Happy Scribe Logo

Transcript

Proofread by 0 readers
Proofread
[00:00:05]

Monique Olivier a déclaré que Michel Fourniret avait bien enlevé Estelle Mouzin le 9 janvier 2003 et l'avoir violée étranglée. Michel Fourniret est donc bien l'auteur du meurtre et de l'enlèvement d'Estelle Mouzin. Bonsoir, ravi de vous retrouver sur RTL pour cette nouvelle saison de l'heure du crime. Chaque soir, de 20 heures à 21 heures. Très heureux, vraiment très heureux de partager avec vous ce rendez vous. Les plus assidus d'entre vous ont sans doute noté que le générique, le fameux générique de L'heure du crime, a changé.

[00:00:38]

Mais l'heure du crime, elle, ne change pas avec vous. Je vais continuer à explorer ces dossiers criminels, résolus ou non, mais qui continue des années après à nous intriguer et à susciter nos interrogations. Comme ce soir. Dix sept ans de mystère autour de la disparition d'Estelle Mouzin, 9 ans, le 9 janvier 2003 à Guermantes, en Seine et Marne, et l'ombre depuis si longtemps du tueur en série Michel Fourniret. Affaire qui hante la chronique criminelle, mais dont le voile se déchire.

[00:01:11]

Vendredi, Monique Olivier, celle qui fut l'épouse de Fourniret, a expliqué sur un ton calme face à la juge d'instruction comment son ex-mari avait abrégé la vie d'Estelle Mouzin, l'avait séquestrée, violée, étranglée dans une maison de ville sur l'UME, dans le massif des Ardennes. Ce n'est pas la première fois que Monique Olivier désigne Michel Fourniret comme l'assassin d'Estelle, au mois de novembre. Elle avait déjà raconté avec ces mots, ces images, ces bribes de souvenirs, comment Fourniret était parti à la chasse le jour de l'enlèvement d'Estelle.

[00:01:45]

La chasse aux petites vierges. Comme il lui avait précisé ce soir là, Fourniret serait rentré chez lui très tard et couvert de boue. Aujourd'hui, Monique Olivier précise davantage encore ce terrifiant scénario qui se dessinait la mort loin de chez elle, loin de sa famille, dans le silence et une solitude glacée d'Estelle Mouzin, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Michel Fourniret, qui va être interrogé demain et après demain, sera t il cette fois en mesure de donner sa vérité?

[00:02:20]

Arrivons nous au terme du dossier Estelle Mouzin? Nous en parlerons jusqu'à 21 heures. C'était vendredi en milieu de matinée au palais de justice de Paris, dans le cabinet de la juge d'instruction Sabine Carice. Monique Olivier, 71 ans, confirme les propos qu'elle a commencé à distiller depuis le début de la semaine. L'ancienne épouse de Michel Fourniret, une ombre grise comme elle apparaît sur les dernières photos qu'on connaît d'elle, est en confiance avec cette magistrate. Elle l'a déjà interrogée durant des dizaines d'heures.

[00:02:57]

Il y a neuf mois, Monique Olivier avait désigné Michel Fourniret comme l'assassin d'Estelle Mouzin. Cette fois, elle va plus loin. Elle se libère du poids des souvenirs qu'elle dissimulait, livre les séquences du crime d'Estelle Mouzin enlèvement, séquestration, viol, puis la mort par étranglement. Vendredi, Richard Dale Jeunesse, avocat de Monique Olivier, raconte à Thomas Pronto de RTL, lors d'une interruption d'audience, l'aveu spectaculaire de sa cliente. Monique Olivier a déclaré que Michel Fourniret avait bien enlevé Estelle Mouzin le 9 janvier 2003, et l'avoir violée étranglée.

[00:03:38]

Michel Fourniret est donc bien l'auteur du meurtre et de l'enlèvement d'Estelle Mouzin. Monique Olivier pasnécessairement, du fait de ces révélations et de ce qu'elle a déclaré, du statut de témoin assisté à celui de mise en examen, puisque si elle a des informations, est ce qu'elle a déclaré que forcément, les investigations menées sur la durée de la séquestration d'Estelle Mouzin, nécessairement sur les conditions de sa mort, sur l'endroit où se trouve le corps, on a pu être soulagé de révéler ce genre de choses.

[00:04:01]

Et puis, peu importe les états d'âme de Monique Olivier, que la seule chose qui compte, c'est qu'elle l'ait fait et qu'aujourd'hui, au moins, la famille puisse savoir ce qui s'est passé pour Estelle Mouzin. Parce que je pense que l'attente et pasavoir, c'est interminable. Et on pourra toujours reprocher à ceux qui savent ne pas l'avoir dit plus tôt.

[00:04:14]

Monique Olivier, désormais mise en examen pour complicité d'enlèvement et séquestration suivie de la mort. Cette femme qui, pendant des années, était le maillon faible du couple diabolique. Le mot n'est pas trop fort qu'elle formait avec Fourniret, complice, raboteuse, quasiment soumise à toutes les perversions de son mari assassin. Cette femme est désormais le maillon fort de l'enquête. Estelle Mouzin, la femme qui était la gardienne de tous les secrets de Michel Fourniret, est devenu le plus précieux des témoins.

[00:04:53]

Bonsoir Maître Didier Seban, bonsoir. Vous êtes l'avocat historique, dirons nous, du père d'Estelle Mouzin. Vous défendez ses intérêts avec votre consœur, maître Corinne Hermann. Vous êtes au téléphone de l'heure du crime. Merci d'avoir accepté notre invitation sur RTL. Est ce que vous vous attendiez maître à cette nouvelle avancée sur le chemin de la vérité? Cette nouvelle avancée de Monique Olivier?

[00:05:19]

Oui, oui, parce qu'enfin, les services d'enquête ont travaillé. Oui, oui, parce qu'enfin, un juge d'instruction s'est plongé dans ce dossier. Tous les moyens en oeuvre? Oui, parce qu'enfin, on nous a écoutés puisque nous disons depuis le départ que la piste Michel Fourniret doit être sérieusement investigué et que depuis le départ, on nous dit que tout ça n'est pas sérieux. Que même si cet énoncé lui même au début. Bien tout ça. De la perversion, oui, parce que ce travail là a abouti à ce que une relation de confiance se soit nouée entre la juge Monique Olivier.

