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Cet hiver, on a beau être des super woman, on n'a pas toujours l'énergie d'aller faire les courses, ni même de réfléchir à réenchanter ses repas. Heureusement pour ça, il y a les box à cuisiner l eau fraîche qui soutiennent quoi de neuf? On peut choisir et personnaliser ses menus de la semaine. Familial, végétarien, rapide, avec plusieurs options. Puis elle offrait Je vous livre tous les ingrédients chez vous, où que vous soyez. Cette semaine, par exemple.

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J'ai testé une pizza au chèvre et en boîte de nuit. Côté recettes, sympa et facile à réaliser en moins de 30 minutes, je les garde en tête pour le prochain dîner. En plus, elle offrait Je travaille en circuit court et compense les émissions de CO2 de ses livraisons par des initiatives écologiques. Faites vous plaisir! Vous avez 25 euros de réduction sur vos deux premières box avec le code. Quoi de neuf? Tout attaché sur l'eau fraîche?

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Ne me remercier pas. Vous écoutez quoi de ma vie? Le podcast Féministes et Intersection, elle qui parle pop culture, c'est une discussion à deux chaque semaine, accompagné d'une de mes acolytes. On parle aussi bien de société que de politique, de patriarcats, de chats, de tofu et de Rihanna. Je suis Clémentine Gallot et Moynot Pineau, Pauline Verdier Harchies. Bonjour à tous et à toutes, on est très heureuse de retrouver ici, même si on aurait préféré que ce soit dans la vraie vie et de pouvoir se toucher, s'embrasser, se sentir un peu plus réellement que c'est le cas.

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Mais bon, je comprendrais. On va essayer de faire le maximum. On est heureuse d'avoir avec nous une invitée, Adeline Adeline rappant, qu'on va présenter un peu plus tard et avec laquelle on a échangé. Merci beaucoup. C'est une grande chance pour nous de t'avoir. Alors, le thème sur lequel aujourd'hui, quoi de neuf va se pencher sur la question d'Instagram? C'est la question du féminisme. C'est la question du rapport au corps. J'ai essayé de comprendre ce qu'Instagram, en tant que femme, fait qu'en tant que femme, nous faisons un retour à Instagram.

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Donc, ce réseau, c'est un réseau particulier. C'est un réseau qui est particulièrement investi. C'est un réseau particulièrement populaire et on va essayer, dans le cadre de cet épisode Meuf, d'essayer de comprendre quel type de plate forme et Instagram, quel type de miroir. Est ce que cette plateforme est devenue? On en parle en live et j'espère qu'on va surtout en parler de manière critique tout en essayant avec Adding. Rappelons notamment d'ouvrir des formes de brèche et d'essayer de voir comment des formes subversives d'utilisation et d'usages d'Instagram va devenir comment vous allez?

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Première question. On espère que si vous venez de vous réveiller, vous allez bien aussi vous endetter en couvre feu. Je ne suis pas sûr que les gens se révèlent que maintenant, j'ai dormi comme un bébé parce que couvre feu, plus de voiture, plus de gens dehors. Pour les Parisiens, un qui nous regarde, ça a eu une incidence sur le sommeil. Donc, c'est pour ça que je me suis outrageusement maquillées. Vraiment très bien dormi.

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Et toi, Kaoutari, ça, oui, ça va.

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Moi, je ne suis pas à Paris et je ne suis pas en zone de couvre feu. Mais comme je suis plutôt casanier, ça n'aurait pas changé grand chose à ma vie. Mais je suis avec vous. Je suis solidaire. Dès qu'il est entériné, je pensais Vous pouvez dehors. Après, tout va bien et je serai content de qu'on podcasts ensemble et qu'on ait pu combattre. Autre problème, à savoir la crise sanitaire sur tous les fronts. On va essayer de tenir tout ça ensemble.

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Allez, on se lance pour parler un peu d'Instagram. Effectivement, on se lance alors Polling, Clémentine, Anne-Laure et moi même. On est très heureuse d'être avec vous aujourd'hui pour aborder la question de l'image. La question d'image du corps, peut être qu'Instagram la donne à voir des enjeux féministes se pose dans ce contexte là. Et pour aborder cette question à laquelle on est tous plus ou moins confrontés, qu'on se l'avoue ou contre cela qu'on a sous mon compte cash, on a décidé d'accueillir une invitée à.

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Rappelons qu'à Digne, tuer artistes photographes en particulier, tuer une fine connaisseuse d'Instagram et tuer ces derniers temps, réaliser une série de portraits en hommage aux femmes antillaises, en puisant notamment son inspiration dans les photos de la fin du 19ème siècle. En tout cas, c'est ce travail là, moi qui, ces derniers temps, m'a beaucoup marqué. Donc, bienvenue à Didyme et merci beaucoup d'être avec nous.

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On va peut être faire un petit historique de la question est ce que c'est Instagram puisque comme on est vieille, on utilise Instagram plutôt que Tic-Tac? Oui, pour faire un bref historique. C'est encore une histoire légèrement testostérones. Instagram a été lancé en 2010 par le développeur Kevin Systrom et l'ingénieur Mike Grégor, qui sont tous deux issus de l'Université de Stanford, où il crée de beaux livres.

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Le film capte comment ça marche? Do I Wanna Be You Have to see you we will be open for one. Même Sobral, Actusen.com Open membre du fin, ça ma. A chaque fois, on a eu un Facebook de sans abri Wavecom for your hands, ma bonne dame. Faut une ce qu'ils font et ce qu'elles creusent. Mais franchement, si vous voulez rire un peu.

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Ensuite, Instagram a été racheté par Facebook en 2012 pour 1 milliard de dollars. Puis, il y a eu des conflits avec Mark Zuckerberg et les deux cofondateurs ont démissionné en 2018. C'était vraiment pour faire un très bref historique avant de nous lancer dans ce qui nous intéresse rapidement. Tu disais clémentines quand n'a pas fait un épisode sur Tic-Tac parce qu'on est un peu des boomers, des boomers. En tout cas, il se trouve que le réseau social a, contrairement à Facebook, a rapidement été pris par la plus jeune génération qui aujourd'hui est plutôt avec Tic-Tac.

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Pourquoi? Parce que Facebook était devenu un peu trop verbeux. Tweeter était trop facho, l'est toujours en tout cas, il y a eu un gros succès sur Instagram. Peut être parce qu'une image est plus efficace que mille mots. Et on en parlera tout à l'heure. C'est peut être un peu le cas aussi parce qu'il y avait cette saison d'instantanéité et qu'il y avait l'image, mais aussi parce qu'il y avait des hashtags aujourd'hui. Utiliser le hashtag. Mais c'est vrai que ça a été un peu important aussi pour la valorisation de ce réseau social et son utilité d'interaction entre les utilisateurs, les utilisatrices.

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Je trouve ça très intéressant ce que tu Diane sur la comparaison potentielle avec avec l'univers Facebook et Twitter. Et c'est vrai qu'on a le sentiment qu'il y a quelque chose. Tout ça, très juste ce que tu dis par rapport à Facebook, qui serait trop verbeux. C'est dire que la profusion de discours comme ça, du fait que le discours, justement, n'est dignité par aucune, aucune manipulation en particulier. Et tweeter est au contraire cette espèce de resserrements absolue et donc de radicalité encore plus recherchée, encore plus encore plus encouragée.

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Et c'est vrai que dans cette perspective là, il me semble que l'une des forces d'Instagram, en tout cas, ce qui permettrait d'expliquer la présence de cette application dans notre quotidien, c'est évidemment une. On ne reviendra pas ici sur la question de la sémiologie d'images et de tout ce que ça ça produit. Mais on voit bien à quel point, par exemple, déléments du selfie a immédiatement propulsé cette application, avec évidemment des logiques, souvent on de logique narcissique.

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Je ne sais pas si le terme narcissique est le plus adapté. On en parlera, mais il y a quelque chose d'une gestuelle Instagram, d'une mise en scène, d'une cérémonie d'une dimension ainsi, bien évidemment, beaucoup plus artistique et beaucoup plus esthétique. Et même s'il a réussi en particulier et l'esthétique passe complètement cohabiter avec des logiques néolibérales, ne serait ce que pour parler de celle là. Donc, effectivement, on a bien affaire à une plateforme, un espace très particulier.

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C'est bien pour ça que cet espace est encore plus problématique ou en tout cas, mérite encore un peu plus d'être pensé que Twitter ou Facebook.

