Happy Scribe
[00:00:00]

Avant de démarrer cet épisode, on voulait vous poser une question avez vous déjà pris le temps de réfléchir aux liens entre vos émotions et votre système digestif? Les émotions fortes peuvent provoquer des nausées, des pertes d'appétit, mais aussi des problèmes de transit. Au stress de la situation vient alors s'ajouter la difficulté à en parler. Si c'est votre cas, alors on vous recommande d'écouter au plus vite le nouveau podcast Chroniques de l'intérieur, proposé par Épars dans ce podcast décomplexé.

[00:00:30]

La parole sur l'impact physique et psychologique de la constipation se libère à travers les anecdotes drôles et touchantes de Lou, une jeune trentenaire dynamique et enthousiaste. Vous y trouverez également des conseils de professionnels qui vous donneront des pistes pour appréhender cette situation. Retrouvez Chroniques de l'intérieur sur votre application de podcasts préférés. Bonne écoute, Louis! En 2020, pendant le confinement lié à la pandémie du coronavirus, nous avons tous fait cette expérience de voir rester chez nous. Ne pouvoir sortir que de façon très limitée pour faire quelques courses, se dégourdir les jambes, assister nos proches, nous avons été contraints de mettre notre vie sociale sur pause.

[00:01:18]

Certains y ont vu une vraie difficulté. Ça a été compliqué pour eux de se retirer du monde, de pouvoir sortir de bas, pouvoir voir leurs amis, leurs familles, leurs collègues. Mais pour d'autres, rester seule chez eux a été une bénédiction. Voire une révélation. Ils se sont découverts introvertis. Personnellement, j'ai eu la chance de vivre le confinement dans de bonnes conditions. J'ai apprécié de rester chez moi et de ne pas sortir autant qu'avant. Et si je n'ai aucun mal à assumer ce besoin de repli et d'éviter le collectif que j'ai eu et que je peux avoir parfois, ce n'est pas le cas de tout le monde.

[00:01:56]

On s'envoie assez facilement compte quand on vit dans une grande ville comme Paris. Ce n'est pas donné à tout le monde de résister à la pression sociale, de ne pas sortir les vendredis et les samedis soirs. Car malgré l'importation chez nous de cette tradition danoise qui valorise le fait de rester chez soi sous un plaid, avec un bon bouquin dans les mains et en buvant une infusion ou un chocolat chaud, il est encore mal vu dans notre société française de choisir l'isolement.

[00:02:24]

Nous sommes vus comme de bons vivants, des gens qui tentent de résister au terrorisme en allant boire des coups dans les bars, des gens qui aiment aller au restaurant, qui préparent globalement plutôt être dehors que dedans. Et Guay ne disait il pas lui même que Paris était une fête? Mais du coup, quelle place peuvent se faire les introvertis dans ce monde là et notre société si tournée vers le dehors? Est elle faite pour des gens qui préfèrent plutôt être en eux mêmes?

[00:02:50]

J'ai donc voulu m'intéresser à l'introversion et l'extraversion aussi, d'ailleurs, mais ça, ce serait dans un autre épisode. Dans ce premier épisode que vous écoutez actuellement, je me suis demandé ce qu'était vraiment l'introversion et pourquoi celles et ceux qui se définissent comme introvertis ont l'impression que le monde tel qu'il est n'est pas fait pour eux. Je m'appelle sériel, Bundu. Bienvenue dans l'émotion. Quand on commence à faire des recherches sur l'introversion, il y a un mot qui revient tout le temps Hyung Carl Gustav Jung, vous le connaissez peut être.

[00:03:41]

Byung était un psychiatre suisse né en 1875 et mort en 1961. A grillé Watanabe Brauchitsch Bio, car son approche a déjà été Shri Gorod Off Tested deux choses Herdman. Après avoir échoué avant même d'être reconnu pour son travail.

[00:04:11]

Hyung pour avoir été proche à partir de 1906, du père de la psychanalyse, Sigmund Freud, avec lequel il a eu de longues discussions et de longues correspondances. Hyung admirait beaucoup Freud et Freud, qui avait 19 ans de plus que Hyung, voyaient en lui son disciple, un successeur capable d'accompagner le mouvement psychanalytique après lui. Vous avez peut être vu le sublimissime bedaines Wissmann de David Cronenberg, qui est basé justement sur la relation entre Freud, Hyung et une autre psychanalyste à l'époque en devenir, Sabina Spielrein.

