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9 heures 9 heures 30. Franck Ferrand raconte sur Radio. C'est au cœur de l'été que nous avons appris la disparition d'Olivia de Havilland. Elle est morte à Paris Olivia de la Vie Land. Elle était d'origine anglaise. Elle vivait à Paris depuis bien longtemps et elle venait de fêter ses 104 ans avec elle. C'est un des derniers grands témoins d'une époque bénie du cinéma qui a disparu. Cette époque, on peut l'appeler l'âge d'or de ou tout simplement avec ses immenses studios et les décors de carton pâte, les stars glamour et les films à la chaîne.

[00:00:48]

Des films générateurs de rêves pour le public et parfois pour toutes les chevilles ouvrières de cette industrie cinématographique. Un véritable cauchemar. Olivia de La Vie Land a marqué le cinéma de son temps et cet été, les nombreux hommages qui ont été rendus à l'actrice ont justement insisté sur son rôle le plus fameux, celui de la bonne déléments. Mélanie Hamilton D'autant en emporte le vent avec ses regards sombres, pleins de compassion, avec sa coiffure sage et ses robes à panier.

[00:01:20]

Magnifiée par un Technicolor à l'époque nouveau et flamboyant, ce film hors de toute mesure Autant en emporte le vent. C'est une étape importante de la carrière de l'actrice, mais comme l'ont souligné plusieurs auteurs, on ne peut pas dire que ce soit le moment clé de cette carrière.

[00:01:38]

Il y en a eu d'autres. On ne sait pas tellement ça en France, mais l'actrice au caractère bien trempé a aussi été au cœur d'un combat juridique, combat retentissant qui l'a opposé à la puissance des studios. Une affaire à l'allure de combat de David contre Golias, qui devait donner une autre dimension à sa légende.

[00:01:59]

Franck Ferrand, c'est un raté christique.

[00:02:02]

Alors, pour comprendre ce qui s'est passé, il faut aller à la rencontre d'Olivia, aux alentours de 1940.

[00:02:08]

On est juste au lendemain du triomphe D'autant en emporte le vent. L'actrice a 23 ans à ce moment là. Elle est née, donc anglaise. Je vous l'ai dit d'une mère au passé, de comédienne et d'un père avocat. Il faut vous dire que les Villans ne sont qu'une grande famille, dont un ancêtre normand a participé à la conquête de l'Angleterre en 1066.

[00:02:27]

C'est la gentry, même si elle vient d'être battue pour l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 1940. On peut dire d'Olivia qu'elle est en pleine ascension. Elle s'est fait un nom depuis cinq ans, notamment grâce à d'agréables films d'aventures aux côtés du bondissant Errol Flynn, selon l'expression de Wiliam Stadium dans Vanity Fair. Eyrolles et Olivia étaient les Fred et Ginger, des films d'action.

[00:02:53]

C'est vrai qu'il y avait deux grands couple mythique dans cette Hollywood de l'âge d'or. Ils ont triomphé dans les aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz. Olivia est devenue une vedette de la Warner. On peut dire que c'est assez vite fatigué des rôles de femmes méritantes, des femmes sans grand relief. Elle sait qu'elle veut. À ce moment là, c'est jouer des émotions plus complexes, c'est s'essayer à des registres un peu plus risqués.

[00:03:21]

Et son studio? Disons le pour l'instant, on fait la sourde oreille ne les intéresse pas. Les gens, ces histoires là, ces rôles complexes sont surtout réservés à la grande star du studio qu'est Bette Davis. Bien entendu, et avec sa beauté douce, Olivia, avec ses belles manières aussi, ne fait pas de tapage. Elle doit faire lui diton ce que le public attend d'elle, c'est à dire incarner encore, encore et toujours la sagesse, la bonté.

