en fait.

[00:17:21]

Elles se sont dit mais en fait, c'est incroyable quoi? On va me dire qu'il n'y a pas. On nous fait croire qu'il n'y a pas de chef. Eh ben voilà, on va les trouver. Il y en a 500 dans ce livre. C'est que c'est possible de les trouver.

[00:17:32]

Oui, mais alors, est ce que en même temps, ce n'est pas elle qui récolte les étoiles? C'est pas elles qui sont dans les classements des. Auront du monde des meilleurs chefs du monde, enfin. Tous les classements, les mises en avant qui sont faits par les médias des chefs. Est ce que c'est parce qu'elles n'ont pas le niveau? Non, pas du tout.

[00:17:49]

Elles sont padam parce qu'il n'y a pas ce travail qui est fait d'aller et d'aller les chercher.

[00:17:53]

D'une part, d'aller les chercher, d'aller se dire attends, auquel cas, cette semaine, j'ai fait 5 restos, j'en ai fait 15. Il n'y a qu'une seule femme n'est pas un problème dans la manière dont moi. Critique gastronomique, je choisis mes restaurants. Il n'y a pas de problème dans la manière dont le guide m'attribue des restaurants a testé. Comment ça se fait? Il y a aussi un problème avec les pays représentés. Je veux dire le guide Michelin.

[00:18:19]

Le continent africain n'existe pas dans le guide Michelin.

[00:18:22]

Ce n'est pas qu'un problème de Salmchâteau, c'est un problème global de Blanche Cité de la gastronomie, mais il y a autant de restaurants de haute gastronomie en Afrique qu'en Europe.

[00:18:33]

Il y a beaucoup de restaurants. La liste Fifty Best est donc une liste qui se veut internationale, ignorait jusqu'à récemment l'Asie et ignorait jusqu'à récemment l'Afrique, le continent africain. Les seuls restos qui sont dans le fifty best, c'est deux restos sud africains tenus par des Blancs. Donc, on ne va pas me faire croire et nous faire croire qu'il n'y a pas sur un continent aussi grand que l'Afrique. Des restaurants qui ne valent pas la peine d'y mettre les pieds parce qu'en fait, c'est même pas le prix d'une étoile.

[00:19:07]

Ils n'y vont même pas. Les enquêteurs enquêtrices. Mais moi, j'ai parlé pour un article qui sort dans pas longtemps. Des chefs africains et africaines qui m'ont cité des noms, je veux dire non, ils peuvent te filer une liste là, il y en a plein des chefs qui mériteraient des étoiles ou qui mériteraient plus de médiatisation. Simplement, on n'y va pas. Mais pour revenir aux femmes, non, il n'y a pas de différence.

[00:19:32]

Il n'y a pas de différence au niveau des compétences. Il n'y a aucune raison de différence. C'est comme quand on parle de cuisine masculine et féminine. Ça n'a strictement aucun sens. On ne peut pas deviner qui a préparé le repas en regardant une assiette et en goûtant. On ne peut pas deviner à part si on se fie à des stéréotypes de genre. Donc, on va penser que les hommes cuisinent de la viande saignante et les femmes cuisinent des petites fleurs et du poisson.

[00:19:58]

Oui, mais il y a un truc que je comprends pas dans cette affaire de critique gastronomique qui est sexiste, c'est que si t'es critique gastronomique, ton but, c'est de bien manger, c'est de trouver les meilleures tables. Et toutes ces personnes qui sont critiques, gastronomiques, elles se disent pas ah bah tiens, je vais aller manger dans ces restaurants parce que c'est des mecs qui cuisinent.

[00:20:15]

Non, elles ne vont pas se dire je vais aller manger dans un restaurant parce que c'est un gars qui cuisine simplement vu que les femmes sont moins médiatisées. On va avoir entendu parler de telles ouvertures, tel restaurant, parce que ce mec, il a un réseau, donc il va être mis en avant par ses collègues parce qu'il a fait plus de cuisine avant, parce qu'il est resté dans les cuisines où lui n'a pas eu de problème. Du coup, le problème des critiques, c'est que.