[00:04:48]

On aperçoit dans ce film un pan de la relation entre Freude et Ewe par camaraderie intellectuelle. La rivalité aussi. En 1913, c'est le drame freudiennes ne s'entendent plus. Ils ne se comprennent plus l'un l'autre. Freud envoie même, en janvier de cette année là, une longue lettre de rupture EIU. Ils rompent alors tout échange. C'est une des ruptures intellectuelles les plus importantes du vingtième siècle, comme l'explique la psychologue clinicienne.

[00:05:17]

Laurie Hawkes s'intéressait à beaucoup de choses qui venaient de l'antiquité des choses, comment dire, des notions qui ont traversé les âges. Hyung était plus intéressé par les archétypes, par l'inconscient collectif, alors que Freud était plus branché sexe, si j'ose dire Ayoun. Mais le sexe ne fait pas tout et la spiritualité, etc. Donc il n'était plus sur la même longueur d'onde se sont séparés quand Lauriot dit de Freud qu'il était plus branché sexe.

[00:05:45]

Ce qu'elle veut dire, c'est que la question de la sexualité était au cœur de sa pensée analytique. C'est en plein pendant leur rupture, lors d'une conférence que Jung cite pour la première fois les termes l'introversion et l'extraversion qu'il a inventé et dont il développera l'analyse dans son livre Types psychologiques, qui sera publié en 1921. Types psychologiques. C'est le premier ouvrage conséquent écrit par Carl Gustav Jung après sa séparation de Freud, qui l'a beaucoup affecté. Selon la psychanalyste et présidente Décaillet I.Media de psychanalyse, Reine-Marie Halbout, l'écriture de type psychologique aurait été une façon pour Hyung d'analyser pourquoi la relation n'a pas fonctionné.

[00:06:28]

Et les concepts, l'extraversion et l'introversion sont au cœur de ce livre. Pour Hyung, lui et Freud avaient des tempéraments différents. II se considérait comme un introverti, comme quelqu'un avec une orientation davantage tournée vers son monde intérieur. Il se voyait comme une personne puisant son énergie dans les moments de calme et d'introspection. Alors que pour lui, Freude avait plutôt un tempérament extraverti, le tempérament d'une personne dont le mois est davantage tourné vers le monde extérieur. C'est ce que précise le philosophe Pierre Zaoui, professeur de philosophie à l'Université Paris Diderot.

[00:07:05]

Ce terme de Yong vient de Freud les termes de projection et de projection. Qu'est ce qu'on fait la plus pure? Il faut faire quelque chose à l'approche de la rentrée en vous même, mais dans les deux cas, c'est trop, jettent les objets extérieurs. Au contraire, on se projette. Ces deux mécanismes de défense au départ.

[00:07:24]

Du coup, on pourrait même aller jusqu'à dire que c'est l'introversion et l'extraversion qui sont un peu à l'origine d'une cession majeure au sein de la psychanalyse moderne. Ça a un peu fait deux quand cette histoire? Le camp de Freud et de ses adeptes. Et celui de Jung et des siens. On peut aussi se demander si la personnalité extravertie de Freud, dont l'œuvre et la personnalité font aujourd'hui toujours autant parler dans le monde, lui ont davantage réussi qu'à Hyung, dont les travaux ont pendant longtemps été mis de côté.

[00:07:56]

Est ce que Hyung a moins rayonné parce qu'il était introverti? Parce que le monde n'a pas su saisir son talent? Parce qu'il était trop tourné vers lui même, ce que sa personnalité a entraîné? Son écrasement dans son duel intellectuel avec Freude au détriment de son oeuvre passionnante et complexe? OSGOOD Hoyaux Ha ha ha ha ha ha ha ha ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha!

[00:08:36]

Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Laune!

[00:08:41]

Pour essayer de comprendre. Retour en 2020 avec Laura, une jeune femme de 25 ans qui se dit et s'assume, introvertie.

[00:08:50]

J'ai toujours aimé être toute seule parce que je me sens beaucoup plus libre quand je suis seul. Quand je suis avec des gens, j'ai l'impression de devoir toujours porter un masque. Ne jamais vraiment pouvoir être moi même, de rentrer dans un moule, de suivre leurs délires alors que ce n'était pas forcément les miens. Je n'ai jamais aimé être sollicité socialement. En fait, moi, j'aime bien rester. Je peux rester des heures sans parler et je ne suis pas malheureuse pour autant.

[00:09:16]

Et quand on est avec un groupe d'amis, il faut faire des efforts pour s'intégrer, pour parler, etc. Et on ne peut pas rester, comme je l'ai fait pendant un temps, comme la plante verte à côté du groupe. Et c'est pour ça être toute seule. Ça donne un sentiment de liberté. On ne doit rien à personne. On peut faire ce qu'on veut. Vous n'êtes pas obligé de parler tout le temps. Ça ne m'apporte en fait un sentiment de sérénité.