[00:03:45]

Bref, pas question d'aller abîmer cette image qui rapporte tellement aux studios. Alors, les rôles qu'on lui propose, à peu d'exceptions près, vont se suivre et se ressembler. Olivia est d'autant plus agacée qu'elle a vu ainsi un certain nombre de partitions superbes lui échapper. On a pensé un temps qu'elle allait incarner l'héroïne de Rebecca d'Alfred Hitchcock. Ça aurait été formidable, ça? Oui, mais la Warner avait autre chose en tête pour elle. A qui revient le rôle de se révéler face à la caméra de Hitchcock?

[00:04:17]

Une fontaine actrice qui, même si elle a changé de nom, n'est autre que la sœur cadette d'Olivia? Eh oui, c'est la petite soeur qui joue dans le rôle qui lui était pensé telle destinée. Elles n'ont qu'un an d'écart. En plus, elles ont toujours eu des relations difficiles. Ce genre de péripéties autour de rôles disputés va encourager ce qui devient une véritable mise en concurrence entre les deux soeurs. Et voilà qu'à l'approche des Oscars 1942, on est en pleine, en pleine guerre.

[00:04:43]

Mais les Oscars continuent tambour battant. Les deux sœurs reçoivent une nouvelle qu'on peut supposer à la fois très agréable et franchement pénible. Elles sont nommées face à face dans la catégorie Meilleure actrice. La presque blonde Joan Fontaine pour Soupçon.

[00:04:58]

Encore un film d'Alfred Hitchcock et la presque bleue brune Olivia pour le joli par la porte d'or pour lequel elle avait été prêté, si l'on peut dire à un autre studio que toutes les affaires, toutes les combines entre les measures de l'époque. Bien sûr, la cérémonie est assez tendue. On les installe. À côté de l'autre pendant pendant le show, vous imaginez l'ambiance? Les personnes les mieux informées guettent la moindre étincelle. Or, ce soir là, au moment où le nom de la gagnante est dévoilé, c'est jaune qui doit se lever de son siège.

[00:05:36]

Je cite Antoine Sire dans Hollywood, la cité des femmes.

[00:05:39]

Il nous dit lorsque Jones est proclamée lauréate, Olivia lui serre les mains, écrit. Nous l'avons vu. La gagnante réagit assez froidement, ce qu'elle justifiera plus tard par le déplaisir d'avoir gagné contre sa soeur.

[00:05:54]

Bon, ce sera pas la dernière. Incompréhension entre les deux actrices. Olivia, en attendant, s'irrite encore de la pauvreté des rôles que son studio veut bien lui assigner. Et en 1943, c'est la date de la fin de son engagement avec la Warner.

[00:06:11]

Elle décide de passer un peu à autre chose. Elle n'est pas passive. Elle a l'audace de décliner des scripts. Bien sûr, le studio punit cette attitude. Il lui inflige des suspensions. Elle ne va pas jouer les rôles auxquels elle aspirait. Et on reste dans cette ambiance de bras de fer jusqu'à ce que, enfin, le contrat touche à sa fin. La date, la date de la fin du contrat, c'est 43. Là, Jack Warner a encore des exigences.

[00:06:38]

À l'en croire, le contrat de l'actrice doit être rallongé du temps de ses interruptions de travail. Ben oui, après tout, c'était écrit, donc il va aller jusqu'au bout. Pour l'actrice, c'est une chose qui n'est pas tolérable. À ce moment là, elle décide de secouer le joug de la Warner puisque c'est ainsi, elle décide que tout cela se réglera devant un juge. Un extrait de la bande originale des aventures de Robin des Bois, le film de Michael Curtiz, une bande originale signée Korngold Franck Ferrand, Si tu christiques.

[00:07:54]

Vous imaginez un peu le cran qu'il faut à Olivia de Havilland en 1943, pour se lancer toute seule dans un procès contre la gigantesque Warner. Jusque là, la loi des studios s'est imposée à tout le monde. Et quand, dans les années précédentes, il est arrivé à certains acteurs d'essayer de défier d'une manière ou d'une autre ces mastodontes que sont les grands studios?