[00:05:58]

Monique Olivier, qui avait demandé à être interrogé par cette juge qui avait dit Je ne parlerai que devant madame Thierry et donc que nous pensions que des avancées importantes pouvaient être faites. Vous savez, ça me fait penser aux aveux de Monique Olivier devant les policiers belges, il y a bientôt quinze ans, qui avait avoué au bout d'un an d'investigations, interrogatoires de deux mis en confiance, qui avait avoué une dizaine de crimes. Michel Fourniret, ensuite, avait voulu reprendre la main.

[00:06:31]

Il avait total les détails, les lieux où étaient les corps. Ce qu'on peut espérer, c'est que dans ce jeu pervers, entre ce couple infernal, comme vous l'avez dit, et bien nous finirons par savoir la vérité et surtout pas savoir. Oui, bien sûr, de savoir où est Estelle avec l'entêtement qui vous caractérise ainsi que celui du père d'Estelle. Pourquoi mettre encore une petite question? Pourquoi? Depuis plusieurs mois, Monique Olivier accepte de parler beaucoup plus facilement parce qu'elle n'a plus peur de Fourniret.

[00:07:03]

Je ne crois pas. Je crois que d'une certaine manière, peut être que le rôle de l'avocat est important. Les revenus, je l'ai vu lors d'une confrontation avec Michel Fourniret, est revenu dans le temps. Le jeu pervers qu'elle avait avec vous me direz peut être la longue détention qu'elle a connu la même à comprendre le mal que l'on fait tous les deux, je peux le croire. J'ai en souvenir cette reconstitution récente dans une autre affaire Fourniret, où elle lui écoute le corps aux familles.

[00:07:41]

Et oui, je trouve que quelque part, les familles attendent depuis trop longtemps. Veut croire que les parcelles d'humanité.

[00:07:52]

Monique Olivier, elle, parle pour Ça doit rester avec nous, maître dans l'art du crime, puisque nous parlerons alors beaucoup plus directement du cas Michel Fourniret. Bonsoir Michel Fine Moussa, vous êtes journaliste, vous êtes notre deuxième invité dans L'heure du crime ce soir. Vous avez réalisé un documentaire événement diffusé sur W9 l'an dernier, Fourniret. La fin du mystère du mystère Estelle Mouzin. Avec un point d'interrogation à l'époque. Monique Olivier, il faut le préciser, a longtemps couvert Michel Fourniret.

[00:08:20]

Elle a reconnu devant la juge Keri savoir consolider son alibi, ce fameux coup de fil qu'aurait passé le 9 janvier à 20 heures, Fourniret depuis leur domicile de Sart Custine à son fils. Vous aviez d'ailleurs obtenu un témoignage exceptionnel à l'époque, celui de la codétenu de Michel Olivier, qui a fait tomber cet alibi. Ça a été un petit peu le départ des révélations en cascade.

[00:08:41]

Oui, Mélissa Pétrovitch, qui est une femme étonnante, étonnante, et sa Pétrovitch, qui est une codétenu de Monique Olivier, qui passe à l'époque 13 ans en prison. C'est une femme escroc. Quand on lui demande quelle est sa profession, elle dit escroc. Elle est de nationalité serbe. C'est quelqu'un qui a connu Mesrine, qui a été formé par lui, qui est la première femme fiché au grand banditisme. Donc, ce n'est pas n'importe qui, c'est la caïd dans la prison.

[00:09:11]

C'est elle qui donne à manger, etc. Et un jour, elle voit une interview d'Eric Mouzin.

[00:09:17]

Elle se dit Et ceux qui parlent de la piste Fourniret? Elle se dit Mais Fourniret, Monique Olivier, elle est là, cette pauvre petite Estelle.

[00:09:26]

Elle sait les enfants, quoi. Et donc, elle se dit Je dois faire parler Monique Olivier. Je vais, s'abandonnent elle même.

[00:09:34]

Elle se met elle même la pression et elle va arriver à trouver un moyen de se rapprocher, de la mettre en confiance. Elle a mis onze mois à la faire parler, la faire parler 11 mois et Monique Olivier va parler.

[00:09:47]

Et elle me dit je suis allée jusqu'à lui couper les ongles alors que j'avais envie de lui couper les doigts coincés. Et elle a fait parler Monique, Olivier et Monique. Olivier lui a raconté pas mal de choses, dont la façon dont elle a couvert Fourniret le jour où elle est partie enlevée. Estelle Mouzin on lui servir d'alibi en passant un coup de fil et en faisant penser, laissant penser à tout le monde que c'était Fourniret qui avait passé le coup de fil de Belgique?

[00:10:14]

Ce qui est intéressant aujourd'hui, c'est que dans le travail des enquêteurs, il n'y a pas que les témoignages de Mélissa. Elle n'a pas parlé Qamishli de ça, Monique Olivier. Elle a parlé à au moins quatre autres détenus à qui elle a dit la même chose.

[00:10:26]

C'est ça, une envie de parler ainsi. Cela fait plusieurs mois que Monique Olivier livre sa vérité ou sévérité des faits suffisamment étayés pour que la justice les retienne et les exploite. Le fait que depuis cette dernière audition, le film de l'enlèvement et celui de la mort d'Estelle Mouzin se précise à travers les déclarations de Monique Olivier également, on va le voir d'autres indices importants, ignorés jusqu'ici et qui pourraient mener un jour jusqu'aux corps de la petite fille.

[00:10:55]

C'est donc aujourd'hui une certitude. Ce 9 janvier 2003, c'est Michel Fourniret qui se trouve seul, tapi dans sa camionnette blanche dans le bourg de Guermantes, en Seine et Marne, à 300 kilomètres de sa maison de Custine, dans les Ardennes. Ce soir là est resté son épouse, Monique Olivier. Elle sait que son mari est parti à la chasse dans un village qu'il a déjà reconnu à plusieurs reprises, où il a même tenté, sans succès, d'enlever une première petite fille.