[00:09:37]

Alors, la maison, c'est un lieu très, très important. C'est pour ça que je prends grand grand soin de mon appartement parce que j'aime y passer du temps, jamais seul. J'ai la chance surtout d'être très souvent seul à la maison. Pour illustrer son tempérament introversion, Râma raconter une anecdote qui lui arrive quand elle était au lycée en seconde. Toutes ses copines du collège se sont retrouvées dans la même classe. Elles étaient dans une autre. Elle n'avait donc pas les mêmes horaires de cours que ses copines.

[00:10:05]

Pas les mêmes horaires de pause non plus. Elle a donc dû reprendre ses marques et apprendre à connaître d'autres élèves.

[00:10:11]

Quand je suis arrivé au lycée, je n'avais pas beaucoup d'amis parce qu'il y avait déjà des groupes de personnes qui s'étaient formées. Et moi, je suis arrivée. J'étais la nouvelle comme on voyait tout ça. On est venu me parler, donc je me suis laissé m'intégrer à ce groupe. Pendant, je pense, je dirais les deux premières années du lycée. Je restais souvent avec ce groupe de personnes parce que si je reste tout seul, on a un petit peu mal vu.

[00:10:35]

On nous demande ce qui ne va pas, pourquoi on a envie de rester toute seule. Si on fait la tête, etc. En fait, je me suis rendu compte que je me forcer à rester avec ces personnes qui étaient très gentils, mais qui n'étaient pas en tout cas des personnes avec qui je partageais beaucoup de centres d'intérêts communs. On va dire, je me suis rendu compte qu'en fait, je restais avec ces gens pour faire plaisir, entre guillemets, pour l'image, alors que moi, ça me rendait pas heureuse et ça m'a apporté pas beaucoup.

[00:11:02]

Du coup, j'ai eu comme un déclic. Je me suis dit qu'il fallait que je n'écoute moi, quitte à être un petit peu égoïste et écouter mes propres envies. Et c'est là que je me suis dit que j'allais leur dire que je préférais à elle toute seule plutôt que d'aller manger avec eux à la cantine, par exemple, ou passer les pauses avec eux, ou quand on avait des trous entre plusieurs cours. Parfois, je préférais largement rester toute seule et avant, je n'osais pas leur dire et il y a un jour où j'ai eu ce déclic.

[00:11:27]

Je me suis dit C'est bien de le faire pour toi parce que jusqu'à maintenant, tu te forsey et tu privet finalement de passer ton temps comme toi. Tu l'entendais. Mais je me souviens en tout cas avoir être resté assez déterminé sur ma position et, à partir de ce jour, de vraiment plus vouloir me forcer. Et j'imagine qu'à terme, tu comprends. Et puis après, je me suis détaché de ces personnes et c'est devenu plus des connaissances que des adultes, finalement.

[00:11:55]

En tout cas, moi, ça m'a permis de vraiment prendre confiance en moi et d'assumer ma personnalité.

[00:12:03]

C'est quoi ce besoin intense de se mettre à l'écart des autres dont parle Laura? Ce sentiment qui, à cette période clé dans la sociabilité qu'est l'adolescence, l'a poussé à s'isoler d'un groupe d'ados plutôt sympa pour préféré rester seul le midi, à la cantine, dans la cour ou à la bibliothèque. Pour ma part, pendant longtemps justement, j'ai pensé que j'étais asocial et sympa, l'étiquette que je me mettais moi même. Je disais aux gens s'ils ne parle pas beaucoup, c'est parce que je ne suis pas sociable, etc.

[00:12:37]

Et donc moi, j'avais l'étiquette timide, pas sociable, etc.

[00:12:41]

Pour le psychanalyste Patrick Abrahams, auteur du livre Les maisons, quand l'inconscient habite les lieux, ce n'est pas la même entropie qui caractérise Laura, mais bien l'introversion, car elle ne déteste pas le genre humain.

[00:12:53]

Un introverti n'est pas un misanthrope parce que la mise en trope, c'est quelqu'un qui n'aime pas les autres. Un introverti, c'est quelqu'un qui aime les autres, simplement qui, parfois, pour avoir un contact bon avec les autres, est obligé d'abord de faire retour sur lui même. Il y a un certain nombre de grands décideurs qui prennent des décisions avec la nécessité de se replier sur eux mêmes avant de décider. Ça ne veut pas dire qu'ils n'aiment pas les autres, mais qu'ils réfléchissent à ce qui est le mieux pour eux.

[00:13:19]

Être introverti, ce n'est donc pas être mis entre eux. Mais ce n'est pas être timide non plus.