[00:20:39]

On a un manque de curiosité et ce qui devrait être le métier de critique, c'est d'aller chercher des choses pour dire au public a l'ESI. Ça vous tombe dessus par hasard. On se repose sur ses lauriers et pas tous les critiques, évidemment. Comme beaucoup de critiques qui restaient à une époque sur les dix mêmes jeunes pousses à suivre de la restauration française. Vous voyez les mêmes noms en boucle, en boucle, un beau qu'il n'y avait pas, une femme ou une seule sur dix.

[00:21:05]

Et ça, tu te dis mais comment ça se fait que quand on veut trouver des femmes, on les trouve. Mais quand on n'a pas cette volonté de les trouver, on ne trouve pas. Mais c'est pareil avec une parole d'experte. Ce n'est pas pour rien qu'il y a l'annuaire des expertes, qui est très utile et qui est sorti pour les métiers du journalisme.

[00:21:21]

En fait, ça vaut les. Si tu ne veux pas voir, si tu ne fais pas l'effort de chercher les femmes qui ont publié des romans, les femmes qui font de la musique. Les femmes qui font du cinéma, etc. Fait comme par hasard tu tombes, tutus. Tu ne prend pas en compte. Pas dans ta critique, dans ta veille.

[00:21:35]

Non, tu prends pas en compte un changement de perspective aussi. Et c'est aussi. Oui, c'est de la paresse. C'est à dire que évidemment, vu que les hommes sont déjà très médiatisés, quand sur Google, tu vas taper parce que tu cherches quelqu'un interviewer, expert en terrorisme, expert en relations internationales asiatiques, tu tombes sur beaucoup d'hommes. Mais si tu ne fais pas l'effort de chercher des femmes, forcément, ce que Google te renvoie, c'est des hommes, des hommes qui ont eu plus le temps pour aller faire des émissions de télé, de la radio, des podcasts, des interviews écrites qui ont peut être eu plus le temps, qui ont peut être quelqu'un qui tweete à leur place, qui ont un blog, qui ont, qui produisent, qui ont le temps de produire aussi.

[00:22:14]

Parce que la production intellectuelle, on a vu pendant le confinement que des études que des scientifiques voyaient plus de publications soumises par des hommes que par des femmes. On s'est dit pourquoi tout le monde n'est pas égal devant devant le combat. Évidemment, tout n'est pas égal puisque les femmes font la cuisine et s'occupent des enfants à la maison, donc ça aussi.

[00:22:34]

Il faut pour combler cette lacune et que pour être le moins biaisé possible, il faut faire un effort qui ne veulent pas faire cet effort d'aller chercher. Parce que quand tu es critique, c'est défrichée. Pas juste récupérer ce que tu as déjà vu passer un peu partout sur Internet. Ou les potes qui vont tenir machin sans son nouveau resto. Et tout ça, c'est un travail de défrichage et Veran et Estérel l'ont fait. La preuve, elles ont sorti un livre dessus.

[00:22:59]

Donc c'est que c'est pas si compliqué que ça d'aller trouver 500 chefs.

[00:23:02]

Mais pour l'instant, le milieu de la gastronomie française reste encore très, très masculin. Il est très masculin. Il est très viril dans le sens péjoratif du mot viril. Il est très misogyne. Il est très blanc. Il est très hétéro. Il est de plus en plus sensible à des questions de genre, des questions environnementales, donc ça change. Ce serait faux de dire qu'il y a un statut quo. Il y a un Sachiko dans les violences parce que j'espérais qu'on me dise Banon, ça a vachement changé.