[00:11:26]

J'ai repéré la vie les deux petites filles au coin de la boulangerie. Elles vont se séparer. Il y en aura bien une des deux.

[00:11:35]

Je préfère l'une que l'autre parce que la rue est assez sombre et c'est plus facile pour moi, a t il raconté à son épouse. Il ajoutera J'ai repéré un beau petit lot.

[00:11:48]

Peu après 18 heures, à l'angle de la fameuse boulangerie, Fourniret est là, il fait déjà nuit. On est en plein hiver. Ils voient passer la petite fille qui rentre de l'école et rejoint à pied le domicile de sa mère Suzanne, alors en instance de divorce avec son mari, Eric Mouzin.

[00:12:04]

Il aborde un acte bordages idoine, déclara t il à la juge. Dans ses souvenirs embrumés ou à géométrie variable, il la pousse dans la camionnette. Plus personne ne reverra Estelle Mouzin, disparue, volatilisée, évaporer à la faveur de l'obscurité. La famille de la petite fille est perdue, bouleversée, incrédule. Sur RTL, le témoignage de Lucie, la grande sœur d'Estelle aussi.

[00:12:32]

Ce sa, elle est tombé quelque part et retrouvé. Ça se trouverait. Elle est tombée sur un trou de glace à l'hôpital. Un jour, je ne sais pas. Mais bon, moi, je pense que quelqu'un l'a prise d'une voiture comme si elle ne serait pas montée avec n'importe qui, comme. Michel Fourniret prend la route, un trajet qu'aujourd'hui lui seul est en mesure de raconter. Monique Olivier, elle, se souvient avoir vu rentrer son mari vers 4 heures du matin.

[00:13:04]

Son pantalon couvert de boue. Heureux et satisfait de son long voyage des heures qu'il venait de passer, il lui aurait confié avoir enlevé, violé la petite fille de Guermantes. Il l'aurait emmener dans une petite maison appartenant à sa soeur, à 45 minutes de chez lui, à Villers sur l'UME. Impossible de savoir si, à ce moment là, Estelle est déjà morte ou toujours séquestrée. Je reconnais là un être qui n'est plus là par ma faute, dira, énigmatique, Fourniret lors d'une audition consacrée à Estelle Mouzin.

[00:13:43]

Les fouilles au numéro 15 de la rue des Jardins. L'adresse de cette maison où la petite fille aurait donc vécu ses dernières heures. Ces fouilles n'ont pour le moment rien donné. Mais c'est le film.

[00:13:58]

Je reviens vers vous. Invité de L'heure du crime ce soir, vous connaissez d'ailleurs bien cette maison de ville sur où vous allez nous en parler. Ce cheminement de Michel Fourniret à Guermantes, ses repérages, l'enlèvement, tous ces détails donnés en grande partie par Monique Olivier, c'est vraiment la signature criminelle de Michel Fourniret, tout ça. La signature criminelle de Michel Fourniret, c'est effectivement de faire des repérages, d'abord aux abords des écoles. Michel Fourniret avait l'habitude de dire que c'est très facile d'enlever un enfant.

[00:14:31]

Il suffit de se mettre tous les jours au même endroit à la sortie de l'école et on est sûr qu'il est là et on est sûr que ce qui nous échappe, on ne le attrapa qu'on ne le rattrape pas. Même chose avec les boulangeries. Il avait repéré les boulangeries. Il sait que c'est un endroit par où passent les enfants. Il a repéré l'une de ses victimes en 88, Marie-Angèle, domestique, devant la boulangerie sur la place, en face de chez lui.

[00:14:54]

Donc voilà, ça, c'est sa technique. Et sa deuxième technique, c'est de faire des repérages souvent précis. Et ce qu'il aime, Fourniret, c'est terrible à dire, mais c'est la chasse, c'est la chasse. C'est un chasseur. D'ailleurs, c'est les mots qu'il emploie. Aller à la chasse aux vierges, alors, vous connaissez bien cette maison de ville sur l'UME?

[00:15:14]

Ça, c'est un petit peu une de ses bases arrière arrière qui, à côté de laquelle les enquêteurs, j'ai l'impression, sont un peu passées. Pas toutes. Alors, dites nous un peu passées.

[00:15:26]

Au départ, c'est à dire que quand Michel Fourniret est arrêté en juin 2003, tous ses domiciles sont perquisitionnés. En Belgique, le domicile de Serge Custine est perquisitionné de fond en comble. On va creuser, on va fouiller le sol, le jardin, on retourne tout, on trouve tout ce qu'on peut trouver en France.

[00:15:44]

Il y a le château du Soutoul. Il y a une petite masure sinistre à foin dans les Ardennes. Il y a sept maisons de ville sur l'UME. On va faire des perquisitions dans chaque maison. On va prendre un certain nombre de choses, mais on ne va pas retourner le terrain. Il y aura des fouilles au sous tout l'or, mais on ne va pas retourner l'ensemble du terrain. Ça semble compliqué. Mais par exemple, la ville sur l'une.

[00:16:08]

Les enquêteurs ont laissé un certain nombre de choses et un certain nombre de choses conséquentes puisque le propriétaire qui a racheté la maison, Michel Fourniret un an après qu'il a été arrêté, me dit qu'il a jeté des choses et des choses à la belle.

[00:16:21]

Il y avait une benne entière viable. Peut être qu'on se dit aujourd'hui qu'on aurait pu trouver des choses. Ceci dit, la perquisition a été faite. On a saisi un certain nombre de choses, dont un matelas qui, treize ans après, a parlé et bien sûr, y a révélé l'ADN.

[00:16:37]

On va revenir évidemment sur ce moment très important. On a toujours en ligne maître Didier Seban, l'avocat du père de la petite qui a été tué par Michel Fourniret, de toute évidence.

[00:16:53]

Maître Didier Seban. Michel Fourniret va être entendu demain et après demain par la juge. Peut il aller plus loin que Monique Olivier et enfin rencontrer, raconter les derniers moments d'Estelle, l'endroit où elle se trouve?