[00:13:24]

Il y a une grande différence parce qu'un introverti n'est pas un timide et un timide peut donner l'impression d'être introverti. Mais la difficulté du timide, qui est une vraie difficulté, c'est que quand il sort de chez lui, il se sent jugé. Il a toujours une espèce de honte. Il rougit, il craint. Il a l'impression qu'il ne fait jamais bien les choses et il est toujours sous le regard d'un autre. Cette dimension là dimension en même temps, qui, parfois, va même jusqu'à l'exhibitionnisme.

[00:13:52]

On pourrait dire parce que quand on a le sentiment d'être sous le regard d'un autre, on a l'impression qu'à ce moment là, on est toujours obligé de jouer un rôle et donc cela fausse les rapports avec les autres. Ce n'est pas du tout le cas d'un introverti. Un introverti, timide, introverti, a des rapports, on pourrait dire corrects, normaux avec les autres.

[00:14:10]

Simplement, il passe d'abord par lui même, passer par soi même, être en soi. Autant de belles expressions pour dire que les introvertis aiment être seuls. Mais ce besoin de solitude n'est pas constant, comme l'explique Laura.

[00:14:24]

Je me suis dit en fait, je ne suis pas pas sociable. C'est juste que j'accorde beaucoup de valeur à mon espace et au calme. Mais si je suis avec des gens avec qui je m'entends bien et que je suis de bonne humeur et que j'ai envie de parler aux autres, je suis tout à fait sociable. En fait, en tant que introverti, je n'arrive pas beaucoup à m'intégrer à des groupes. Mais comme chez vous, par exemple, en tête à tête avec quelqu'un, que ce soit mon compagnon ou en amitié.

[00:14:49]

Je me sens beaucoup plus à l'aise et c'est là où j'ai l'impression que j'arrive à ouvrir ma personnalité, à m'ouvrir à l'autre Américaine vivant en France depuis l'enfance.

[00:14:58]

La psychologue clinicienne Laurie Hawkes a écrit un livre sur les introvertis. Il s'intitule La force des introvertis. L'avantage d'être sage dans un monde survolté. Après avoir écouté le témoignage de Laura, je lui ai demandé de développer le fait que ce tempérament ne rime pas avec sociabilité.

[00:15:16]

C'est la caractéristique essentielle pour moi. Ça ne veut pas dire qu'il n'aime pas être avec des gens. La plupart ont des attachements très profonds. Les extravertis, ils ont plein, plein, plein d'amis. Les introvertis en ont moins, mais des relations vraiment profondes. Et ils aiment se retrouver dans des soirées ou des après midis. Des moments partagés, intimes, avec une ou deux ou trois personnes. Être avec 10, 15, 20 ou 30 personnes, même s'il faut absolument y aller.

[00:15:45]

Ils vont essayer de trouver une seule personne qui se mettre dans un coin et discuter intimement, ou bien vont se mettre à contempler les livres de la bibliothèque ou le paysage par la fenêtre n'est pas l'esquif du tout d'être avec un tas de gens. Mais qu'est ce qui explique que certaines personnes sont introvertis et d'autres extravertis? Est ce qu'ils ont un cerveau différent? Est ce que l'introversion de Laura et celle de Hyung peuvent être éclairés par la neuroscience? Est ce qu'il y a des éléments dans le cerveau qui peuvent expliquer qu'ils puissent davantage leur énergie en eux mêmes et pas quand ils sont avec les autres?

[00:16:21]

Selon le psychologue américain Skates Beric, Grassmann, une des hormone pouvant expliquer l'extraversion et l'introversion est la dopamine, qu'on appelle l'hormone du plaisir. Quand les extravertis sont amenés à être en interaction avec d'autres personnes, la dopamine serait sécrétée en plus grande quantité dans leur cerveau que dans celui des introvertis. Chez les humains, certains facteurs extérieurs comme le sexe, l'argent ou la nourriture peuvent être stimulants et agir dans des mécanismes qui activent le circuit cérébral de la récompense. Cela entraîne l'augmentation de la sécrétion de dopamine chez les extravertis.

[00:16:56]

Les facteurs externes, comme le statut social ou les interactions sociales, sont très stimulant quand ils sont avec des gens. Ils connaissent donc, selon Scabs Kaufman, une forte sécrétion de dopamine, alors que chez les introvertis, cette hormone se libère moins à ces moments là. Les introvertis ont donc plus tendance à se sentir submergés quand ils sont avec plein de gens. D'où le sentiment de perte d'énergie et d'éparpillement qu'ils peuvent ressentir quand ils sont en groupe. Ces recherches en neurosciences autour de l'introversion sont récentes.