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C'est à la fois un espace où s'est exprimé un business énorme. C'est une plateforme inondée aussi de marques de placement produits, mais vont cohabiter avec tout ça. Des espaces aussi. De l'intime, en tout cas, une forme d'intimité qui peut s'exprimer. Et l'arrivée des Stories, d'ailleurs, a permis une autre expression du vécu, avec une sorte de coup d'oeil évanescent dans le quotidien des autres. Et on peut dire aussi sur le sujet qui nous intéresse aujourd'hui. Instagram était un lieu d'expression, peut être pour certaines voix féministes.

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On a appelé le féminisme, par exemple, avec des figures telles que le sait, mais pas que. Ça a aussi été un lieu d'expression pour d'autres voix. D'ailleurs, c'est intéressant puisque Instagram a quand même ça en commun avec les podcasts. Pas une plateforme qui a un public plus jeune, qui n'a pas la censure des grands médias. Et du coup, c'est quand même ça qui a permis l'émergence et la diffusion d'une parole féministe, notamment depuis des années.

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Pour une raison très simple et très pratique, c'est qu'on a un accès direct, en fait, qui permet de faire émerger dans la sphère publique des problématiques dont on ne parlait pas forcément avant, comme la précarité menstruelle. Toutes les questions autour de la maternité. Franchement, moi, je n'avais jamais vu des trucs aussi graphiques que j'ai eu sur Instagram à propos de l'accouchement des placenta des femmes qui portent des couches. Je passe par des règles et des fausses couches aussi.

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Récemment, il y a eu cette femme qui a posté sur le dessus. Oui, oui, oui, oui, il faut s'y prendre pour la déconstruction des normes de beauté.

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Je pense qu'on n'a pas plus tard. Effectivement, on voit bien que c'est un espace qui est assez ambigu dans la mesure où on Instagram à la fois promouvoir et aussi censurer les corps et surtout les corps féminin et sexuel. Après, pour essayer d'organiser un peu la conversation et dessiner quelques horizons, on peut essayer de se poser quelques questions très simples la question du féminisme, par exemple. Quel serait le féminisme? Qui sont mis en avant sur la plateforme Instagram.

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Ça veut dire aussi questionner les usages qui en sont faits par les femmes. On peut aussi essayer de questionner ce que vous étiez plusieurs à mettre en avant, à savoir cette forme de cohabitation tranquille, tranquille, entre des discours qui sont plutôt contradictoires à la fois, des discours plutôt plutôt injectif et qui raisonnent comme des formes de verdicts sociaux extrêmement normatifs, mais aussi des pratiques beaucoup plus subversives, beaucoup plus radicales et qui essayent de tendre vers une. d'Avant garde du féminisme contemporain.

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Et on peut aussi essayer de travailler sur la question des stigmates, c'est à dire comment est ce que des stigmates extrêmement ancrés dans les imaginaires sociaux collectifs sont complètement nourris par une forme de regards masculins font l'objet sur Instagram, soit d'une forme de renforcement, soit d'une forme au contraire de ça et de sabotage très fort. La question du corps, c'est quelque chose autour de laquelle on parle, beaucoup tourné. Comment est ce que vous percevez cette question de la corporéité?

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Comment est ce que vous seriez premier truc? C'est tout. Clémentine Tu disais que c'était un espace non censuré et il est vrai qu'on peut le dire par rapport à je ne sais pas. Certains magazines féminins. Mais évidemment, il y a une énorme censure qui se met en place et qui vise certains corps et évidemment toujours les mêmes. Les premiers auxquels je pense, c'est évidemment les gros et les corps gras assez visibles. Comment Instagram traite ces corps, ce qui les censure?

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C'est à dire qu'une personne grosse qui postent une photo de son corps, qu'il soit partiellement dénudé ou pas, se retrouve souvent face à une censure. Une censure qui vient de plusieurs niveaux du niveau des utilisateurs et utilisatrices. Qui décide que cette photo les dérange et qui appuie sur le petit bouton contenu dérangeant et du simple fait qu'il y ait un processus de censure qui vise la nudité ou en tout cas certains postes et donc les Kango se retrouvent. Invisibilité? C'est assez flippant.

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Il y a aussi une autre censure qui est le principe même de la force du like, le like vise, qui vise les corps déjà validés des corps et des vies. J'ai de bonnes idées dans les villes riches de vies, hors des corps humains. Ce n'est pas des corps. Donc, là aussi, c'est une habilitation. Le problème d'Instagram, c'est le rêve. Le principe du rêve, c'est la vie. Un peu monocorde. Et les corps gros n'entrent pas dans ce récit là.

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C'est vrai qu'il y a beaucoup de matches et de militante anti russophobie. Je pense à certaines qui font partie du collectif apolitique, par exemple, qui ont fait les frais de cette censure là. On peut penser à Barbara Bush, qui a fait la une de Télérama. Ça, c'était tellement génial de voir cette une de Télérama qui ressemblait peut être un petit peu à une photo et qui pourrait être sur Instagram. Elle en a fait son cheval de bataille de cette censure là.

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En février dernier, elle s'est retrouvée totalement censurée par la plateforme parce qu'elle aurait enfreint les codes du fameux code d'utilisation relativement obscur. Elle avait hurlé sur son compte, elle avait Dis moi grosse, fière et Gwynn, je continuerai à me battre pour la visibilité de tous les corps sur les réseaux sociaux et dans les médias, pour tous les comptes, sur les réseaux sociaux et dans tous les médias, plus Yergeau et plus conclurai.

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Les considérer comme pornographiques et les personnes gagnant plus ou moins réussi son pari puisqu'elle a été invitée dans les locaux d'Instagram où on pourra discuter de ce qu'elle avait subi.

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Et elle avait des promesses que cela ne se retirait pas. Mais en l'occurrence, depuis, d'autres personnes ont subit notre intimidation et il y a certaines personnes qui essaient de proposer un contrecourant à cette censure là, donc qui d'autant plus, postent des photos d'elle sur les réseaux sociaux. Je pense par exemple Gering Spee, qui est une militante russophobie, qui pasteure régulièrement des photos d'elle. Et je pense aussi à la blogueuse qui est aussi ambassadrice de Dove. On en parlera plus tard, mais c'est toujours ça avec ce réseau social.

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Adeptes de l'autre, Stéphanie Viki, elle a posté une photo d'elle et elle dit aux anges et les blogueuses? Pourtant, je ne le suis pas totalement. Je me déteste même encore et je le trouve gros, immonde, difforme. Elle explique son ressenti de petite fille qui subit les injonctions de la société. Ce qui est intéressant, c'est qu'elle raconte comment cette pensée a été construite dans sa vie. Et elle termine par. Justement. Et c'est ça la force de ce qu'est le social.

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Une question aux personnes qui la suivent. Et vous, comment vous sentiez vous ce que vous pouvez témoigner de choses similaires ou différentes? Elle invite les gens à poster leur témoignage avec le hashtag Je suis unique. Et voilà, encore une fois, ce post a été liké par 7000 personnes et donc ça montre la puissance de ce réseau social. Si tu souligne Anor sur la domination qui est subie par les personnes dont le corps s'éloigne des stéréotypes en termes notamment de taille, de mesure, apparence, etc.

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C'est évidemment quelque chose qu'on peut assez fortement rapprocher de l'expérience vécue par les personnes racisées, par des personnes qui sont susceptibles de vivre dexemple de discrimination raciale. Et à ce titre là, on peut notamment évoquer l'exemple d'une mannequin, d'un mannequin à New York, Nicolas Wiliam, qui a fait ce que beaucoup de mannequins ont l'habitude de faire après leur shooting photo, c'est à dire d'expier, de poster des vidéos ou des photos qui essayent d'éclairer un peu les coulisses de ce photo shooting qui vient de se dérouler.

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Sauf que dans le cas de cette mannequin là, elle a posté des photos où elle les poitrines. On voit ses épaules, on voit une partie du haut de son corps, mais à chaque fois que ces photos ont été postées, ces photos ont été signalées. Et lorsqu'elle a tenté de comprendre le problème lié à ces photographies là, il lui a été répondu par l'application que les photos étaient considérées comme comportant un contenu problématique du fait que l'écrasement de la poitrine et du fait que l'écrasement de sa poitrine opulente ait été perçu était interprété par l'algorithmique comme un contenu pornographique.

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On revient ainsi au problème qu'on a déjà plus ou moins évoqué, c'est à dire cette forme de sexualisation historique des corps racisées comme des corps judicaire, comme des corps appelant à des formes de représentation de la pornographie. Et on voit bien ici à quel point la question de l'algorithme et la question de la censure s'organisent selon des principes, selon des mécanismes assez obscurs, puisque, encore une fois, on a du mal à comprendre comment est ce qu'une photo comme ça peut être interprétée strictement mathématique, comme relevant d'une image intolérable et à invisibilité au sein de l'espace public?