[00:17:07]

Bien, c'est un vœu pieux ou rythme. J'ai pour habitude de dire qu'il n'attend rien de Michel Fourniret. Il n'attend rien. Michel Fourniret, parce qu'il ne veut pas entrer dans le jeu pervers avec celui qui a causé son malheur. J'aurais tendance à dire que l'on entend rien, mais nous attendons toute la justice, son travaille et la justice. Elle s'est mise au travail en froid avec la juge Keri, les enquêteurs de la section de recherches. On a des éléments à lui opposer.

[00:17:39]

On en avait depuis très longtemps tout le regard sur Michel Fourniret. Et donc, comme on avait des à lui opposer qu'il faudra peut être reprendre la main sur Monique Olivier. C'est là qu'on peut avoir un espoir. C'est comme ça que. Fait parler, Monique Olivier avait parlé d'abord et ensuite Michel Fourniret avait donné des lieux où se trouvaient les corps des Horten dans l'affaire qui a été jugée à Charleville-Mézières. Donc, oui, on peut espérer que dans ce jeu de celui qui a la maîtrise du calendrier et des aveux, Michel Fourniret dise quelque chose parce qu'il y a eu un travail énorme.

[00:18:19]

Je voulais vous dire aussi une petite chose comme ça, mais pas pour moi. Le dernier secret de Michel Fourniret? Il y a beaucoup, beaucoup à faire bien sur elle de meurtres qui n'ont pas été élucidés parce qu'on n'a plus travaillé sur ce tueur en série depuis son procès à Charleville-Mézières. On travaille enfin et que beaucoup d'autres familles attendent qu'on élucide leurs affaires. Du travail qui est en train de mener, madame, qui arrive toujours.

[00:18:45]

Vous avez évoqué un petit peu Michel Fourniret comme le maître des horloges. C'est finalement la recette pour arriver à le faire parler, à ce qu'il puisse délier sa langue.

[00:18:57]

Ecoutez, oui, je pense que le fait de lui montrer qu'on a quelque part des atouts dans son jeu parce que c'est un pervers, un joueur, un joueur d'échecs, qu'on a des atouts dans son jeu, qu'on en sait plus que lui compte, qu'on commençait beaucoup plus, qu'il ne pense sur lui et qu'on a travaillé. C'est de là qu'on obtient des aveux et des avancées. Et je crois que le fait que Monique Olivier ait parlé dans le détail peut l'amener à dire des choses pour reprendre la main, d'une certaine manière, comme un joueur de la mort qui lui est comme un pervers terrible.

[00:19:31]

Je crois qu'on peut obtenir des choses et en tout cas, je suis convaincu que les planètes sont aujourd'hui bien alignées parce qu'on a aujourd'hui une envie, une vraie envie de trouver et de donner des réponses aux faits.

[00:19:44]

Michel Fourniret, unique suspect dans le dossier de la mort d'Estelle Mouzin, suspect numéro 1, même s'il aura fallu attendre 17 ans, 17 ans pour qu'il soit quasiment confondu, alors que la justice avait sous le nez des indices, des preuves, une trace ADN que personne n'avait vu ou qu'on avait tout simplement négligé du crime sur RTL. Ce soir, dans L'heure du crime, nous revenons sur Michel Fourniret, désigné comme l'assassin de la petite Estelle Mouzin. Dans ce dossier, tout converge désormais vers ce violeur et tueur en série.

[00:20:21]

Dans les heures, les jours et les semaines qui suivent la disparition de la petite Estelle Mouzin, 350 maisons sont perquisitionnés, 170 policiers mobilisés, 300 gendarmes seront même déployés pour bloquer les accès à Guermantes et encadrer des battues. Aucune trace d'Estelle, dont la France entière découvre alors le visage juvénile sur une photo affichée partout. Une enfant de 9 ans aux cheveux brun et portant un pull over rouge, visage emblématique qui va devenir le symbole des rapts d'enfants, puis celui des affaires criminelles non élucidées.

[00:20:58]

A l'époque, la police judiciaire fait évidemment le tour des suspects potentiels, notamment les criminels pédophiles. Mais rien ne se dessine. Aucune piste solide n'apparaît.

[00:21:11]

Cinq mois après leur rapt, le nom de Michel Fourniret a pourtant surgi une première fois dans le radar des enquêteurs. Les policiers s'intéressent à ce Français qui a déjà un lourd passé criminel et qui vient d'être arrêté ce 26 juin 2003 à Ciney, en Belgique. Il venait juste d'enlever une fille de 13 ans, Marie Ascension. Elle a eu beaucoup plus de chance que les autres victimes puisqu'elle a réussi à prendre la fuite, à donner l'alerte et à décrire précisément l'homme qui voulait la faire monter à bord de sa camionnette blanche.

[00:21:47]

Même si l'on sait alors que Fourniret semble être un itinérant, un routard du crime, c'est le surnom donné à un autre tueur, Francis Heaulme. Les enquêteurs ne sont pas convaincus de son implication. Trajets trop longs, trop compliqués pour se rendre des Ardennes jusqu'en Seine et Marne. La neige tombée en abondance qui rend les routes mauvaises. Et puis, bien sûr, le fameux alibi. Le coup de fil qu'il passe à son fils depuis son domicile de Sart Custinne À l'heure de l'enlèvement, Fourniret n'a jamais passé ce coup de fil personnellement.

[00:22:19]

Monique Olivier finira par avouer ce stratagème pour faire croire que son mari était chez lui alors qu'il se trouvait à Guermantes. Michel Fourniret est un suspect séduisant, mais pour l'heure, il est hors de portée des enquêteurs, qui vont donc laisser filer cette piste.

[00:22:42]

Maître Didier Seban, vous êtes en ligne, toujours dans l'heure du crime avec nous. Pourquoi n'a t on pas davantage creusé la piste Fourniret? Et puis, je vous pose la question encore plus clairement, même si c'est un peu brutal. Les enquêteurs ont ils raté Fourniret?