[00:23:33]

J'ai vu devant moi qui travaille dans la restauration depuis 10 ans, etc. Quand à des jeunes de 17 ans qui te racontent ce qui leur arrive, tu dis mais qu'est ce qui se passe en tête? Il y a un manque de pédagogie. Après, il y a des chefs qui ont aujourd'hui une quarantaine d'années qui travaille depuis plus de. Du coup, puisqu'ils ont 15 ans, mais qu'ils ont ouvert leur propre restaurant il y a une dizaine d'années, qui te disent eux mêmes Moi, j'ai merdé.

[00:23:55]

Moi, au début, j'ai reproduit ce qu'on m'a appris. Est ce que c'est ça? Le problème, c'est que quand à un gamin de 15 ans, tu débarques, tu prends des mauvais réflexe et tu te dis c'est comme ça que ça fonctionne. Cuisine en. Il faut hurlez sur les gens et il faut les insulter. Si la viande est trop cuite. Tu vas reproduire ça avec tes équipes. La chance de pour ouvrir un restaurant et voir le truc continue.

[00:24:15]

C'est des bonnes habitudes à prendre. C'est de la pédagogie à faire auprès des jeunes, mais comme tout comme partout, comme on devrait faire déjà dans les établissements scolaires sont distingo entre la restauration, il reste.

[00:24:35]

Dans ton livre, tu fais aussi remarquer que ce partage là qu'on a vu entre une cuisinière, c'est un cuisinier. Ça se retrouve aussi dans le marketing des produits de grande consommation. C'est vrai qu'avant de dire, tandis que je n'avais pas du tout réalisé ce truc là, tu peux nous dire ce qu'on voit du point de vue du genre. Quand on se balade dans les rayons d'un supermarché et qu'on commence un peu à réfléchir aux marques, alors du point de vue des marques.

[00:24:57]

En fait, c'est pareil. Quand, quand j'étais en train d'écrire le bouquin, je n'ai pas pensé. Puis, un jour, je n'arrivais pas à dormir et je me suis dit Ah mais attends autant la confiture, bonne maman, les compote, materne le yaourt Mamie Nova, pas un petit chat. Je me suis dit OK, donc, c'est quoi les marques avec des bonhommes, des mecs identifiés? Que des prénoms soit avec une égérie. Je me suis dit Captain Igloo.

[00:25:21]

Mouquet Les pêcheurs. On le sait, donne Patiño Les pattes. Il est prêtre. Ducros, c'est un chef. Il y a les entrepreneurs Giovanni Rana, Michel Augustin qui se présente comme entrepreneur, etc. Il y a une gueule Benz qui est riziculteurs, mais c'est sa femme qui fait à manger quand il l'invite. Quarante trois potes à Bofill sont vus dans les publicités.

[00:25:41]

Mais voilà, après, il y a Jacques Vabre. Alors lui, carrément dans l'explorateur. C'est un peu le cliché fantasme du blanc qui va venir goûter les cafés. Producteur Jean Haby.

[00:25:53]

Charcutier Prince. Les biscuits Prince lui sauvent des princesses, des dragons.

[00:25:59]

C'est un métier comme un autre en Boldin, mais il y a perdu. Par contre, il y a Mamie Nova et Père Dodu. Il a même une toque. Il a un métier. C'est perdu. Il a une toque et du coup, je me suis dit OK, donc les mecs ont un nom. Déjà, ils ont un nom et un prénom. Souvent, ils ont un métier, donc ils sont professionnels. Les femmes, c'est bonne maman.

[00:26:22]

Alors il y a Monique Rannou. Ça, c'est l'exemple. Comme le contre exemple qu'on me cite Monique Rannou. Le jambon, j'y hocquet très bien. Très bien, Nyabiondo. Mais alors, bonne maman, Mattern et Inova. Le point commun, c'est quoi? C'est qu'on parle de femmes qui sont donc anonymes et qui sont réduites à leur genre et à leur capacité reproductive. Et l'aspect nourricier?

[00:26:42]

Matière. Bonne maman, mamie Nova. Amélie fait grand mère aussi. Le café grand mère?

