Happy Scribe
[00:00:00]

C'est un peu comme ça, la mère, elle nous prend comme comme elle veut. Et puis nous, on doit faire un petit peu avec et. Le monde idéal, c'est de commencer avec du vent tout doux puisque le vent y monte progressivement. Et là, c'est un peu l'inverse qui s'est passé. Seul en mer. Isabelle fait partie des Rahn indicatrices qui tentent le Vendée Globe, cette course au large autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance.

[00:00:42]

Elle Skip, l'Imoca et MACSF, un bateau de 18 mètres extrêmement technique. Je suis Aline Pinoteau, bien petite navigatrice en comparaison.

[00:00:53]

Et voilà qu'en papotant avec Isabelle sur les pontons de la base. Elle m'embarque dans une envie de podcast. Une chose en entraînant une autre sur les pontons de la base à Lorient, j'ai mis dans les mains d'Isabelle un enregistreur et je lui ai montré quelques rudiments et le voilà embarqué à bord. MACSF lors d'un entraînement atlantique en solitaire, un long entraînement de 20 jours où Isabelle M. Dit elle se perdre dans l'océan et que cela dure longtemps alors que je lui envoie de temps en temps des questions à terre.

[00:01:30]

Alain Gautier, team manager. Florian Schiffrin, beau capitaine, et Marine Vio, coordinatrice générale, sont parfois en contact par Watsa. Conversation avec l'Atlantic, deuxième partie au beau milieu de blues.

[00:01:58]

Le 29, à 9h45, Marine Vio Isa J'ai fait un groupe d'amis sur WhatsApp dans lequel le pouvoir donner des news régulièrement et une photo de temps en temps. Et pour l'instant, dans le groupe, il y a ta maman, Jean, Louis, Germain, Cécile et Aline.

[00:02:17]

On s'intéresse à un 10h03 qui est. Alors là, il est minuit et demi en France. Ici, c'est la nuit noire noire. Il n'y a pas de lune, c'est la lune montante et je crois que c'était la nouvelle lumière. Il y a des feux. Je me demande si c'est un bateau sur l'eau ou si c'est une étoile sur l'horizon ou une planète ou un avion. Et là, j'ai touché un peu de vent et le bateau file à 14 15 nœuds et du coup, je n'ai même pas sommeil.

[00:03:04]

J'ai même pas envie d'aller dormir. J'ai juste envie de rester assise là dans le cockpit et regarder les étoiles et sentir le bateau filer. Ce qui est drôle, c'est quand le bateau avance comme ça. En fait, on a envie de penser à rien et moi, j'ai juste envie juste de face. C'est comme ça me vider la tête. Je suis là. Je suis juste là, maman, ici. Et plus rien, d'autres m'importent. Le bateau, il y a des moments où on dirait qu'il est vivant, on dirait qu'il va, il va s'envoler.

[00:03:42]

Il essaye de décoller au dessus de l'eau. Et puis, c'est comme si. Oui, c'est comme si je fais partie d'un animal qui prenait et qui avait envie d'aller d'aller s'élever au dessus lenvoi.

[00:03:59]

Il y a un truc que j'aime bien faire et en même temps, j'ai remarqué que j'avais du mal. C'est là comme maintenant. Alors, on ne voit rien, je ne vois même pas l'horizon. C'est de m'imaginer où je suis sur la carte, essayer de métallisés, à quel endroit je me trouve sur l'Atlantique. Qu'est ce que j'ai devant moi? La distance que j'ai devant moi jusqu'à la prochaine terre et essayer de voir où je suis ça, c'est marrant.

[00:04:27]

Parce que quand on regarde une carte, ça paraît aller assez simple.

[00:04:32]

Quand on regarde juste le mois autour de soi d'un coup, ça devient moins simple parce qu'on pourrait être partout où il pourrait y avoir de la côte pas loin. Il pourrait y avoir tout ce qu'on veut, en fait. En France, il est presque 8 heures du matin et moi, je me situe à peu près à mi chemin entre Madère et les Canaries, et le jour se lève tranquillement, tout doucement, dans des conditions très, très, très calmes.

[00:05:25]

J'ai pourtant pas beaucoup dormi cette nuit. Mais bon, j'ai la forme, alors j'en ai profité pour faire tourner des otages dès que les fichiers sont arrivés. Et puis là, je viens de me préparer un petit déjeuner en mode porridge à l'anglaise avec des flocons de sarrasin avec des amandes, mais je crois que je vais me le faire sucré salé ce matin.

