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Jeudi 3 décembre. Aujourd'hui, je me demande est ce que nous allons rester? Incorrigible consommateur. Il y a quelques mois, on pensait que la crise sanitaire allait durablement changer notre manière de consommer. Mais à la veille du Black Friday, on se rend compte que les Français ont repris presque toutes leurs anciennes habitudes. Je vous emmène aussi découvrir les nettoyeurs de l'espace. l'Agence spatiale européenne va lancer la première mission destinée à capturer et détruire un déchet spatial, car ça commence à être encombré là où 8 000 tonnes de débris gravitent autour de la Terre.

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Depuis, Valéry Giscard d'Estaing est mort à l'âge de 94 ans. L'ancien président de la République a été l'un des précurseurs du marketing politique en France. Il a beaucoup travaillé pour tenter de donner de lui même une image moderne et chaleureuse.

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Bienvenue. Je suis Célina Slow et c'est parti pour le quart d'heure. Vous vous souvenez, lors du premier confinement au printemps, on s'était tous mis à faire du pain à coup de Renault Masques. Personnellement, ce n'était pas une réussite. On allait chez les petits commerçants plutôt que dans les hypermarchés. On s'était mis au vélo. On avait commencé à réfléchir au sens de notre consommation, à se dire que finalement, on en avait peut être pas besoin de tous ces trucs made in China.

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Mais ça, c'était avant.

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La bataille des weak arrive sur Amazon. Vous vous sentez séduit par celui du Black Friday chez Sephora? C'est dingue.

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Le Black Friday, c'est maintenant ou jamais.

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Black Friday, Black Friday, Cdiscount, Cdiscount. Ces discours Black Friday en français en 10 disco, le Black Friday.

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Officiellement, en France, ça ne commence que demain. La date initiale a été décalée pour attendre la réouverture de tous les magasins. Mais déjà, on les voit partout. Les promos les moins 30 ou moins 50% et les bonnes résolutions du premier confinement est bien un petit peu oublié.

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J'ai acheté des vêtements. C'est un cadeau pour un bébé qui va naître. Des livres dans une boutique n'étaient pas ouverts durant le confinement et je me suis lancé. Je n'arrête pas de me lancer des fringues, des parfums, des crèmes de jour comme de nuit.

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Et cette dame n'est pas la seule à faire péter le budget. Cette année, les Français dépenseront en moyenne 603 euros pendant la période des Fêtes, une hausse de 54 euros par rapport à 2019. Et ils sont avant tout pragmatiques, les consommateurs. Selon un sondage réalisé par le cabinet Ernst Hyung, seuls 25 pour cent des Français estiment que leurs achats sont aujourd'hui influencés par des enjeux sociétaux ou écologiques. Contre 31 pourcent encore au mois de juillet dernier. Philippe Moati, professeur d'économie, co-fondateur de L'Obs Souccot l'Observatoire société et consommation, me le confirme.

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La crise sanitaire n'a pas entraîné de changements radicaux.

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Ça ne s'est pas traduit, comme on aurait pu l'imaginer, par une poussée de la critique, parce qu'on a été confinés chez soi. On a moins consommé. C'était le moment de faire le bilan. La consommation, c'est si important que ça dans notre vie pour être heureux. Donc, on aurait pu penser qu'effectivement, ça aurait été un facteur de stimulation de la critique. D'autant qu'on a souvent fait le lien entre cette crise sanitaire et les enjeux écologiques. Et quand on sait que les Français ont établi le lien entre l'hyperconsommation et les problèmes environnementaux.

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Mais on ne l'a pas. Ce qui s'est amplifié et accéléré au cours de cette crise sanitaire, c'est plutôt les critères de responsabilité dans la consommation responsable. Il y a deux dimensions. Il y a la dimension strictement environnementale. Cette volonté de consommer de manière plus responsable par rapport à l'environnement était déjà installée. Celle là, on ne l'a pas vu progresser. Par contre, la deuxième dimension de la responsabilité, qui est la responsabilité sociale et sociétale à avoir un impact sur l'économie de son territoire, sur des petits producteurs ou des petits commerçants auxquels on est attaché.