[00:22:57]

Ils ont carrément craqué quand les Belges remettent Michel Fourniret à la France. Ils disent aux enquêteurs français que lui, dans Estelle Mouzin, quand Michel Fourniret écrit au président de la chambre d'accusation pour dire je veux juger. Quand l'affaire est faite, ça va faire Paris dans l'affaire Ghomeshi, pendant trois crimes qu'il va ensuite reconnaître. Il faudra 15 ans pour qu'enfin cette affaire soit instruite sérieusement par la juge Keri. Mais non. On nous dit c'est un pervers, on me dit tout ça s'est passé en Seine et Marne, dans les Ardennes.

[00:23:36]

On nous dit cet alibi qui ne tient pas puisque le fils de Michel Fourniret et sa belle fille diront n'avoir jamais reçu cet appel. On nous oppose. Même les enquêteurs diront à la radio qu'à 99,99 pour cent, ce n'est pas Michel Fourniret. Au fond, on ne veut pas Tapie parce que bien d'autres enquêteurs, parce qu'elle vient par les avocats du père, nous avons fait trois tomes de demandes de demander aux juges qui avaient pris soin d'aller vérifier les traces ADN dans la camionnette de Michel Fourniret.

[00:24:10]

Elles ne sont des réponses que maintenant pour trouver des pour trouver des victimes. On écartera parce qu'on ne sait pas en France enquêter sur les tueurs en série. On prend fait parfois et on ouvre une instruction à Versailles. Pour Farida Hamiche, une jeune femme qui l'a tué, on ouvre une instruction à Meaux pour Estelle Mouzin. On ouvre une instruction à Paris pour deux Parrish. Au fond, on ne coordonne pas les efforts sur les tueurs en série. On ne met pas en perspective leur parcours criminel.

[00:24:41]

Elisabeth Brichet, enlevée au sortir d'une boulangerie en Belgique, est la copie conforme d'Estelle Mouzin. Il attendra trois heures sa sortie de la boulangerie et on ne met pas en rapport cela. On ne connaît pas son parcours. On ne sait pas que le premier endroit où il a été lorsqu'il est sorti de prison s'est enfermé à 500 mètres de Guermantes. On ne sait pas que sa fille travaillait à Guermantes, travaillait à Bussy-Saint-Georges. Enfin, on ne met pas en perspective le parcours criminel d'un tueur comme Michel Fourniret.

[00:25:11]

On parle simplement des faits. On va enquêter sur la proximité, mais on ne s'est pas imaginé que celui là peut être le tueur alors qu'il n'y a pas de temps. Et heureusement. Il n'y a pas tant de tueur d'enfants, il y en a malheureusement quelques uns chez quelques uns. On ne sait pas faire leur parcours criminel. C'est ce qui nous manque terriblement aujourd'hui dans notre pays.

[00:25:32]

Nous espérons voir réformé Michel Fourniret, insaisissable, même si aujourd'hui, un détail stupéfiant a surgi dans le dossier. C'est presque incroyable, mais il aura fallu attendre 17 ans pour enfin connaître le résultat d'un prélèvement ADN effectué à l'époque un prélèvement sur un matelas saisi dans la fameuse maison de la rue des Jardins à Villers sur l'UME, adresse qui a de toute évidence servi de lieu de détention et de caveau. Sévice à Estelle Mouzin. Un autre ADN retrouvé sur ce matelas appartient, lui, à une autre victime de Fourniret, Céline Saison, tuée?

[00:26:08]

Trois ans plus tôt, en 2000. Dès 2003, même si les techniques de police scientifique n'était peut être pas aussi avancée qu'aujourd'hui, on aurait pu donc savoir que Estel avait séjourné dans l'une des caches de Fourniret. Bon, je reviens à nouveau vers vous, votre consœur Corinne Herrmann nous disait vendredi être très en colère par cette découverte tardive. Vous partagez ce sentiment?

[00:26:33]

Oui, puisqu'on m'avait demandé que tout ça soit examiné en son temps et qu'on avait demandé que tout cela soit vérifié, qu'il a fallu que la juge charge une question très générale, le professeur d'Outremeuse, pour que l'indication soit donnée. Donc, on aurait pu donner la réponse au père, à la famille qui l'attend depuis longtemps. On aurait pu tout de même, bien plus tôt, permettre que l'affaire soit plus vite clôturée que le doute, ce doute qui corrode ce combat qu'a dû mener toute la réponse donnée à la famille de Michel Fine.

[00:27:11]

Je me tourne vers vous. Oubliez une trace ADN dans une telle importance. C'est incroyable et c'est évidemment préjudiciable. Est ce que l'affaire Fourniret Estelle Mouzin aurait pu être résolue plus tôt?

[00:27:24]

Oui, si on avait fait, si on avait utilisé les techniques qui équipa une technique forcément révolutionnaire la technique du laboratoire de Bordeaux du professeur Boutot m'épuise. C'est la technique du quadrillage. C'est à dire qu'au lieu de prendre au petit bonheur, faire des prélèvements sur un matelas à droite, à gauche, faire deux ou trois prélèvements, lui y prend les vêtements ou les matelas et les khadri, et il fait des petits carrés de 3 cm de côté. Et dans chaque petit carré, il fait un prélèvement qui khadri l'endroit à l'envers et chaque côté qu'il ne passe à côté de rien.

[00:28:00]

C'est grâce à cette technique qu'il a trouvé l'ADN de Pascal Jardin dans l'affaire du meurtre de Christelle Blétry. Et c'est grâce à cette technique qu'on trouvera peut être d'autres ADN là où il n'avait pas été trouvé. Ceci dit, ce sont des prélèvements qui coûtent très cher. Ça coûte des centaines de milliers d'euros au final, mais c'est le prix de la vérité. Vous êtes d'accord? C'est tardif, c'est tardif. Peut être qu'on aurait pu faire des prélèvements plus systématiques avant.

[00:28:26]

Monique Olivier a donc percé une première brèche dans le mur de la vérité dans le dossier Estelle Mouzin. La juge Sabine Carice. A force d'acharnement, de persuasion, n'est plus très loin de la résolution de cette énigme criminelle. Mais est ce que le principal intéressé, le tueur lui même, Michel Fourniret, est décidé à livrer sa vérité?