[00:26:47]

Tout à fait. On a des idées. Les marques invoquent donc cette tradition de savoir faire. Les mamies savent. Elles ont la bonne recette, etc. Les hommes, eux, ils ont un nom, un prénom, ils ont une technicité. Les produits vendus sous ces marques là ne sont pas les mêmes. Donc, confiture, compote pour les choses sucrées, réconfortantes, qui ne nécessitent pas non plus un savoir faire incroyable. Dire que c'est à portée de chacun chacune de faire une confiture, une compote de yaourt, par exemple, sur le café Jacques Vabre.

[00:27:19]

Donc, il a un savoir faire à explorer, à trouver le meilleur café le café Grand-Mère, mais le café dans la cafetière et elle te le sert quoi? Donc, il n'y a même pas de derrière. Il n'y a pas cette notion de compétence, en fait. Il y a une compétence manuelle, mais il n'y a pas la compétence intellectuelle et de terrain technique. Donc c'est des hommes qui ont un métier. Ils sont juste papy et les femmes, et elles n'ont pas de métier.

[00:27:47]

Elles sont même gérées par métiers rémunérés pour un, j'entends bien. Donc, c'est intéressant après. Là, on parle des marques. Après, on parlera peut être des produits qui sont genrés, qui sont vendus, qui sont marqueté pour les femmes, pour les hommes. Mais là, c'est vrai que quand j'avais quand je me suis rendu compte de ça, je me suis dit Ah ouais, quand même.

[00:28:06]

Ça m'a aidé en lisant les histoires qu'on raconte sur les marques, dans la façon dont on positionne les produits et tout. Il y a aussi des impensé sexistes. C'est ça. Et je me dis maintenant si on s'intéresse à qui produit la nourriture au niveau de l'agriculture. Qu'est ce que tu peux en dire? Est ce que ce sont au niveau du genre? Qu'est ce qu'on remarque, qui on regarde, qui produit la nourriture et qui gagne de l'argent avec la production de nourriture?

[00:28:30]

Sans surprise, qui gagne de l'argent sur la production de nourriture au niveau mondial, c'est plus les hommes, leurs exploitations sont plus grandes. Ce sont eux qui sont principalement les propriétaires terriens, alors que les femmes constituent la main d'œuvre autant que les hommes, voire dans certaines régions du monde.

[00:28:46]

Les femmes constituent la main d'oeuvre à 80 pourcent sur les champs, mais les hommes restent. Par exemple, on va renverser entre eux à 80% propriétaires terriens. Les femmes ont moins accès pour plein de raisons, que ce soit des raisons religieuses, politiques, des lois, des usages, etc. L'accès à la propriété ont moins accès aux prêts et ont moins accès à l'éducation et aux techniques.

[00:29:10]

Du coup, et à tous les intrants qui font qu'on peut être plus productif ou plus productif quand on est paysans et paysannes agricultrices. Donc, toutes ces choses là qui font qu'aujourd'hui, les femmes vont être les plus précaires. Par exemple, si on retrouve dans plein de domaines, mais dans l'agriculture, c'est le cas. Et comme dans la restauration, elles ont elles aussi les surfaces les moins grandes. Je ne parlais pas pour rien. C'est que c'est compliqué d'être une femme.

[00:29:33]

Si on veut avoir une grosse exploitation, on ne prête pas assez de sous pour et sur la productivité, sur la quantité produite. Ne pas avoir accès à des prêts, ça veut dire ne pas avoir accès à des machines. Ne pas avoir accès à l'éducation, c'est ne pas avoir accès à des nouvelles technologies et à de nouveaux savoir. Ne pas avoir accès aussi à la politique locale, ne pas pouvoir faire partie d'alliances de paysans, de coopératives, etc.