[00:17:29]

Donc, on voit bien ici à quel point il y a des formes de projection et de redoublement, les censures à partir des propriétés sociales des individus et ce qui est susceptible de se produire dans un espace public. Une femme avec une poitrine opulente qui porterait un simple débardeur dans la rue, comme c'est déjà produit. Je sais pas si vous vous en souvenez. Par rapport à cette jeune fille qui avait été aux portes du musée d'Orsay virtuellement, on retrouve des pratiques similaires, c'est à dire des formes d'injonctions aux voilement ou en tout cas, à la non visibilité.

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Oui, c'est vrai que c'est à la fois voilement et dévoilement. C'est ça que d'injonctions paradoxales. Après, les exemples sont innombrables, mais on peut aussi citer une prof de yoga racisées qui avait voulu juste faire la promo de ses contenus. En fait, elle n'avait pas pu diffuser son post parce qu'elle avait reçu un message disant qu'elle était obscène, alors que c'était juste une posture de yoga. Donc, effectivement, les délires interprétatifs sont assez nombreux et je signale aussi une tribune qui était publiée dans le gardien de l'Angleterre dans laquelle l'actrice noire chantait.

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Joseph a dénoncé, justement fait. Les corps des communautés marginalisées sont en fait davantage victimes d'un régime d'isolation ou de shadow banking, puisque c'est comme ça que ça s'appelle en anglais l'application. Effectivement, comme si ces corps là étaient implicitement sexualisé par nature. Donc là, on voit bien qu'on a toute l'histoire et tout l'imaginaire colonial qui est encore très présent. Je sais pas, Adeline, est ce que toi, ça te parle complètement? Parce que justement, ces derniers temps, il y avait pas mal d'exemples qui sont qui sont arrivés et ne serait ce que juste dans les personnes que je suis et de façon assez régulière.

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Il y en a un qui nous vient en tête laisser les deux filles du podcaster entre nos élèves qui postent des images de corps pour montrer des corps un peu différent de femmes et qui, enfin, se sont retrouvées à avoir cette photo là qui étaient sans cesse retirées de leur compte et tout en parent. Elles ont vraiment une grosse théorie. Et puis, sur plusieurs jours pour dire que il y a un gros problème entre ce qu'elles font, c'est à dire montrer des quoi pouvoir éduquer sur la sexualité, mais d'une façon est purement éducative.

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Et en fait, les corps qui sont entrés sur le compte. Si vous connaissiez Dan Bilzerian ou quelque chose comme ça. Bref, un mec qui est un peu le symbole de la masculinité hyper musclé, avec des armes dans des coins, sur des idiotes, etc. Et en fait, ça montre sans arrêt des nanas à poil, littéralement à poil dans les positions qui sont très soumises et suggestives. Et en fait, oui, pour le coup, toutes ces photos là sont encore là.

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Elles sont là depuis des années. C'est là pour le coup, c'est carrément de la sexualité gratuite et en plus des corps de femmes qui sont quand même très au final, quelque chose qui tombe sous le coup des règles normalement d'Instagram. Et aussi ça, j'avais suggéré notamment C'est un mec que je suis chez un homme noir. Gros gay est lui même posté, en fait, pour donner de la visibilité aux hommes qui sont gros et pouvoir montrer qu'ils peuvent être beaux, qui peuvent être vraiment acceptés.

[00:20:43]

Et puis avoir les mêmes positions qu'eux.

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N'importe quelle personne qui se sent belle et d'imposer ses idées. David, 24 à peine. Et donc, lui, c'est pareil. Il a toutes les répliques, lesmêmes. Il met en avant un homme gros qui pose. Ben voilà, c'est un selfie, souvent, où le mec est très fier de lui, très content de lui, se sent bien, etc. Et ça, ça tombe sous le coup de la censure. Alors, quand un mec qui va faire exactement la même chose et qui est lui?

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N'est pas gros, c'est pareil, ça reste en Asie. C'est étonnant, c'est qu'effectivement, tu te retrouves sur ce truc coup les corps de façon qui sortent des normes. C'est clair que y'a beaucoup moins de chances que ça reste. Ça, c'est évident, mais autant du coup, sûr sur effectivement cette représentation là des corps gros, des corps noirs, des corps de gens de couleur, etc. Que également des actes LGBT.

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Et comme je dis par exemple, des actes d'amour d'un baiser, par exemple, comme un Kosta, un Instagram, un très connu, lui. La première fois qu'il a posté une photo en embrassant un baiser en embrassant son mec. Non seulement il a perdu énormément de monde. Ça, c'est très individuel, mais par contre, il se retrouve souvent soi shadow banking, soit avec en fait des images qui sont retirées de son shide.

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Poli. Comment tu perçois tout ça en parlant de double standard? Justement, je rebondis. Donc, c'est vrai que d'un côté, les corps gros, les corps racisées vont potentiellement être sexualisée par l'algorithmique, assimilés à des contenus obscènes, ce qui est un krems. Mais de l'autre, les corps féminins, ou en tout cas peut être certains corps féminins, sont, eux, incités à se dénuder. C'est exactement ce que disait Adeline par rapport à l'exemple des photos de cet homme qui posait avec des femmes nues pour qui ça peut poser.

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Pas de problème. En fait, c'est ce que deux enquêteurs enquêtrices ont appelé la prime à la nudité féminine de l'algorithmique. L'idée selon laquelle les corps de femmes dénudés. C'est en tout cas certains corps seraient davantage montrés aux utilisateurs et utilisatrices que les corps vêtus. Et ça, c'est une enquête sur les vraisemblable bien sexiste de l'algorithme. C'est une enquête de Judit du Portail et Nicolas Zerbib qui a été publiée sur Wikia Heart et qui a démontré ça. Deux explique que chaque image a un score d'engagement qui détermine en fait la probabilité que les utilisateurs utilisatrices interagissent avec ce contenu.

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En fait, c'est ce score qui va varier en fonction de plusieurs facteurs, dont le statut LGS. C'est un des facteurs qui pourrait se traduire par le niveau de nudité qui, visiblement, agit sur ce score d'engagement. Et donc, dit Nicolas, se pose la question de savoir si ce niveau là servirait à poster certains contenus en fonction du degré de côte dénudé et en fonction de. Mais ils n'ont pas de réponse ferme là dessus. Évidemment pas de la part du réseau social, mais en tout cas, ils ont analysé environ 2500 images, poster et calculer leur taux d'exposition.

[00:23:45]

C'est la probabilité en fait d'une image d'être montrées aux internautes et selon leur conclusion. Ce qui semble logique. Du coup, on n'est pas surpris de lire une photo de femme en sous vêtements ou en maillot de bain et montrer 1,6 fois de plus qu'une photo d'elle habillée, et ce tout court. Un homme, lui, est de 1,3, donc moins élevé. Donc il y a vraiment une forme de double standard, donc à la fois avec l'un des mobilisations de certains corps et une interdiction, par exemple, de montrer les tétons féminins Harlé.

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Dans cette hypothèse d'une promotion accrue des corps non conformes ou blancs, minces, etc. En maillot de bain, on en a la preuve en tête. Vérifiez même si on compte. De toute façon, c'est très clair sur toutes les photos où clairement, je vais avoir un peu moins de 30, ça décolle direct.

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Si c'est l'expérience que tu fais bien clairement, quand tu dis ça décolle, c'est en termes de Lalie qu'on sait en terme de deux mois de classe. Du côté des utilisateurs utilisatrices aussi, il y a quelque chose qui se passe. Je pense qu'il y a autant sur l'exposition CHINI qui me semble clairement supérieure par rapport au reste. Et je vois également même que le réseau est beaucoup plus en avant lorsqu'il y a un corps dans la photo que quand il n'y en a pas.

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Faire une photo d'une nature morte, par exemple, je sais que ma photo s'affiche mille fois moins, mille fois. Non, je n'ai pas fait le calcul, mais clairement, oui, il n'y a plus d'exposition quand il y a un corps. Je pense qu'il y a de toute façon un algorithme quelque part. Et ensuite, quand j'ai moins de vêtements sur une photo, ça casse. Ou l'escort et ça, Sifakis, je m'en suis rendu compte.

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Je pense qu'il y a une part à la fois des réactions des utilisateurs et utilisatrices, mais évidemment une part quand même qui semble incompréhensible, qui vient de l'algorithme et qui définit voilà ce que tu dis. Est ce qu'il y a encore? Est ce qu'il y a un pas encore? Est ce qu'il y a un stade assez avancé? Donc, est ce qu'il y a beaucoup de peau ou l'entrée? Et qu'est ce que ça engendre? Et visiblement, l'algorithme joue là dedans.