[00:08:17]

Évidemment, ils ont affronté les conséquences qui ont été rudes à Hollywood. Certains ne donnent pas cher de la peau d'Olivia de Havilland en se lançant dans cette démarche aventureuse alors qu'elle est dans les plus belles années de sa carrière. Elle a vingt sept ans à l'époque. Elle risque de se voir tout simplement fermer la porte de tous les studios. Il n'empêche, elle est décidée. Olivia. Les interminables années de son contrat sont écoulés. Elle se dit qu'il est grand temps pour elle de s'en libérer.

[00:08:44]

Il n'y a pas de discussion possible. Et puis, c'est la seule façon, peut elle penser, de redonner de l'intérêt à sa filmographie. Elle dégote à ce moment là un avocat qui a plus d'une carte dans C dans ses manches, qui fait des effets de manche, si je puis dire, dans un pays où on n'a pas de robe d'avocat. Le nom de l'avocat en question, c'est Martines Gang pour défendre sa célèbre cliente. Cet homme là a une stratégie.

[00:09:08]

C'est encore Antoine Sire qui nous l'explique. Il entend s'appuyer sur l'article 2850 5 du Code du travail californien, article conçu à l'origine pour les travailleurs agricoles et qui limite à sept années tout contrat à durée déterminée. Après avoir examiné ce texte, l'actrice est convaincue, comme son avocat, qu'il peut aussi s'appliquer aux acteurs. La mobilisation de Jack Warner contre elle est féroce. Le patron du studio, sans que derrière ce procès, c'est tout l'appareil d'exploitation des comédiens qui est menacé.

[00:09:40]

La plainte d'Olivia, déposée pendant l'été 1943 et bientôt jugée par deux premiers tribunaux et c'est elle qui gagne. Cette première manche n'est qu'une étape parce que, bien sûr, Jack Warner n'entend pas en rester là. Il dispose d'une puissance de feu absolument terrible.

[00:09:57]

Il va porter l'affaire à l'échelon judiciaire supérieur et l'échelon supérieur, c'est carrément la Cour supérieure de Californie qui va se saisir de l'affaire. Au cours de cet automne, alors là, il y a de longs mois pour la faire avancer. À la fin de l'hiver 1945, on est sorti de la guerre.

[00:10:15]

À ce moment là, on aboutit à un arrêt incontestable. La Warner est déboutée.

[00:10:21]

L'arrêt de la cour, qui vient enrichir la jurisprudence, restera dans tous les manuels de droit américain, comme l'a admis Landeleau.

[00:10:28]

Vous imaginez? Elle fait jurisprudence. Olivia Thomas chasse dans le système, nous dit ça a été un moment critique dans l'histoire de Hollywood. Une victoire significative pour les grandes stars et un immense recul pour les studios. Plus jamais la Warner ou tout autre studio ne pourraient jouer sur les temps de suspension à la fin d'un contrat, empêchant de cette façon un artiste de s'en aller et de devenir freelance.

[00:10:54]

Olivia a gagné ou pas qu'elle a gagné. La vérité, c'est qu'elle a triomphé.

[00:11:00]

Tout va bien qui finit bien. Si et si j'ose dire. En fait, ça ressemble à une victoire à la Pyrrhus. Cette histoire, puisque Jack Warner a tout mis en œuvre pour faire payer à Olivia son affront. Et vous imaginez bien qu'il ne va pas s'embarrasser d'élégance. Il ne fait pas dans la mesure où Jack Warner, il a enjoint les autres studios et toutes les personnes qui seraient susceptibles d'employer la star de ne pas le faire. Le système hollywoodien est en train de se solidariser contre Olivia de Havilland.