[00:30:01]

Ne pas avoir de pouvoir politique, d'influence sur les lois, d'influence sur l'économie, de rencontrer des gens qui peuvent aussi présenter des nouvelles technologies, des nouveaux entrants. Et c'est n'avoir aucune autonomie, surtout qui produit. Ça dépend de ce que ça veut dire produire, qui produit, qui est propriétaire. Ou qui sont les personnes qui ramassent qui? Qui transforment aussi la nourriture, les femmes dans pas mal de pays du monde, transforme la nourriture et vont les vendre sur les marchés.

[00:30:31]

C'est aussi une grosse différence. Après, tout dépend des régions. En France, on a encore beaucoup plus d'agriculteurs que d'agricultrice.

[00:30:39]

Après, c'est compliqué en France parce que, par exemple, dans les années 80, pour avoir un statut de conjoint collaborateur pour les femmes, ça veut dire qu'avant, elles travaillaient de façon clandestine puisqu'elles n'avaient pas de retraites d'indemnités. Donc, en fait, quand ton époux était agriculteur et que tu laidet, tu n'étais pas d'accord avec ça.

[00:30:59]

Tu travailles quand tu travailles avec un travail, tu l'aide à conseiller comme aide.

[00:31:05]

Et donc, quand ton mari mourait, toi, tu avais cotisé quoi? Tu n'avais pas de retraite, tu n'avais pas de congés payés, tu n'avais rien.

[00:31:12]

Ça a changé dans les années 80, mais aujourd'hui, dans mon souvenir, c'est 30 et quelques pourcents sont des femmes en agriculture en France. Alors elles ont les plus petite surface. Elles ont plus souvent une petite surface égale. On peut faire plus de bio, par exemple. Donc, c'est aussi un des moyens de valoriser les femmes dans ce domaine là. C'est de leur exploitation bio ou des petites quantités produites que tu peux vendre plus cher à l'export, par exemple.

[00:31:38]

Je pense à des pays d'Afrique de l'Ouest, notamment à plein d'initiatives là dessus de la FAO, notamment pour aider agricultrices à développer des cultures très valorisées en Occident, par exemple, mais qui peuvent être valorisées sur des petites surfaces.

[00:31:52]

Le problème en France sur l'agriculture et ces chiffres là, c'est qu'on a beaucoup de d'agricultrice qui sont des femmes bientôt retraitées. Donc je pense qu'il faut attendre encore quelques années pour avoir un chiffre pertinent puisque beaucoup, beaucoup vont partir, vont arrêter ça. Il y a quelques jeunes qui arrivent, mais je pense qu'aujourd'hui, il est un peu tôt pour tirer des conclusions sur le paysage agricole français en termes de genre. Il me semble que peut être 2, 3 ans, 5 ans, on sera plus clair quand, contre toutes ces femmes là sont partis en retraite, de voir ce qui reste en fait.

[00:32:25]

J'aimerais maintenant qu'on parle du rapport des hommes et des femmes à la nourriture à un niveau au niveau du comportement. Donc là, j'aimerais qu'on parle du rapport qu'on a, selon notre genre, aux quantités qu'on avale avant de parler du type de nourriture. Tu fais remarquer que dans ton livre, fait être un homme. C'est donc ne pas être élevé de la même manière, avec le même type de préoccupations ou de soucis. Par exemple, très jeune jeunes, les enfants.

[00:33:02]

Si c'est les filles, elles vont être encouragées à se préoccuper de leur poids, des quantités qu'elles avalent et les hommes beaucoup moins. J'ai retrouvé cette étude Ipsos qui date de 2015 sur les régimes. On sait qu'à l'âge adulte, les hommes sont beaucoup moins nombreux que les femmes à avoir suivi un régime. Un tiers des hommes qui ont déjà suivi, contre plus de la moitié des femmes, alors même qu'ils souffrent plus de surpoids ou d'obésité. Est ce que les hommes ont moins de pression que les femmes sur ce qu'ils mangent et notamment sur les quantités qu'ils ingèrent, sur les quantités et sur les calories?