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Ça, ça s'est fortement renforcé.

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Et ça, ça peut résister à la crise économique. La question du prix ne va pas reprendre sa place.

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Finalement, c'est possible parce que consommer responsable, ça coûte quelquefois plus cher. Donc, il est possible que lorsque la contrainte budgétaire va se tendre, elle est déjà en train de se tendre pour une partie non négligeable de la population et d'ailleurs plutôt en bas de l'échelle sociale, ce qui rend la chose encore plus difficile à gérer. Et il est possible qu'effectivement, entre l'idéal d'avoir une consommation utile et la nécessité de faire attention à son budget, il est possible que le curseur bascule du côté de la contrainte.

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C'est tout à fait probable et d'ailleurs, on le voit même dans les enquêtes. Si vous voulez, quand on demande aux gens s'ils sont prêts à payer plus cher pour une consommation responsable, ils sont assez nombreux à dire oui. Mais quand on leur demande combien plus cher, c'est un tout petit peu plus cher. Un tout petit peu plus cher.

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Alors, est ce que ça veut dire que tout va redevenir comme avant? Qu'on va se précipiter tous les samedis dans les boutiques? Et bien, pas forcément, car le confinement nous a donné de nouvelles habitudes. La preuve, c'est la folie en ce moment à la Poste dans les plates formes de gestion des colis.

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Pour donner un ordre d'idée, l'année dernière, notre Picanol était de 24.000. Là, on a atteint notre pic. La semaine dernière, on est monté à 24.000 colis à distribuer. Donc, on dit que c'est donc Noël en automne. Donc Noël avant l'heure, on compterait à peu près entre 200 et 300 pourcents de trafic au quotidien.

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Depuis plusieurs jours, des colis dans tous les sens, ça correspond là aussi à ce qu'on observe Philippe Moati.

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Durant le premier confinement, mais aussi après le confinement, on a observé que les ventes sur Internet ont démarré beaucoup plus rapidement que les ventes dans les magasins. Donc, en gros, l'écart se creuse et les quelques données dont on dispose depuis ce nouveau confinement confortent cet écart. Le commerce prenait des parts de marché au commerce physique. Le processus est en train de s'accélérer. Ce qui est intéressant, c'est intéressant. Ce qui est nouveau, c'est qu'il s'étend à l'alimentaire.

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L'alimentaire est le parent pauvre du commerce. On était très, très en dessous des performances enregistrées, par exemple pour les produits techniques et les produits culturels ou les vêtements. Et là, on est en train de récupérer le retard à la fois à travers le drive. Aussi, ce qui était vraiment le parent pauvre du parent pauvre. L'achat en ligne avec livraison à domicile ou là, on a une véritable explosion du processus avec les conséquences qu'on peut imaginer sur l'équilibre économique des grandes surfaces.

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En particulier, les hypermarchés qui souffraient déjà d'une certaine désaffection, risquent ainsi de voir une partie de sa clientèle partir vers des formes dématérialisées. Donc, même si c'est le même groupe de distribution, ça peut poser des problèmes d'équilibre économique pour les hypermarchés et les effets s'en font déjà sentir.

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Cora, Auchan, Carrefour, ces groupes ont annoncé des suppressions de postes ces derniers mois et des restructurations profondes pour mieux s'adapter aux habitudes des consommateurs du monde d'après.

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Quittons les rayons des hypermarchés. Je vous propose maintenant qu'on lève les yeux vers les étoiles.

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Vous savez vous que le ciel est devenu un vaste dépotoir? Eh bien oui, c'est plein de déchets spatiaux. Laot, des restes de fusées, des morceaux de satellites, 23000 débris gravitent autour de la Terre, 8.000 tonnes au total.

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Résultat d'un demi siècle d'activité dans l'espace. Alors on pourrait se dire que c'est pas bien grave, que ça n'abîme aucun milieu naturel, que ça n'embête personne. Mais la circulation spatiale commence à être un brin compliquée. Cette année, la Station spatiale internationale a dû modifier trois fois sa position pour éviter de croiser un déchet. Il faut dire qu'à 28.000 kilomètres heure, la moindre collision, même avec un boulon, pourrait être très dommageable pour un incrédule avec les débris de.