[00:11:31]

C'est comme un piège qui se referme sur elle. Elle pouvait s'y attendre et dès la période du procès, elle avait pris son parti de ce qui ce qu'elle est, de ce qu'il attendait. Rappelons qu'on est en plein en pleine guerre à l'époque, puisque l'actrice risquait de ne plus être en position de soutenir les Américains en les distrayant avec ses films.

[00:11:48]

Eh bien, elle va s'y appliquer autrement. Olivia de Havilland propose ses services à l'Ouest Hall, l'institution Patriotic qui organise des spectacles pour entretenir le moral des troupes, raconte Antoine Sire. Elle parcourt ainsi les camps d'entraînement de l'Alaska jusqu'au Pacifique Sud. Au grand dam de Jack Warner. Bien sûr, ces incitations au boycott de l'actrice sont fraîchement accueilli par les autorités militaires qui, elles, sont ravies qu'une des stars d'autant en emporte le vent se montre si présente auprès des soldats.

[00:12:20]

C'est quand même très bien joué. Elle est douée cette nuit là. Une démarche qui témoigne d'un engagement par ailleurs tout à fait sincère. Mais on peut penser que du point de vue de la communication, elle a quand même belle. Elle a bien joué. Elle impose son image de femme, de principes dévoués, engagés, tandis que les manoeuvres de Warner apparaissent comme très douteuses et vraiment pas fair play. Certes, l'actrice rebelle voit défiler des mois qui auraient été précieux.

[00:12:47]

Tout ça, tout ça se fait loin des studios. Il n'est pas question pour elle de mettre les pieds sur un plateau, mais pour autant.

[00:12:54]

Sa popularité est intacte. Il n'est pas question pour elle de d'entrer dans je ne sais quelle retraite. Au contraire, le public est là qui la réclame et qu'il l'acclament. Quand, au milieu des acteurs, on peut dire qu'il est dans un premier temps un peu déstabilisé par ce qui se passe. Mais il n'en est pas moins reconnaissant à Olivia du combat qu'elle a mené au nom de tous. Est ce que ça va être assez pour la faire sortir de l'espèce de liste noire sur laquelle Jack Warner a pourtant bien l'intention de maintenir?

[00:15:04]

Le grand Léonard Slatkine, à la tête de l'Orchestre symphonique de Saint-Louis, dirigeait cette bande originale signée à Rome Copland pour le film L'héritière de William Wyler, dont je vais vous parler dans un instant. Franck Ferrand sur Radio Classique. Olivia de Havilland, c'est la traversée du désert, bien sûr, mais vous vous doutez bien que cette traversée du désert ne pouvait pas s'éterniser.

[00:15:28]

Après tout, on est à Hollywood. On est dans un pays où la concurrence est la règle absolue. Olivia est une actrice célèbre, réputée, acclamée. On peut penser que son combat contre la Warner, en la montrant d'ailleurs extrêmement décidé, mordante, a contribué à faire évoluer l'image qu'elle renvoie et que désormais, les producteurs vont être un peu plus disposés à lui confier des rôles psychologiquement complexes.

[00:15:54]

Alors, parié sur elle? C'est sans doute ce dicton le bon calcul et on se demande quelle est la grande compagnie qui va, qui va s'y coller. Et c'est la Paramount qui se décide. Olivia est engagée à la fin de la guerre. Après deux ans sans avoir tourné, elle va être intégrée. Elle va être engagée pour. A chacun son destin de Michel Leysen. Elle incarne une mère qui, ayant été obligée de laisser son enfant à une autre, cherche à renouer le lien qui a été tellement distendu.

[00:16:26]

Mais des décennies plus tard, ce mélodrame n'est peut être pas le film qui est le mieux vieilli parmi ceux que l'on trouve à la filmographie d'Olivia de Havilland. Mais à l'époque, c'est un film qui est salué. Les tickets d'entrée se vendent très bien. La critique applaudit les inflexions du jeu de l'actrice. Cette espèce de nouvelle, Olivia, qui est née, est de nouveau.

