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Vendredi 4 décembre. Aujourd'hui, je me demande la science fiction peut elle nous aider à préparer les défis de demain? En tout cas, c'est ce que pense le ministère de la Défense, qui recrute des auteurs de science fiction pour imaginer les conflits du futur et pour aider, bien sûr, l'armée à mieux les anticiper. Je vais me pencher aussi sur le marché des masses quantiques au vide.

[00:00:27]

Les collectivités locales ont signé avec les fabricants des contrats de plusieurs centaines de milliers d'euros, ce qui a donné lieu à quelques dérives. Et puis, leur parole est rare. Des clients de prostituées témoignent et racontent pourquoi elles ont décidé de se payer les services d'un escorte. Et leur profil est bien plus varié qu'on ne l'imagine. Bienvenue!

[00:00:48]

Je suis Célina Natio et c'est parti pour le quart d'heure. Quand je suis tombé sur cette petite annonce, il y a quelques mois, j'ai d'abord cru à un canular. Ministère de la Défense recrute auteur et scénariste de science fiction. Envoyez CV et lettre de motivation.

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Ne soyez pas très bien le rapport entre l'armée française de 2020 et les doux rêveurs qui nous emmène au pays des robots ou des colonies sur Mars. Et bien figurez vous qu'elle est très sérieuse, cette petite annonce. La preuve aujourd'hui, avec le lancement de la Red Team, l'équipe rouge qui va réunir ses fameux auteurs de science fiction sélectionnés par le Ministère pour imaginer les guerres du futur. Bonjour Franck Cognard, bonjour, spécialiste défense à la rédaction de France Info.

[00:01:42]

Alors de quoi vous servir ces auteurs de science fiction recrutés par le ministère?

[00:01:47]

Eh bien, ils vont servir à imaginer l'inimaginable et penser l'impensable. Ça veut dire qu'en fait, quelque part, les militaires, ceux qui font de la prospective parce qu'il y a plein d'officiers qui travaille là dessus sur les stratégies à l'horizon 2030 2060 qui commencent à imaginer les scénarios des guerres du futur. Il y a des gens qui sont chargés de ça, mais le problème avec les officiers français, c'est qu'ils sont tous sortis à peu près du même moule qu'est en gros l'Ecole des officiers de Saint-Cyr, qui formate ces gens avec une pensée assez classique où on développe pas beaucoup l'imaginaire et le ministère des Armées.

[00:02:17]

C'est dit. J'ai besoin d'imaginaire pour nourrir mes réflexions sur cet horizon 2030 2060, pour imaginer des grandes pandémies. On les vit aujourd'hui pour imaginer des scénarios que les militaires n'osent pas projeter pour l'instant. Concrètement, ils vont travailler comment alors? Concrètement, ces équipes ont été recrutées, encadrés par des militaires. L'idée, c'est d'avoir des auteurs d'anticipation dans l'équipe et des militaires chargés de la prospective dans les deux domaines ne sont pas très loin de la prospective. C'est se baser sur du rationnel, sur des documents et aller dans des scénarios qui sont trop rationnels.

[00:02:49]

Justement, l'auteur d'anticipation, lui, à partir de ces mêmes données, de ces mêmes documents, va faire travailler plus. Son imagination va plus imaginer de la disruption, ces scénarios disruptive dont on veut absolument le ministère des Armées. Et ils vont avoir accès, ces auteurs, à des informations classifiées comme les militaires. Ils vont élaborer là dessus des scénarios qui seront aussi classifiés, dont on n'aura pas forcément idée de ce qui les sous tend ces scénarios. Quelle est l'imagination?

[00:03:13]

Est ce que l'on part sur une pandémie? Est ce qu'on part sur un autre type d'intervention militaire? Etc. Donc, ils vont travailler en petite équipe pour essayer de pondre ces scénarios. Au fur et à mesure, on va les lire. Ce ou alors? Sans doute pas. En tout cas, pas tous. A partir du moment où ces scénarios sont basés sur des informations classifiées parce qu'il faut partir de quelque chose, il y a de fortes chances que la majorité de ces scénarios soient classifiés.

[00:03:34]

Est ce que vous savez si l'idée a séduit le milieu de la science fiction? Mettre son imagination au service de l'armée là ou là, c'est à dire?