[00:33:33]

C'est dire que c'est pas la même chose. On peut avaler beaucoup, beaucoup, beaucoup de fromage blanc. C'est hypocalorique, alors que si on avale beaucoup, beaucoup, beaucoup de frites, c'est hyper calorique. Les hommes ont moins de pression que les femmes, évidemment, puisqu'ils ne sont pas jaugée. Leur valeur n'est pas de leur corps. En fait, dans notre société aujourd'hui, il y a moins d'injonctions à la minceur ou à manger sain. C'est quand même pas la même chose.

[00:33:59]

En fait, les hommes, l'excès et quelque chose qui est vu comme viril, c'est viril de beaucoup manger. La bonne chère, c'est quelque chose de masculin. Ça montre qu'on a goût à la vie et qu'on se préoccupe. Pas de questions environnementales et de santé chez les femmes, il y a ce qu'on appelle la nutritionnelle isation des aliments, c'est à dire que les femmes choisissent plus que les hommes des aliments pour leurs apports nutritifs et les hommes pour le plaisir.

[00:34:26]

Ces aliments les procurent donc. En fait, il y a des hommes aussi qui veulent prouver que ils mangent ce qu'ils veulent. Ce n'est pas grave. Je peux manger de la charcuterie. On s'en fout alors que l'on apprend à chacun et chacune que faire attention à la valeur nutritive et aux calories et compter les calories de ce qu'on avale. C'est même très féminin. Et ça, c'est le marketing de l'industrie mode beauté. Les magazines féminins qui apprennent très rapidement aux hommes et aux femmes.

[00:34:54]

On n'est pas égaux devant ce qu'on avale et devant ce qu'on devrait avaler. Et on culpabilise beaucoup les femmes sur ce qu'elles mangent.

[00:35:02]

Manger beaucoup de montrer qu'on s'en fout, de savoir si c'est équilibré ou pas, ce qu'on mange et. Je me dis que l'exemple caricatural de satisfais toutes les compétitions du plus gros mangeur à l'école, les compétitions qu'on voit un peu partout dans le monde. Qui va manger plus de cassoulet? Qui va manger plus de hamburgers? Le plus de tacos le plus?

[00:35:22]

Oui, mais c'est le côté compétitif qu'on retrouve dans un épisode de choses dont on a déjà parlé. Il y a le côté compétitif, la compétition. Homme et aussi l'aspect comportement dangereux, on le voit dans Les hommes ont des mœurs, deux choses différentes, des femmes daccident, etc. Les hommes se mettent en danger bien plus que les femmes. Et sur la nourriture, c'est pareil.

[00:35:46]

Quand MS publie une enquête, publie une étude sur le caractère cancérogène de charcuteries, de viandes transformées et que l'on sait que le cancer colorectal tue les hommes en majorité, mais que les mecs derrière Tony, on ne peut plus rien manger.

[00:36:06]

Alors je ne peux plus rien faire. Je ne peux plus boire, fumer. Toutes les associations, tous les agriculteurs, les maires de France hyéroise, principalement des gamins qui montent au créneau le jour même en disant d'accord, plus rien à faire dans ce pays, on diabolise la viande, non, on ne diabolise pas la viande, on ne diabolise rien. D'ailleurs, on émet des conseils, on émet des précautions de consommation parce qu'on voit que les hommes ont des consommations différentes des femmes et que ça peut mener à des cancers.

[00:36:34]

Mais effectivement, l'excès a toujours été quelque chose de valorisé chez les hommes et la restriction alimentaire est valorisée chez les femmes. Le self contrôle quoi? Le fait de faire attention, comme on dit, faire attention à ce qu'on mange et même à comment s'habiller. Sur la nourriture, c'est ça. Il faut tout le temps se restreindre, se surveiller.

[00:36:53]

Et c'est peut être ça peut expliquer aussi le fait que être un homme, ça veut aussi dire avoir moins de chances de souffrir de troubles du comportement alimentaire que de l'anorexie.