[00:16:47]

La voilà nommée pour un Oscar. On est en mars 1947, dans la salle de gala, au milieu du gratin hollywoodien. On attend fébrilement la robe claire qui découvre les épaules d'Olivia et une faible armure face à l'émotion du moment. Les catégories défilent. Et puis, on arrive évidemment à la catégorie reine, la meilleure actrice.

[00:17:07]

Cette fois, cette fois, c'est bien son nom qui est prononcé.

[00:17:12]

Isabelle Custodio, dans un épisode de la série Bika Winky est consacré à Olivia de Havilland, dit sa victoire ne symbolise pas seulement son grand retour, mais a aussi couronné son statut d'actrice principale, démontrant que la page des anciens rôles de l'ingénue était tournée et l'était de manière permanente. Olivia, maintenant, sent son Oscar en main. Vous imaginez bien que sa sœur Joan Fontaine va devoir venir la féliciter. Cette fois, c'est Olivia qui l'ignore et qui passe son chemin.

[00:17:45]

C'est la réponse du berger à la bergère, direz vous. C'est peut être pas très noble, mais c'est comme ça. Comme le note Liam Stadium, John Auraitpu peu avant une phrase assassine sur le récent mariage d'Olivia avec un auteur Marcuse Godrich. Tout ce que je sais de lui, c'est qu'il a eu quatre femmes et a écrit un livre. Dommage que ce ne soit pas l'inverse, dit elle.

[00:18:06]

En fait, malgré des essais de raccordement, on peut dire des deux sœurs qu'elles resteront fâchés pour de bon pour des décennies.

[00:18:15]

Franck Ferrand, si tu christiques maintenant au qu'Olivia a conquis sa liberté, qu'elle est vu comme capable de tenir un film sur ses épaules et de le porter et de l'incarner. Elle n'est pas décidée à laisser passer sa chance. Après le succès. A chacun son destin. Elle va enchaîner ce qu'il faut bien appeler des tours de force. On la voit incarner un double personnage de jumelles, tout en subtiles nuances. Vous imaginez ce genre de rôles? Et puis une femme en lutte contre la maladie mentale en 49 dans le film.

[00:18:44]

L'héritière de William Wyler, dont vous venez d'entendre la musique. Elle est une célibataire fortunée, mais qui a un physique ingrat et un coeur un peu sec et qui hésite à croire aux sentiments d'un homme qui est trop beau pour elle et qui est incarnée par le sublime Montgomery Clift. Ce rôle va lui permettre d'être encore nommée comme meilleure actrice pour la cérémonie 1954 des Oscars. Et encore une fois, encore une fois, c'est elle qui gagne. C'est simple, rien ne paraît pouvoir arrêter Olivia de Havilland.

[00:19:15]

Rien et personne. Même Joan Fontaine, qui pourtant se donne beaucoup de mal et qui elle même, qui elle même joue dans quelques très beaux films. Personne n'arrive à l'arrêter. Et pourtant, dans les années 50, Olivia décide de changer de vie. Elle va emménager en France et à l'approche de la quarantaine, elle va se marier avec Pierre Galante, le grand homme de Paris Match. Vous savez, elle va avoir une fille avec Pierre Galante. D'ailleurs, on la voit moins sur grand écran, même si elle connaît encore des succès, dont La chute chute.

[00:19:43]

Chère Charlotte de Robert Aldrich, où des rôles remarqués à la télévision, elle jouera à la télé jusque dans les années 80. Et quand, en 2003, l'Académie des Oscars, qui doit fêter ses soixante quinze ans d'existence, décide de réunir sur scène une multitude de lauréats de son histoire, vous imaginez bien qu'il n'y a pas un millier d'actrices capables de porter une telle un tel évènement, une telle cérémonie?