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C'est pas que l'interaction des gens qui vont voir les image, c'est aussi le taux de couverture d'exposition, visiblement. On est sur un marché, sur un marché économique aussi. À quel point? Un marché symbolique aussi, mais à quel point la question de l'offre et de la demande sont complètement imbriquées, en fait, avec une anticipation de ce que les usagers d'Instagram sont susceptibles d'aimer. Et dans le même mouvement, l'idée que du coût pour pouvoir générer du flux et crée de.

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C'est plutôt vers ce type de contenu qu'il faut aller, ce qui, du coup, renforce le système. On est dans une sorte de cercle complètement, j'allais dire vertueux, mais évidemment pas vertueux au regard des discriminations que ça continue à perpétuer. Mais je trouve que par rapport à ce qu'on disait avant sur la question du marché, à quel point ça produit aussi des formes de marchandisation très forte, d'une certaine image et d'une certaine apparence corporéité, etc. Peut être que tu pourrais nous parler de la question des PBS qui est assez cruciale par rapport à cette question.

[00:26:47]

Oui, rapidement, je voulais bien aborder cet exemple là. TBS, c'est à dire les travailleuses du sexe. Donc, cette contradiction dont on parle, c'est là qu'elle s'illustre, en particulier avec cette question là sur Instagram et la censure qui vise en particulier ces personnes. Je pense par exemple, le compte de la travailleuse du sexe, photographe et performeuse Romi Alizée, qui avait été supprimée quand elle avait posté une photo d'elle et d'une amie avec un code.

[00:27:13]

Je précise qu'elle était habillée sur la photo. C'était en 2018. Mais en vérité, ça concerne beaucoup de travailleuses du sexe. Et elle avait posté une tribune dans Libé. Instagram imposer ses conditions d'utilisation? Si on a à voir avec ce que la loi sanctionne. Mais quand des décision arbitraire et réactionnaire et elles sont très opaques, cette décision, alors qu'en fait pullule sur le fil mondial d'Instagram, je la cite des images sexistes, violentes, haineuses, doublées de commentaires homophobes, misogynes, racistes.

[00:27:48]

Et Abedi, au milieu de tout ça, c'est bien moi, photographe et travailleuses du sexe. Ils ont condamné sans préavis et elle demande pourquoi sanctionner des contenus désirés par une communauté active, si ce n'est pour signifier que ces contenus sont déviants et que nous, artistes et utilisatrices, comme j'en ai déjà, je voulais juste citer aussi dans le livre de Bertolt Brecht. Sais pas si vous voyez. Donc, il y a aussi les travailleuses du sexe. Être féministe est elle écrit que les femmes ouvertement travailleuses du sexe sont désactivés et supprimés sans que leur contenu ne transgresse les règles d'utilisation?

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Il suffit d'écrire dans sa Bloquons les performances graphiques au regard pour être littéralement persécutait par le réseau social, supprime ses comptes à tour de bras et sans aucun motif. J'ai vu mes comptes Instagram supprimés sans préavis, sans qu'aucune de mes photos poster un témoignage. Ouais, c'est quand même étonnant de voir que c'est souvent les femmes elles mêmes qui sont à blâmer. Beaucoup, puisque les billets de l'algorithmique discret. Je pense qu'on peut aussi parler du fait qu'il y a pas mal d'accusations envers les Instagram.

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Comme à l'époque, à l'époque, il y a quelques années, contre les blogueuses mode qui été taxée de frivolité, d'anti féministe responsable vraiment elles seules, d'accentuer des stéréotypes sexistes. Il ne faut pas oublier une réflexion sur le fait que, pour certains, c'est un outil de travail. Certes, on a le droit de ne pas aimer le féminisme glamour qui est validé par le capitalisme patriarcal. Mais en fait, certaines de ces personnes tirent des revenus de ces clichés là.

[00:29:24]

Après, on peut se demander ce qu'elles sont responsables ou est ce que ces structures existent. D'ailleurs, même celles qui bénéficient d'Instagram pour gagner leur vie. On voit quand même rapidement les limites. D'ailleurs, dernièrement, il y a eu un coup de gueule de la mannequin Emily Ratajkowski dans New York Magazine sur le fait d'être vraiment dépossédée de son image sur Instagram. Elle parle aussi d'agression sexuelle.

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Le texte est très long, mais les Web McFadden à la grande satisfaction.

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Hamama Hasbani à Newsweek, Saint-Gobain. White Humain afin d'échapper à la poste à Catane, réinstaurée n'y va pas par quatre chemins, mais chez Herdman, Fespam femme n'a pas paraphé.

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Je trouve que ça rejoint toujours un peu le même discours. C'est assez. C'est toujours à cause des femmes. Donc là, le problème de l'identification des petites filles? Les femmes seules, les femmes, les bloggers, les Instagram, etc. Enfin, il y a différentes catégories aussi d'Instagram, les blogueuses mâchant celles qui vraiment correspondent pile poil à l'image qui est vraiment l'image qu'on condamne énormément, condamne, qui est assez violente. Effectivement, quand on la regarde, sont assez rares.

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Bien quand même. Beaucoup plus de nanas qui ont un univers particulier ou qui elles mêmes vont soit transformer leur corps, soit quelque chose comme ça, mais elles ne correspondent même pas réellement à ça. Ensuite, les filles qui vivent vraiment Instagram, qui tiennent vraiment leur vie sur Instagram, Tic-Tac. En fait, c'est extrêmement rare également. Souvent, elles ont travaillé, elles ont un travail à côté, elles ont un truc à côté, elles ont une entreprise, c'est quelque chose.

[00:31:27]

Instagram, c'est vraiment une vitrine. Après la vitrine, on en fait effectivement ce que l'on souhaite. Et puis, si vraiment voilà, on va utiliser cet algorithme, on va faire en sorte de plaire à tout le monde. Donc en fait, on va correspondre à un modèle. Voilà qui pose problème clairement, moi qui me pose également problème, mais souvent, en fait, on prend vraiment ce biais là en prenant par exemple, croit Emily Ratajkowski.

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On prend des Nabila, bref, vraiment des personnes. Elles sont 10 10/15, mais on les voit énormément, se sont beaucoup partagées. Mais il y a quelque. Et pour moi, ça, résumez ça. Ça, c'est un peu compliqué parce qu'en fait, on reste quand même encore aujourd'hui à cette image face à ces différentes personnes qui travaillent et qui ne travaillent pas aussi, mais qui sont très, très différentes les unes des autres et qui vont partager en fait des mondes qui sont très différents les uns des autres et qui vont soit être engagés.

[00:32:24]

Souvent, ça l'est, parfois ça ne l'est pas du tout. Et là, on tombe plutôt dans le côté très, très commercial. Il y en a. Mais même chez ces nanas ou ces mecs qui sont très, très commerciaux, on n'est pas toujours dans une seule image. Souvent, je trouve qu'il y a cette caricature là dont il faut se débarrasser. Parce que ça, c'est ce qu'il affiche effectivement dans un shide lorsque l'accident explorèrent quoi? Mais dans ce qu'on suit réellement, je ne suis pas certain qu'il y ait vraiment des gens qui ne suivent que ça.

[00:32:51]

Bon, après tout, c'est tout ce qu'on vient de dire qui est quand même relativement négatif. Je veux juste faire un peu manif de service et dire que ce réseau social peut aussi avoir une force, un peu comme un fanzine, en fait, un petit espace en dehors des gros médias, en dehors de la télévision où on peut raconter d'autres histoires que les histoires mainstream, voire même remettre les pendules à l'heure puisque les personnes parlent pour elles mêmes, par elles mêmes, pour des personnes qui leur ressemblent, ce qui n'arrive absolument jamais.

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Je ne sais pas avec votre famille, ça peut concerner déjà les luttes féministes. Je tiens par exemple à rappeler l'écolage féministe. Écolage féministe, c'est quelque chose qui a aussi beaucoup existé via Instagram. Enfin, pour une fois, on avait dans la rue des collages qui parlaient de nous, qui parlaient de nos morts et qui ont été utilisés par Instagram. Ou là, pour le coup aussi. Instagram a permis de remettre un peu les pendules à l'heure quand il y a eu la grosse chute sur les tarifs.

[00:33:45]

Le fait que les médias ait dit que les ministres étaient des terres, ce qui était archi faux, a fait taire les féministes qui sont transphobes, qui considèrent que, par exemple, les femmes n'ont pas leur place dans la lutte féministe ou dans la reconnaissance des féminicides. Donc, il s'agit d'une infime minorité du mouvement d'écolos féministes et les médias ont dit que c'était en gros un peu la racine du mouvement. Et Instagram a permis de remettre les pendules à l'heure.

