Happy Scribe
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Seul en mer. Isabelle Yoshiko fait partie des rares navigatrice qui tente le Vendée Globe, cette course au large autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. Elle Skip l'Imoca est MACSF, un bateau de 18 mètres extrêmement technique.

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Je suis Aline Penneteau, bien petite navigatrice en comparaison. Et voilà qu'en papotant avec Isabelle sur les pontons de la base à Lorient, elle m'embarque dans une envie de podcast.

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La promesse des océans première partie jusqu'aux mers du Sud. Pour toutes les raisons étranges que l'on connaît du printemps de Nevin, le voilier d'Isabelle est restée dans son hangar et pendant qu'on le prépare, masqué encore et encore pour la course au large. Isabelle travaille la météo, la stratégie.

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Elle court dans le stade de rugby, à côté de chez elle. Elle fait du Pilates d'Uramin.

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Et puis, un soir, elle attrape l'enregistreur que je lui ai laissé. Et elle raconte. Isabelle imagine son Vendée Globe. On est le 8 novembre 2020. Ce jour là, je l'ai attendu et je l'ai redouté pendant de longs mois, voire de longues années. Et on a de la chance parce qu'il y a du vent de Nord-Est qui fait soleil et que la mer est plate puisque servant. Pour moi, le départ se passe bien et je m'en sors pas trop mal.

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Mais c'est un peu logeons. Plein de choses dans ma tête à la fois, je mesure l'ampleur de l'aventure qui m'attend. Je ressens l'excitation, l'excitation du départ. Et puis c'est un peu dur aussi de quitter mes proches qui sont venus me soutenir dans les derniers jours. Du coup, le début de course n'est pas facile.

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Je suis à fond sur les réglages. Je suis vigilante à ne rien casser. Très vigilante, au croisement éventuel avec deux bateaux. Il fait froid, surtout la nuit. Mais fatiguant et je dors vraiment peu. C'est deux jours qui sont intenses, sont chargés en émotions. Il y a du stress clairement. Et en même temps, je suis rassuré parce que je vois qu'à bord, tout fonctionne super bien et je me dis que c'est de bonne augure. Et très vite, je bascule dans un régime d'Alizée où chaque jour, il fait un peu plus doux, mais ça avance vite.

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C'est vrai qu'une fois passé les trois premiers jours de course, il y a plus de plaisir, il y a plus de détente. Le soleil qui réchauffe, le bateau qui glisse dans une houle bien rangée et moi, j'en profite pour me reposer, pour récupérer autant que je peux.

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La route m'amène à passer tout près de Madère, des Canaries et du Cap Vert. Il y a un truc que j'adore, c'est sentir l'odeur de la terre. Quand je passe tout près d'une île. Ce qui est chouette avec l'Alizé, c'est que ça va vite, sans se faire mal. Et moi, là, j'en profite pour engranger des livres qui coûtent pas trop cher en énergie. C'est vraiment une phase de plaisir. Fourgous. Et puis, peu à peu, le vent faiblit.

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J'approche du poteau noir, le poteau noir. C'est cette zone de vents capricieux qui précède le passage de l'Équateur. Mais cette année, il est clément avec moi, même si les vents faiblissent, ne s'arrête jamais vraiment de souffler. Du coup, je me faufile entre les risées. Je suis super concentré sur les réglages de. C'est vraiment une zone stratégique et il y a énormément à perdre. En même temps, je profite du soleil qui réchauffe ma peau d'un petit grain pour me rincer les cheveux et pour remplir quelques bouteilles d'eau.

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C'est incroyable la différence entre l'eau minérale et l'eau de pluie récoltée. Clémentine.

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A la sortie du Pot au noir, la flotte est encore assez groupée et moi, je suis dans la. Au passage de l'Équateur, c'est un peu la fête parce que je suis super content de mon début de course. J'ai pu me refaire des forces en me reposant dans les derniers jours. Ça y est, je rentre dans les alizés du sud et là, c'est plus la même histoire. La navigation devient franchement Tony, mon bateau avant IE8. Mon pilote automatique barre bien et ça me donne confiance pour la suite.

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À nouveau, Jean Grange d'Emil et je vais bientôt contourner l'anticyclone de Sainte-Hélène. Une fois passée la latitude de Rio de Janeiro, j'avance en terre inconnue. Que je n'ai encore jamais été plus loin dans le Sud. Je trouve ça gryson. Je suis à nouveau super concentré pour faire avancer le bateau le plus vite possible, mais là, au vent de travers, sa secoue et c'est loin d'être confortable.

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Réhabituer à la vie à bord quand le bateau avance vite. Faire la popote à dormir en faisant des bonds dans la bannette parce que ça fait partie du jeu. Pendant ce temps, je gagne dans le Sud et j'arrive à la latitude de Keep Town, même si je suis toujours dans l'ouest de l'Atlantique. La chaleur a laissé la place à plus de douceur, presque de la fraîcheur. Là, c'est une autre histoire qui va démarrer et je commence à m'y préparer parce que je vais bientôt rentrer dans les 40m derrière moi, y une dépression en train de se former.

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Elle va me rattraper d'ici 24 heures et ce sera un peu comme mon ascenseur pour rentrer dans l'océan Indien.

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Je me rassemble et je me concentre avant l'arrivée du front. Je suis un gros échec du bateau. S'assèchent le dernier recoin encore humide, je sors les sacs avec mes vêtements d'hiver. Il y a un gros rangement qui semble. Je me prépare parce que bientôt, il faudra réduire la voilure et être prête à affronter le. Et puis, ça y est, la dépression m'a rattrapé. Plus de peur que de mal. Elle est puissante, elle avance vite, mais elle n'est pas si mauvaise.

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Et moi, j'avance vite aussi. Juste devant elle. Là, je suis à fond parce que derrière, il y a beaucoup moins de vent. Je ne dois pas me faire doubler trop vite par le free. Ça y est, je suis dans l'océan Indien, je suis passé au sud du cap de Bonne-Espérance à voilure réduite, avec trois ris dans la grand voile et la trinquette à l'avant.

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En moyenne, j'ai entre 30 et 35 heures devant. Avec une mer formée, il a entre 4 et 5 mètres de. Mais elle n'est pas cailloutis. Pour l'instant, mon objectif, c'est de ne rien lâcher pour rester en avance. Comme un surfeur qui veut rester sur le sommet de sa vague le plus longtemps possible. Par rapport à la flotte, je suis toujours dans le match autour de moi, il y a des feuilles de leur plus récent que le mien.

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Il est temps que j'arrive à aller tenir ses. Seul en mer, un podcast d'Alain Pénaltouche, compagnon de d'aces MACSF, Elodie Pasquier, clarinette. La suite de ce documentaire fiction La promesse des océans. Dans une seconde partie, des mers du Sud, aux Sables d'Olonne, où l'on découvre que pour Alain Gautier, qui a participé à la première édition du Vendée Globe et qui a gagné la seconde. L'histoire ne s'est pas tout à fait passée comme cela.

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Bon vent à vous!