[00:37:03]

De la boulimie, c'est ça se manifeste à l'adolescence et touche majoritairement les femmes, alors que les garçons, comme tu le dis, sont plus souvent en surcharge pondérale. Les filles sont même sous le seuil de minceur et défient son régime dès l'âge de 8 ans en me disant les médecins sont catastrophée devant ça et je crois que aujourd'hui, Instagram notamment, ça n'aide pas du tout. Et je pense que ces réseaux là sont aussi que les hommes sont de plus en plus sujets à ces troubles.

[00:37:35]

Les avant, après les d'Échallens Fitness, etc. Le hashtag stood, etc. Toutes ces choses l'injonction à manger, à manger sain et à maigrir. Les hommes y échappent de moins en moins, quand même. Donc, effectivement, les femmes, avec toutes les injonctions à la maigreur, à la minceur, toutes ces sociabilisation, clavette autour du corps des femmes ou leur corps reflètent leurs valeurs. C'est la première chose qu'on voit. Elles seront jugées sur ça.

[00:38:05]

Les hommes commencent un peu à souffrir de ces choses là.

[00:38:12]

En tout cas, les médecins voient de plus en plus de jeunes garçons consulter pour ça.

[00:38:16]

Moi, j'ai vu une enquête sur cela. Là dessus, je mettrai le lien dans la description de l'épisode. Mais ce que tu dis là sur ce souci qu'on a collectivement du corps des femmes. Le fait que quand tu suis une femme, ça veut aussi dire que tu grandis avec cette idée, que ton corps, ça reflète ta valeur, que tu dois rester mince. C'est hyper important. Ça me fait penser à cette estates que j'ai souvent citée deux fois plus de chances que les parents Google.

[00:38:42]

Est ce que ma fille est en surpoids? Ou plutôt, qu'est ce que mon fils est en surpoids? En revanche, c'est deux fois plus de chance qui igoogle deux fois plus souvent que mon fils est surdoué. Plutôt, qu'est ce que ma fille est surdoué? C'est terrifiant quand même.

[00:38:55]

Est ce que maman va revenir après avoir dit les quantités? Le rapport aux calories, tout ça, est ce que voilà? Qu'est ce qu'on mange? Est ce qu'il y a des tendances différentes selon le genre des gens? Sur ce qu'il a? Sur la nature de ce qu'il avale? Qu'est ce que ça voudrait dire? Typiquement, ça a un sens.

[00:39:19]

Manger comme un amant alors qu'on est en famille, c'est différent puisque, comme on l'a dit au début, en famille, dans un couple hétérosexuel, ce sont les femmes qui préparent à manger et ce sont surtout les femmes qui font les courses. Donc, c'est elle qui choisit ce que la famille mangera. Là où les disparités sont les plus éloquentes, c'est quand on prend des ménages célibataires, on prend des hommes célibataires ou des femmes célibataires. On sait que les hommes célibataires consomment plus d'alcool, soit du vin, les spiritueux, plus de pain, plus de pâtes et plus de riz.

[00:39:50]

Et les femmes célibataires consommaient le plus de fruits et de légumes frais, plus de produits laitiers, plus d'œufs, plus de poisson et plus d'aliments sucrés. Donc, les becs sucrés sont plutôt les femmes.

[00:40:00]

Ensuite, quand on parle de la viande, la viande, il y a très peu de différence de consommation.

[00:40:08]

Je parle de viande, pas de protéine. Dans les protéines, il y a des différences, mais sur la viande, il y a très peu de différences sur cette consommation là. En revanche, si on va dans le détail, on voit que les types de viande consommés sont différents. Donc, les femmes, elles, préfèrent les viandes maigres, les viandes blanches, le poisson.

[00:40:26]

Protéines des poissons dans les viandes, c'est ça? Donc il y a une différence. La nature de la viande qui est consommée. A ton avis, pourquoi la viande, c'est codé comme quelque chose de tellement masculin?