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Beaucoup de collages, justement, en disant que les femmes trans sont assassinés parce qu'elles sont des femmes. Les femmes trans, ce sont des mères qui n'arrivent pas à avoir de reconnaissance de maternité. Ce genre de choses, ça a remis les pendules à l'heure via Instagram. Les auto représentations, même si elles sont censurées, le simple fait qu'elles existent déjà, c'est une force phénoménale, que ce soit pour les personnes racisées, que ce soit pour les personnes en situation de handicap aussi.

[00:34:33]

Parce que les corps handicapés, on les voit nulle part, nulle part. On les vraiment là, pour le coup, nulle part. Et là, on les voit sur Instagram et aussi bien sur les corps et les vies LGBTQ. Donc, beaucoup d'entre nous ont pu suivre, par exemple, des communiant, des les histoires des communautés. En France, on n'a pas cette culture là, donc c'est important de les valoriser. Il y a eu celui d'Angèle.

[00:34:54]

Elle a choisi Instagram pour faire une communion. Peut être que pour certaines personnes, il était invisible puisqu'il était discret. Chouette, on a aussi pu suivre la transition d'Océans, qui a choisi Instagram pour. Et d'ailleurs, il a fait un super océan qu'un comédien. Ceux et celles qui ne connaissent pas. Il a pu parler, par exemple, du fait que ses tétons sont devenus autorisés sur Instagram et parlaient du privilège d'être à l'OM. Et ça, c'était un poste qui était super chouette à lire.

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Super chouette aussi parce qu'il a eu beaucoup de like. Et aussi, on a pu suivre les parcours familiaux de papa papou, de mandater mère de famille qui explique ce que c'est d'adopter son propre enfant, ce que c'est les courses en Belgique pour faire son enfant ou à travers l'Atlantique pour aller récupérer son enfant. Le départ, j'étais. Voilà des choses qui, encore une fois, commencent à se retrouver dans les journaux et la télévision. Mais là, pour le coup, Instagram a été un peu là avant.

[00:35:45]

Et moi, c'est vrai que dans ma construction militante, c'est ce qui était aussi important que c'était de remettre l'histoire sur des bons rails. Leur story, évidemment, rappeler que l'histoire est racontée du point de vue des hommes. Pour les hommes, il y a eu beaucoup de contes qui rappellent que les femmes font partie de l'histoire et donc faites aussi. Par exemple, Her Stories est un conte qui parle de ça. Il y a aussi LGBT Lesbiennes Story, donc plusieurs contes où on voit des images de jolies lesbiennes des années 30 qui se cachaient ou qui se cachaient pas.

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Ça fait trop plaisir et aussi quelque chose qui est important pour moi et je pense, pour beaucoup de personnes. Il y a un conte qui s'appelle, dit Eddy Immémoriales, qui montre les photos de celles et ceux qui sont morts du sida, qui racontent leur vie. Qu'est ce que c'était dans les années 90 en France? À San Francisco? De voir tout son monde autour s'écrouler et s'effondrer dans une pandémie? Pas du tout reconnu. Quelque chose qui peut nous parler aujourd'hui.

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On qu'Instagram aussi, à cet endroit là, émouvant, où on se prend dans les bras et on se dit qu'il y a peut être des petites choses qui peuvent changer. Je ne sais pas ce que tu en penses, tu hoche la tête.

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Justement, c'est moi que je trouve que tous ces contes là qui sortent justement sur Instagram. Merveilleuse. Merveilleuse introduction, justement, à tous ces sujets qui ne touchent pas forcément et qui donnent envie de creuser plus loin au fur et à mesure. C'est commun. C'est exactement ça. C'est vraiment civilis. Ils se sont retrouvés sur Instagram et ça, je trouve ça vraiment génial. Et justement, je trouve que là, c'est comme ça que je vois les choses.

[00:37:16]

Mais comme j'ai l'impression que pas mal de mes collègues voient aussi ça, c'est que nous, on a une plate forme énorme avec, mais avec beaucoup, beaucoup de gens qui nous suivent, qui sont là pour le conseil beauté, machin, etc. Mais on a aussi fait une plateforme de relais pour tous ces comptes là et j'ai remarqué que ben, on était quand même pas mal cher. Et du coup, c'est pour ça que je me disais en fait, c'est vraiment génial parce que je suis très positive, mais parce que je trouve que c'est vraiment de plus en plus d'influenceurs s'engagent et donne des liens, en tout cas pour des renseignements comme ça.

[00:37:51]

Et justement, avec des comptes qui sont réalisés par des personnes qui sont totalement passionnées. Après ce que j'aimerais bien. Ce qui serait beau un jour, c'est que ces personnes là qui font un travail de cinglé, puissent un jour avoir au moins une rémunération pour ça ou une reconnaissance là dessus, non?

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Franchement, on peut essayer de déplacer un tout petit peu le curseur, mais vous en avez déjà un peu parlé. Puis essayez de voir dans quelle mesure les images qui sont produites par Instagram et ces formes de narration subversive qui s'y développent aussi agissent ou ont des effets sur les utilisateurs Instagram. Jusque là, on a beaucoup parlé de ceux qui font Instagram, de ceux qui produisent du contenu. Mais on sait très bien que de l'autre côté de l'écran, il y a d'autres choses qui sont susceptibles de se passer et que cette confrontation perpétuelle soit des injonctions très fortes ou, au contraire, des formes de possibilité, de recréation de soi, de reconstitution de soi à travers d'autres normes plus ou moins poser la question de la santé, la question de la santé mentale aussi, même si c'est une question sur laquelle on pourrait beaucoup, beaucoup échanger.

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La question de la légitimation, c'est à dire comment est ce qu'on se sent tout d'un coup appartenant à une communauté et comment le désir d'appartenance et parfois le désir de conformité peut se trouver, être complètement galvanisées et renforcé par cette plateforme. Donc, voilà, je voulais un peu vous poser cette question là des effets potentiels de cette application.

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Moi, je rebondis sur ce que tu dis. Du coup, juste pour donner un chiffre, en tout cas parler des études qui ont pu tisser des liens justement entre Instagram et la santé mentale, vu l'importance des portes ouvertes, puisque je pense que tout le monde en a entendu parler. Il y a des travaux et des liens entre eux. Par exemple, Instagram et lanxiété ou la perception et l'estime de soi. La question des complexes, l'image corporelle, etc.

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Et de citer une étude liée à celle de la Royal Society for Public Health, menée auprès de 1500 jeunes de 14 à 24 ans au Royaume-Uni. Et là, c'est déclaratif. Donc les personnes interrogées la jugent plus. De toutes les plateformes et tous les réseaux sociaux par rapport à ces sujets là, il y a ce constat là, mais je pense qu'il y a aussi le sujet de parler de l'algorithme, justement, de la prime à la nudité, etc.

[00:40:17]

Je pense qu'il y a quelque chose à creuser de ce côté là sur cet algorithme. Je pense, est aussi capable de mettre le doigt sur ce qui peut potentiellement nous obséder, nous complexer, les objets de fascination très individuel pour nous montrer plus que ça. Il y a ça aussi qui joue et qui n'est pas forcément documenté, mais qui joue certainement aussi sur la santé mentale. Ouais, moi, c'est vrai que je me méfie toujours un peu de blamer media ou de charme et de moralisé.

[00:40:47]

Je pense que ça dépend beaucoup de ce qu'on en fait et qu'on a aussi une distance critique par rapport à ces outils. Mais effectivement, il semblerait que pour beaucoup, Instagram est quand même une influence négative, en tout cas sur l'image corporelle, en particulier des adolescentes. Il y a eu pas mal de littérature à ce sujet, sur le fait que les réseaux sociaux intensifient en fait une forme de surveillance corporelle, notamment à cause d'une exposition à des images auxquelles on se compare.

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Encore une fois, il faut se méfier. Ce n'est pas parce qu'il y a une nouvelle appli que tous les goûts et toutes les pratiques sont nouvelles. Parce quand on se compare aussi dans la vidéo, mais simplement là, c'est amplifié. J'ai le sentiment que c'est quelque chose qui est sans doute accentué par la plate forme, mais par l'utilisation même de la plateforme. Mais c'est un peu une question qui est quand même assez indiquée, comme le monde où on fait la même chose avec la question de la télévision.