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Ben oui, souvenez vous du film Gravity. C'est comme ça que les ennuis avaient commencé. Et puis on a tort de penser que tous ces débris vont sagement rester en orbite un moment ou un autre, ils finissent toujours par tomber.

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Comme le raconte Christophe Bonnal, ingénieur au Centre national d'études spatiales, au moment où ils rentrent sur Terre, ils traversent l'atmosphère et pendant la traversée de l'atmosphère, ils subissent un freinage extrêmement violent et un échauffement très, très élevé. Donc, globalement, ils fondent malheureusement pas complètement. Il y a des objets qui ne font pas exemple le titane ne font pas le carbone. Donc il y a à peu près 10 à 20 de la masse d'un satellite ou d'un étage supérieur qui survit à leur entrée et impacte la surface du globe.

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On touche du bois. Pour le moment, il n'y a jamais eu de victimes. Il y a une personne qui a été touchée par un débris dont c'était un débris très léger qui s'est posé délicatement sur son épaule. C'est un peu comme une feuille morte qui fumait, peut être portée au shérif du coin qu'il a à la NASA et on a vu que c'était un morceau de tâche de fusée qui était rentré.

[00:09:14]

Un morceau de fusée qui vous tombe soudainement sur l'épaule, ça doit quand même faire bizarre. Alors pour éviter ça? Eh bien, il faut des poubelles. l'Agence spatiale européenne a décidé d'ouvrir la voie. Elle vient de signer un contrat avec une start up suisse quilleurs Spice pour mener les premières missions de nettoyage de l'espace. Louiza Innocenti, qui mène ce projet, me raconte comment se passera la première opération prévue pour 2025.

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On va lancer un satellite qui fait à peu près la taille des 500 kilos, va se rapprocher au débris qu'il doit capturer, commençait à observer l'objet. Les débris, avec tous les sensors qu'il à bord, commençaient à comprendre comment les débris bauche dans l'espace. Ça, c'est une chose que nous pouvons pas vérifier depuis la Terre. Il faut être dans l'espace proche de l'objet pour comprendre à une fois qu'on est sûr que tout se passe bien. On lancera la capture en elle même.

[00:10:19]

La capture va être fait avec quatre tentacules qui vont encercler les débris avant de se fermer. Et les deux objets ensemble vont rentrer et vont se détruire dans une atmosphère.

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Vous allez me dire c'est beaucoup d'efforts pour détruire un seul débris, en l'occurrence un morceau d'une ancienne fusée européenne. C'est beaucoup d'argent aussi. Le contrat signé par Clear Space s'élève à 100 millions d'euros. Mais cette première mission, c'est avant tout un test.

[00:10:49]

On voit quand on l'Arafer. l'Industrie européenne sera capable de faire des missions plus complexes pour enlever des débris qui sont peut être plus gros, mais aussi aller vers le concept des dépendances, qui enlève plusieurs débris à la fois. Derrière cette première mission est là une de machette. Martial. Un marché commercial, car des opérateurs privés comme Space X Bleau Regierung prévoit de lancer dans les prochaines années des milliers de petits satellites et tous ses propriétaires vont être contraints de gérer la fin de vie de leurs objets spatiaux.

[00:11:29]

Alors, quand on lèvera les yeux au ciel dans quelques dizaines d'années, on s'apercevra peut être des dépanneuses de l'espace en train de faire un peu de ménage dans le dépotoir orbital.

[00:11:43]

Espace frontière de la vie. Faire 50 km à ski sur le circuit des 3 Vallées n'est pas à la portée de n'importe quel skieur en le réalisant lundi sous un soleil radieux. M. Giscard d'Estaing a prouvé qu'il était un sportif accompli. Tête nue, en simple, puis lovers, débarrassée des journalistes et des gendarmes qui assurent sa sécurité, M. Giscard d'Estaing est enfin en liberté.

[00:12:08]

Elle est intéressante, cette archive de 1975, car elle nous apprend beaucoup de choses.