[00:20:11]

C'est Olivia qui s'impose comme le choix logique pour aller présenter la séquence. De son nom, elle paraît. On la voit arriver, très émue, bien sûr, dans une robe bleue, et la salle, à ce moment là, va lui faire ce que les Américains appellent une standing ovation. Tout le parterre de stars qui est là dans la salle se lève et l'acclament pendant un long.

[00:20:37]

Pendant un très long moment. C'est magnifique ce qui est en train de se passer.

[00:20:43]

Qui ces gens là? Lassalle l'utile. Est ce que c'est l'interprète inoubliable D'autant en emporte le vent? Est ce que c'est celle qui a su rendre immortel un film comme l'héritière? Ou est ce que c'est cette pionnière déterminée qui, alors que tout le monde lui conseillait le contraire, a su prendre en main sa carrière et se lancer dans le plus incroyable des bras de fer face à l'une des majors d'Hollywood? A mon avis, c'était un peu les deux ont salué l'actrice, mais on saluait aussi la personne, cette personne qui nous a quittés le 26 juillet dernier ici, si je puis dire, à quelques encablures de ce studio, dans ce Paris qu'elle avait adopté comme sa nouvelle ville.

[00:21:21]

Pour tout vous dire, la dernière fois que j'avais vu, c'était sur une autre antenne. L'occasion de parler à la radio d'Olivia de Havilland. Elle m'avait envoyé un message pour me remercier. Inutile de vous dire que ça fait partie des moments qui marquent dans une carrière. J'avais été très fière et cette fois, évidemment. Évidemment, je n'attendrai pas de message. Alors, vous nous avez entendu pendant tout l'été nous passer l'antenne avec Christian Bobin, mais la vérité, c'est que pour nous, ce matin, en direct dans le studio, qui plus est de Radio Classique, c'est un moment de retrouvailles.

[00:22:02]

Bonjour, voila, on se grippe pas tellement puisque on se parle souvent, on joue tous ces bonjour à toutes. Nous retrouvons les auditeurs pour cette rentrée de radio classique à laquelle faisait allusion Guillaume Durand ce matin, avec toute l'équipe de la rédaction. Vous l'aviez interviewé ou pas? Non, non.

[00:22:17]

Malheureusement, ce n'était pas une interview. J'en fais une évocation. Elle était déjà extrêmement âgée. Et vous êtes un peu le cas de Gabales ce matin, quand vous avez remarqué, je n'ai pas pris le temps de me raser. C'est ça l'idée, cette petite voix, ça vous va très bien. Après les gens de Hollywood, après la mort de Kirk Douglas, d'ailleurs, que l'on retrouve avec joie sur l'affiche du Festival américain de Deauville. Exactement cette année.

[00:22:39]

Alors figurez vous que sachant que vous aviez parlé d'Olivia de Havilland, je me suis penché sur le sujet. Savez vous qui doublait la voix d'Olivia de la ville?

[00:22:49]

Non, ça, je suis curieux de l'apprendre. C'est une certaine Renée Simoneau, qui a 108 ans et qui est la maman de Catherine Deneuve, magnifique et qui a toujours 108 ans et qui nous écoute peut être.

[00:23:00]

Alors si c'est le cas, nous nous l'embrassant tendrement.

[00:23:03]

Et peut être une manière d'évoquer aussi ces gens qui font du doublage. On est Simonon. La maman de Catherine Deneuve, donc, a doublé cette grande actrice que vous venez d'évoquer la verdeur vivante, mais elle doublée également pour le cinéma en France. La voix de Judy Garland est magnifique. Écoutez ça, c'est une petite. Alors, je vous laisse le soin d'aller faire un tour, si j'ose dire, sans mauvais jeu de mots. Vous revenez de Grande-Bretagne?

[00:23:27]

Bien entendu, une étape. Et puis on revient. Bonne journée. Notre maillot jaune, c'est Franck Ferrand sur Radio Classique.

[00:23:33]

Bonne journée.