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Les modèles dans les années 90 étaient extrêmement maigres, comparés énormément à ça. Et j'ai l'impression que fait on continue de toute façon à perpétuer toujours ces injonctions là. Mais c'est juste qu'on change. On change complètement de façon d'utiliser quoi donc? Effectivement. Le problème, c'est clairement que pour moi, c'est que ça dure toute la journée ou quand son téléphone s'exposaient ça. Et encore une fois, c'est vrai que c'est ce que je voulais dire. C'est qu'en faite, un peu avant le choix de ne pas s'y exposer, on peut choisir de déflorer certaines personnes.

[00:42:18]

Et ça, par exemple, moi, c'est quelque chose que j'ai fait lorsque je me suis rendu compte que ça avait une influence pas forcément très chouette sur moi alors que je me regardait. Je faisais mes photos, etc. J'aime me comparer à des photos qui auraient pu être beaucoup plus dans les normes ou en tout cas beaucoup plus corporellement. Je me disais non pas que je mange ou plus dans ce truc là pour me dire qu'il fallait absolument que je rentre dans les codes d'Instagram.

[00:42:43]

Mais j'aurais pu me dire la même chose et je me disais la même chose quand j'avais un blog. Et puis je vous dire la même chose quand je voulais aller au lycée, quand j'allais au collège, etc. Donc, au final, je pense que ce qui est ce qu'il faudrait absolument faire, ce serait faire de la prévention et d'encourager les petites filles et le petit garçon, et tous deux d'apprendre à avoir le choix au niveau de son fils. Quoi?

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De son propre Chines? Ce que tu dis à Guignes sur le fait que qu'Instagram, du fait de sa présence dans nos téléphones de manière quasiment continue. C'est vrai que d'une manière ou d'une autre, ça se transforme quand même le rapport à la norme puisque du coup, cette normale est quasiment une forme de rappel symbolique permanent là où auparavant par rapport aux magazines, etc. Tout d'un coup, on pouvait tomber sur le corps hyper standardisé d'une mannequin parce qu'on a rendez vous chez le dentiste et que du coup, en ce moment là, on tombe dessus.

[00:43:38]

Il y a quand même une sorte de rapport addictif à Instagram qui se répercute aussi sur la question du rapport à la norme, dont il est assez difficile de se détacher. Si, comme vous l'avez dit avant, il n'y a pas un travail critique à l'extérieur d'Instagram qui produit ce genre par rapport à la question du travail militant ou par rapport au fait de comparer Instagram et les discours qui sont produits à des discours féministes, à des discours historiques, à des discours de remise en cause de cette normalité là.

[00:44:08]

Et vous, vous êtes normativité en particulier? Oui, c'est ce que je trouve aussi chouette. C'est un truc qui a changé avec l'utilisation d'Instagram. C'est le fait que les personnes se sentent Trégourez par certains sujets. Ils vont sentir, via une photo ou via un hashtag, que cette question peut les plonger dans une peur de se comparer dans un souvenir traumatique. En fait, est un peu chouette aussi. Et bon, j'essaie d'être positif, même si évidemment, c'est dur en ce moment.

[00:44:34]

Mais c'est que ce réseau, les utilisateurs et utilisatrices ont trouvé un moyen d'en faire un peu une place en utilisant le trigger warning. Aujourd'hui, le trigger wani est quand même assez utilisé. Je vous rappelle qu'il y a quelques années, c'était réservé à certaines personnes très militantes. J'ai mis du temps. J'ai même googlez à La Tribune Reining parce que ça voulait dire TWC parce que je comprenais pas. Il y a quelques années et aujourd'hui, il est devenu assez massivement utilisé.

[00:44:58]

C'est une pratique qui montre que, comme Instagram peut être un endroit où on peut parler de violence, de traumas ou. On peut aussi entendre le fait qu'une personne peut avoir ressentir de la violence, avoir juste quelques gouttes de sang, par exemple, ou voir quelqu'un vomir. Des choses qui, dans le reste de la société, sont considérées comme de l'ultra sensiblerie ou je ne sais quoi. Le réseau peut provoquer des grosses angoisses, mais aussi prendre soin de ceux et celles qui en ressentent encore une fois la naïve qui donne son opinion.

[00:45:31]

Merci beaucoup. Je propose qu'on passe à la question des expériences plus individuelles d'Instagram. Adeline, peut être est ce que tu peux nous dire c'est quelque chose qu'on ignore encore un peu. Simplement ta venue à Instagram. Et voilà une forme de replonger dans pas forcément tes début, mais en tout cas dans quelque chose de l'histoire qui te unit à cette application.

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En sept mois, je suis blogueuse mode. C'est en tout cas j'ai commencé assez tôt, donc en 2008, et c'était vraiment que j'avais pour habitude de partager beaucoup de photos, autant sur mes blogs très habituels et Instagram. Je me suis tout de suite parce que pour une raison très, très simple, c'est que c'était moche. À l'époque, c'était vraiment moche et pour moi, c'était que des photos avec notre téléphone. On ne pouvait pas Claudé à cette époque là et on était forcément des sortes de filtres.

[00:46:29]

Mais c'était moche, c'était vraiment. Ça me plaisait pas du tout et du coup, je me suis mise quand même assez tardivement. Et c'est vrai que je ne l'ai pas compris. Vraiment trop compliqué au départ. Vraiment l'intérêt du truc qui? Comme beaucoup de blogueuses parce que nous, on avait déjà notre plateforme, on pouvait poster plusieurs photos, on pouvait avoir des textes aussi. Et Instagram? C'était juste une photo.

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Et puis alors, avec une toute petite description qui n'est pas vraiment aller plus loin encore. Et après? C'est au fur à mesure que, tout bêtement. En fait, les marques avec qui je travaillais m'ont demandé de poster également sur Instagram. Et puis ensuite, au fur et à mesure, je commençais à avoir des gens qui rejoignent aussi Instagram et j'ai fini par délaisser mon blog final pour rester sur Instagram. Je suis à la merci de ce réseau maintenant, mais du coup, c'est vrai que je l'ai longtemps utilisé comme j'utilisais mon blog, c'est à dire autant pour un côté assez taille, la mode, etc.

[00:47:22]

Puis, tout en continuant de travailler et il y a de ça peut être 3 ou 4 ans, peut être 3 ans. Je me suis beaucoup plus s'immuniser qu'à parler de sujets sociétaux, mais choses qui me touchent en tout cas dès le départ et que j'avais remarqué que l'échange était beaucoup plus rapide et beaucoup plus facile aussi sur la plateforme. Et c'est ce qui m'a conduit au fur à mesure à prendre la parole et puis à faire des photos ou des choses qui sont un peu plus engagées.

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Et puis ensuite, sur l'optimisation, c'est. Il y a eu cette question là, justement. Je ne sais pas si on en parlera plus tard, mais en fait, pour la première fois, je me suis questionnée. Je me suis posé la question Mais qu'est ce que je me fous? Sur Instagram, il y a quoi, je sers? Qu'est ce que je raconte? Quoi? Et est ce que vraiment, j'ai envie de poster cette photo de mes produits de beauté qui m'ont été envoyés là?

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Est ce que ça a vraiment de l'intérêt alors qu'on est tous confinés dans les apparences? Quel est l'intérêt? Et donc, c'est comme ça que je me suis dit je vais partir à juste faire une série de photos juste parce que j'en ai envie. Et sans penser à la question Bindu est ce que je sais ce que je veux gagner des sous? En bref, sachant qu'en plus aussi ça, j'ai un travail à côté et là, j'étais en chômage partiel.

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Mais c'est vrai que c'est un peu mon utilisation aujourd'hui. C'est que je cherche beaucoup plus à faire des choses qui ont du sens, à raconter des histoires. Et en plus de ça, à balancer du beau et du beau kini, qui n'est pas aussi été accueilli. Moi, j'ai mis du temps à me mettre Instagram. En fait, je me suis inscrite pour essayer, mais faites moi, je sais justement ce dont je parlais tout à l'heure. Je suis très vite tombée dedans.

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Cette fascination étrange et qui me faisait du mal aussi, je pense de la fonction recherche que celle où Instagram comprend vite ce qui me fascine et nous rebellant de nouvelles photos. En fait, j'ai été fascinée par ce qu'Instagram avait sélectionné pour moi, c'est à dire de la danse, des bébés, des couples hétérosexuels souriants, des appartements parfaits et des voyages en Italie. Cette espèce de miroir tendu vers moi n'était pas très, très fun, pas très subversif, donc.