[00:05:50]

La pétole, c'est des sons très particuliers. On croit que c'est super calme. Et puis ça a un côté super calme et en même temps, ça a un côté super agité.

[00:06:13]

Il y a un moment donné, on est. On ne peut pas juste aller se reposer et se dire Bombard.

[00:06:20]

J'attends que le vent revienne. En fait, c'est vraiment vraiment la pétole. On est obligé d'être là et d'agir. Moi, quand j'ai besoin de silence, car je vais à la montagne et là, je vois ce que c'est que vraiment de goûter le silence, le vrai. C'est un truc de dingue. Le 31, 13h53, Marine Vio Coucou Isa, comment vous allez étoit le bateau? 31 à 13h55, Coucou Marine, ça va bien, mais j'ai toujours le bazar dans les réseaux.

[00:07:07]

Et sinon, si quelqu'un a perdu, ses lunettes ne sont pas perdus. Le 31, à 14h28, Florian Schiffrin à moi, je crois que c'est au complet. Le 31 à 15h20, Alain Gautier. Mais ça doit lunettes. Ça y est, je laisse derrière moi les Canaries, La Palma juste derrière et je trace plus au moins la nuit. Normalement, je devrais plus voir de terre, laisser au moins une semaine, voire un peu plus.

[00:07:57]

Et là, ça y est, j'ai retrouvé l'alizé que j'ai attendu pendant un sacré moment. Le bateau file à toute allure et il a beau être quatre heures du matin, je n'ai pas du tout envie d'aller me coucher. Je me réjouis trop d'avoir enfin trouvé de la vitesse, du vent, du vrai bateau, quoi. En fait, à mon poste de veille, je ne vois rien, je vois juste le bateau, mais tout ce qui se passe devant, je ne vois strictement rien.

[00:08:31]

C'est comme si je fonçaient dans le néant. Il pourrait y avoir un mur devant moi. D'ailleurs, je me dis je me dis ça des fois, pourrait y avoir un mur, je ne le verrez pas. Là, maintenant, il n'y a vraiment plus rien jusqu'au continent américain, juste des vagues et de la houle. C'est au milieu de la journée. Là, je viens de me faire une bonne sieste. Complètement inutile, Harriman. J'ai fait des rêves complètement abracadabrant.

[00:09:33]

Quand j'ai très, très, très sommeils et que je dors le matin, souvent, tout de suite, je tombe dans un rêve, un sommeil paradoxal. Là, il y a des rêves à terre. Ça m'arrive jamais de. Tu vas voir des trucs aussi délirants. Souvent, quand je me réveille comme maintenant, je me sens waouh! Je suis encore à moitié secoué de ce que j'ai vécu dans ma tête. Je pense que je vais mettre un bon quart d'heure à mort, mettre.

[00:10:06]

Allez, j'y vais parce que j'ai tout à fait qu'affaire, pas très pas au programme me brosser les dents, répondre à un email de David, notre informaticien, concernant le crash du logiciel que j'ai eu cette nuit. Faire quelques testings de vitesse en changeant l'angle est ce qu'on appelle le req des feuilles. Donc ça, c'est des tests de 5 minutes. Réfléchir à ma stratégie globale pour savoir quelle dépréciant je vais prendre pour en venir en direction de la France.

[00:10:41]

Sortir l'éolienne qui est dans le fond du bateau pour la montée et la tester et amener les poubelles à l'avant du bateau pour les stocker. Voilà, ce sera déjà pas mal. Déjà ça.

[00:11:12]

Valeur première et deuxième mission accomplie. Maintenant, prochaine étape les poubelles. Alors là, je me trouve dans le piquet avant la soute à voiles. On appelle ça un peu comme on veut, mais en tout cas, c'est l'espace quasiment tout à l'avant. En grande partie, les voiles qui sont pas hissées sur le mât sont stockaient. C'est un endroit où j'aime pas du tout aller, c'est calme comme aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est vraiment pas un problème, mais l'avant du bateau sur un bateau comme le mien, c'est souvent un endroit hyper dangereux dès qu'il y a de la mer, dès que le bateau tape.