[00:28:49]

Une nouvelle fois, la juge Sabine Terrisse va donc entendre Michel Fourniret demain mardi et puis mercredi. Le plus souvent, l'homme témoigne de manière fragmentaire. On s'y perd un peu d'ailleurs avec Fourniret. Il faut savoir le décrypter, le décoder. On ne sait d'ailleurs pas si c'est lui qui organise sciemment ce jeu du chat et de la souris, s'il s'en délecte, ou bien si sa mémoire défaillante lui joue des tours. Au mois de mars, quand la magistrate lui met la pression sur l'endroit possible où il aurait pu faire disparaître le corps d'Estelle Mouzin.

[00:29:26]

Le tueur ne peut que livrer son embarras. Il explique Vous avez un corps sur les bras et vous devez vous en défaire sans être vu et vite vous en débarrasser. Vous ne savez pas quoi faire et vous faites n'importe quoi.

[00:29:42]

Au pire, Fourniret garde le silence. Au mieux, il entrouvre la porte et donne des gages de bonne volonté, comme cette déclaration faite à la juge citée par le journal Le Parisien. S'il y a le moindre détail de petit relief qui peut me mettre sur la piste, je cours tout de suite. Fourniret a également fait cet aveu lors d'une audition sur Estelle. Les circonstances, le déroulement.

[00:30:08]

C'est dans les oubliettes. Avec Fourniret, la juge Carice passe donc beaucoup de temps à raviver sa mémoire. Elle ne compte pas les heures ni les silences. Elle égrène sans aucune tension ni hausse de ton les indices qui pourraient provoquer chez le prévenu ses flash, ces fulgurances qui l'expriment sans jamais beaucoup de précisions.

[00:30:31]

Le but est bel et bien de provoquer une étincelle. C'est pour cela que les enquêteurs n'excluent pas un déplacement de justice de Michel Fourniret jusqu'à Guermantes, dans cette rue où il avait aperçu la silhouette d'Estelle. Là où il avait décidé que cette petite fille rentrant chez elle serait une proie idéale. Fourniret pourrait également être conduit à nouveau jusqu'à la Maison du crime, à Villers sur l'UME. Là aussi, avec l'espoir qu'un éclair surgisse dans la nuit brumeuse dans laquelle il semble être enfermé.

[00:31:04]

Michel Fine Michel Fourniret, on l'a dit, va de nouveau être entendu demain et après demain. Alors, qu'est ce qu'il a raconté jusque là sur le cas Estelle Mouzin? Soyons précis.

[00:31:16]

Il a raconté pas mal de choses, en fait. Michel Fourniret dit souvent Didier Seban, c'est quelqu'un qui laisse des petits cailloux. Il laisse des indices aux enquêteurs. Poulsen du crime. C'est le petit Poucet du crime. Il est très intelligent. C'est l'intelligence au service du crime et donc les petits cailloux. Et si les enquêteurs sont assez intelligents, aussi intelligents que lui, ils vont trouver les petits cailloux. Donc ils laissent un premier petit caillou en 2004.

[00:31:40]

Il est entendu sur deux meurtres maniaques qui ont ponctué les saisons. Il dit C'est pas moi, c'est pas moi non plus. Estelle Mouzin? Personne ne lui demande rien. Mais en 2004 déjà, il parle d'Estelle Mouzin. Lui même lui même tout seul, sans qu'on lui demande rien. Et Corinne Herrmann, qui voit cette audition, se dit s'il dit que ce n'est pas lui, ça veut dire que c'est lui. Et à partir de là, elle commence à se forger une conviction.

[00:32:03]

Et personne ne l'entendra jamais pendant quinze ans. La deuxième fois qu'il en parle, il écrit à la justice. Il va être jugé à Charleville-Mézières. Il dit Je vais être jugé, c'est pas moi. Mais je voudrais être jugé aussi pour le meurtre de deux victimes. Plus Estelle Mouzin, donc, il en reparle tout seul, sans qu'on lui demande rien. Donc là, il a toute sa mémoire. Il a dit sa mémoire. Il a encore une bonne partie de sa mémoire aujourd'hui.

[00:32:27]

Vous préciserai 2015? Il est entendu par la juge Sabine Carice. La juge d'aujourd'hui 8èmes juge d'instruction du dossier, soit dit en passant, qui lui demande Bon, vous avez donné ces trois noms? Pourquoi ces trois noms? Et lui dit si ces jeunes filles n'étaient pas, n'avait pas croisé ma route? Elle serait peut être vivante aujourd'hui. Quelque quelque temps plus tard, sur une autre audition, il va dire Estelle Mouzin. Il y a peut être là quelque chose à creuser.

[00:32:52]

C'est sinistre, c'est CCC. C'est pitoyable.

[00:32:56]

Mais à chaque fois, il joue et il ne cesse de parler d'Estelle Mouzin, dont on se rend compte finalement, que c'est un cas qu'il a étudié, pour lequel il s'est construit un alibi solide, extrêmement solide et pour lequel il a encore semé des petits cailloux. Il a semé des petits cailloux. Ça, c'est absolument fascinant. C'est que on a le sentiment et c'est le cas d'ailleurs. Beaucoup de tueurs psycho parce qu'il est enfermé dans un monde de signes Fourniret d'allusion, c'est presque un langage ésotérique.

[00:33:31]

Je vais vous donner un petit exemple de la maison sur laquelle j'ai travaillé, moi, depuis deux ans. Je suis arrivé à cette maison qui est la maison où était séquestré Estelle Mouzin grâce à Michel Fourniret. Parce que je suis allé dans le dossier, le dossier belge, le dossier français et j'ai relu les premiers tomes du dossier. J'ai tout relu et je cherchais quelque chose qui pouvait ramener à cette période du 9 janvier 2003 un ticket de caisse. N'importe quoi.

[00:33:57]

Un chèque? Je ne sais quoi.

[00:33:59]

Et je tombe sur un fax que Fourniret envoie à son frère. Estelle est enlevée le 9 janvier à 18 heures, le 12 janvier, deux jours et demi plus tard à 10h30.