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Je me suis dit C'est aussi inintéressant que ça, mes obsessions. Je me suis plongé dans ce miroir que ça me renvoyait de moi en tant que meuf hétéro en manque de voyages, qui pense à la maternité, ce qui n'est pas forcément loin de la réalité. C'est toujours bizarre. Donc voilà, j'ai développé aussi les petites techniques de torture qu'on connaît bien titiller, de stocker les contes qui nous qui nous insécurise le plus. Mais je suis d'accord avec quelle ligne si on est suffisamment critique et si on a les outils pour faire le choix de couper, mais c'est difficile parce que c'est très intriquées avec le quotidien, avec l'addiction.

[00:50:18]

On parler capital, c'est compliqué et je voulais citer justement le podcast de ma consœur. Encore une fois, le titre du portail Je ne pas briançonnais. Tu racontes en quoi, au début, son rapport à un compte Instagram? Il. Le lien entre cette obsession et la violence patriarcale?

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C'est l'histoire d'un like sur Instagram, d'un like et de tout ce que ça peut vouloir dire.

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Bravo! Passionnant à écouter. Et voilà. Sinon, j'avais juste une anecdote pour promouvoir mon travail. Je m'en sers aussi d'Instagram et pour promouvoir le travail de mes concerts. Et le truc qui me rend ouf! C'est ce que disait aussi Adeline raconte tout à l'heure, c'est que quand je poste une stories, juste un article ou d'un podcast, j'ai presque l'action. J'ai très peu de followers. Par contre, si je me mets en scène, par exemple dans mon stories où je me mets la bouche en coeur, je me mets dessus en jouant avec mes cheveux et après, je mets mon travail ou le travail d'autres journalistes dans la même story.

[00:51:17]

Là, là, il y a beaucoup d'interaction, comme si c'était boostées, mais que je devrais limite posée, en fait, avec les articles que je publie et on en vient à avoir ce genre de réflexions, chose à laquelle je n'aurais jamais pensé en tant que journaliste il y a 10 ans. Moi, c'est vrai qu'au début, je me suis inscrite un peu comme je m'étais inscrite sur Facebook. D'ailleurs, je vous concède un truc que à temps dans monter dans les premiers post Facebook.

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C'est une horreur, ils se détestent. Du coup, j'ai fait ça en me disant C'est chouette pour poster des photos de vacances. Je ne voyais pas trop le principe de l'interaction. Je voulais évidemment pas le principe de la mi temps. C'est à ce moment là et passé 2013 a tout changé 2013 où ils avaient envahi les rues avec des slogans comme quoi ils étaient des monstres. Comme quoi on n'avait pas le droit d'élever des enfants. Et là, d'un coup, je me suis dit que ce réseau social pouvait aussi être une vitrine à raconter des vies.

[00:52:09]

Houte Et donc, j'ai un peu changé ma façon de parler de moi. J'ai ouvert à tous et toutes il y a deux ou trois ans. Je crois à peu près au moment où j'ai commencé à trouver pourquoi de meufs bien. Je me suis dit après tout, voilà. Oui, il y a une mise en danger aujourd'hui. Oui, c'est dangereux. On l'a vu avec. Malheureusement, l'attentat qui s'est produit il y a quelques jours. On voit que ce que parler de certains sujets que de se mettre en avant sur certains sujets en France aujourd'hui peut être dangereux.

[00:52:40]

Un grand nombre de mes confrères, consœurs ou même de personnes qui sont LGBT. Aujourd'hui, quand ils se promènent dans la rue, ils peuvent se faire assassiner, ils peuvent se faire agresser. Donc oui, bien sûr, il ne faut pas le faire à la légère. Mais je me suis dit voilà, il faut utiliser ce réseau là pour raconter une France LGBTQ. Raconter une France rurale aussi, puisque Instagram aussi, il faut bien le rappeler, et massivement utilisé par les personnes qui vivent en ville, les personnes qui vivent à Paris.

[00:53:06]

Et donc, c'est important de raconter aussi cette France là qui est la mienne, là où je suis née. Ce que j'aime bien, c'est qu'on peut conjuguer toutes ces identités là sur ce réseau social. Et sinon, comme Pauline, évidemment, j'utilise le réseau pour parler de mon travail. À un moment, je me suis dit Est ce que c'est un peu narcissique? Est ce que c'est compliqué de parler de son travail et d'en être fier et de poster?

[00:53:29]

Et après, je me suis dit Après tout, les gars le font. Tout le monde est fier de son travail et nous sommes les seuls à se dire ce que je ne suis pas. Je ne suis pas en train de Oberst TP sur mes consœurs. Est ce que je devrais pas plutôt poster des trucs de mes concerts au lieu de parler de mon travail? Et en fait, non, merde, j'ai le droit d'être fier de mon travail, donc j'ai droit de poster des trucs sur mon travail, ce qui ne m'empêche pas de parler de mes consœurs étant Clémentine.

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Moi, je fais mon coming out. Je pense que j'ai vraiment un problème de dépendance à Instagram. Comme beaucoup de gens, c'est la faute. Scroll infini. Et du coup, je rêve de partir. Mais je pense que professionnellement, je suis très difficile de ne pas être sur Instagram. Donc peut être, quand je n'aurai plus de travail, je pourrais partir d'Instagram n'était pas très rapidement aussi. Je m'en sors un peu aliéné par les normes esthétiques qui sont devenues des standards à cause d'Instagram.

[00:54:21]

Donc j'ai essayé de résister à ça. Je trouve aussi que amicalement. En fait, ça change pas mal de choses dans nos rapports avec nos proches, surtout par rapport à des proches qui ont plus d'argent que soi, voire pas du tout. Beaucoup d'amis qui vous plantule parfois. Ben ça fait du mal, quoi, donc? C'est pas toujours. C'est pas toujours très, très facile à négocier. Et encore une fois, professionnellement, je trouve que c'est un bon moyen de mettre en avant son travail.

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Mais c'est aussi un moyen de surveillance entre collègues ou avec sa hiérarchie. Donc voilà, c'est un peu à double tranchant et je pense que s'il ne faut jamais oublier que le temps passe dessus, c'est de l'économie, de l'attention, c'est à dire qu'on a l'impression que c'est gratuit. Mais. Notre temps à Instagram, on donne des sous à des pubs et à des marques comme c'est capitalism. Rien n'est gratuit chez le. Je pense que mon addiction à Twitter me sauve un peu de l'addiction Instagram, mais je me retrouve un peu dans ce que disait Pauline.

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Tout à l'heure ou tout d'un coup, il y a une forme de cristallisation de ma vie et de mes obsessions que je redécouvre. Sur Instagram, ce n'est pas forcément très, très agréable. Les creuser et les approfondir. Mais je trouve que ça. En tout cas, Instagram m'a appris un peu ce que disait aussi Hannah, c'est à dire d'essayer d'apprendre tout d'un coup à parler de son travail d'une autre manière. De manière plus plus visuelle. Ce qui veut dire aussi, par exemple, qu'au sortir de conférences ou au sortir d'évènements publics, il faut avoir le réflexe de prendre en photo la salle.

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Il faut avoir le réflexe de je trouve que ça pousse à entrer dans une forme de narration perpétuelle de soi. Oui, il faut tout raconter du moment où on sort de chez soi, au moment où on arrive sur le lieu des évènements. Je trouve que ça, c'est une charge de travail en plus. En tout cas, moi, je le vis comme ça. Je sais que comme souvent, je me dis amateur, je n'ai pas fait la photo a changé pas.

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Je ne l'ai pas annoncé aussi sur Instagram, etc. Mais parce que c'est aussi une forme de confrontation à l'image, à mon image, à la tête que j'ai ce jour là. La manière dont je suis coiffée ce jour là, qui m'attire? Pas forcément. Et pourtant, je sais que professionnellement, c'est important, que c'est important de faire croire que tout est au top, que tout va bien et que tout est extraordinaire. C'est important d'être dans cette narration auto satisfaite et je suis très admiratif des gens qui réussissent à le faire parce que je pense que ça démontre aussi des compétences, du savoir être qui sont extrêmement valorisés aujourd'hui.

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Donc, tweeter me paraît beaucoup plus sain pour moi, mais je mets un peu en concurrence les deux. Évidemment, ces deux espaces très différents. Mais disons que quand Instagram traite un peu de cette manière là, je suis un peu. Je suis un peu indifférente et il faudrait peut être un peu toucher un peu plus centré sur Instagram, au contraire. Vous allez vous retrouver à la fin ou en tout cas, de ce que je comprends, c'est que pour promouvoir votre travail de journaliste, vous êtes obligé de fuir les influences Square et de faire de l'auto promo aussi.

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Surtout quand on est pigiste. Quand on est pigiste, il faut se créer une clientèle et se créer une clientèle s'est montré. Quelles sont vos compétences? Montrez aussi quels sont vos champs d'action. Et ça, c'est vrai que les réseaux sociaux Twitter et Instagram, en particulier Facebook, encore une fois sur la touche totale, restent vachement importants.