[00:17:27]

L'intérêt populaire est grandissant autour de l'introversion avant, le sujet était peu valorisé, mais les choses ont changé depuis le début des années 2010. Ce tempérament est au cœur de nombreuses études, de nombreux livres et cet engouement s'explique en grande partie grâce à une femme, une Américaine.

[00:17:46]

Elle s'appelle Suzanne Kane et en 2012, elle a sorti un livre qui s'intitule The Power of Voltz in World Stop Talking, que l'on pourrait traduire par le pouvoir des introvertis dans un monde qui ne peut pas s'arrêter de parler. Suzanne N.15 n'est ni médecin psychiatre, ni psychologue, ni même neuroscientifique. C'est une ancienne avocate qui a travaillé pendant longtemps dans le quartier d'affaires de Wall Street, à New York. Dans son livre, elle raconte son expérience de femme introvertie et les difficultés qu'elle a rencontrées.

[00:18:20]

Selon elle, depuis l'enfance à cause de ce trait de caractère, elle analyse aussi en quoi la société actuelle ferait davantage la part belle aux extravertis qu'aux introvertis. C'est aussi ce que pense la psychologue Lori Hooks, qui a été inspirée par la thématique de l'introversion disséquées par Suzanne King quand, à un moment, je cherchais ce que j'avais envie d'écrire.

[00:18:41]

Je me suis dit mais je le creuserait bien, l'introversion, mais version française. Moi, je suis d'origine américaine, mais je vis en France depuis une petite somme de livres de Sesanga. Il ne s'applique pas complètement à la France, même si c'est vraiment intéressant. Si les introvertis français sont différents, mais la société est différente. Certains des exemples qu'elle donne, que ce soit à l'école ou c'est cette grande conférence publiée chez nos SPIC. C'est terrifiant, ce truc.

[00:19:13]

On n'a pas tellement ça en France. Je pense que la société américaine est probablement la plus proche extraversion et que là bas, encore plus qu'ailleurs, les introvertis ont intérêt à essayer de faire semblant d'être extravertis. Ce qu'on constate, elle le décrit, je crois, et d'autres auteurs le décrivent et je les trouvais aussi. Beaucoup de introvertis passent leur vie à se travestir un extraverti, probablement aux États-Unis encore plus, qui devient davantage d'un introverti secret là bas.

[00:19:48]

Ce que je comprends, moi, de l'histoire, par mes lectures et mes réflexions, c'est que pendant longtemps en tout cas aux Etats-Unis, il y avait une société très pro introvertie. On prônait une espèce de stoïcisme et les hommes célèbrent des siècles passés aux Etats-Unis, n'inclut pas le vingtième dans les siècles passés, sont vraiment plutôt des gens croient fort et qui ne penchent vraiment pas comme Lincoln.

[00:20:17]

Exactement. Je n'avais pas de nom particulier en tête, mais était un très bon exemple. J'ai l'impression que c'est notamment après la Seconde Guerre mondiale que le monde se mettant dans une espèce de frénésie, de développement, de richesses, etc. Il fallait de plus en plus jouer des coudes, se mettre en avant, se montrer aussi dans les années 60, fin des années 60, avec. Tout ça, il y a eu une poussée vers faire du bruit.

[00:20:46]

Être visible, s'amuser avec plein de gens de façon très visible, c'est le cauchemar des introvertis. Mais il y a tous ces gens qui sont dehors, ensemble, entassés les uns sur les autres, qui passent des jours ensemble sans jamais s'isoler. Bon, ben voilà, c'était une nouvelle société avec les hippies. Bien sûr, tout le monde n'était pas hippie.

[00:21:10]

Ce changement n'a pas lieu qu'aux Etats-Unis, avec les hippies qui s'amusent au festival de Woodstock. C'est toute la société occidentale qui change à cette période là. D'un point de vue économique et sociétal, ce changement s'illustre notamment très bien dans les écoles, en Amérique comme en France.

[00:21:27]

Ma compréhension de l'évolution à l'école est très liée à mai 68. Vu mon âge, j'ai fait une partie de ma scolarité avant mai 68 et une partie après et jusqu'à de mai 68. Sur mes carnets, c'était écrit. Élève très sage, consciencieuses, il Yobé. Guère de critique là dessus.

[00:21:47]

À partir de mai 68, c'était élève trop sage, ne participent pas suffisamment. Donc, il y a eu une sorte de révolution dans ce qu'on attendait des enfants. Une de mes patientes m'a raconté il y a quelques années que elle avait été convoquée avec son mari au sujet de son fils. Donc, le petit était assis au premier rang pendant que les parents discutait avec l'enseignante. L'enseignante montre le petit dit. Mais regardez le, il est tout le temps comme ça.