[00:34:12]

Il envoie un fax à son frère en disant somme de retour de l'étranger sont passés à ville sur lui. Bravo pour la dératisation! Bonne année, Michel! On sait qu'il a séquestré la petite à cet endroit. On ne sait pas combien de temps, mais on est dans la période. On est deux jours et demi après, il envoie un mail à son frère, un fax à son frère en lui disant ville sur l'humain. Moi, je suis persuadé qu'il a laissé un indice et que c'est et il s'est dit Si je me fais arrêter, quelqu'un trouvera peut être l'indice.

[00:34:43]

Mais en faisant ça, il donne une indication, comme disait quand même.

[00:34:47]

Fascinant, bien sûr, c'est absolument fascinant et captivant et presque hypnotique. Mais comme le disait maître ce banc, il faut qu'il ait la main sur le dossier pour repérer Fourniret. Pour qu'il puisse parler, oui, pour qu'il puisse parler. C'est lui, le patron.

[00:35:01]

Voilà Hurtado. De la même façon que pendant son procès à Charleville-Mézières, il a vu. Il se prenait pour le président. C'est lui qui voulait diriger l'audience. C'est lui qui va diriger l'enquête. La juge qui a compris sa. Logie, sa personnalité le laisse dire c'est bien madame la juge, il lui délivre des bons points, comme s'il était le maître, si elle était l'élève. Là, quand il est dans cette position là et qu'il a l'impression de diriger l'appel, quand on fait des comptes, on fait des fouilles où la juge d'instruction, quand on essaie de le faire parler, quand il a l'impression que c'est lui qui est le maître du jeu.

[00:35:33]

Et bien là, peut être, il daigne avancer.

[00:35:36]

L'affaire Estelle Mouzin, qui arrive à l'épilogue, approche donc du dénouement, mais n'est pas arrivé à son point final. Toutes les recherches, les fouilles entreprises se sont soldées par des échecs et l'apaisement pour la famille d'Estelle, notamment pour son père Eric Mouzin, qui n'a jamais cessé de se battre pour que la vérité surgisse. L'apaisement ne viendra. On le sait, qu'avec la découverte du corps, enterré quelque part sans doute dans la terre des Ardennes.

[00:36:06]

Et lors du crime, c'est resté Jean Richard. L'heure du crime consacrée ce soir à Michel Fourniret a ces derniers rebondissements dans l'affaire Estelle Mouzin. Les déclarations de son ex-épouse Monique Olivier. Une trace ADN. Tout confirme que le tueur en série a bien enlevé, séquestré, violé et tué la petite fille.

[00:36:29]

17 ans que Eric Mouzin, le père d'Estelle, court après une vérité qui aujourd'hui se précise. Un père qui s'est battu longtemps contre des moulins, qui a tout fait pour que le nom de sa fille ne tombe pas dans l'oubli et a été parmi les premiers à insister sur le cas Fourniret. Dès 2013, il avait déjà la conviction que Michel Fourniret était bien le prédateur qui se cachait derrière l'enlèvement de sa fille.

[00:36:56]

Nous allons demander prochainement, avec Didier Seban et Corinne Herrmann, la vérification de certain nombre de points sur la partie Fourniret du dossier. Pour que une fois pour toutes, on est le maximum de réponses permettant de décider qui Fourniret doit garder dans le dossier ou totalement écarté. Moi, je considère aujourd'hui que cet aspect du dossier reste à traiter, même si les enquêteurs, certains enquêteurs considèrent que tout a été fait et que Michel Fourniret n'est pas dans le dossier. Mais je crois qu'il faut faire une vérification systématique et approfondie pour en avoir le coeur net une bonne fois pour toutes.

[00:37:39]

Pas beaucoup d'écho à cet appel prémonitoire que Eric Mouzin n'a cessé de marteler. Soutenu en cela par ses avocats Didier Seban, Corinne Herrmann. Si le scénario de la mort d'Estelle ne fait plus de doute et livre ses contours, l'interrogation principale d'Eric Mouzin reste sans réponse. Où est enterré le corps de sa fille? Où repose t elle? La maison de ville sur lui n'a jamais révélé de sépulture. Elle a pourtant été fouillée de fond en comble. La juge Guerry savait mobiliser des moyens exceptionnels pour ce chantier.

[00:38:08]

La section de recherches de la gendarmerie de Dijon avait ainsi mis sur pied un dispositif spécial pour tenter de percer la cave de la maison. Fourniret avait affirmé qu'il avait coulé ici une dalle de béton. Vrai ou faux? Il fallait vérifier. Un géo radar, une machine capable de détecter des irrégularités dans le sol jusqu'à un mètre cinquante de profondeur, avait été utilisé, tout comme un drone équipé d'une caméra hyper spectrale permettant d'étudier la végétation des plongeurs. Et même un archéologue n'avait pas pu déceler le moindre indice pouvant mener au corps d'Estelle Mouzin.

[00:38:45]

Michel Fine, on s'en souvient au château de Soutoul, toujours dans les Ardennes, une autre résidence de Fourniret, c'est lui et lui seul qui avait désigné l'endroit où allaient être retrouvés les corps de deux de ses victimes, la petite Elisabeth Brichet et des petits jeunes Rameaux. Voilà exactement Marie-Jeanne. J'avais oublié son prénom. Peutil Michel Fourniret? Avoir encore à nouveau une révélation comme ça? Un flash qui pourraient surgir et désigner un endroit?

[00:39:14]

C'est difficile de se prononcer sur ce qu'il peut faire. On ne sait jamais ce que va faire Fourniret à l'avance, mais on peut voir comment il a réagi. Effectivement, pendant les fouilles au château du Sōtō, Michel Fourniret laisse les enquêteurs chercher, désigne vaguement deux endroits et les laisse s'enferrer. Et ça dure des heures et ça dure des heures. Il y a cette excavatrice là, cette pelle qui, qui, qui, qui, qui fouille et qui ne trouve rien.

[00:39:42]

Et puis, au bout de plusieurs heures, il finit par dire mais creuser un peu plus à un mètre cinquante et à un mètre cinquante, alors que tout le monde est très fatigué, il n'y croit plus. Et on trouve les corps.