[00:12:03]

Ici, il faut en gros ne pas rester là. Ici, dès que le bateau tape, je peux tomber, je peux me blesser, je peux juste me faire mal. Donc, j'évite un maximum d'y aller. Et là, justement, j'ai décidé d'effectuer la mission poubelle aujourd'hui parce que c'est cool. Alors ici, c'est un peu une grotte. Il fait tout noir. Sauf qu'on a mis une petite lumière qui permet d'y voir quand même un peu clair, comme à la maison.

[00:12:38]

Maintenant que je suis là, je m'avance vers la cloison tout à l'avant du puits qu'avant et là, il y a une trappe qui s'ouvre. C'est un peu comme un coffre fort. Là, va falloir que je lâche le micro.

[00:12:54]

J'ai ouvert le coffre fort et là bas, devant, il y a un espace. Alors là, c'est carrément l'enfer. Là, faut vraiment y aller que pour amener les poubelles et vraiment pas rester là. Ça fait peur. C'est dingue comment ça résonne, le carbone? Voilà, c'est tout calé et ça va être bon pour encore quelques jours. On sort de là. Je suis délivré maintenant fort, fermez la trappe. C'est important cette trappe, en fait, parce que c'est une trappe étanche qui fait que si jamais une collision par l'avant et que l'eau qui rentre à l'avant des ballots va pas rentrer dans tout le bateau, ça va juste compartimenter le bateau de façon étanche.

[00:13:54]

On quitte la soute à voile en éteignant la petite lumière TyC et me voilà dans l'espace de vie qui comem comparativement beaucoup plus silencieux.

[00:14:09]

Mission accomplie. Et pour la mission qu'il va falloir sortir la caisse à outils. Quatrième mission accomplie, j'ai pu tester sa limitateur il fait nuit noire depuis un moment.

[00:14:32]

J'ai pas du tout réussi à tout faire dans les temps. Entre chaque moment de bricole, il faut aller vérifier la route du bateau, le réglage des voiles. Et là, c'était un moment où il a fallu complètement changer de réglage. Il a fallu retendre toutes partout, régler le pilote automatique et puis changer un peu la stratégie de navigation. Et donc, je vois que le vent est en train de tourner et qu'il va falloir que je change de voiles.

[00:15:01]

Et alors? Ça, c'est une autre mission. Il va falloir rouler le grand gennaker. La fallait le ranger dans son sac et la marée sur le pont et ensuite dérouler le code 0. Et pour ce faire, a mon avis, il me faudra aller une heure de boulot, je pense. Demain, ça fera 10 jours que je suis en mer et en plus, les jours passent, moins je me sens seul. C'est marrant, mais c'est comme ça et c'est comme ça à chaque fois.

[00:15:49]

C'est comme si les jours qui passent, il y avait une part de moi qui se révélait et je comprenais qu'en en fait, moi, j'adore la solitude, surtout quand c'est en plein milieu de l'océan. C'est vraiment un truc qui me nourrit. Nous nous! Alors là, le bateau. À la fois, il glisse sur l'eau et il vole au dessus de l'eau en même temps et l'a vraiment mis dans ces moments là. Pas vraiment la différence entre avant d'avoir les foies, il est maintenant.

[00:16:47]

Jouissance qu'apporte le feuil en termes de glisse? J'ai envie de dire non, glisse au dessus de l'eau. Difficile de décrire la sensation que ça apporte. À la fois, il va vite et il y a une sérénité qui se dégage. C'est ça, ça va assez vite et en même temps, c'est reposons. Là, pas du tout envie d'aller dormir. Je sais pas quel est le milieu de la nuit. Et je ne me sens pas fatigué.

[00:17:30]

Je suis tellement bien, mais juste à sentir cette. Pourrait rester des heures comme ça à regarder le petit croissant de lune juste au dessus dans le ciel. Je crois vraiment qu'en ces moments là, je vais chercher. Étonnamment, c'est la nuit que ça me fait le plus d'effet. C'est pour ça que j'aime les nuits en mer. En fait, j'aime les nuits en mer. Quand c'est comme ça, mais qu'est ce que je l'aime, mon bateau?

[00:18:12]

Quand je pense que des fois, c'est l'enfer, mais je n'arrive même pas imaginer comment. Comment ça peut être l'enfer? Quand je vois comme c'est délicieux. C'est de glisser en se disant que la route, elle, est juste interminable. Elle n'a pas de fin. Il y a tellement de milliers de kilomètres devant moi et sur les côtés. Ce qui est magique, en fait, c'est de glisser sur un terrain de jeu qui est immense. Je voudrais que ça dure éternellement.