[00:22:13]

Elle a juste sage. Moi, quand j'étais petite, est juste sage.

[00:22:17]

C'était très bien. Et après? A partir de mai 68, il fallait participer tout le temps et participer. C'est très bien pour les extravertis, adore se faire entendre. Mais pour les introvertis, c'est vraiment difficile. Donc, je trouverais bien que l'école puisse en tenir compte. Certes, encourager les introvertis à se faire entendre parce que sinon, ils n'apprennent jamais leur coquille, mais pas exiger ça d'eux. S'il y a un débat en classe, pas être mécontent d'eux parce qu'ils n'ont pas été aussi brouillon que les autres.

[00:22:48]

Ils vont peut être rien dire si on veut qu'ils participent aux débats. Il faut à un moment, une fois que tous les extravertis ont bien pris la place. Et toi, Paul, qu'est ce que tu en penses?

[00:22:58]

Laura, si elle est née dans les années 90, a aussi perçu dans sa scolarité les conséquences de ce qu'elle considère être une forme de stigmatisation des introvertis.

[00:23:08]

Quand j'étais à l'école, j'étais extrêmement réservée. C'est quelque chose qu'on me renvoyait beaucoup. C'était la première chose qu'on me disait. Quand on rencontrait pareil sur mes bulletins de classe, on me disait Laura est très réservée. Elle n'est pas très bavarde, très timide, ne prend jamais la parole en cours. Elle, c'est vrai que c'était quelque chose de très difficile pour moi et c'est pour ça que, par exemple, une anecdote. J'ai adoré passer mon bac parce que j'ai adoré pouvoir écrire et pouvoir enfin exprimer tout ce que j'avais appris, alors que c'était quelque chose que je n'étais pas capable de faire à l'oral en cours, par exemple.

[00:23:42]

Et c'est vrai qu'en fait, elle se fait toujours mettre en avant les extravertis en cours de densité à prendre la parole. Quand on est introverti, c'est quelque chose de très difficile parce qu'on se sent vite effacé alors que finalement, on a énormément de choses à dire. C'est juste qu'on n'arrive pas à le dire.

[00:24:00]

Je pense qu'on pourrait faciliter la vie scolaire des introvertis si on arrêtait d'accorder autant d'importance à l'oral, parce que bien sûr que c'est important de savoir s'exprimer à l'oral et que même ça apporte beaucoup aux introvertis parce que ça nous force finalement à sortir de notre coquille et à dire les choses, à s'exprimer à voix haute. Et c'est très, très important et ça apporte beaucoup. Mais je pense qu'on devrait trouver un juste équilibre entre l'expression orale et l'expression écrite. Dans mes souvenirs à la fac, j'avais un cours qui était 100% expression orale.

[00:24:29]

Pour moi, c'était très compliqué parce que j'avais énormément de choses à dire. J'avais envie de m'exprimer, mais c'était très difficile pour moi de prendre la parole. C'était un cours où je me sentais beaucoup mis à l'écart et c'était un coup où je me sentais très frustré. Finalement, c'était très mauvais pour ma confiance en moi aussi, alors que j'avais beaucoup de choses à dire.

[00:24:49]

C'est bizarre que tu parles pas, tu n'es pas bavarde, tu souris jamais. Pourquoi tu parles pas plus, etc. Pourquoi tu rigole pas alors que c'est juste ma manière d'être? Et c'est vrai que parfois, ça peut être un peu pesant. Parce qu'en fait, à chaque fois qu'on rencontre une nouvelle personne, faut recommencer la bataille entre guillemets, d'expliquer, de faire comprendre à l'autre notre manière d'être qu'on est introvertis. Souvent, c'est des mots que les personnes comprennent pas forcément et qu'on préfère notre calme, qu'on aime la solitude, que c'est une solitude choisie et non subie.

[00:25:19]

Et c'est vrai que parfois, en tout cas, quand on n'accepte pas encore son introversion, on l'a pas bien comprise soi même. Ça peut être très, très difficile et même très pesant. Et si c'était le cas, en tout cas au lycée, avant que je comprenne vraiment que j'étais introverti, c'était un poids et c'était la cause de pas mal de souffrance.

[00:25:38]

Comme on l'a vu avec la psychologue Laurie Hawkes, la mauvaise image qui entoure l'introversion serait donc assez récente. Elle daterait, selon elle, de la fin des années 60.

[00:25:48]

Pour le philosophe Pierre Zaoui, que l'on a entendu au début de cet épisode et qui a écrit le livre, la discrétion ou l'art de disparaître, c'est la discrétion des introvertis a mauvaise presse. C'est parce qu'elle est associée à de la lâcheté.