[00:03:42]

Il y a eu tout un débat quand même dans le milieu de la science fiction française, ce qui est plutôt un million, on va dire, ancré à gauche et à l'extrême gauche en partie, qui est basé sur toute une idéologie sociale héritée des années 70, un peu comme dans le polar français des années 70. Et ces auteurs se demandaient si ce n'était pas quelque part se vendre un peu à l'ennemi que de collaborer, d'être recruté par le ministère des Armées pour élaborer des scénarios.

[00:04:04]

Il y a donc des assurances qui ont été demandées, c'est à dire qu'on ne va pas demander à ces auteurs de science fiction d'imaginer une nouvelle arme laser hyper puissant, etc. Non, on va leur demander de travailler sur des scénarios, des conflits et des menaces à l'horizon 2030 2060. Voilà comment ça va se passer à peu près. Ils n'ont peut être pas tort. Les militaires de voir chez les auteurs de science fiction une source d'inspiration.

[00:04:26]

Car parfois, ils tombent juste, comme en témoigne le film Contagion, qui avait imaginé en 2011 l'arrivée d'une grande pandémie mondiale.

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D'ailleurs, l'idée de cette rétine vient des Etats-Unis, qui travaille depuis les années 50 avec des écrivains. Même le pape de la science fiction moderne, Isaac Asimov, avait été approché à l'époque. Plus récemment, les Marines américains se sont adjoint les services de Max Brooks, le créateur de World War Z, un terrifiant film de zombies.

[00:04:57]

Espérons quand même que ça ne va pas nous porter la poisse. Thierry Guerrier, qu'est ce qui se passe? Est ce qu'il y a des pays qui font mieux que nous? On n'en sait rien. Je ne vais pas vous obliger. Ne dites pas que vous n'êtes pas à la hauteur de cette mission. Notons donc que les zombies envahissent la planète. La pandémie de coronavirus est elle toujours bien là? Hier, le gouvernement a précisé sa stratégie de vaccination, qui devrait commencer dès le mois de janvier prochain pour les personnes âgées.

[00:05:42]

Malgré tout, il va falloir continuer à respecter les gestes barrières et à porter le masque pendant plusieurs mois, prévient Olivier Véran, le ministre de la Santé. On va donc continuer à produire et d'acheter des masques Quantico Vid, un juteux marché qui pourrait bien avoir occasionné quelques dérives depuis le début de la crise sanitaire. C'est ce que montre la cellule investigation de Radio France, qui a enquêté sur les contrats passés par les collectivités locales, les régions, les départements, les mairies pour s'équiper en millions de masques.

[00:06:14]

Un masque par habitant. C'est notre engagement. Chaque Limougeaud recevra dans sa boîte aux lettres un masque en tissu réutilisables offert par la Ville de Limoges avec Sylvain Tronchet et Elodie Guégan, s'est penchée sur ces contrats de centaines de milliers d'euros conclus avec des entreprises parfois assez peu expérimentées en la matière. Il y a plusieurs types d'entreprises. Nous, ce qui nous a marqué, c'est notamment les entreprises qui ont livré les masques chirurgicaux au tout début, qui sont fabriqués en Chine.

[00:06:44]

On a vu que des régions ont dû se tourner vers des fournisseurs aux profils extrêmement étonnants dans les Hauts de France. On a fait appel, par exemple, à quelqu'un qui évoluait dans la sidérurgie, un autre qui vendait des presse agrumes. On a vu un sommelier dans le sud de la France qui a obtenu un gros marché de masques en tissu avec la ville de Marseille et avec l'armée. Vraiment des profils très étonnant de personnes qui ont réorienté leur activité.

[00:07:09]

Comment elles ont été choisies? Ces entreprises aux profils parfois improbables. Alors ce qu'il faut savoir, ces Céline, c'est que pendant cette première vague de la crise du Covidien, les règles qui encadrent normalement les marchés publics ont été considérablement assouplies et on a autorisé les collectivités locales à ne pas passer d'appels d'offres. Ce qu'elles doivent faire quand il y a des millions d'euros en jeu comme ça. Et finalement, les élus, les collectivités ont pu choisir leurs fournisseurs en passant des marchés de gré à gré quelque part.

[00:07:42]

Et c'est là qu'on a pu noter des risques de dérives, avec des risques de favoritisme, de clientélisme. En se tournant vers des personnes qu'on connaît, qui sont des entrepreneurs de votre région. Évidemment, toutes les entreprises n'ont pas pu candidater. Ce n'était pas très équitable. C'était pour favoriser l'emploi local. Alors oui, d'ailleurs, ça a été un des enjeux de cette bataille. Quelque part qu'on a vu ça. Par exemple en Auvergne Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez, avec Xavier Bertrand, également dans les Hauts de France, qui ont commandé des millions et des millions de masques en disant On va les fabriquer chez nous, on va favoriser l'emploi local.