[00:40:36]

Je me demande encore aujourd'hui parce que je demande à mes amis hommes quand, quand tu demande à des hommes et des femmes de séparer des catégories d'aliments en ce qui est féminin, ce qui est masculin, tout ce qui est hypocalorique est ce qui est sucré. On va dire que c'est féminin, ce qui est fruits et légumes frais, tout ce qui est sain, c'est féminin, tout ce qui est gras, hyper calorique et protéines animales, notamment en viande rouge.

[00:41:00]

Ça va être catégorisé comme masculin et je me dis mais comment ça se fait que quelque chose qui nous renvoie à des temps immémoriaux? Parce que l'on balance toujours le stéréotype du mec qui va chasser le mammouth? Comment ça se fait qu'aujourd'hui, on en soit encore là? En fait, c'est la dévalorisation de tout ce qui est féminin. Y compris la nourriture qui fait que la force physique est associée à la viande. Les légumes, on. On n'a pas besoin d'aller chasser, mais chasser un boeuf alors qu'on ne les chasse plus, personne ne le boeuf.

[00:41:38]

En France, on va au supermarché pour récupérer. En tout cas, on dévalorise ce qui est associé à la femme et aux femmes au féminin et on valorise ce qui est associé aux hommes et on dévalorise certaines nourritures. C'est pour ça que les régimes végétariens sont rejetés par beaucoup d'hommes comme n'étant pas assez virils. En fait, tous les comportements, on va dire. Tous les comportements qui viseraient à améliorer la santé publique, l'environnement, tout ce qui est à faire attention.

[00:42:08]

Encore une fois, on tue. Faire attention à faire attention à ce qu'on mange. Faire attention à d'où ça vient et à l'environnement, c'est des comportements qui sont jugés féminins sur la viande.

[00:42:18]

J'ai vraiment l'impression que c'est des stéréotypes, des trucs qui datent d'il y a super longtemps. Pourquoi aujourd'hui, on associe ça encore? Mais je pense que c'est vraiment la force physique, ce côté. Manger de la viande, c'est de la protéine, c'est de la prote, quoi. Donc c'est du muscle, donc c'est masculin.

[00:42:36]

Alors qu'encore une fois, les femmes devraient manger plus de fer qu'elles le trouvent. Mais au contraire, on devrait avoir besoin de plus de B12, de fer, etc. C'est aux femmes qu'on devra associer la viande.

[00:42:49]

C'est à elle qu'on devrait marqueté tous ces produits. Très protéiné? Non, c'est uniquement une question de force physique. C'est pas être même plus de la santé. Là, on est vraiment dans chose. Justement, c'est là encore que la différence entre les femmes qui choisissent un aliment pour son apport nutritif et les hommes qui choisissent pour autre chose, notamment pour le plaisir ou pour le prestige social, puisque la viande a été longtemps associée au prestige social.

[00:43:20]

Alors, comme ça m'intrigue, cette association si profonde entre la viande, en particulier la viande rouge, la viande crue et la virilité? Eh bien, on va encore creuser cette question dans la seconde partie de cet épisode, avec deux nouveaux invités qui sont spécialistes de la pensée anticiper, spécialistes, c'est à dire que ce sont des gens qui réfléchissent aux rapports de domination qu'entretient l'humanité avec le monde animal et qui nous expliqueront les liens qu'ils voient entre eux. Sexisme et spécisme.

[00:43:49]

Autrement dit, entre la domination des animaux et la domination masculine, mais aussi d'autres formes de domination sociale. Voilà, c'est dans la seconde partie de cet épisode.

[00:44:13]

Applegate se maintient à bestiaux Peutinger, une mère de famille soulagée. C'est le motard McTavish en déployant son attirail. Abéché Le gamin, c'est la séquence de synchro. Oui, oui, maximum. Céiste no Segall.