[00:26:02]

Les discrets ont mauvaise presse dans une lutte pour la visibilité parce qu'on ne les voit pas. Et puis, il y a le côté, je pense, Gaulois.

[00:26:10]

Même Danton, il faut oser, oser, encore oser. On se dit discret ou introverti, presque discret. C'est celui couse pas ne pas parler, pas demander le risque à l'horizon de ce qui est quand même quelques pas. Surtout chez les hommes. Virilement, la faute est le vide suprême, la lâcheté. Je crois que dans notre société très viridis, malgré toute la lâcheté, la chose qu'on déteste le plus, qu'on craint le plus.

[00:26:41]

Pourquoi la lâcheté, du coup? Parce que celui qui sait l'introversion en tant timidités.

[00:26:49]

Le timide, c'est celui qui n'a pas le courage d'aller s'exposer, de prendre des coups. C'est l'étudiant du fond de la salle qui ne prendra jamais la parole parce qu'il a peur d'être ridicule. Stendhal, qui conspue la peur d'être ridicule, c'est ce qui ravale nos sociétés et qui fait que parce qu'il y a ça aussi dans l'introversion, il y a une forme saine et vivante qui était celle qui m'intéressait. Mais il y a aussi une forme d'une forme pathologique.

[00:27:16]

Être très introvertie, ça peut être aussi une manière d'être très, très, très attentif, à l'image d'avoir très, très peur pour son image. Et donc, ce n'est pas parce qu'on est introverti au fond, qu'on échappe au jeu des images.

[00:27:28]

Pierre Zaoui parle de discrétion et introversion comme étant des traits de caractère similaires. Il n'a pas tort, dans une interview donnée au journal L'Obs en avril 2014. Le psychanalyste Patrick Avram dit lui aussi que le discret introverti sont de la même famille. Tous deux n'ont aucun problème avec leurs désirs ni avec les autres. Ils n'ont pas de difficulté particulière dans leur rapport au monde. Ils se tiennent en marge. Ils observent, mesurent leurs envies, leurs ambitions et se donnent les moyens de les atteindre.

[00:27:58]

La figure du saint joué, la figure du Penseur de Rodin, c'est celui qui se replie en lui même pour justement se couper des flux du monde et se couper de toute cette prose du monde. Ces bavardages qui nous entourent. Pourtant, selon Pierre Zaoui, les personnes introvertis comme Laura ont une place indispensable dans notre société. Pour illustrer son propos, il me cite une phrase de l'écrivain austro hongrois Franz Kafka qui écrivait dans son journal en 1917 la phrase suivante Dans ton combat contre le monde second le monde.

[00:28:44]

Et de ça, il fait une poésie absolument merveilleuse dans ton combat avec le monde secondent le monde quelqu'un qui est capable de se mettre en retrait et de seconder le monde parce que le monde a toujours besoin d'être secondées. Discret, c'est celui là, c'est celui qui vient porter le monde qui nous fait exister. C'est comme le théâtre. Si vous avez plus de spectateurs l'ANSUT, il y a plus de terre. Si tout le monde monte sur scène.

[00:29:09]

Alors oui, Rousseau, qui existait le théâtre dit superbe. Donc c'est affreux pour la fête populaire. Moi, je n'aime pas beaucoup la fête populaire. J'aime mon père. C'est important de savoir un peu le spectateur du monde parce qu'au fond, c'est ce qu'ils le font exister. La même manière que les spectateurs sont ceux qui soutiennent la scène. C'est une manière de savoir se mettre en retrait pour laisser la place à l'autre qui nous enjoint d'écraser les autres et de prendre leur place et de poser son moi sur la table.

[00:29:39]

Montrer qu'on est le plus fort, c'est pas mal de devrait prescrire en pharmacie pour nos hommes politiques ou pour des gens comme ça.

[00:29:55]

C'est dans ce cadre que ces Danthine, l'ancienne avocate à Wall Street, appellent dans son livre à une revalorisation de l'introversion.

[00:30:03]

Mieux, elle appelle à une révolution du calme de quadrette où évolue Schenn. C'est d'ailleurs le nom qu'elle a donné à la plateforme web sur laquelle elle compte une large communauté de personnes se désignant comme introvertis. Dès sa sortie, les ventes du livre de Suzanne Kym ont décollé après qu'elle ait fait une conférence TED Talk sur son introversion. La vidéo de cette conférence s'appelle Le pouvoir des introvertis et elle a fait à ce jour plus de 10 millions de vues.