[00:08:20]

Quand on regarde au final, beaucoup de ces masques ont dû être commandés à l'étranger, en Tunisie ou ailleurs. Est ce que vous montrez dans votre enquête ce qui parfois fait moi ce qu'ils ont été acheté très cher par les collectivités? Oui, il y a vraiment des marchés qui posent question. On en a trouvé un, notamment à Marseille. La ville de Marseille a acheté plus de 250.000 masques à 5 euros 50 l'unité hors taxes, qui est très cher.

[00:08:47]

Pour une telle commande. On n'a pas trouvé de masque plus cher que celui là, alors on s'est tourné vers l'entreprise qui nous a dit oui, mais c'est un tissu particulier certifié par la DGM. En fait, beaucoup de masques en tissu ont été certifiés par la Direction générale de l'armement. On a vu que ce masque était lavable a priori 10 fois, ce qui n'est pas non plus énorme. Et on nous a dit oui, mais c'est un masque.

[00:09:11]

l'Union européenne, en fait, c'est un masque qui a été fabriqué en Bosnie. La Bosnie ne fait pas partie de l'Union européenne et là bas, les travailleurs sont extrêmement mal payés dans le secteur textile. Donc, on n'a pas trouvé pourquoi la ville de Marseille avait payé autant pour cette commande de masques qu'en tissu. Est ce que ça a été facile de mener cette enquête? Est ce que les collectivités ont joué le jeu? Ça a été compliqué, ça dépend des régions.

[00:09:34]

En fait, il y a des régions qui ont joué le jeu, qui nous ont adressé les documents, les factures tout de suite. Je pense à la Bretagne, à la nouvelle Aquitaine, au Centre-Val de Loire, à des métropoles également. Et puis d'autres qui, au contraire, ont freiné des quatre fers. Ça a été compliqué. Il a fallu batailler. Auvergne, Rhône-Alpes et de France n'ont jamais voulu nous donner leurs factures, comme la Corse, d'ailleurs.

[00:09:57]

l'Occitanie, il a fallu beaucoup batailler. On voit que la transparence n'est pas encore dans la culture française, dans la culture des régions. Et pourtant, ces documents, ses factures, puisqu'il s'agit quand même d'argent public, eh bien, elles sont censées être publiques. N'importe quel citoyen. Toi, moi, on devrait pouvoir les demander et les obtenir. Merci beaucoup, Elodie de. Menée avec Sylvain Tronchet, codice9 les dérives des marchés publics. C'est donc à retrouver dans Secrets d'info de Montrésor, sur France Inter et sur France Inter point.

[00:10:31]

FR.

[00:10:35]

Beau gigolos dans le gigolos.

[00:10:54]

Dans l'imaginaire collectif, l'homme qui accepte de l'argent en échange d'une relation sexuelle avec une femme, c'est un séducteur, un opportuniste qui n'a pour cliente que des vieilles dames plein aux as qui l'emmènent dans de beaux hôtels. Mais derrière ces clichés, il y a une réalité beaucoup plus complexe. Il y a un vrai marché, aussi organisé autour de sites Internet, d'agences d'escortes à destination d'une clientèle beaucoup plus diverse qu'on ne pourrait l'imaginer. Beaucoup plus jeune aussi, vers l'âge de 30 ans.

[00:11:26]

J'ai commencé à vouloir tester des choses du point de vue sexuel parce que j'étais en couple depuis l'âge de 22 ans avec la même personne avec qui je m'entends très bien. Mais revenait cette idée que j'aurais envie d'une sorte de kiné, du sexe où je pourrais aller, qui me ferait ce qu'il me faudrait et je lui libérerait des tensions. Ça reste un peu un fantasme comme ça d'aller voir un professionnel comme on y va dans d'autres secteurs de la santé.

[00:12:00]

Et puis, l'idée a fait son chemin jusqu'à ce que je me décide à tenter l'expérience d'un escortes.

[00:12:10]

Ce témoignage a été recueilli par la journaliste Pauline Verdier dans son livre Vilaine fille, qui vient de paraître aux éditions Anne Carrière.

[00:12:19]

Elle donne la parole à ces femmes de tous âges, de tous profils, qui décide un jour d'avoir recours à du sexe tarifé.