[00:12:14]

Attention, Valéry Giscard d'Estaing, que sur sa communication, sur l'image qu'il voulait donner de lui même.

[00:12:21]

Les Jeux, c'est un pur produit de l'élite française. Polytechnicien, énarque, issu de la grande bourgeoisie, qui a travaillé dur pour casser cette image, pour apparaître plus moderne, plus proche des Français que ne l'était de Gaulle ou Pompidou dans les années 60, le jeune ministre Mehdi PUL, pour aller à la télé, joue au football devant les caméras et de l'accordéon.

[00:12:45]

Chemise à carreaux.

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Un jour, un vieux monsieur dans la banlieue d'Innsbruck qui m'a proposé de me donner des leçons d'accordéon. Je me suis dit au fond, pourquoi pas? Et de préciser le format Voyez assez longtemps, ce qui fait que ma pratique est malheureusement un petit peu éloigné. Vous verrez d'ailleurs vous rendre, non, je ne crois pas vraiment dans la tenue de circonstance. On ne peut pas jouer avec un veston. Il a beaucoup travaillé sa communication, comme il l'a reconnu bien des années plus tard.

[00:13:20]

Même s'il nie avoir joué un rôle dans sa vie publique.

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Les obstacles, évidemment, c'est la raideur, c'est la distance, c'est la mauvaise communication au sens de la voix ou du geste. Je n'ai pas travaillé pour voir. Vous savez, pour jouer un rôle, j'ai travaillé pour voir comment je pouvais communiquer ce que j'étais au travers de l'image.

[00:13:44]

Il est le premier, d'ailleurs, à embaucher un communicant pour l'accompagner dans sa conquête de l'Elysée.

[00:13:50]

Et puis, il se laisse filmer par Raymond Depardon pendant sa campagne présidentielle. Cela consiste à ne rien faire parce qu'au gros, l'ancienne majorité a 45% des voix. Je suis content de voir. Recueillez, ils voteront pour moi pour voter ailleurs. Purell Le Pen qui est à peu près autant plus qu'une autre personne. Autrefois, cette élection est pratiquement gagnée sur le fer.

[00:14:20]

Le film montre toutes les coulisses. Trop, peut être. Giscard interdit la sortie du film. Parti de campagne ne sera présenté au public qu'en 2002. En revanche, il a bien retenu les bons conseils de Kennedy, à qui il espérait ressembler, comme le raconte le journaliste Patrice Duhamel, qui lui a consacré un documentaire quand il était allé voir Kennedy en 62.

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Kennedy lui avait dit qu'en fin de campagne présidentielle, il faut être joyeux parce que ça se transmet à tous ceux qui vont être appelés à voter. Il faut trouver un slogan. C'est devenu le changement dans la continuité. Giscard à la barre, etc. Il faut mettre en avant sa famille. Pensez à mettre en avant votre famille. Il a été le premier candidat et président élu à l'avoir fait.

[00:15:07]

A vous tous, je souhaite, au nom de la France, une bonne et heureuse année 1976. Je crois qu'à veut aussi vous exprimer à toucher à tout. J'exprime mes vœux très chaleureux que cette année nouvelle vous apporte le bonheur, la santé et le succès.

[00:15:33]

Ne laissons pas super à l'aise, n'est ce pas? Les locataires de l'Elysée. Et pourtant, pendant tout son mandat, il aura essayé. Valéry Giscard d'Estaing de bousculer les codes. Il s'invite à dîner chez les Français. Il accueille des éboueurs pour un petit déjeuner de Noël. Il fait la une de tennis magazine avec short et raquette et se laisse photographier en maillot de bain. Mais cette stratégie a des limites et ses opposants lui reprochent de désacraliser la fonction présidentielle.

[00:16:04]

En 1980, il perd largement contre François Mitterrand. Valéry Giscard d'Estaing quitte alors l'Elysée, mais pas le marketing politique qui lui est toujours là.

[00:16:16]

Roger. Va. Sans. Allez, je vous laisse, je vous dis au revoir et à demain pour le quart d'heure.