[00:30:30]

Comme on le disait au début de cet épisode, la caractéristique de introverti est de ne pas toujours être dans le retrait. Ce n'est pas un isotropes. Pierre Zaoui est d'accord avec ça. Pour lui, s'il est introverti et trop dans l'isolement, il bascule dans la pathologie malgré le fait que l'introversion soit revalorisée aujourd'hui grâce à des livres comme celui de Suzanne King, notamment. Il faut faire attention, selon Pierre Zaoui, à ne pas tomber dans cette pathologie, à ne pas aller dans l'excès.

[00:30:58]

Il faut rechercher constamment l'alternance entre les deux tempéraments.

[00:31:02]

Cette alternance ou cette variation, il faut la chérir parce qu'il n'y a pas de position stable et définitive, mouvant, et que ce qui est important, c'est de garder le sens mathématique de la discrétion. C'est d'être dans le discontinu. C'est d'essayer de prendre ces expériences, mais d'arrêter de penser en termes à arrêter, de réfléchir sur le terme de personne.

[00:31:25]

Qu'est ce qu'on vous a? Ce qu'il vaut mieux être introverti ou extraverti pense que sur la plus stupide du monde, on décide pas. L'important, c'est de couper, c'est à dire de savoir s'arrêter. Si le retrait est une forme de coupure par rapport au flux permanent, il faut savoir se retirer du retrait. Il faut savoir couper aussi et arrêter par moment d'être discret et apprendre aussi à ouvrir. Donc, c'est que dans cette alternance de rencontre et de solitude, de distance et de proximité qu'on peut arriver, je pense à trouver un équilibre un peu plus vivant.

[00:31:58]

Mais les deux minutes d'une vie sociale entièrement ouverte, entièrement vouée au mouvement et à la rencontre, c'est regarder les beatniks. C'est ça, faire la fête. On parle autant avec lui. Et puis, on sombre dans la solitude noire. Si on veut sortir de ça, c'est accepter que la vie est à la lisière. Une vie un peu sage. Toujours à la lisière d'une intériorité et d'une extériorité aliénante. Il faut accepter de vivre dans cette interface entre deux.

[00:32:29]

Mais il n'y a pas de vraie vie. La vraie vie n'est pas ailleurs et la vraie vie n'est pas en soi.

[00:32:35]

Il faut la chérir, cette introversion. Si on a plutôt ce trait de caractère. Au lieu de se déguiser en extraverties pour être mieux acceptée socialement, peut être qu'il faut assumer, comme Laura, son besoin de retrait, parfois sans s'isoler complètement tout en restant à la lisière. C'est un sacré exercice d'équilibriste. En fait, je repense à la phrase de Kafka dans Ton combat contre le monde second le monde. Et je me dis qu'avant de le seconder, être dans le monde, ce n'est peut être pas forcément le combattre en fête ou être contre lui.

[00:33:07]

Peut être. On peut aussi prendre part pleinement et ponctuellement, avec une discrétion naturelle, si on l'a fait sortir de notre grotte pour apporter notre contribution au monde, parce qu'on a tous besoin des introvertis, les extravertis notamment. Et je vous expliquer en quoi dans un prochain épisode. Vous venez d'écouter Emotions, un podcast de Louis Media? Suivez nous sur Instagram et sur Tweeter à Emotion Podcast Emotions avec Clémence Locard et Lucile Roussos Garcia ont participé à la conception de cet épisode.

[00:33:54]

Olivier Bodin s'est occupé de l'enregistrement. La composition musicale et de Nicolas vers elle a été remixé par Charles Cilia, qui s'est aussi occupé de la réalisation. Jean-Baptiste Haubané a fait le mixage et Nicolas de Gély a composé le générique d'émotions. Marion Girard est responsable de production de nos podcasts Maurine Wilson et responsable éditorial. Mélissa Benoît est à la direction des productions et Charlotte Pudlowski est directrice éditoriale. Emotions. C'est un lundi sur deux, là où vous avez l'habitude d'écouter vos grâce à iTunes, Google Podcasts, Soundcloud, Spotify ou YouTube.

[00:34:32]

Vous pouvez nous laisser des étoiles et nous laisser des commentaires. Et si cet épisode vous a plu par les gens autour de vous? Et s'il vous est arrivé une histoire forte en lien avec une émotion, n'hésitez pas à nous écrire à Eylau Alioui Media point. Com. À bientôt. Wisteria Espacée Whitey ou Clarks Cobac Escaudœuvres coiffé d'un chapeau Liège Cela fait maintenant quatre ans en texte munissant Desmares, Brabham et Klipsch de Safrane ou d'aphorismes Delaye Faux, Liège, Mova 29eme Cosmos, Zanuck qui fait monter, m'embaucher, popularisent.

[00:35:28]

Il faut aller Italie.