[00:12:26]

Il y a plusieurs raisons pour se tourner vers l'échange sexuelles tarifées. Il y a simplement la recherche de sexualité comme un client, un homme. On veut réaliser un fantasme. On veut simplement avoir du plaisir ou simplement avoir un rapport sexuel. Après, il y a d'autres raisons qui peuvent pousser à ça. C'est peut être parce qu'on a des difficultés à rencontrer quelqu'un. Par exemple, j'ai vu une femme, justement, qui était veuve, mais assez tôt, c'est à dire autour de la soixantaine, mais qui avait du mal à faire des rencontres et à trouver des hommes qui pourraient lui plaire.

[00:12:56]

Donc, elle, elle s'est tournée vers un escort, par exemple. Aussi parce qu'on a des difficultés dans sa sexualité. Parce que, par exemple, on a des difficultés à jouir des difficultés, à avoir du plaisir. Une inégalité, peut être dans son couple au niveau de la sexualité. L'échange de plaisir, justement. Et encore autre chose, ça peut être fait. Il y a des femmes, en tout cas, qui m'ont parlé, qui ont vécu des violences sexuelles ou des violences psychologiques dans le couple, etc.

[00:13:22]

Qui, elles, vivent. Le fait d'avoir recours à un escortes comme un espace de réappropriation de leur sexualité parce que c'est un endroit où on peut mettre ses limites éventuellement ou en tout cas, les choses sont claires c'est négocier, c'est parler, c'est négocier. Et ce n'est pas forcément le cas dans une rencontre sur une appli de rencontres ou dans le cadre conjugal, par exemple.

[00:13:46]

En effet, ce message messager pas toujours être tout à fait protocolaire, c'est On s'est embrassé pour la première fois. Et puis un moment, il m'a dit ce que c'est bon pour toi et on a fait avec une douceur. Pas possible. Aucun. Voilà. Toujours en train de me dire c'est bon, t'as pas mal, pas. Je n'avais jamais été respecté comme ça. Et c'est là où j'ai pour la première fois de son discours. Je lui ai dit je dit c'est dur de payer pour faire l'amour et il m'a dit Mais c'est super dur d'être payé pour faire.

[00:14:21]

Payé pour faire l'amour, car les différentes motivations, la dimension thérapeutique. Beaucoup de clients évoquent les amitiés que certaines disent nouer avec leurs escortes, ne font pas oublier que tout cela est avant tout un échange marchand.

[00:14:37]

Comme le dit ce travailleur du sexe, on pourrait croire que Gigolo passe du bon temps des femmes. C'est pas forcément comme ça qu'il faut voir les choses. Vraiment, on est vraiment à disposition des clients. C'est leur plaisir avant tout. Prostitution quelque part, donc.

[00:14:59]

Les clientes sont elles conscientes de cet aspect des choses? Sont elles gênées par cette marchandisation du corps? J'ai posé la question à Pauline vers dusite.

[00:15:10]

La clientèle féminine se pose beaucoup la question de quel rapport elles entretiennent à ces hommes escortes ou à ces femmes escortes? Parce que ça existe aussi. Et en se disant est ce que je les objective? Est ce que je les objectifs? Est ce que ils se sentent forcés? Est ce qu'ils sont en situation de difficultés économiques? Ce que je les exploite et ce qu'ils vont vouloir de moi aussi? Est ce qu'ils se sentent opprimés par moi? C'est une réflexion que m'ont partagée plusieurs femmes, effectivement, qui se posaient même la question de leur légitimité à les contacter, quand bien même, par exemple, l'escortent, avait un site Internet totalement ouvert avec les prestations.

[00:15:44]

Et puis le livre d'or, etc. Il y a des femmes qui se disent mais si ça se trouve, il va me trouver moche. Si vous me trouvez pas bien et ne voudra pas de moi, je le vivrais comme une humiliation absolue. J'ai l'impression qu'en tout cas, les femmes que j'ai interrogées effectivement se poser beaucoup la question de leur rapport dans cet échange là et on avait une très grande conscience.

[00:16:02]

Des femmes qui s'interrogent. Des femmes qui interrogent aussi. Aucune étude n'est parvenue pour le moment à mesurer réellement la part de la clientèle féminine dans la prostitution. Une terra incognita qu'il serait pourtant intéressant d'explorer pour mieux connaître les mécanismes de la relation tarifée. Pour aller plus loin.

[00:16:22]

Aussi que le cliché du gigolo, souvent traité avec beaucoup de légèreté vers un lieu où aux hommes.

[00:16:59]

Allez, c'est fini pour aujourd'hui. Woody Allen dit pour Le Gardeur.