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Je trouve que c'est très lié. En tout cas, c'est moi. C'est ce que je me sens beaucoup dans ton Instagram. C'est prouve que tu existes. Moi, je ressemble beaucoup. Ça prouve que ton existence est pleine et débordante. Ça revient bien parce que, disait Clémentine auparavant, la capacité à consommer du voyage, à consommer de beaux hôtels, de bons plats, etc. Donc tout se retrouve beaucoup. Et c'est évident que la question de l'influence n'est pas uniquement liée à la question du shampooing ou des choses comme ça, auquel on peut penser très spontanément et très caricaturalement par rapport à la question des influenceurs et des chanceuses.

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Mais ça pousse à repenser les codes de la profession et du coup, ça recrée d'autres formes de hiérarchie entre ceux qui le font, qui le font bien, qu'ils ne le font pas, qui le font mal, qui font de manière maladroite, qui le font de manière trop ceci Tronçais.

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La question de qui a l'opportunité de le faire aussi, comme on l'a dit, c'est du travail. Cette charge émotionnelle, c'est ce que je montre. Est ce que je montre un peu de privé privé? Est ce que je pose tel article? Est ce que je m'appuie aussi ce que moi même? Ou est ce que je me situe socialement par rapport aux normes, rapport aux discriminations, etc. Il y a tout ça qui joue et j'ai l'impression que ça infuse la sphère professionnelle.

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Est ce qu'on disait c'est ça qui a vraiment changé? C'est une espèce de permanence de cette image là. Cette mise en scène là, à laquelle on est quand même très fortement incitée, une espèce de soft power over, use toutes les strates de l'existence et c'est ça qui est potentiellement compliqué, dangereux et qui doit être interrogé.

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Le moment, ma culture.

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Et justement, il y a une forme de continuité aussi dans la pop culture, dans la manière dont les usages d'Instagram sont vraiment entrés, dans le récit aussi de la culture. Je ne sais pas si as quelques exemples. À New York, par exemple, la série Black Mirror.

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Je ne sais pas si vous la connaissez toutes, mais il y a un super épisode sur Instagram qui montrait justement que l'on peut tomber dans une société du score, qu'on y est déjà meilleur score personnel et. Très, très chouette voudras en mars. Puisque c'était la force de la série montrer que le futur dystopique est déjà déjà présent, je recommanderais cet épisode là. Je recommanderais aussi, évidemment. On en a déjà parlé. Quoi de neuf de la série Améthyste sur un lieu où le personnage principal avait utilisé le réseau social comme un porte voix pour montrer?

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Justement, tu disais Kubota résiste, prouve que tu existes. C'est exactement ça. C'était ils m'ont piétiné, ils m'ont défoncé. Mais je suis la plus forte et à utiliser le réseau. Et elle montrait aussi qu'elle était tombée dans une spirale, à regarder comment le public constatait sa rémission à force de like. À force d'interaction. À force de petits coeurs. Et comment ça s'était aussi retourné contre elle? Comment leur réseau social avait aussi remis la tête dans l'eau?

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Cette série est formidable.

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Petit conseil bédé à la sortie. Une bédé. Récemment, elle a fait le test d'une vie parfaite, c'est à dire dénuée d'addiction. Elle a pendant un an. Elle n'a pas pris d'alcool. Elle n'a pas mangé de sucre, etc. Etc. Le but était aussi de se guérir de son addiction aux réseaux sociaux et en fait, elle montre au fur et à mesure de son année que, au contraire, elle est tombée dedans puisque, comme elle, de ses dessins sur Instagram et sur Facebook et bien faite, elle a compris en temps réel ce que c'était qu'un poste qui fonctionne.

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Et donc, au lieu de détruire son addiction, ça l'a au contraire totalement nourrie et focalisée sur les like et la courcelette. Super bédé. Une année exemplaire. Et toi, Clémentine? Oui, il y a aussi une série Netflix dont on avait parlé récemment. C'est Emily tarisse, qui est un peu un contre modèle disco s'en est pas mal moqué tellement l'héroïne est américaine. Elle vient à Paris et elle devient française simplement en postant des photos de croissants de tour Eiffel et de statues et de béret.

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C'est pas très. On peut même dire que c'est un peu une caricature avant.

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N'est pas un chanteur l'espérait.

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Elle est recrutée par Brigitte Macron sur un projet pour la lubrification vaginale. Ça, c'est son métier, raconté Brigitte Macron.

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Pour accéder à la notoriété, si c'était aussi simple que les pas dans ta recommandation culturelle. Qu'est ce que tu lis, mon action culturelle? De quoi? Est ce que vous avez une recommandation culturelle?

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Moi, j'en ai une. C'est les 100 ans de la naissance de Gabriel N'écope, qui est une autrice que vous connaissez peut être pas, mais vous connaîtrez bientôt. C'est un peu le génie de la littérature macabre et dérangeante. Donc, les éditions Bourgois sortent ce roman là et, je vous le concède, évidemment archi trash. Mais ça fait tellement du bien de voir une à une meuf aussi puissante. Écrire sur écrire de cette façon. Donc, je vous en dit pas plus parce que c'est assez chouette à découvrir sans avoir de préconçues, mais vraiment que les éditeurs aux éditions Bourgois m'ont ainsi.

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Du coup, très rapidement, je recommande le livre que j'ai cités tout à l'heure, j'appelle balance ton corps de la travailleuse du sexe performeuse afro féministe Bertholle Brubeck chez La Musardine. C'est un témoignage et un manifeste pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Avec cette expérience qui lui est spécifique un État Kounta, je recommanderais un livre théorique théorique qui est des plus salutaires, qui a été publié par la maison d'édition militante Ana Mousa. Vous voyez sûrement un petit format rectangulaire et noir et je vous conseille en particulier le livre de Sarah Mazouz qui revient sur la question raciale et qui définit ce que signifie ce terme la race au singulier.

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Je dis ouvrages théoriques parce qu'évidemment, il est question de revenir un peu sur les concepts, ce qui est une manière de contrer les discours conservateurs et en particulier racistes, qui attaquent notamment le mouvement de l'antiracisme politique. Mais c'est surtout un ouvrage théorique qui est clair et précis et qui peut, à mon avis, se lire sans forcément avoir une connaissance très étendue de ces questions là. C'est plutôt une belle porte d'entrée pour essayer de comprendre de quoi il est question dans ce qu'on dit.

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Question raciale et toi, Claisse?

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Voici une bédé qui s'appelle À volonté, écrite et dessinée par Mademoiselle Caroline et Mathoux aux éditions Delcourt CNBB, sur les micros agressions que reçoivent les personnes grosses. Toute la journée, donc, au bureau ou chez le médecin, chez les potes, etc. C'est vraiment une très bonne introduction à la grosse phobie ambiante.

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Achetez le allô quoi? Vous écoutez?

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Et alors? Avant de se quitter, on a des questions d'auditeurs. Et l'auditrice pour toi, Aline, est ce que la liberté de ton offrait la plate forme du blog te manque? Oui, clairement parce. Clairement, je pouvais mettre des photos dans le format que je souhaitais tout savoir sur Instagram en unité 4 par 5 ou carrés. C'est quand même assez limité, donc peut paraître de photos assez longues où il faut créer un cadre. C'est pas très joli et encore, c'est sympa en taille, mais c'est surtout maintenant que je suis obligé de censurer mes photos sur justement sur la fin de ma série photographique du continent.

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J'ai dû censurer forcément un sens alors que c'est pour reprendre un tableau. Mais je suis obligé objectivement de censurer mes photos et de soumettre aussi bien mon oeil et mes photos à une restriction potentielle. C'est toujours un peu un pari alors que sur le blog, je pouvais je me poser un petit moment la question. Aujourd'hui, j'essaie de ne pas la poser, mais c'est tout de même présent au courant du cas. Dit ta présence pour le récit de tes expériences et la participation à un mot de la fin?

[01:06:09]

Peut être, oui. Apprenez à attirer les gens qui vous font mal de vous sentir. C'est super important et je pense que, par exemple, c'est la meilleure décision jamais prise.

[01:06:21]

Yes! Merci beaucoup.

[01:06:27]

Clémentine Mafi, une émission de nouvelles écoutes. Cet épisode a été conçu et présenté par Clémentine Gallot et présenté avec Anne-Laure Tétrarchie et enregistré dans le cadre du Paris Podcast Festival Zoom. Merci à Adeline! Râpeux pour sa participation. Mixages L'origami Gani générique réalisé par Overmeire Mayhew. Montage et coordination Ashley Thollon.