[00:39:54]

On trouve les corps, donc, mais il se. Il se comporte en. Il donne des ordres au monsieur. Qui est qui? Qui dirige l'appel. C'est lui qui donne les ordres.

[00:40:06]

C'est parce que c'est parce qu'on le laisse faire et que c'est lui qui dirige les opérations qu'il va permettre de trouver. Le corps des deux victimes. Quelques années plus tard, en 2006, deux ans plus tard, en 2006, quand on va chercher le corps d'Isabelle Laville, qui est historiquement sa première victime, il ne va pas aider les enquêteurs dans tout le département. Il va s'enfermer dans son camion en disant Je ne sors pas. Tant que le père d'Isabelle Laville ne vient pas me parler, il va mettre au supplice ce pauvre papa d'Isabelle Laville en lui faisant vivre des moments épouvantables.

[00:40:43]

Il va se jouer de tout le monde et finalement, il ne donnera aucune indication. Et ce n'est que par un appel à témoins que le lieu sera sera retrouvé. Pas parce qu'un maire du coin va donner un indice. Qu'est ce qu'il va faire aujourd'hui?

[00:40:55]

Moi, je pense qu'il va essayer de jouer avec un cousin, de jouer avec rythme.

[00:40:58]

C'est depuis le début, d'ailleurs, il cherche à le rencontrer, cherche Eric Mouzin, qui est beaucoup plus intelligent et qui est quand même quelqu'un de psychologiquement très fort, ne se laisse pas, n'a jamais cédé à ce qui jamais d'ailleurs lui même.

[00:41:08]

Il ne veut même plus prononcer le nom de Fourniret. Il ne le désigne que par son matricule et le désigne comme un maître chanteur.

[00:41:17]

Sordi, des sinistres. Est ce que, d'après vous, l'état psychologique de Fourniret permet l'espoir d'une audition normale? On a beaucoup dit qu'il perdait la mémoire, que l'on ne savait plus très bien ce qu'il disait.

[00:41:31]

Alors, d'après ce que je sais, au dernier procès, les experts ont dit qu'il commençait à avoir une maladie neurologique, d'après ce que je sais aussi. Les dernières personnes qui l'ont vu en dehors de la juge et qui sont les avocats d'Eric Mouzin, donc Didier Seban et Corinne Herrmann l'ont vu à l'automne dernier lors de la dernière reconstitution à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Ils vous disent il va très bien, mais parfois, il a des petites absences. Mais il conect. Il plaisante et c'est horrible.

[00:42:01]

Il réfléchit, il réagit. Tout va très bien. Est ce qu'il est fatigué depuis qu'il s'est un peu fatigué? Je crois que la période Kovy a été compliquée en prison, peut être même pour lui, mais il n'a pas une maladie d'Alzheimer. Il a encore de la mémoire.

[00:42:19]

Encore une question, Michel Fine. Une fois que le corps d'Estelle et souhaitons le, sera retrouvé, le dossier Fourniret pourrait être en tout cas celui là. Refermé, sans doute. Il reste d'autres questions, d'autres cas. Ce n'est pas le dernier secret, comme disait Didier Seban, de Michel Fourniret.

[00:42:36]

Ce n'est évidemment pas le dernier. Parce qu'il faut savoir que Michel Fourniret était quelqu'un qui n'avait pas besoin de travailler, il ne travaillait pas pour la plupart de sa période criminelle. Il partait avec son camion, il avait de l'argent. Il avait volé le trésor du gang des postiches, qu'il avait de l'argent. Il payait en liquide et partait des journées entières avec son camion. Il pouvait traverser la France. Il pouvait aller en Italie, pouvait aller en Espagne.

[00:43:00]

Il pouvait aller n'importe où et il avait l'habitude de tuer dans un endroit, de traverser la frontière et de déposer le corps dans un autre endroit pour brouiller les pistes. Il y a à Charleville-Mézières une pièce avec un millier de scellés de l'affaire Fourniret. Une tarte. Une grosse partie de ces scellés ont été repris aujourd'hui par la juge d'instruction, qui a demandé qu'on refasse des analyses ADN. Peut être ces analyses ADN vont parler. Probablement qu'elles vont parler. Elles ont parlé pour Estelle Mouzin.

[00:43:29]

Elles ont parlé pour la petite Lydie Logez, qui est la dernière une des dernières victimes qu'on a retrouvée de Michel Fourniret. Elles parleront peut être pour d'autres. D'abord parce que il y a des endroits où on n'a pas cherché de traces ADN. Et puis, parce que les techniques ont évolué. Donc, je pense qu'on peut avoir beaucoup d'espoir et qui a peut être beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de victimes de Michel Fourniret et son Olivier.

[00:43:51]

Il y a d'autres dossiers qui pourraient lui être imputés. Oui, dans les mois ou les années à venir. Probable, c'est probable. C'est logique, en tout cas, s'il je pense que la juge Carice, effectivement, se chargera de regarder si tout cela est vrai. Et il faut quand même lui tirer son chapeau ce soir. Cette magistrate qui a fait un travail incroyable de la huitième juge du 8ème juge, la première qui s'est vraiment intéressée au dossier, qui s'est fait briefer et qui a pris le temps de connaître, d'examiner, de comprendre la psychologie de Michel Fourniret et de Monique Olivier.

[00:44:24]

Il n'y a qu'en comprenant la psychologie de ces deux êtres qui sont quand même pas des êtres normaux.

[00:44:30]

Bien évidemment qu'on peut arriver à faire avancer le dossier et à mettre les pièces du puzzle ensemble, 17 ans après le temps qui s'accélère, donc, pour que Fourniret livre à sa façon ses derniers secrets. Pas son dernier secret avant qu'il ne soit définitivement trop tard. Merci Michel Fing, d'avoir été notre invité dans le studio de L'heure du crime. Un grand merci à Maître Didier Seban d'avoir été en ligne sur RTL dans cette émission. Didier Seban, avocat avec Corinne Hermann, du père d'Estelle Mouzin.

[00:45:02]

L'heure du crime, émission préparée par Justine Vignaux, est réalisée par Marc Bisser. Un grand merci à tous pour votre fidélité.