[00:19:15]

C'est le matin et là, je me sens exténué. Je suis littéralement épuisé. J'ai mes bras qui sont tout mous. C'est mon coeur qui est au ralenti. J'ai le souffle court tellement je suis fatigué et je suis sûr que je dois être livide. Je n'ai pas dormi de la nuit. Ou peut être, j'ai dû dormir deux fois 15 minutes. Max et j'ai passé la nuit à manœuvrer et à essayer d'encaisser les coups. Que le passage du four était assez difficile et cette fort.

[00:20:03]

Le vent est super instable, donc toutes les cinq minutes, il faut aller sur le pont bascule, il faut relâcher les voiles, sinon le bateau Barolo. Et puis après, comme le vent mollit, il faut aller regarder les oiseaux, sinon le bateau est arrêté là. Aujourd'hui, je réalise que pendant 10 jours, c'était limite les vacances à la playa, là maintenant. Juste pour rester assise, j'ai besoin de dépenser de l'énergie pour parler et j'ai besoin d'être concentré parce que comme le bateau est tape.

[00:20:42]

J'ai du mal à parler. Je pense qu'on s'en rend compte et alors pour aller chercher un truc qui va se trouver sous l'eau du bateau. Genre à trois mètres cinquante de là où je suis là, il faut déployer l'énergie pas possible pour pas se faire éjecter dans le fond du bateau. En fait, cette nuit là, j'ai eu très, très chaud, à un moment donné, j'ai glissé dans un coucher. Et heureusement, je me tenais à la main courante avec un bras, mais j'étais tellement j'étais propulsé tellement violemment que le bras a.

[00:21:20]

Il est un peu morflé et je me suis même fait mal. En fait, tout est laborieux changer les vêtements. C'est la mission. Ça m'arrive pas souvent. Mais quand je change de tenue dans ces conditions là, je prie pour que le club me fasse pas de qui me fasse, pas un virement intempestif au moment où je suis en train de me changer ou quelque chose comme ça, alors là, là, c'est la cata. Et ça, c'est des choses qui arrivent.

[00:22:07]

Alain et Flo le pilote en panées pendant le jeu, c'est le gennaker et ça a cassé les cordes.

[00:22:13]

Pas glop. Le 2, à 21 heures 50, Florian Schiffrin. Effectivement, c'est un bon petit dossier. T'as déjà pris un ride en TGV? Le 2, à 21 h 51, tu sais pourquoi le pilote empalé? De 21h52, t'arrives à voir où elles sont cassées. A 21h53, avec un morceau de Teton. 2 à 22 heures, dit. J'ai 20 200 203 W à 01 MJPEG. On voit bien la cassure. J'ai gagné ma journée.

[00:23:18]

Chouette!

[00:23:22]

A 22 heures 11 OK, tu as tout normalement à bord pour faire une bonne réparation. Tu as deux lattes sur le pot des manchons et du monophylétique de carbone sous la manette bâbord. Le 3 à 8 heures 23. Alain Gauthier salut! Je sais pas dans quel ordre tu vas commencer. Juste un petit rappel si tu décides de poser la baume sur la casquette, sur un sac à voile ou bref, n'importe quoi.

[00:23:52]

Si t'es l'ESI sont pas opérationnels. Il faut vraiment faire attention à ce que Labeaume se mette pas sur le flanc comme lors du dernier ratage, quand on a eu beaucoup de mal à la remettre vertical.

[00:24:05]

Le 3 à 8 heures 48. OK, c'est noté, merci. Un nouveau. Selon Mayran, un podcast d'Aline Bénéteau compagnon nasses pour la MSS Élodie maisqui clarinette Céline Granger mixage logistique ce matin au niveau de l'outillage. J'ai sorti la caisse à outils, j'ai sorti le harnais et je suis allé chercher les manchons de la tour. J'ai préparé une gamelle de riz. Je vais faire cuire des œufs. Je vais faire chauffer de l'eau dans le thermos. C'est bien préparer un thé et je l'ai préparé pour l'export, selon Zinc.

[00:25:01]

Pour l'instant, j'en suis là, mais j'attends d'y voir plus clair pour la suite. Suivre Bon vent!